Sermon du vendredi 01 décembre 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

 Le douze du mois Rabi’-Ul-Awwal, était le jour où la lumière, qu’Allah a qualifiée de Siraj Munir est apparue en ce monde : celle-ci devait offrir à l’humanité toute entière un éclairage spirituel, une mission qu’elle a d’ailleurs accomplie. Cette lumière avait pour mission d’établir sur Terre la souveraineté divine : une mission qu’elle a accomplie. Elle devait accorder la vie à ceux qui étaient morts depuis des lustres et c’est précisément ce qu’elle a fait. Cette lumière devait accorder au monde la paix, et cela également elle l’a fait. Allah déclare à son sujet :

وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ

C’est-à-dire, et Nous ne t’avons envoyé que comme une miséricorde pour tous les mondes. Il ne l’était pas uniquement pour l’humanité, mais aussi pour les animaux. Il n’était pas une miséricorde pour les musulmans uniquement, mais aussi pour les non-musulmans ; et il l’est toujours. Ses préceptes seront sources de miséricorde pour tout le monde jusqu’à la fin des temps. Allah explique aux musulmans à cet égard que le Prophète est pour eux un excellent modèle.

لَقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ لِمَنْ كَانَ يَرْجُو اللَّهَ وَالْيَوْمَ الْآَخِرَ وَذَكَرَ اللَّهَ كَثِيرًا

« En vérité, dans le Prophète d’Allah vous avez un excellent modèle pour celui qui garde l’espoir en Allah et le Dernier Jour, et qui se souvient d’Allah beaucoup. » Ainsi l’on ne pourra mériter le titre de musulman sans suivre cet exemple. Notre Prophète (s.a.w.) a servi d’exemple pour l’établissement du Tawhid, pour les actes d’adoration, les hautes qualités morales et le respect des droits d’autrui. Mais malheureusement, la majorité des musulmans d’aujourd’hui disent aimer le Saint Prophète (s.a.w.) alors qu’ils commettent des actes contraires à l’enseignement que nous a offert notre maître, le Saint Prophète (s.a.w.) et dont il a fait la démonstration [pratique] par son propre exemple. Il a été suscité en tant que miséricorde pour tous les mondes. Ceux qui clament l’aimer et qui sont en train de célébrer en grande pompe ce jour du 12 Rabi’-Ul-Awwal, au lieu de promettre au Prophète d’Allah de suivre son exemple et d’être source de miséricorde pour tout le monde, ont semé le trouble dans la plupart des pays musulmans. En ce jour de célébration, tout musulman aurait dû dire : « Nous allons démontrer par notre conduite que notre prophète est le Roi de la Paix, qu’il est une miséricorde pour le monde, qu’il est un grand exemple de l’adoration divine, qu’il avait atteint le pinacle des valeurs morales et qu’en nous harmonisant avec les  commandements d’Allah l’Exalté nous sommes en train de suivre sa sounnah (sa pratique). Ainsi, aujourd’hui pour célébrer le jour de la naissance de ce Prophète, nous allons faire jaillir des sources d’amour et d’affection. Car, c’est ce que notre Prophète (s.a.w.) nous a préconisé et c’est ce qu’il attend de notre part. » 

C’est en effet cet enseignement qu’il a reçu et c’est ce qu’il leur a enseigné. Or, le chaos règne dans le monde musulman. Voire, en certains lieux dans le monde non-musulman, d’aucuns vivent dans la peur. Au Pakistan, de peur que le chaos n’embrase le pays d’un coin à un autre, l’État a désactivé le réseau des téléphones portables dans certaines villes. De grosses patrouilles de police surveillent chaque carrefour et chaque rue. Semer la peur dans le cœur de toute honnête personne : est-ce là la manière de célébrer la naissance de ce Prophète ? L’État, afin de faire respecter la loi et l’ordre public, vie dans l’appréhension. Au nom de notre bien-aimé Prophète (s.a.w.) ces gens profèrent de grossières insultes contre les Ahmadis au quotidien. Or, aujourd’hui dans le cadre de leurs célébrations, ils le font avec plus de virulence. Dans leur orgueil, ils croient ainsi honorer le Saint Prophète (s.a.w.) et célébrer sa gloire !

Quelques jours auparavant, on avait assiégé plusieurs villes pakistanaises : cela a inquiété tout honnête citoyen de ce pays. Le monde des affaires s’était arrêté. Aucun malade ne pouvait se rendre à l’hôpital. Les écoles étaient fermées, voire les marchés et les magasins l’étaient aussi. Celui qui n’avait rien à manger à la maison, ne pouvait rien aller acheter pour ses enfants. La nation a fait des pertes de milliards de roupies. Ces prétendus oulémas ont accompli tout cela au nom de leur amour pour le Saint Prophète (s.a.w.). Ce Prophète qui est une miséricorde pour l’humanité nous recommande de respecter les droits des rues. Il déclare : « Évitez de faire du bruit dans les rues et de vous y asseoir. » Ses compagnons lui ont dit qu’ils étaient contraints de s’asseoir dans les rues, pour mener leurs commerces, car ils n’avaient pas à l’époque de bureaux pour le faire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « En ce cas, vous devez respecter les droits de la rue. » Quand ses compagnons lui ont demandé de les décrire, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué : « Baissez vos regards, ne nuisez à personne et répondez aux salutations. Ce sont-là les droits de la rue. Enjoignez-le bien et interdisez le mal ; ce sont-là les droits de la rue. »

Or ces gens-là, au nom de l’honneur du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), sont en train de bloquer les rues et mettre les gens en difficulté. En dépit de cela, ils se targuent d’être les protecteurs de la religion et peuvent, selon leur bon vouloir, définir untel comme mécréant et un autre comme croyant. Telles sont leurs œuvres : ils agissent de la sorte pour leurs intérêts personnels. L’enseignement et la conduite du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’ont aucun lien, même de loin, avec pareilles pratiques. Ils peuvent agir comme bon leur semble : quant à nous, les ahmadis, il nous incombe d’étudier chaque aspect de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et de l’appliquer dans la pratique en usant de toutes nos aptitudes.

Je compte présenter certains aspects des traits de caractère du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Messie Promis (a.s.) décrit en ces termes l’amour qu’éprouvait le Saint Prophète (s.a.w.) à l’égard de Dieu :

« Le Noble Prophète Muhammad (s.a.w.) était amoureux de l’Etre divin ; et il a eu en retour ce que personne d’autre n’a reçu. Il ressentait un tel amour pour Dieu que les gens disaient : « Muhammad est fou amoureux de son Dieu ! »

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Des versets qualifiant les polythéistes d’impurs, de pire des créatures, d’imbéciles, de progéniture de Satan et de leurs idoles de combustible de l’enfer ont été révélés. Sur ce, Abu Talib, l’oncle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lui a conseillé ceci : « Mon cher neveu ! Tes invectives ont fort outragé le peuple ! Ils sont prêts à nous tuer, toi et moi. Tu as traité leurs érudits d’imbéciles, leurs sages de pires des créatures, leurs idoles respectées de combustible de l’enfer, et tu les as qualifiés tous d’impurs, de progéniture de Satan. Je te demande par sympathie de maîtriser ta langue et de ne pas les insulter, car je n’ai pas la force de les combattre. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a répondu : « Très cher oncle ! Il ne s’agit pas d’insultes ! C’est là la réalité et cette description est fort à propos ! J’ai été suscité pour accomplir cette mission : je suis prêt à mourir de gaîté de cœur dans cette voie, si cela est nécessaire. J’ai consacré ma vie à cette cause : je ne peux cacher la vérité par crainte de la mort. Si ta faiblesse et la souffrance t’inquiètent, tu peux m’enlever ta protection. Par Dieu ! Je n’ai besoin de rien de ta part ! Je ne cesserai point de transmettre les commandements divins ; ils me sont plus chers que ma vie. Par Dieu ! Si je meurs dans cette voie, je voudrais revivre encore et encore, afin d’y offrir ma vie. Je n’ai pas peur : je tire grand plaisir de la souffrance que j’endure pour cette cause. » Lors de ce discours le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) resplendissait d’une passion empreinte de vérité et de lumière. Quand il eût terminé, témoins de cette lumière de vérité, les yeux d’Abu Talib furent spontanément remplis de larmes. Il lui a dit : « J’ignorais cet état sublime dans lequel tu te trouvais : tu es glorieux et majestueux. Va, et achève ta mission ! Tant que je serai vivant et tant que j’en aurai la force, je te soutiendrai ! »

Aujourd’hui on nous traite, nous les ahmadis, de mécréants parce que nous avons accepté Mirza Ghulam Ahmad de Qadian. Nous avons lu et entendu à maintes reprises cet épisode de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Or la description passionnée et empreinte d’émotion qu’en fait le Messie Promis (a.s.) démontre son amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Par ce truchement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous a aussi montré la voie de l’amour divin.

Le Messie Promis (a.s.) décrit davantage cet amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en ces termes : « Je reste tout le temps ébahi face à l’éminence de ce prophète d’Arabie dont le nom est Muhammad (des milliers de salutations de paix soient sur lui !). L’on ne peut discerner les confins de son statut si élevé ; l’homme n’est point à même de jauger l’effet sanctifiant qui émane de sa personne. Mais ô combien malheureux est-il de constater qu’il n’a pas été reconnu à sa juste valeur ! Il est le champion qui a ramené sur Terre l’Unicité perdue. Il a éprouvé pour Dieu l’amour le plus profond et à l’égard de l’humanité une sympathie si sincère qu’il s’en tourmentait l’âme. C’est pour cette raison que Dieu, le Dépositaire des secrets de son cœur, lui a accordé prééminence sur tous les prophètes et sur tous ses devanciers et successeurs. Et c’est pour cette raison aussi qu’Il a exaucé tous ses vœux au cours de son vivant. Il est la source de toute grâce. Celui qui prétend à quelque excellence sans accepter sa prééminence n’est pas un être humain ; il est de la progéniture de Satan car la clé de toute grâce et le trésor du savoir ont été remis au Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

Celui qui ne les acquiert pas par son entremise vivra dans le dénuement éternel. Quelle est notre importance ? Quelle est notre réalité ? Nous serons des ingrats si nous n’acceptons pas que c’est ce Prophète (s.a.w) qui nous a fait connaître l’Unicité véritable. Nous avons reconnu le Dieu vivant par la lumière de ce Prophète parfait (s.a.w). Ce noble envoyé est le truchement par lequel nous avons été honorés de la conversation avec le divin, grâce auquel nous avons vu le visage de Dieu. Les rayons de ce soleil de direction nous baignent tels les rayons de l’astre du jour ; et nous serons illuminés tant que nous nous tiendrons face à lui. »

Ainsi, c’est en suivant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que l’on saisira la réalité du Tawhid. C’est en suivant l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que nous pourrons atteindre Allah l’Exalté : ceci est à la base des déclarations du Messie Promis (a.s.). Voici une description de la beauté des actes d’adoration du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) faite par ‘Aïcha (r.a.) : « Ses prières de Tahajjud ne comprenaient pas plus de onze raka’ats. Or, je ne suis pas à même de décrire leur longueur et leur beauté. »

Selon un autre récit, une nuit un compagnon a vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) accomplir des prières Nawafil en aparté. La forte émotion et les sanglots faisaient jaillir de la poitrine du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) un bruit ressemblant à celui d’une meule qui tourne, ou selon un autre rapport, celui d’une marmite qui mijote sur le feu. On relate aussi que ses pieds s’enflaient et se fendaient suite à ces longues périodes pendant lesquelles il se tenait debout en prière.

‘Aïcha (r.a.) relate : « J’ai demandé un jour au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Pourquoi tant souffrir quand Allah vous a pardonné vos manquements passés et futurs ? » Il a répondu : « Ne devrais-je pas Lui en être un serviteur reconnaissant ? »

Ce culte divin, porté à un seuil sublime par le Noble Prophète Muhammad (s.a.w.), a complètement métamorphosé ses compagnons, comme nous l’explique le Messie Promis (a.s.) : « Tout détracteur, aussi acharné soit-il, qu’il soit chrétien ou hindou, témoignera spontanément de l’origine divine du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en étudiant l’état du peuple arabe avant son avènement et la révolution que ses préceptes et son influence ont apporté par la suite. Le Coran décrit, en ces termes des plus simples, la condition de ses suivants avant qu’ils ne l’acceptent :

وَيَأْكُلُونَ كَمَا تَأْكُلُ الْأَنْعَامُ

« Ils mangeaient et se comportaient comme des animaux. » Telle était leur condition quand ils étaient mécréants. Le Coran décrit en ces termes le changement qu’ils ont connu suite à l’influence sanctifiante du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) :

يَبِيتُونَ لِرَبِّهِمْ سُجَّدًا وَقِيَامًا

« Ils veillaient la nuit, se prosternant et se dressant devant leur Seigneur. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a complètement métamorphosé les barbares de l’Arabie. Il les a extirpés des bas-fonds pour les mener au pinacle de la spiritualité : l’on est tout naturellement ému face à cette grande révolution qu’il a apportée. On ne voit pas de pareille dans les annales de l’histoire et chez aucun autre peuple. Ce ne sont pas là de simples légendes. Ce sont là des faits réels attestés par un pan de l’histoire. »

Il incombe aux membres de la Jama’at des derniers temps, qui sont liés à ceux des premiers temps, de rehausser le niveau de leurs actes d’adoration et de ne pas s’empêtrer dans le matérialisme. Les organisations auxiliaires et les Jama’ats annoncent dans leurs rapports que tel pourcentage de gens accomplit la Salat : 40, 50 ou 60 pour cent. Or, tant que ce chiffre n’atteint pas les cent pour cent nous ne devrons pas nous reposer sur nos lauriers. Chaque individu, et pas uniquement l’organisation de la Jama’at, doit accomplir cette introspection.  

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était un parangon de la vérité : Nadhar Bin Harith, un de ses ennemis les plus acharnés, nous en présente le témoignage. Ce dernier ainsi qu’Abu Jahl étaient présents lors d’une réunion des chefs Koraïchites. Lorsqu’un individu a proposé que l’on sème la rumeur que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est un sorcier ou un menteur, Nadhar Bin Harith a déclaré : « O Koraïchites ! Vous êtes face à un problème que vous ne pouvez résoudre ! Muhammad (s.a.w.) a grandi parmi vous : il était votre favori, il était le plus véridique et le plus honnête des vôtres. Aujourd’hui, ses cheveux commencent à grisonner : vous l’accusez d’être un sorcier et son message d’être de la magie. Or, il n’en est rien ! Nous avons vu, nous aussi, des magiciens. Vous l’accusez d’être un devin : or, nous en avons vu des devins et il n’en est pas un ! Vous dites qu’il est un poète : nous connaissons la poésie sous toutes ses formes et il n’est point poète. Vous dites qu’il est fou : or, il ne montre en lui aucun signe de folie. O Koraïchites réfléchissez davantage car vous êtes face à un grand défi. »

Abu Jahl n’a pu nier le fait que le Saint Prophète (s.a.w.) fût véridique. Il lui dit : « Je ne te traite pas de menteur : je considère comme erronés les enseignements que tu as apportés parce que tu critiques nos idoles. »

En présence d’Héraclius, Abu Sufyan a aussi affirmé que jamais le Saint Prophète (s.a.w.) n’a menti et qu’il encourageait toujours ses disciples à dire la vérité. Ainsi, même son ennemi le plus acharné n’a pas osé le traiter de menteur. Ceci est une preuve incontestable qu’il était véridique dans sa Nubuwwah (son prophétat). En voyant son visage, un érudit juif a déclaré que ce n’était pas celui d’un menteur.

Ainsi, c’est la véracité édifiante des préceptes et des actions du Noble Prophète (s.a.w.) qui rapprocheront les non-musulmans de l’islam. Les mensonges, tromperies et subterfuges attiseront certes la haine contre l’islam et ne rapprocheront pas les gens de lui. Ces efforts ternis de matérialisme, pour préserver son pouvoir, et ces oulémas qui ont recours au mensonge afin de préserver leurs chaires, ne prouveront jamais la supériorité de l’islam. En suivant l’exemple du Saint Prophète (s.a.w.), les ahmadis devront tenter de rehausser le niveau de leur véridicité afin que nous puissions faire connaître plus facilement la beauté des préceptes de l’islam. Pour le Tabligh (la prédication), il est essentiel que les actions et les paroles soient en conformité réciproque. Si les actions ne sont pas empreintes de vérité, les autres croiront que les enseignements de l’islam sont faux. L’existence de la personne de Dieu est une vérité en soi. La religion de l’islam est une vérité. Aujourd’hui, il nous incombe de répandre ces vérités en ayant recours à la rectitude.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Toute personne intelligente devra avouer qu’à la veille de l’avènement de l’islam toutes les religions étaient corrompues et avaient perdu la spiritualité. Notre Prophète (s.a.w.) était un grand réformateur ayant pour mission de dévoiler ces vérités perdues. Personne d’autre ne partage cet honneur avec lui : il a trouvé le monde empêtré dans des ténèbres, qu’il a transformé en lumière. Il n’a pas quitté le peuple parmi lequel il est apparu sans le débarrasser des guenilles du polythéisme pour le vêtir du manteau de l’Unicité Divine ; voire il l’a mené aux sommités de la foi. Il a accompli cette tâche avec une sincérité, une fidélité et une certitude dont on n’a témoigné nulle part ailleurs dans le monde. Aucun prophète hormis le Saint Prophète (s.a.w.) n’a eu pareil succès.

Une preuve de sa véridicité est qu’il est apparu à une époque où l’humanité se vautrait dans des ténèbres si profondes qu’elles exigeaient tout naturellement l’avènement d’un grand réformateur. Il a quitté ce monde quand des centaines de milliers de personnes avaient abandonné le polythéisme et l’idolâtrie pour adopter la voie de l’Unicité et de la droiture. Cette réforme parfaite était l’apanage du Saint Prophète (s.a.w.) : il a enseigné à un peuple de barbares des mœurs humaines ; en d’autres termes, il a transformé des animaux en êtres humains et de ces derniers des êtres cultivés, pour en faire des hommes de Dieu, en leur insufflant la spiritualité et en établissant un lien entre eux et leur Vrai Dieu. »

Si l’on souhaite mériter le titre de véritable musulman et établir un lien avec le Vrai Dieu, il faudra en ce cas rehausser le niveau de sa véridicité. Aujourd’hui, seul un ahmadi pourra respecter cette exigence, car il a fait la promesse avec l’Imam de l’époque de préférer la foi à ce bas monde. Cela ne doit pas se limiter à une simple déclaration verbale : toute action de tout ahmadi doit en être témoin, c’est à ce prix que l’on pourra respecter cet engagement.

L’humilité est une autre grande vertu que le Saint Prophète (s.a.w.) a portée à son apogée. A ce propos ‘Aïcha (r.a) rapporte que le Saint Prophète (s.a.w.) a toujours répondu à celui qui l’appelait, qu’il s’agisse d’un des membres de sa famille ou d’un des ses compagnons. C’est pour cette raison que le Coran affirme à son propos :

وَإِنَّكَ لَعَلى خُلُقٍ عَظِيمٍ

C’est-à-dire, assurément tu possèdes de grandes qualités.

‘Ali (r.a) relate que lorsque le Saint Prophète (s.a.w.) se tournait vers quelqu’un, il le faisait de tout son corps. Il avait le regard toujours baissé comme s’il passait le plus clair de son temps à regarder le sol. Il était le premier à saluer celui qui venait à sa rencontre. Le Saint Prophète (s.a.w.) disait : « Je suis le chef des fils d’Adam, mais je n’en ressens aucune fierté. Au jour de la résurrection, je serai le premier à intercéder [auprès de Dieu] et mon intercession sera la première à être agréée : or, je ne ressens pour autant aucune fierté. Le jour de la résurrection, le drapeau des louanges sera entre mes mains, mais je n’en ressens aucune fierté. » Ainsi toutes les paroles et les actions du Saint Prophète (s.a.w.) portaient l’humilité à son sommet.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « Évitez toute expression d’orgueil, d’arrogance et de fierté. Soyez humbles et modestes. Le Prophète (s.a.w.) était, sans nul doute, le plus grand des hommes et le plus noble. On trouve mention un exemple de son humilité dans le Saint Coran. On raconte qu’un aveugle venait apprendre le Coran auprès du Saint Prophète (s.a.w.). Un jour, les chefs de La Mecque étaient réunis chez lui et il était occupé à converser avec eux. Étant donné que la conversation s’est rallongée, l’aveugle est reparti. C’était là un incident tout à fait anodin. Or, Allah a révélé une sourate à ce propos. Sur ce, le Saint Prophète (s.a.w.) est parti voir l’aveugle chez lui ; il l’a ramené à la maison et a étendu son manteau à même le sol afin que l’aveugle y prenne place. Ainsi, ceux qui nourrissent dans leur cœur la grandeur de Dieu sont tout naturellement humbles et modestes, car le fait [de savoir] que Dieu ne les considère pas indispensables les fait vivre dans la crainte. Dieu est à la fois grand donateur et grand scrutateur. Si une action attire Son déplaisir, Il peut réduire à néant toute l’entreprise. Ainsi, il faudra méditer sur ces conseils, s’en souvenir et les traduire dans la pratique. »

Les traits de caractère du Saint Prophète (s.a.w.) et son exemple sont des sujets sans fin. Il était un modèle exemplaire de toute vertu. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi ? Il était un grand précepteur et enseignant de la moralité. Même si un méchant se présentait à lui, il faisait montre de courtoisie à son égard. ‘Aïcha (r.a.) relate qu’une personne a demandé au Saint Prophète (s.a.w.) la permission de le rencontrer. Le Saint Prophète (s.a.w.) a commenté que cet individu est un très mauvais frère, (c’est-à-dire qu’il se comportait mal en tant que frère), et qu’il était aussi un mauvais fils. Quand il s’est assis en compagnie du Prophète (s.a.w.), celui-ci a fait montre d’une grande courtoisie à son égard, et ce en dépit du fait qu’il fût un mauvais frère et un mauvais fils et de ses viles habitudes. Quand il est parti, ‘Aïcha (r.a.) a demandé : « Lorsque vous l’aviez vu, vous aviez dit qu’il possédait tel ou tel défaut, mais vous avez été d’une grande courtoisie à son égard quand vous avez conversé avec lui. » Le Prophète (s.a.w.) a répondu : « Quand m’as-tu vu être impoli ? Certainement, le plus vil auprès d’Allah le jour de la résurrection sera celui que tout le monde évite par peur de sa méchanceté. »

Quelqu’un a demandé au Saint Prophète (s.a.w.) : « Comment savoir si j’ai un bon ou un mauvais comportement ? » Il a répondu : « Si tu entends ton voisin dire que tu es bon, saches que tu as un bon comportement. Si ton voisin dit le contraire, sache que tu as un mauvais comportement. »

Ainsi, il est important de faire montre d’un bon comportement en toute situation. C’est là la distinction d’un ahmadi. Aujourd’hui, les troubles et le chaos qui règnent chez les musulmans ont pour cause la perte des valeurs morales. Les gens ont oublié l’exemple du Saint Prophète (s.a.w.) et se contentent de faire de vaines déclarations.

Le Messie Promis (a.s.) présente en ces termes l’exemple parfait du Saint Prophète (s.a.w.) : «Le Saint Prophète (s.a.w.) était un modèle en toute chose. Voyez comment il se comportait avec les femmes. Selon moi, celui qui s’en prend à une femme n’est ni courageux, ni un homme. Étudiez la vie sainte du Saint Prophète (s.a.w.) et vous apprendrez à quel point il était un homme doué de [hautes] qualités morales. Malgré le fait qu’il fût très imposant et influent, si une femme âgée lui demandait de se mettre debout, il ne s’asseyait pas tant qu’elle ne le lui avait pas autorisé. Le Prophète (s.a.w.) faisait lui-même ses courses. Une fois, alors qu’il venait d’acheter quelque chose, un de ses compagnons lui dit : « Laissez-moi le porter. » Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit : « L’acheteur doit porter ses courses. » Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Il ne faut pas croire pour autant qu’il partait en personne ramasser du bois. Ces anecdotes témoignent de sa simplicité et du fait qu’aucune tâche ne le dérangeait. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « L’apostolat du Saint Prophète (s.a.w.) comprend treize années de difficultés et de persécutions, et dix années de puissance et de pouvoir. Beaucoup de nations s’opposaient à lui, commençant par son propre peuple, ainsi que les juifs, les chrétiens, les idolâtres et les adorateurs du feu : leurs seules tâches consistaient à adorer leurs idoles. Ils croyaient dur comme fer en leurs idoles : cette croyance dépassait celle qu’ils avaient en Dieu. Ils ne faisaient rien qui allait à l’encontre de la grandeur de leurs idoles. La consommation d’alcool était telle que l’alcool était consommé 5 fois voire 7 fois par jour et était substitué à l’eau. Ils considéraient tous les actes illicites comme des actes de courage, et les meurtres étaient monnaie courante. Ce peuple présentait la quintessence de tous les maux des peuples du monde entier et il en a hérité de toutes les mauvaises croyances. Le Saint Prophète (s.a.w.) a réformé ce peuple et l’a  corrigé. Il errait seul, sans amis, sans aide ; parfois il mangeait, parfois il dormait le ventre vide. Ses quelques sympathisants étaient également maltraités tous les jours. »

La situation était très critique à La Mecque : parfois les premiers musulmans connaissaient la famine. Les personnes qui souhaitaient se convertir à l’islam, étaient également maltraitées, violentées, quotidiennement. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Il était sans ami, sans soutien, errait çà et là, persécuté à droite et à gauche, poussé à l’exil. Ensuite, le Noble Prophète (s.a.w.) a connu une nouvelle époque où toute l’Arabie était à ses pieds : personne ne pouvait même songer à le persécuter. Dieu lui avait accordé une telle stature et il était si imposant que s’il le souhaitait il pouvait détruire toute l’Arabie. S’il eût été égocentrique, il eût eu là la meilleure chance de se venger des persécutions dont il avait été la cible. Or, lorsqu’il revint à La Mecque en conquérant il annonça :

لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ

Ainsi le Saint Prophète (s.a.w.) est passé par ces deux époques offrant de nombreuses possibilités de le jauger : or, il n’a fait montre d’aucune vive réaction, à chaud. Les hautes qualités morales du Prophète (s.a.w.) ont toutes été mises à l’épreuve : sa patience, sa persévérance, sa chasteté, son indulgence, sa bravoure, sa générosité et sa munificence se sont dévoilées au grand jour. Aucune de ses nobles qualités n’est restée cachée. »

Aujourd’hui si l’on souhaite véritablement célébrer, on peut le faire en suivant son exemplarité, en augmentant la qualité de notre adoration, en ayant une foi absolue en l’Unicité de Dieu, et en élevant le niveau de la moralité de nos actes. A défaut, il n’y aura aucune différence entre nous et les autres. Il n’y aura aucune distinction entre les gens divisés – qui causent du tort à autrui en suivant des dirigeants éphémères – et ceux qui se proclament savants, tant que nous ne mettons pas en pratique son exemplarité.

Afin d’être à la hauteur de la Bai’ah (allégeance) au Messie Promis (a.s.) nous devons en tout point suivre l’exemplarité du Saint Prophète (s.a.w.). Qu’Allah nous permette à tous de mettre cela en pratique. En mentionnant le haut rang du Noble Prophète (s.a.w.) le Messie Promis (a.s.) déclare :

« L’homme et le prophète parfait, porteur de bénédictions, manifestation du premier Jugement ici-bas en ranimant l’humanité moribonde et en augurant la renaissance spirituelle, ce Messager béni, le Sceau des Prophètes, le Commandant des vertueux, la Fierté des Apôtres, est Muhammad, l’Élu de Dieu, paix soit sur lui.

Notre Seigneur, envoie sur ce Prophète bien-aimé Tes grâces et Tes bénédictions que Tu n’as accordées à personne depuis la création de ce monde ! Si ce grand Prophète n’était pas apparu nous n’aurions aucune preuve de la véracité des prophètes mineurs à l’instar de Jonas, Job, Jésus fils de Marie, Malachie, Zacharie, etc. Bien qu’ils fussent tous les favoris et les bien-aimés du Tout-Puissant Dieu, ils sont tous les obligés de ce Prophète (s.a.w.) grâce à qui ils furent reconnus et acceptés comme d’authentiques messagers divins.

O Mon Seigneur ! Envoie Tes bénédictions sur lui, sur ses adeptes et sur ses compagnons ! Toutes les louanges appartiennent à Allah, le Seigneur de tous les mondes. »

Après la prière, je vais diriger une prière funéraire de Madame Salma Ghani des États-Unis en l’absence de sa dépouille. Elle habitait à  Philadelphie. Elle est décédée le 20 novembre dernier à l’âge de 83 ans : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. L’Amir des États-Unis écrit : « En 1960-61, elle s’est jointe à la Jama’at en faisant la bai’ah à l’âge de 26 ans. Elle était enseignante de profession. En 1975-76, elle a eu l’opportunité de participer à la Jalsa à Rabwah. Elle faisait part avec grande joie des anecdotes vécues là-bas, ainsi que de sa rencontre avec le troisième Calife. Elle a eu l’opportunité de servir pendant 15 ans en tant que présidente de la Lajna Imaillah des États-Unis (branche auxiliaire des femmes) des États-Unis.

Elle s’impliquait beaucoup dans son travail, et elle a porté la section de la Lajna Imaillah des États-Unis à un autre niveau. Elle a également eu plusieurs fois l’opportunité de servir en tant que présidente de la Lajna à Philadelphie. En plus des cinq prières quotidiennes, la défunte accordait une attention particulière à la prière de Tahajjud. Elle était toujours prête à servir pour faire progresser la Jama’at. Elle souhaitait ardemment voir se terminer la construction de la mosquée de Philadelphie ; elle priait beaucoup pour que cela se fasse. » J’espère que la construction se terminera vite Insha Allah.

L’Amir Saheb écrit : « Le président local disait qu’elle le respectait, et obéissait à ses décisions. Elle lui faisait part de toutes ses activités. Le président local a également ajouté : « Elle a appris il y a deux mois de cela qu’elle avait un cancer de l’estomac ; je suis allé lui rendre visite une semaine avant son décès, et elle m’a dit : « Écoutez mon testament. Les médecins me donnent encore 4 à 6 mois à vivre, mais je sais qu’il ne me reste que quelques jours. Je te demande de diriger ma prière funéraire. Il ne faut pas attendre plus de 3 jours. La prière funéraire sera faite dans la mosquée de Willingboro. La place pour la tombe a déjà été arrangée à Philadelphie. » La défunte n’avait aucun enfant ; il n’y avait aucun ahmadi, et même aucun musulman [non-ahmadi] dans sa famille. Elle avait un comportement remarquable envers ses sœurs et frères. »

La présidente de la Lajna Imaillah des États-Unis écrit : « Elle a grandi dans un environnement chrétien, et dès l’âge de quinze ans elle a commencé à se poser des questions au sujet de la crucifixion de Jésus (a.s.), et au sujet des croyances erronées du christianisme. Elle recherchait une religion qui lui permette d’être satisfaite à la fois sur le plan intellectuel qu’intérieurement. Dans cette quête elle a étudié le catholicisme en détail, et elle s’est renseignée au sujet de différentes religions tels que le bouddhisme, l’hindouisme, et d’autres sectes chrétiennes. Bien qu’elle ait observé de beaux enseignements dans toutes les religions, aucune d’entre elles n’était à la hauteur de ses attentes.

Dans ce contexte, un jour un de ses amis qui avait récemment accepté l’islam lui a remis un dépliant sur lequel il était écrit que Jésus (a.s.) n’était pas mort sur la croix ; en lisant ce dépliant elle fut très émue, et elle dit : « Je viens de revenir à la vie… j’avais l’impression qu’une partie de mon corps était morte depuis des années. » Ce dépliant contenait les réponses à toutes les questions qu’elle se posaient. Elle est partie ensuite à la mosquée ; elle y a acheté quelques livres et les a lus. Finalement, elle a eu l’opportunité de faire la Bai’ah dans la ville de Philadelphie aux États-Unis. Elle y a résidé jusqu’à son dernier souffle. Une fois elle a mentionné ce fait que c’est grâce à ce dépliant dans lequel il était mentionné que Jésus (a.s.) n’était pas mort sur la croix qu’elle a accepté l’islam qui est la religion véridique. Elle a vécu pendant 54 ans en tant qu’ahmadie, durant laquelle période elle a laissé un grand exemple en matière de sincérité et d’amour envers la Jama’at et le Califat Ahmadiyya. Elle était en soi un exemple à suivre en ce qui concerne son obéissance.

Durant la période de Califat du quatrième Calife elle eut l’opportunité de servir en tant que présidente de la Lajna Imaillah des États-Unis pendant quinze ans ; ensuite elle a servi chez la Lajna Imaillah en tant que membre émérite. Elle eut également l’opportunité de servir en tant que présidente du comité consultatif des membres de la Lajna d’origine africaine et américaine. Elle était constamment tournée vers le Tabligh. Comme elle venait d’un environnement chrétien, elle faisait le Tabligh aux chrétiens d’une très belle manière, et efficacement. Grâce à ses efforts, de nombreuses personnes ont accepté l’Ahmadiyya, et ainsi elle fut à l’origine de la réforme de nombreuses personnes. Elle enseignait toujours la fraternité, et le fait d’agir avec amour.

Après ses nombreux séjours au Ghana et au Nigeria, elle y était connue sous le nom de Tante Salma Ghani. Dans la Jama’at des États-Unis elle sera toujours connue comme une femme pure, modeste et appréciée de tous.

Qu’Allah le Très-Haut exalte le rang de la défunte, et qu’Allah permette aux personnes qui ont accepté l’Ahmadiyya par son intermédiaire de rester fermes sur leur foi ; et qu’Allah permette à la Jama’at des États-Unis, et aux Américains d’écouter, de comprendre et d’accepter le véritable message de l’islam.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)