Sermon du vendredi 05 mai 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a cité le verset 21 du chapitre 57 du Coran.

اعْلَمُوا أَنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا لَعِبٌ وَلَهْوٌ وَزِينَةٌ وَتَفَاخُرٌ بَيْنَكُمْ وَتَكَاثُرٌ فِي الْأَمْوَالِ وَالْأَوْلَادِ كَمَثَلِ غَيْثٍ أَعْجَبَ الْكُفَّارَ نَبَاتُهُ ثُمَّ يَهِيجُ فَتَرَاهُ مُصْفَرًّا ثُمَّ يَكُونُ حُطَامًا وَفِي الْآَخِرَةِ عَذَابٌ شَدِيدٌ وَمَغْفِرَةٌ مِنَ اللَّهِ وَرِضْوَانٌ وَمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا إِلَّا مَتَاعُ الْغُرُورِ

La traduction de ce verset est comme suit :

« Sachez donc que la vie de ce monde n’est qu’un jeu et un amusement, et un ornement, et une source de vantardise entre vous-mêmes, et de rivalité à multiplier richesses et enfants. Cette vie ressemble à de la pluie qui produit de la végétation qui réjouit les cultivateurs. Ensuite elle se dessèche, et tu la vois jaunir ; puis elle devient des particules de paille brisée. Et dans l’au-delà il y a un châtiment rigoureux, et aussi le pardon de la part d’Allāh, et Son plaisir. Et la vie de ce monde n’est qu’une jouissance temporaire trompeuse. (Le Saint Coran, chapitre 57, verset 21)

Allah l’Exalté a attiré notre attention à cet égard dans le Saint Coran en de nombreux endroits. Voire, Il a émis des avertissements : la vie de ce monde, ses facilités, ses plaisirs, ses biens, tout cela est éphémère. Ce ne sont que jeux et amusements. Celui qui oublie Dieu et l’objectif de sa vie, peut accorder de l’importance à ces choses matérielles. Cependant, un croyant qui a de grands objectifs, et qui doit en avoir, est au-delà de ces choses et ses pensées en sont au-dessus. Il doit, quant à lui, tenter d’atteindre ces hauts objectifs, tenter de se rapprocher d’Allah l’Exalté et de mériter Son amour.

Nous affirmons être les membres de la Jama’at de l’Imam de l’époque, celui qui a été envoyé en tant que Messie et Mahdi conformément aux prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : nos pensées doivent être à cet égard supérieures. Nous serons de véritables ahmadis quand les désirs et plaisirs éphémères de ce monde ne seront pas nos objectifs. Le monde est aujourd’hui la proie de ces plaisirs et Satan est à l'affût à chaque coin, afin d’en appâter tout habitant. Nous devrons, quant à nous, faire de notre mieux pour les éviter.

Notre but n’est pas l’acquisition des biens matériels ou le fait de tirer plaisir de ce monde, car tout cela nous mène à une mauvaise fin. Selon Allah l’Exalté ces choses matérielles sont à l’exemple de ce champ qui fleurit et qui fructifie mais qui ensuite se dessèche, se transforme en paille qui est emporté par un vent violent. Telle est la fin réservée aux gens de ce monde. Leurs immenses richesses ou leurs enfants ne leur sont d’aucuns recours. Certains sont privés de leurs biens et de leurs enfants ici-bas sur terre. Même si un individu a connu une bonne fin en ce monde, il méritera le châtiment s’il s’est voué corps et âme aux plaisirs de ce monde, parce qu’il n’a accordé aucune importance à Dieu et à la spiritualité. Certes Allah accorde Son pardon à quelques-uns en raison de certaines de leurs bonnes œuvres.

La miséricorde divine est très vaste : d’aucuns en profitent en raison de leurs actions pieuses suite au décret de Dieu. Or Allah l’Exalté affirme qu’il ne faut pas considérer ce monde comme une fin en soi. La vie réelle débute dans l'Au-delà. Afin de mériter le plaisir d’Allah l’Exalté et de connaître une bonne fin, il est important d’établir un lien avec Allah et de suivre Ses ordres. Quand on tentera de mériter le plaisir d’Allah l’Exalté et de suivre la voie qu’Il a tracée, l’on connaîtra une bonne fin et l’on acquerra de surcroît les choses de ce monde. Allah l’Exalté n’affirme aucunement qu’il ne faut pas profiter des faveurs matérielles qu’Il nous a octroyées : Il recommande cependant de ne pas se vouer à tel point à l’acquisition des biens terrestres que l’on oublie ses obligations religieuses et néglige ses devoirs envers Lui.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « Ceux qui viennent de la part de Dieu abandonnent ce monde. Celui-ci n’est pas leur but et leur objectif. Ce faisant, le monde devient leur serviteur et leur esclave. Ceux dont l’objectif premier est le monde sont humiliés en fin de compte, même s’ils ont acquis les biens terrestres. »

Ce qu’affirme le Messie Promis (a.s.) ne concernait pas uniquement son temps. L’on croit, aujourd’hui, que le système financier du monde est très robuste et que de grandes banques sont présentes. Or, l’on constate que les soutiens des banques, notamment les entreprises commerciales, subissent des pertes. Voire des fois, les banques endurent des pertes désastreuses : l’on entend, par la suite, que telle banque est en train de licencier tant d’employés ou de fermer tel nombre de ses succursales dans telle ou telle ville.

De grandes entreprises sont en train de licencier leurs employés. Les employés sont en train de traduire en justice leurs entreprises et les banques qui leur ont accordé du crédit. Lesdites entreprises ont dû déclarer faillite. Leurs biens sont mis en vente et ils ont besoin des moindres sous.

Les effets de la crise économique de 2008 se font ressentir jusqu’à présent. De grandes entreprises ont déclaré faillite et même des États ont été affectés. Les États producteurs de pétrole pensaient que leur richesse ne tarirait pas : or ce fut le cas. Que s’est-il passé ? Ces États ont dû réduire leurs dépenses et licencier leurs employés. Au grand malheur des pays musulmans, leurs rois, dirigeants et politiques dilapident, pour leur jouissance, les richesses octroyées par Allah l’Exalté au lieu de respecter Ses commandements et d’utiliser ces biens afin de mériter Son plaisir.

Ils n’ont pas utilisé cette manne pétrolière et leurs autres ressources financières afin de sauver des vies humaines, afin d’aider les pays musulmans pauvres à se tenir sur leurs pieds ou à nourrir et vêtir les indigents de leurs nations.  Ils n’ont fait que remplir leurs caisses, et cette situation perdure jusqu’à présent : en conséquence nous constatons qu’ils ne cessent de subir l’humiliation dans le monde. Or, ils ne veulent rien entendre et ne se soucient pas de l'Au-delà, dont le châtiment sera sévère et humiliant et à propos duquel Allah l’Exalté leur a averti. Sans nul doute, l’usage, à mauvais escient, que font les individus, les hommes d’affaires, les entreprises et les États, des richesses de ce monde, leur fera mériter le châtiment divin. S’Il le souhaite, Dieu peut infliger cette punition ici-bas ainsi que dans l'Au-delà.

Il peut faire profiter à d’aucuns temporairement les faveurs de ce monde avant de les punir dans l'Au-delà.

C’en est là une situation très inquiétante que toute personne douée de bon sens, notamment un véritable musulman qui croit en Dieu, doit avoir en tête. Ceci ne doit pas être de forme : l’on doit s'inquiéter à propos de ses actes d’adoration et du respect des commandements divins et accomplir des efforts en ce sens. D’aucuns diront qu’ils accomplissent la Salat, qu’ils rendent culte à Dieu et qu’ils jeûnent. Quel mal y a-t-il si nous tentons d’acquérir les faveurs qu’Allah a créées ? Tout d’abord, il faut qu’il y ait une certaine sincérité dans les actes d’adoration, tout comme le préconise Allah l’Exalté ; ensuite il faudra servir la création d’Allah grâce à ces faveurs.

Or, que ce passe-t-il dans les pays musulmans ? Quand le roi part en vacances, il prend avec lui toute un cortège d’avions et des tonnes de bagages. Leurs dépenses dépassent plusieurs millions de dollars ; tandis que les pauvres de leurs pays n’ont pas de quoi se nourrir une fois par jour. C’est là le résultat de leur éloignement des commandements divins. L’on évoque d’une part le nom d’Allah et d’autre part l’on nie Ses préceptes. Pareilles actions attirent le châtiment d’Allah l’Exalté : ce n’est que jeu et amusement, beauté apparente et orgueil. Il s’agit là d’un étalage inapproprié de ses richesses.

Le Messie Promis (a.s.) déclare à propos de pareille personne : « Si la Salat et le jeûne ne s'accompagnent pas de sincérité, si l’on ne possède pas de vertu, l’on tombera sous le coup de cet avertissement divin annoncé dans le Coran : « Malheur à ceux qui prient… »

En fait, Allah souhaite que nous accomplissions des actes d’adoration et des œuvres qui améliorent notre condition spirituelle. Nous devrons accomplir notre devoir envers autrui en raison de la peine que nous ressentons et non pas avec le sentiment d’accorder à autrui une faveur. Pareils actes d’adoration vont attirer les faveurs d’Allah l’Exalté et pareille richesse fera mériter les bontés divines.

Allah l’Exalté ne nous interdit pas l’acquisition des biens matériels : ces faveurs qu’Il a octroyées sont certainement permises pour un croyant, à condition qu’on les acquière par des moyens licites et qu’elles n'entravent pas la voie de la spiritualité, du respect des droits d’Allah et de Sa création, et de l’accomplissement des actes d’adoration.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait apporté en ses compagnons un changement pur et ces derniers avaient compris l’importance de préférer la foi à ce monde : or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait peur que les musulmans des générations futures ne perdent ces qualités.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré à cet égard que la plus grande inquiétude qu’il ressentait à l'égard de son Oummah est qu’elle ne suive ses vils désirs et qu’elle ne fasse de grands plans afin d’assouvir ses attentes matérielles, en s’écartant ainsi de la voie de la vérité. Attention qu’ils n’oublient l’Au-delà en raison de leurs plans visant à acquérir les choses de ce monde. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Sachez que ce monde a déjà entamé son voyage de retour et la vie de l’Au-delà se prépare. » Le voyage a débuté des deux côtés. Le monde tire à sa fin ; et débutera la vie dans l’Au-delà, où l’on devra rendre compte de ses actions.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a continué : « Tout deux ont des esclaves et des serviteurs. »

Le monde a ses esclaves et d’autres se soucient de la vie dans l’Au-delà.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Évitez, de toutes vos forces, de vous asservir au monde. Vous êtes dans la maison des œuvres : l’heure n’est pas venue de rendre compte de ses actions. Or, demain vous serez dans la maison de l’Au-delà et là-bas il n’y aura pas d’actions. » Les fruits de l’Au-delà dépendent des actions d’ici-bas. D’où l’importance de rectifier ses actions.

Ce monde est la maison de l’action : les œuvres d’ici-bas nous feront mériter les récompenses ou les châtiments de l’Au-delà. Chanceux sont ceux d’entre nous qui se souviennent de cette parole d’Allah, à savoir, que le monde n’est que jeu et amusement, étalage de beauté et source de vantardise en raison de ses richesses et de ses enfants.  Ce monde n’est pas plus important que de la paille séchée, réduite en poussière, semée aux quatre vents. La chose essentielle, c’est d’acquérir le plaisir divin. En effet, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous conseille d’accomplir de bonnes œuvres afin de mériter le plaisir d’Allah l’Exalté.

Les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), qu’Allah soit content deux, étaient toujours à l'affût de ces moyens et de ces bonnes œuvres qui les permettraient de mériter le plaisir divin. Ils interrogeaient le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à ce propos.

À cet effet, un jour quelqu’un demanda au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « O envoyé d’Allah ! Recommandez-moi une œuvre qui me fera mériter l’amour de Dieu et l’admiration de mes prochains. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) répondit : « Désintéresse-toi du monde et détournes-toi en ! Ainsi, tu mériteras l’amour d’Allah. Ne convoite pas les richesses d’autrui et les gens t’aimeront. »

Se désintéresser du monde ne signifie pas que l’on doit entièrement se couper de la société, ne pas se marier, négliger ses devoirs envers ses enfants et sa femme, abandonner son commerce, ne rien faire, ne rien entreprendre, et de mener une vie d’ascète. Tel n’est pas le sens de ce conseil, ce n’est pas n’ont plus le souhait de l’Islam. Nous avons devant nous l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il s’était marié, il s’est acquitté de ses devoirs envers ses épouses et ses enfants, lorsqu’il en a eu. Il a reçu des richesses et des troupeaux de chèvres. Selon un récit, il en a offert, sans broncher, à un mécréant qui regardait d’un air envieux un troupeau de chèvres : suite à quoi, ce dernier s’est converti à l’Islam.

En dépit de toutes ces possessions, il s’acquittait de ses devoirs envers Allah et ses serviteurs. Il ne s’est pas soucié de ces choses uniquement.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit : « Il est important que vous suivez ma Sunnah. » Il ne faut pas s’isoler du monde, il faut y vivre, et il faut prendre ces choses en considération, car j’en faisais autant. 

Le monde ne doit pas entraver nos actes d’adorations et notre respect des commandements divins. Le fait d’être occupé à gagner de l’argent, ne doit pas nous empêcher de respecter nos devoirs envers Allah l’Exalté, de même il ne faut pas convoiter les biens et les patrimoines d’autrui : car la convoitise pousse à nuire l’autre.  Le désordre dans le monde est également dû à cette avidité. Les grandes puissances surveillent les pays pauvres uniquement dans le but de les asservir, et afin de profiter de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. Dans ce monde, le désordre se créer en raison de la convoitise entre des individus ou bien entre des états. C’est pour cette raison qu’il faut se contenter de ce que nous avons. Ne regardez pas avec envie les biens d’autrui. Usez de vos capacités et de vos dons, faites des efforts, il n’y a aucun mal à gagner de l’argent grâce à ses labeurs, tant que cet argent ne nous empêche pas de respecter nos devoirs envers Allah l’Exalté et envers Ses créatures. 

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a décrit ce désintérêt pour ce monde en ces termes : « Le détachement de ce monde et la piété ne signifient pas qu’il faut considérer comme illégal ce qui est autorisé. » Se détacher de ce monde ne signifie pas s’interdire ce que Allah l’Exalté nous a autorisé, « et de détruire nos biens, » cela ne signifie pas détruire les biens qu’Allah l’Exalté vous a octroyés. Il dit : « La vertu signifie avoir plus confiance en la récompense d’Allah et en Son pardon qu’en votre argent. » Ne faites pas confiance à votre argent. Ayez confiance en Allah l’Exalté. Et lorsque vous êtes éprouvés alors vous devez avoir en tête que la récompense et les bénédictions qui en découleront, vous devez considérer les épreuves comme des moyens pour obtenir des bénédictions. »

Les hommes sont éprouvés par des difficultés, il ne faut pas se lamenter sur la perte d’argent qui peut en résulter, mais vous devez penser que peut-être par ce moyen Allah l’Exalté est en train de vous évaluer, et vous en serez récompensés. Il ne faut pas se lamenter sur les pertes de biens mondains, car cela répand une odeur de polythéisme. Certains hommes d’affaires perdent la tête lorsqu’ils subissent des pertes ; d’aucuns vont même jusqu’à se suicider. Si nous avons confiance en Allah l’Exalté et si nous nous contentons de ce que nous avons, pareils incidents n’auront pas lieu.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) souhaite ce genre de détachement du monde et cette piété de notre part, de la part des croyants, de la part des membres de son Oummah. C’est de par Sa grâce qu’Allah l’Exalté a permis à cette époque à de nombreux ahmadis, en raison du fait qu’ils ont accepté le Messie Promis (as), de n’avoir aucune considération pour les pertes mondaines, et ils considèrent que dans de telles conditions il faut se tourner davantage vers Allah l’Exalté.

On a pu voir au Pakistan et également dans d’autres endroits, que les opposants ont anéanti et brûlé des commerces d’ahmadis valant des centaines de milliers et des millions. On a même vu un premier ministre dire qu’il fera en sorte que les ahmadis viennent à mendier ; il a dit qu’il leur mettra dans la main des sébiles. Mais les ahmadis qui avaient une ferme confiance en Allah l’Exalté n’ont jamais mendié auprès du gouvernement ni auprès de quiconque, et par la grâce d’Allah l’Exalté leurs commerces qui valaient des milliers voire des centaines de milliers et qui ont été anéantis ont été remplacés par des commerces valant des millions.

Ces exemples renforcent la foi des ahmadis, et cela doit également faire prendre conscience aux ahmadis qui sont venus s’installer dans les pays développés en raison de la situation qu’ils subissaient, qu’ils ont une meilleure situation financière après avoir quitté le Pakistan uniquement par la grâce d’Allah. Si en raison de la grâce d’Allah, et des bénédictions liées à la Bai’ah au Messie Promis (a.s.) vous avez obtenu cela, alors vous ne devez pas avoir une quelconque fierté en raison de votre situation personnelle. Le fait d’avoir plus d’argent ne doit pas nous faire tourner vers le monde. Nous ne devons pas regarder les biens d’autrui avec avidité, mais en accord avec les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), si nous devons porter un regard envieux, que nous le portions sur celui qui est meilleur que nous en spiritualité, et que nous essayions d'être comme lui en spiritualité, voire meilleur que lui.

Le Messie Promis (a.s.) s’est appesanti sur ce sujet. A la lumière des enseignements du Saint Coran, et en comprenant les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il avait le plus conscience de combien nous devons nous soucier des biens de ce monde. Le Messie Promis (as) a déclaré : « Dieu a rendu licite les biens de ce monde, car ils sont aussi source d’épreuves. A titre d’exemple, si une personne ne travaille pas et de ce fait connaît une situation financière déplorable, elle fera face à de nombreuses difficultés. » Il ajoute : « En raison de ces épreuves, une personne peut en venir à voler, à mentir, à s’adonner aux jeux du hasard ; elle peut devenir bandit ou développer d’autres mauvaises habitudes en grand nombre. Une situation financière fragile peut engouffrer une personne dans les péchés. » Il continue : « Chaque chose comporte ses limites. Adonnez-vous aux affaires de ce monde dans une certaine mesure, de sorte qu’elles vous aident dans votre spiritualité ; ainsi le but doit être la spiritualité. » C’est-à-dire que le but doit être d’évoluer dans la spiritualité : celle-ci ne doit pas être quelque chose de secondaire. « Gagnez de l’argent, profitez de ce monde, mais à chaque instant vous devez nourrir la crainte d’Allah l’Exalté. L’enseignement de la religion doit être devant vous. »

Il ajoute : « Ce monde n’est pas interdit, mais il ne faut pas que vous soyez impliqués nuit et jour dans les affaires de ce monde jusqu’à en oublier Dieu. » C’est-à-dire qu’il ne faut pas que vous oubliiez Dieu, que vous soyez impliqués dans des affaires mondaines aux heures d’adoration. Il ne faut pas que vous soyez en train de surfer sur Internet, en train de regarder un film ou tout autre programme mondain aux heures de prières.

Il ajoute : « Celui qui agit de la sorte fera partie des gens infortunés, et ses lèvres n’énonceront que de vains propos. » 

Ce ne sera que de simples paroles et non une Bai’ah véritable ou une foi solide.

« Restez donc parmi ceux qui sont vivants, afin que vous puissiez voir la manifestation du Dieu Vivant. »

Le Messie Promis (a.s.) dit à une autre occasion : « Ne croyez point qu’il faut se couper entièrement du monde. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, et Allah n’interdit pas les biens de ce monde. L’Islam prohibe le monachisme. Autant le croyant étendra sa relation avec le monde autant il grandira en statut, car c’est la spiritualité qui est son objectif. Les biens et l’apparat de ce monde sont les serviteurs de sa foi. Le monde ne doit pas être votre objectif. La quête des biens terrestres doit avoir pour but la foi. Il faut acquérir les biens de ce monde de sorte que ceux-ci soient au service de la foi. Pour entreprendre un voyage l’on se munit de sa monture et de ses provisions. L’objectif du voyage est d’atteindre sa destination : la monture ou les nécessités du voyage ne le sont pas. L’homme doit acquérir les biens terrestres en les plaçant au service de la foi. »

A ce sujet, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Allah nous enseigne la prière suivante :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ

Quels sont les biens terrestres mentionnés en premier dans cette supplication ? Ce sont les bienfaits de ce monde, qui seront source de bienfaits dans l’au-delà. »

Cette prière nous explique que le croyant cherche les biens terrestres en se souciant des bienfaits de l’Au-delà. Une belle part dans les biens de ce monde signifie que le croyant musulman doit adopter les meilleurs moyens pour l’acquisition de ces biens. Dieu lui recommande d’acquérir les biens terrestres par des moyens qui seront sources de bonheur et de bienfait. Il lui proscrit tout moyen nuisible à autrui et susceptible de lui causer de la peine et de l’embarras. Pareils biens terrestres engendreront les biens de l’Au-delà. C’est là le genre de vie qui plaît à Dieu. 

Ensuite en parlant du châtiment et de l’Enfer, le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Que signifie l’enfer ? Il y a celui promis par Dieu dans l’Au-delà. [Et il y a celui d’ici-bas] : si cette existence n’est pas consacrée à Dieu, elle se transformera en enfer. Si cette vie est dépourvue de Hasanāt (bienfaits) elle se transformera en enfer. Allah ne garantit point qu’Il protégera pareille personne des souffrances et qu’Il lui accordera aisance. Ne croyez pas que l’opulence et le pouvoir, les richesses et l’honneur ou une multitude d’enfants sont source de quiétude et de sérénité et qu’ils transformeront la vie d’ici-bas en Paradis. »

C’est-à-dire que ces choses ne sont pas source de quiétude, et n’offrent pas le Paradis. Il continue : « Certainement pas : cette sérénité et cette quiétude qui font partie des faveurs du paradis ne pourront être acquises par ces moyens. C’est en vivant et en mourant pour Dieu que l’on pourra découvrir cette vraie sérénité. » On pourra obtenir les bienfaits de l’Au-Delà, lorsque Allah sera toujours devant nous, lorsque les bienfaits de ce monde seront obtenus en suivant les commandements d’Allah l’Exalté. Tant que Dieu n’est pas toujours devant nous, tant que nous ne pensons pas constamment que Dieu nous regarde, nous ne pourrons rien appliquer.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Les prophètes, en particulier, Abraham et Jacob, avaient prodigué des conseils à cet effet en affirmant :

وَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُسْلِمُونَ

« Ne mourrez qu'en état de fidélité ». »

Cela signifie : l’homme ne sait pas quand il va vivre ou mourir. Nous devons donc toujours suivre les commandements d’Allah l’Exalté, et nous devons nous soucier du Jour du Jugement.

Il continue : « Les plaisirs de ce monde génèrent une avidité immonde et accroissent sa soif…. »

Quels sont les plaisirs de ce monde ? Elles accroissent l’envie et l'appétit de ce monde. Cette soif ne s’éteint pas, comme dans le cas du malade de la soif insatiable. 

Il boit constamment de l’eau jusqu’au point où il en meurt, sans que sa soif s'atténue. Il en est de même pour celui qui est assoiffé de ce monde : il n’est jamais satisfait.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « …les plaisirs terrestres ne font qu’accroître son avidité, le menant, en fin de compte, jusqu’à sa destruction.

Le feu de ces désirs immodérés et de cette avidité ressemble au feu de l’enfer : il n’accorde au cœur de l’homme aucune sérénité et paix, et le maintient dans un cercle d’agitation et d’anxiété.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Que mes amis (c’est-à-dire les ahmadis) sachent que leur amour des biens, des richesses, des femmes et des enfants ne doit pas les passionner et les enivrer au point où un voile se crée entre eux et Dieu. »

Il déclare : « Les biens et les enfants sont source de désordre car l’enfer est créé par ces choses également ; la séparation d’avec elles peut engendrer une anxiété et une angoisse, et c’est pour ça qu’il est dit que :

نَارُ اللَّهِ الْمُوقَدَةُ - الَّتِي تَطَّلِعُ عَلَى الْأَفْئِدَةِ

C’est-à-dire que c’est le feu d’Allāh qui atteindra les cœurs instantanément. Cette déclaration prend un sens réel et non pas imagé.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Ce feu qui réduit en cendres le cœur de l’homme, le rendant plus noir que du charbon, n’est autre que l’amour que l’on éprouve pour tout autre qu’Allah. »

Il ne faut donc pas que l’aisance que nous trouvons dans ces pays nous rende négligents envers l’adoration de Dieu ; que cela ne nous empêche pas de nous acquitter de nos devoirs envers Allah. Notre meilleure situation financière ne doit pas nous empêcher d’aider nos frères se trouvant dans une situation plus précaire. Pareillement il faut que nous remplissions notre devoir quant à la transmission et la propagation du message de l’Islam et il ne faut pas au contraire que nous l’oubliions. Le but du serment d’allégeance c’est de respecter les droits de Dieu ainsi que ceux de l’humanité et ainsi que de remplir son devoir envers la transmission du message. C’est ainsi que nous pourrons accorder préséance à notre foi sur ce monde. Qu’Allah fasse que nous soyons constamment à la recherche du plaisir divin et que nous ne soyons jamais piégés par ce monde trompeur. Qu’Allah fasse que nous puissions être protégés de l’enfer de ce monde ainsi que celui de l’Au-delà. Que la grâce divine et son plaisir puissent faire de ce monde un paradis et que ces derniers nous permettent également d’aller au Paradis de l’Au-delà !

Je vais diriger deux prières funéraires après la prière. La première est celle de Basharat Ahmad Sahib fils de Muhammad Abdullah Sahib de Khanpour de la province de Rahim Yaar Khan qui est tombé en martyr le 3 mai dernier. À Allah nous appartenons et c’est vers Lui que nous retournerons.

La maison du martyr Basharat Ahmad Sahib est située dans le quartier de Green Town de Khanpour. Il avait une station d’essence, qui se trouvait à environ 4 ou 5 kilomètres de chez lui.

Le 3 mai, vers 20 heures comme d’habitude il rentrait chez lui à moto. Il venait tout juste de parcourir 1 km quand un individu a ouvert le feu sur lui à bout portant, au niveau de la tempe. La balle est ressortie de l’autre côté : il est tombé en martyr sur le coup. À Allah nous appartenons et c’est vers Lui que nous retournerons.

Environs 10 minutes après, son gendre est sorti de la station d’essence pour rentrer chez lui. Il a vu sur son chemin de retour qu’une foule était réunie autour de quelqu’un, il s’est arrêté c’est alors qu’il a réalisé qu’il s’agissait de son beau-père. Il a aussitôt appelé une ambulance mais celui-ci avait déjà rendu l’âme.

Son gendre pensait au départ qu’il avait eu un accident de la route mais après l’avoir fait examiner par un docteur ahmadi on a su que quelqu’un lui avait tiré dessus. On a donc informé la police de nouveau. Après l’autopsie, la police a déclaré que c’était un assassinat ciblé et qu’il a été tué à cause de son appartenance à l’Ahmadiyya. La police s’est rendue sur le lieu de l’incident et a recouvré les douilles des balles.

L’Ahmadiyya est arrivé dans la famille du défunt grâce à son père Muhammad Abdullah Sahib. Il avait prêté serment d’allégeance sur la main du Deuxième Calife (ra) avant la création du Pakistan. En 1947, sa famille a quitté Qadian pour s’établir à Mianwali.

Le défunt est né à Bhakkar en 1955. C’est dans ce même village qu’il a fait ses études élémentaires. Ensuite il a poursuivi ses études à Chiniot, Ahmad Nagar, Rabwah. Puis il a travaillé pendant quelque temps au barrage Tarbela et par la suite il est parti à Dubaï. Quand il est retourné, il s’est établi à Karachi où il a lancé un business de voitures. Il s’est établi à Khanpour en 1985 en raison de la situation dangereuse de Karachi et il y a mis en place une station d’essence. Le défunt était par la grâce de Dieu un Moussi (testateur). Il avait 62 ans lorsqu’il est tombé en martyr. Il a eu l’opportunité de servir dans divers départements, dont 3 ans en tant que Sadr de la Jama’at de Khanpour et Secrétaire Umour ‘Ammah pendant une longue période. Il était doté de hautes qualités morales.

Le défunt était quelqu’un de très sincère, social et amical. Il égayait aussi les autres. Peu importe la responsabilité qu’il lui a été attribuée, il l’accomplissait avec sincérité. Il a aussi travaillé en tant que gardien de la mosquée de la Jama’at de Khanpour et tous les frais concernant la propreté de cette mosquée, de la pelouse ainsi que la mise en terre et soins des plantes venaient de sa poche.

Il était régulier dans ses cotisations ainsi que celles de sa famille et il était intègre dans toutes les transactions. Il était régulier dans ses prières et éprouvait un amour sincère envers le Califat et conseillait également ses enfants de toujours rester attachés au Califat. Il laisse derrière lui sa femme, ses deux fils ainsi qu’une fille. Qu’Allah accorde au défunt un haut statut au paradis et qu’Il fasse que ses enfants soient toujours attachés à l’Ahmadiyya.

La deuxième prière funéraire est celle de la Professeure Tahira Parveen Malik, fille de Malik Muhammad Abdullah Sahib. Elle était Professeure à l’université du Pendjab. Elle est tombée en martyr après qu’un employé de l’université l’a poignardée, le 4 avril dernier. Il était venu avec intention de la voler, mais lorsqu’il a constaté que la défunte l’a remarqué il l’a poignardée. De toute façon au Pakistan les opposants ont le « droit » de tuer des ahmadis sans qu’ils soient pour autant traduis en justice. C’est bien pour cela que cet employé a eu le courage de commettre ce crime. Constatant qu’il a été pris la main dans le sac et que la défunte vivait toute seule, il l’a poignardée et elle est tombée en martyr.

Son mari ainsi que la famille de celui-ci s’étaient éloignés de la Jama’at. Elle s’était séparée de lui depuis cette époque et vivait toute seule. Elle était très éduquée et avait pris sa retraite. L’année passée elle a été réemployée par l’université en raison de ses compétences. Son grand-père Hazrat Malik Hassan Muhammad Sahib, compagnon du Messie Promis (as) était le premier Ahmadi de sa famille.

Son père Malik Abdullah Sahib était aussi un Waqif-e-Zindagi (dédié au service de l’islam) et il a eu l’opportunité de servir pendant très longtemps dans les bureaux de la Jama’at ainsi que d’enseigner la religion à la Talim Ul-Islam High School. Il a eu l’opportunité de rendre de grands services. Lors de la création du Pakistan, son père a également eu l’opportunité de servir dans le département de sécurité : il été emprisonné en 1953 [en raison de son appartenance à l’Ahmadiyya].

La défunte était une femme très éduquée. Elle avait fait ses études élémentaires à Rabwah. Elle a complété sa licence au College For Women de Lahore et ensuite elle a fait sa maîtrise en agronomie à la Punjab University ainsi qu’un MPhil en science végétal en Californie. Qu’Allah lui accorde Son pardon.

Elle était triste pour sa fille qui s’était éloignée de la Jama’at avec son père. Qu’Allah fasse qu’elle retourne dans la Jama’at et que les prières de la défunte soient exaucées en sa faveur. Je dirigerai sa prière funéraire après celle de Jumu’ah comme je l’ai déjà mentionné.


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