Sermon Raunheim Allemagne

 Sermon du vendredi 14 avril 2017, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad à Raunheim en Allemagne. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Tout d’abord je voudrais parler sur le lieu choisi par la Jama’at pour organiser la prière du vendredi. Les responsables disent que celle de la semaine prochaine se tiendra ici. En raison de la proximité de l’aéroport et du trafic aérien, il se peut qu’il y ait du bruit à cause des avions et que cela prenne de l’ampleur à certains moments.

Je tenterai de me faire entendre en dépit du bruit et de faire en sorte que je sois compréhensible. L’on pourra endurer le ronflement si son seuil est le même qu’à l’instant. Ils disent que cela dépend de la direction du vent  : s’il souffle dans cette direction le bruit sera plus fort ; s’il souffle dans l’autre, le bruit sera atténué.

En tout cas, en raison de l’exiguïté, l’on ne pourra pas accomplir la prière du vendredi à Bait us-Subuh. Ils disent aussi que la Jama’at n’a pas trouvé d’autres salles à un prix abordable. Selon moi, s’ils avaient fait les arrangements nécessaires en temps et lieu, ils en auraient trouvé. Or, chez nous on a l’habitude de tout faire au dernier moment, tout en se donnant l’illusion que tout se passera bien.

Par la grâce d’Allah, certaines œuvres se font, dans des situations de crise. Peut-être que cela n’est pas le cas d’aucune autre organisation hormis la Jama’at Ahmadiyya. Cependant, cela ne signifie pas qu’il n’est pas nécessaire de tout planifier à l’avance.

C’est en raison de ces illusions, de ce manque d’attention et de cette insouciance que l’on n’arrive pas à organiser la prière du vendredi ou tout autre événement à Baitul Afiyat qui a été acheté récemment et qui est situé à côté du centre Baitus-Subuh.

L’année dernière, quand j’étais présent en Allemagne lors de la Jalsa, j’ai dirigé la prière du vendredi à Baitus-Subuh. En raison de l’étroitesse des lieux on avait interdit aux femmes et aux membres des Jama’ats avoisinantes de venir à la prière du vendredi.

J’avais demandé à l’époque, aux responsables de la Jama’at d’obtenir au plus vite, l’autorisation nécessaire pour le bâtiment Bait ul-Afiyat, afin que l’on ne soit pas confronté à ces difficultés.

Selon moi, ou tout au moins, selon leurs rapports, ils sont en train de faire des efforts sérieux à cet égard depuis ce moment. Cependant, la commune ne cesse de soulever des petites objections ici et là.

Les responsables auraient dû avoir tout cela en tête depuis le début : à savoir que la commune ne leur est pas soumise et qu’ils n’obtiendront pas facilement l’autorisation.

Dès qu’ils ont acheté le bâtiment, ils auraient dû, sérieusement, faire les démarches pour avoir l’autorisation de l’utiliser et pour y apporter les modifications (nécessaires). Si les travaux avaient débuté à l’époque, nous n’aurions pas eu autant de difficultés aujourd’hui.

Ils pensaient que ce site serait assez grand pour accueillir tout le monde, lors de ces vacances pascales ; or, en raison du grand nombre de personnes présentes ce site est devenu exiguë : mais la situation aurait été la même à Bait ul-Afiyat. Cependant, l’on aurait pu organiser la prière du vendredi sur une échelle ordinaire là-bas.

Cela fait deux ou trois ans depuis qu’on a acheté ce bâtiment. Jusqu’à présent, il demeure certains obstacles qui entravent son utilisation. Lorsqu’on l’avait acheté, la situation du monde était un tant soit peu meilleure en référence aux musulmans, et si les démarches avaient débuté l’on aurait pu obtenir rapidement les autorisations. Mais aujourd’hui leurs appréhensions sur les musulmans ont pris de l’ampleur. D’où la raison de ces difficultés.

L’Amir Saheb et les autres responsables diront que ce ne sont pas là les raisons et que [les démarches] auraient pris du temps de toute façon. En tout cas c’est en raison de leur paresse et en raison de cette habitude à remettre à plus tard tout travail que nous faisons face à ces difficultés aujourd’hui. Qu’Allah accorde aux responsables discernement et compréhension et qu’Il les fasse sortir de leurs illusions ; qu’ils puissent passer à l’action en ayant compris la réalité.

Vous avez choisi vos responsables et il vous incombe de prier régulièrement afin qu’ils soient actifs et qu’ils soient doués de discernement.

En quelques minutes nous avons entendu trois ou quatre avions passer [au-dessus de nous]. Il va falloir endurer cela.

La deuxième option sera de limiter le nombre de personnes venant à la prière du vendredi et d’en empêcher les femmes.

Au Pakistan ou dans les pays où sévit l’opposition contre la Jama’at on empêche les femmes de venir à la prière du vendredi. La prière du vendredi est accomplie en différents lieux et pas dans un centre particulier. En Algérie, il y a une restriction totale : l’on ne peut accomplir la prière du vendredi dans aucun centre, voire dans aucune maison. C’est en raison d’une loi abusive et par peur des ennemis que [les ahmadis sont contraints] d’agir de la sorte.

C’est en raison de notre paresse et du fait que l’on n’accorde pas d’importance aux affaires [de la communauté] qu’on est en train de mettre ces restrictions en dépit de la liberté de culte qui existe dans ce pays. Priez pour que lors de ma prochaine visite nous ayons l’autorisation d’utiliser Bait ul-Afiyat ou que tout au moins les responsables puissent trouver un lieu pouvant accueillir confortablement tout le monde.

Bait ul-Afiyat pourra, pendant un certain temps, palier ce manque d’espace. La Jama’at Insha Allah grandira et est en train de grandir. C’est pour cette raison que tout lieu que nous allons acquérir sera exigu au fil du temps. Après avoir acquis un bâtiment et n’ayant pas pu l’utiliser pendant plusieurs années en raison de sa paresse, il ne sera point approprié de présenter comme réponse qu’il est trop exigu : pareille affirmation n’est d’ailleurs pas une preuve d’intelligence non plus.

J’avais choisi un tout autre sujet pour le sermon d’aujourd’hui. Je dois diriger la prière funéraire de certaines personnes aujourd’hui et étant donné que des faits les concernant m’ont été présentés, j’ai pensé que j’en ferai mention aujourd’hui. Parmi les défunts se trouvent un martyr, un missionnaire et une des petites-filles du Messie Promis (a.s.). Certaines qualités de ces derniers sont de bons exemples pour chaque couche de la Jama’at. Beaucoup parmi nous doivent adopter ces qualités ; il s’y trouve des leçons pour beaucoup parmi nous.

Au lieu d’évoquer brièvement les défunts, je voudrais mentionner en détail [certains faits] les concernant. Les aspects de leur vie qu’on m’a présentés ou dont j’avais connaissance sont [à l’image] de la déclaration coranique :

مَنْ قَضَى نَحْبَهُ

C’est-à-dire qu’ils ont respecté leur promesse et leurs intentions. Ils ont, au cours de leur vie, respecté leur promesse de préférer la foi à ce monde et ce sont ainsi présentés à Dieu l’exalté.

Le premier d’entre eux est notre frère martyr : le professeur et docteur Ashfaq Ahmad Saheb. Il est tombé en martyr vendredi dernier.

Le professeur à la retraite était le fils de Sheikh Sultan Ahmad Saheb de Lahore. Il avait 68 ans. Un ennemi de l’Ahmadiyya à moto lui a tiré dessus vendredi dernier lorsqu’il partait en voiture accomplir la prière de joumou’ah à la mosquée Bait ut-Tawhid. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Selon le rapport des faits, ce jour-là le défunt partait dans sa voiture à la prière du vendredi en compagnie de son petit-fils de douze ans, Shahzeib et de Zahir Ahmad, un Ahmadi du quartier Sabzazar. Le défunt était lui-même en train de conduire la voiture et son petit-fils était assis à côté de lui. L’autre passager était sur le siège arrière. Ils avaient quitté le quartier Sabzazar et étaient arrivés à la rue Multan où la circulation s’était arrêtée en raison des travaux. Dès que leur voiture s’est arrêtée, un individu à moto portant un casque s’est approché du siège du conducteur  : il a placé un pistolet sur la tempe du martyr, fait feu et pris la fuite. La balle a traversé la tempe du défunt qui est tombé en martyr sur le coup. Les deux autres passagers étaient sains et saufs.

Le grand-père du martyr, Sheikh Abdul Qadir Saheb, était le premier Ahmadi de sa famille. Il avait accepté le Messie Promis (a.s.) lors de sa visite à Ludhiana. Il était originaire de Sangrour, situé à l’est du Pendjab, en Inde. Pir Miran Bakhsh, de la région, avait accepté l’Ahmadiyya et avait invité le grand-père du défunt à en faire de même. Par la suite, il a embrassé l’Ahmadiyya en compagnie de toute sa famille.

Le grand-père du défunt avait rendu l’âme avant la création du Pakistan. Aisha Saheba, la grand-mère du défunt avait pris la tête de la famille lorsqu’ils ont quitté l’Inde pour s’établir à Lahore au Pakistan. Après avoir passé quelque temps dans un camp, ils se sont établis à Nigar à Lahore, où le martyr est né en 1949. Après quelques années la famille s’est établie à Rabwah. Après avoir complété ses études élémentaires à Rabwah, le défunt s’est enrôlé dans le collège vétérinaire de Lahore et sa famille est revenue s’établir dans cette ville de nouveau. Après avoir complété ses études vétérinaires, il a commencé à enseigner en tant que conférencier puis en tant que Professeur. Le père du défunt, M. Sheikh Sultan, était sous-inspecteur dans la police du Pendjab. Il a ensuite servi comme inspecteur.

Par la grâce d’Allah le défunt était Mousi. Il éprouvait une grande affection à l’égard du Califat : il accomplissait régulièrement la prière de Tahajjud, et était imbu d’un grand sens de l’hospitalité et de service à l’humanité. Il était obéissant envers les titulaires de postes et imbu d’une grande sincérité. Il était toujours prêt à servir la Jama’at et possédait des qualités formidables. Il éprouvait une grande passion pour la transmission du message d’Allah. Possédant de très hautes valeurs morales et d’une humilité remarquable, il était très apprécié de ses élèves et de ses collègues professeurs. Il invitait ces derniers pour des repas chez lui et leur présentait de manière convaincante la Jama’at.

Il avait reçu des menaces pour cette raison : il ne s’en souciait pas disant que c’était quelque chose d’insignifiant. Depuis son enfance, il était très impliqué dans le service de la Jama’at et il avait occupé plusieurs postes au sein de la Jama’at et des organisations auxiliaires.

Après avoir élu domicile dans le quartier Sabzazar, il a servi en tant que président et de Zaim Ala adjoint et a rendu de fiers services à ces postes.

Cette année-ci il a été nommé en tant que secrétaire de Da’wat-Ilallah de l’émirat d’Iqbal Town de Lahore. Il avait à cet effet mis en place un très bon programme. Son épouse souffrait de ses joints depuis fort longtemps : le défunt l’a servi de gaieté de cœur. Celle-ci est décédée en décembre dernier. Le couple n’avait pas d’enfant : ils avaient un fils adoptif qui avait deux enfants, Shah Zeib et Shah Zain, qui habitaient avec eux à Lahore. L’un des deux partait probablement avec le défunt lorsqu’il se rendait pour la prière du vendredi.

Un des frères du défunt, M. Ilyas, se trouve à Birmingham. Il raconte : « Le défunt était un frère très bienveillant. Il n’était pas comme un grand frère à l’égard de ses petits frères : il s’occupait d’eux comme un père. Il a joué un grand rôle dans notre éducation morale et spirituelle. Il nous a enseigné la Salat ainsi que sa traduction et la lecture du Saint Coran. Il était prévenant à l’endroit de ses benjamins. Il nous a aussi aidés et guidés lors de nos études. Il rencontrait nos enseignants à l’école et il était soucieux à notre égard. Il nous préparait avec beaucoup de soin pour les programmes de la Jama’at. Il nous entraînait pour les différentes compétitions académiques. Il nous prenait avec lui pour accomplir la prière en congrégation. »

Si les frères aînés ainsi que les parents s’accompagnent des petits pour les Salat, la présence dans nos mosquées augmentera considérablement.

Le frère du défunt relate : « Il nous prenait toujours avec lui en premier lorsqu’on devait rendre quelque service à la Jama’at. »

Le martyr avait vu un rêve à l’époque du quatrième Calife : son frère s’en est souvenu soudainement deux jours [après le martyre.] Le défunt avait relaté : « Dans le rêve, j’ai vu une mosquée de notre quartier appartenant aux autres musulmans. On y annonçait que le quatrième Calife était décédé et j’ai vu un couteau dans notre boîte à lettres. »

Selon son interprétation à l’époque le couteau signifiait que la Jama’at allait devoir consentir à des sacrifices. L’annonce du décès du quatrième Calife signifiait peut-être que la Jama’at accomplira de grands progrès à son époque et qu’on annoncera son décès dans des haut-parleurs. Ce rêve a été réalisé étant donné qu’on en a fait l’annonce sur la MTA. Le couteau qu’il avait vu prédisait son martyre. Il en a présenté la bonne interprétation et celle-ci s’est réalisée.

Le frère du défunt relate : « Notre frère nous a dépassés. En tombant en martyr, il a honoré notre famille. En étant le premier martyr de la famille, il nous a laissé un exemple pour l’avenir. »

Qu’Allah exalte son statut. Il laisse derrière lui six frères et une sœur : ils résident presque tous à l’extérieur du Pakistan.

La deuxième personne décédée que j’évoquerai est Mokarram H. Nasir Ud Din Saheb, missionnaire-en-charge du district du Godavari oriental, en Inde. Il s’est noyé à l’âge de 42 ans dans la rivière Godavari, le 7 avril 2017. Inna Lillahi Wa Inna Ilaihi Rajeoune. Le jour de l’accident, il s’était rendu au bord de la rivière en compagnie de l’Amir Saheb de Sinkander Abad et des autres membres de la Jama’at après avoir accompli la prière de Fajr dans la Jama’at de Bangal Puri. Le défunt était un bon nageur. Il nageait avec d’autres amis quand on l’a perdu de vue. On l’a cherché avec l’aide de pécheurs et on a découvert son cadavre gisant au bord de la rivière.

Shahil Hamid, le père du défunt était le premier Ahmadi de sa région dans le district de Kerala. Une Jama’at a été établie par son entremise : sa mère, Chilla Keyrubi, était quant à elle, parmi les premiers ahmadis [de la région]. Le défunt avait complété ses études de missionnaires en l’an 2000 à Qadian : il a servi brillamment comme missionnaire en différentes localités dans les Etats d’Andhra et de Telangana. Il a eu l’occasion de servir dans la grande Jama’at de Shitakuntaki. Avec grande sagesse, il s’est occupé de l’éducation des membres des Jama’at qui étaient sous sa responsabilité. Au moment de son décès il occupait le poste de missionnaire en charge du district du Godavari oriental. Son épouse relate qu’ils avaient résidé en des lieux où il n’y avait que des centres de la Jama’at. Il s’y rendait avec son épouse et ses enfants y dirigeait la prière et y tenait des classes. Il l’avait fait un jour avant son décès.

C’est là une leçon pour les missionnaires : si les Jama’ats sont situés à distance et si personne ne vient à la prière, ils doivent y offrir les Salat en congrégation, même si ce n’est qu’avec les membres de la famille.

Sa femme rapporte que lorsqu’il était posté à Kamaridi, l’opposition a commencé à prendre de l’ampleur surtout après la distribution de tracts. Il s’est fait attraper et s’est fait tabasser. Mais par la grâce de Dieu il s’en est sorti sain et sauf.

Sa femme rapporte ensuite : « Je lui ai dit de faire une demande de mutation à Kerala à cause de la situation dangereuse de la ville et de l’hostilité. »

Il a répondu : « Nous pourrions quitter les lieux. Je peux demander une mutation au centre en raison de l’opposition et peut être que le centre approuvera ma demande. Mais qu’en deviendra-t-il des ahmadis de cette ville  ?

Où seront-ils mutés ? Ces derniers feront constamment face à cette hostilité.

Il n’est point approprié de partir par peur de l’opposition.

Nous devons honorer les promesses attachées à notre Waqf. Nous avons dédié notre vie ; peu importe la situation, nous allons rester ici et nous devons rester ici.

Il disait souvent : « Il n’y a pas pour moi de plus grande faveur que de tomber en martyr. C’est pour cette raison que nous allons rester ici.

Sa simplicité était telle qu’il n’avait jamais acheté de meuble personnel. Il disait souvent que nous avions dédié notre vie ; nous allons partir là où la Jama’at nous dira de partir. Il ne faut pas que nos meubles ou nos biens de la maison fasse obstacle à une mutation. Nous devons nous contenter de ce que la Jama’at nous a donnés. »

C’est là encore une leçon pour les Waqifîn-e-Zindagi (ceux qui ont dédié leur vie au service de l’islam) .

L’année dernière il a été posté à Amlah Pouram. Il était tellement déterminé à enseigner les enfants la récitation du Saint Coran qu’il parcourait tous les jours 1 kilomètre à pied ou à vélo dans ce but. C’est là encore une leçon à retenir pour les missionnaires.

Sa femme rapporte qu’il avait un sens aigu de l’hospitalité. Elle rapporte que si lors des vacances scolaires elle retournait à Kerala et qu’elle n’était pas présente chez elle et que des invités venaient à la maison il n’était jamais inquiet. Il cuisinait lui-même et préparait à manger pour les invités.

Il souhaitait tomber en martyr.

Le défunt disait : « A maintes fois j’ai vu le Musleh Maud (ra) et mon père dans des rêves. Mon père m’appelait vers lui en faisant signe. »

En tout cas il est tombé en martyr d’une certaine manière car il avait dédié sa vie pour la religion et il est mort durant une tournée qu’il avait entreprise pour la foi. C’est là aussi une autre forme de martyr.

C’était quelqu’un qui priait beaucoup. Il était régulier dans les prières de Tahajjud et était très amical. Il prêchait le message de l’Ahmadiyya avec courage. À plusieurs reprises les opposants l’ont séquestré et assené de coups. J’avais une fois mentionné un incident le concernant dans un de mes discours lors de la Jalsa Salana. Dans cet incident il s’était fait violemment rosser par des Maulvis. Il laisse derrière lui sa mère âgée, sa femme, ainsi que deux fils. Il a deux grands frères, H. Suleman Sahib, l’Amir de la province Pal Ghat au Kerala. H. Shamsudin Sahib, son deuxième frère est en train de servir dans la section de malayalam à la Nazarat Nashr-o-Ishat à Qadian.

Naveed Al-Fatah Shahid Sahib, missionnaire, a eu la chance de servir à ses côtés. Il rapporte : « Maulana H. Nasir-ud-din Sahib était à Kerala. Il était en train de servir dans la province d’Andhra et de Telangana, et ce depuis environ 18 ans. » Ils étaient postés au même endroit et avaient la chance de se rencontrer souvent. « Dans les réunions, il faisait preuve d’une grande humilité. Il était toujours prêt à rendre n’importe quel service pour le succès de la Jama’at Ahmadiyya. C’était une personne très affectueuse. C’était quelqu’un qui pratiquait ce qu’il prêchait et était régulier dans les prières de Tahajjud. Il tenait des classes pour l’éducation des membres tous les jours. Il avait réservé certaines heures pour les travaux de bureau. Son respect à l’égard des grands était une de ses qualités distinctives ainsi que sa bonté envers les petits. Il sortait régulièrement sans aucune crainte de ses opposants. C’est pour cela qu’il avait un très grand cercle d’amis non-ahmadis. Il partait les rencontrer avec beaucoup de joie. Il était aimé de tous. Il déclare qu’il n’a jamais vu un signe de colère sur son visage.

Il se comportait avec beaucoup de bonté envers les Mu’allimîn. Il prenait soin d’eux et était quelqu’un de tellement affectueux que toute personne qui le rencontrait devenait son admirateur. Il étudiait les ouvrages du Messie Promis (a.s.) régulièrement. Il consacrait une partie de la journée pour cette lecture. » C’est également une chose primordiale que doit faire un missionnaire. « Il ne ratait jamais la lecture du Saint Coran. Il écrivait son journal tous les jours. Il écoutait avec une attention particulière aux conseils émanant de l’institution du Califat. Il écoutait les sermons attentivement. Il faisait également de son mieux d’appliquer toutes les directives. Il ne présentait aucune excuse mais essayait au contraire d’agir en fonction de chacune des paroles y contenues. Ceci est encore une fois très important pour tous les missionnaires. Il avait un grand amour pour la Califat ainsi que pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et le Messie Promis (a.s.). »

On dit que c’était l’une de ses qualités particulières qui était très évidente.

Une fois les opposants l’ont emmené dans la mosquée Bilal de Kamaredi et l’ont battu violemment. Il a enduré les coups patiemment, sans broncher. L’autre missionnaire relate : « Le défunt a été admis à l’hôpital avec l’aide de la police après s’être fait agresser et j’étais parti le visiter. Bien que son corps fût couvert de blessures et de bandages, il avait sur le visage une joie spirituelle. Il était très content et racontait lui-même l’incident en ces mots : « Les opposants me demandaient : « Qu’est-ce que Mirza Ghulam Ahmad s’est-il revendiqué ? » Je répondais qu’il s’était dit un prophète Zilli. Sur ce les opposants me frappaient encore plus. Lorsque j’étais demi-mort, ils me demandaient le sens d’un prophète Zilli. Je répondais que Mirza Ghulam Ahmad disait qu’il avait reçu son statut de prophète en raison de son amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Et de nouveau les opposants me rouaient de coups. »

Il racontait cet incident en disant : « C’est là une faveur divine que Dieu m’a accordée. J’ai pu servir Sa cause et j’ai aussi eu la chance de me faire persécuter pour Sa cause. »

Le missionnaire écrit que lorsque le défunt a été muté ailleurs il lui a dit : « Je pars ailleurs. Mais ici vous devez travailler avec beaucoup de sagesse en raison de l’hostilité et vous aurez beaucoup d’opportunité. »

Il m’a expliqué à propos de l’opposition et comment accomplir le Tabligh dans ces situations. En d’autres mots il a remonté le moral de ceux qui sont venu après lui. Il leur a dit de ne pas avoir peur de transmettre le message et de le faire avec courage.

Le moallim Wazir Sahib rapporte que le défunt était constant dans ses prières de Tahajjud et qu’il offrait ses prières avec beaucoup d’humilité. Il récitait le Saint Coran tous les jours. C’était quelqu’un qui était de bonne humeur. Il pratiquait ce qu’il disait, il avait un grand amour pour le Califat. Il tentait toujours d’accomplir ses prières en congrégation. Il avait un sens raffiné de l’hospitalité. C’était une personne simple et évitait tout dépense inutile.

Il écrit également, comme il a déjà été mentionné, que le défunt avait un grand amour pour la lecture. Il répondait aux interrogations de manière très éloquente. A chaque fois, lors des programmes ou des réunions et surtout durant les voyages avec les khuddam (les jeunes ahmadis de 15 à 40 ans), il parlait de la Jama’at et racontait des récits renforçant la foi.

Il se comportait avec tout le monde de manière très polie. C’est pourquoi les gens aimaient rester à ses côtés. Il rapporte qu’une fois à Kamaredi, les opposants avaient planifié de l’attaquer physiquement en raison de la distribution de dépliants. C’était le 20 février, la journée du Musleh Maud. Il s’était rendu dans le centre de prière plus tôt. Une foule d’environ 100 non-ahmadis est sortie à sa recherche. Mais comme il s’était rendu à la mosquée plus tôt que prévu ils n’ont pas pu l’intercepter. Les opposants et les maulvis (imams non-ahmadis) ont arrêté le mu’allim Muhammad Sahib, sa femme ainsi que ses deux enfants qui partait en direction de la mosquée afin de participer à la rencontre. Ils ont déclaré que tant que H. Nasir-ud-din ne viendra pas, nous ne vous laisserons pas partir. Lorsque le défunt l’a su il s’est directement rendu sur les lieux et a annoncé : « Je m’appelle Nasir-ud-din. » Ils ont laissé partir le moallim, sa femme et ses enfants et ont pris avec eux le défunt en le frappant. Ils l’ont très violemment brutalisé. Grâce à la police, il a été relâché. Les opposants lui demandaient de nier le Messie Promis (a.s.) et de le traiter d’imposteur. Qu’Allah l’élève en rang et qu’Il accorde à ses enfants de la patience.

Je vais parler maintenant à propos de Sahibzadi Amat-ul-Waheed Begum Sahiba qui était l’épouse de Mirza Khurshid Ahmad Sahib. Elle est décédée le 10 avril 2017, à 22 hrs à l’âge de 82 ans. À Allah nous appartenons et c’est vers Lui que nous retournerons.

Elle était la fille benjamine de Hazrat Mirza Shareef Sahib et ma tante paternelle. Le Messie Promis (a.s.) était son grand-père paternel et Nawab Muhammad Ali Khan Sahib son grand-père maternel. Elle a été enterrée dans la Bahishti Maqbarah à Rabwah. Elle est passée par deux grandes maladies qu’elle a endurées avec beaucoup de patience et de courage. Le docteur Nouri a écrit : « J’ai observé la défunte depuis les deux dernières décennies lors de sa maladie : elle était un exemple parfait de vertu. Il rapporte qu’elle a enduré la maladie avec beaucoup de courage et de patience. Elle était atteinte du cancer. Durant ses derniers jours sa situation était très critique du point de vue physique et mental. Le traitement était aussi très pénible. Mais elle a, par le biais des capacités que Dieu lui avait accordé, fait montre de patience et n’a pas laissé cette maladie devenir un obstacle dans sa vie de tous les jours. Elle s’est battue avec beaucoup de courage contre cette maladie. Le docteur écrit qu’elle faisait tous ses travaux avec un sourire au visage et sans aucune crainte. Elle était satisfaite de la volonté divine. Même dans les derniers jours de la maladie elle s’occupait de sa maison et en sus de cela elle prenait soin de son époux. Elle avait une relation exemplaire avec son mari. Bien qu’étant elle-même malade, lorsque son mari, Sahibzada Mirza Khurshid Ahmad Sahib a subi une angioplastie, elle s’occupa de lui tout en oubliant sa maladie.

Elle avait un sens admirable de l’hospitalité. Elle accueillait ses invités peu importe l’heure à laquelle ils venaient et la plupart de ses invités étaient de l’étranger. Durant les jours de Jalsa (conférence annuelle) ou de Shoura (réunion consultative), elle prenait grand soin de ses invités. Après sa maladie, je l’ai rencontrée deux fois à Londres. En 2005, je l’avais rencontrée à Qadian la première fois après mon élection comme Calife. Lorsqu’elle est venue ici, elle a fait montre d’une grande sincérité envers le Califat. En dépit d’être âgée, elle venait à ma rencontre avec beaucoup d’humilité.

Notre mère était sa belle-sœur. Étant la plus petite fille de Hazrat Mirza Shareef Ahmad Sahib, elle avait le même âge que ma sœur aînée. Ma mère l’a toujours traitée comme son enfant. Elle aussi ne l’a jamais considérée comme sa belle-sœur. J’ai toujours observé qu’elle avait un très grand respect pour ma mère et la considérait comme une aînée. Elles avaient une relation exemplaire.

Son mariage avait été célébré par le deuxième Calife (r.a.) le 26 décembre 1955. Ce jour-là le deuxième Calife (ra) avait aussi célébré le mariage de Syed Mir Mahmood Ahmad avec sa fille, Sahibzadi Amatul Mateen. Il a également célébré le mariage d’une des filles de Chaudhry Zafrulla Khan avec Ijazul Haq Sahib. Le deuxième Calife (r.a.) a déclaré le 26 décembre lors de la session d’ouverture de la Jalsa : « Avant l’inauguration de la Jalsa et avant la prière, je vais annoncer quelques Nikahs. En général les mariages sont annoncés le 29 décembre, après la Jalsa. Mais ces mariages sont des exceptions. Tout d’abord parce que le premier mariage sera celui de ma fille Amatul Mateen avec Syed Mir Mahmood Ahmad Sahib, fils de Mir Ishaq Sahib. Le deuxième est celui de la fille de Chaudry Zafrullah Khan Sahib et le troisième est celui de Amatul-Wahid Begum, fille de Mirza Shareef Ahmad Sahib avec Mirza Khurshid Sahib fils de Mirza Aziz Sahib. Mirza Khurshid Sahib est également un Waqif-e-Zindagi. Le Mouslih Maw’ud (r.a.) a ajouté qu’il est en train de poursuivre ses études pour le moment et qu’il dédiera sa vie par la suite. Ensuite le Mouslih Maw’ud (r.a.) a prononcé des paroles de prières en disant : « O Allah ! Bénis tous ces mariages et fais qu’ils soient à la base de tout progrès matériel et de la force de la communauté à l’avenir. »

Dieu de par Sa grâce lui a accordé 6 fils, parmi desquels 4 sont des Waqifîn-e-Zindagi : deux sont médecins et travaillent dans l’hôpital Fazl-e-Umar. Un autre est Docteur en philosophie et est en train de servir dans la Nazarat Ta’lim et le dernier est un avocat qui sert dans le bureau du conseiller légal de la Sadr Anjuman Ahmadiyya.

Elle a servi pendant 29 ans au sein de la Lajna Imaillah (organisation auxilliaire des dames ahmadies). Elle a occupé le poste de Secrétaire San’at-o-Tijarat (artisanat et commerce) et et adjointe à la Sadr Awwal. En tant que secrétaire Sanat-o-Tijarat, elle avait très bon goût : elle faisait travailler les pauvres de leurs mains pour la couture et la broderie. Ces dernières étaient rémunérées et grand nombre de femmes venaient visiter l’exposition [en raison de ces œuvres artisanales.] Elle obéissait à ses supérieurs peu importe leur âge et leurs liens familiaux.

Ma femme m’a dit que lorsqu’elle occupait la fonction de présidente des Lajna de [la ville de] Rabwah pendant deux ans, la défunte était secrétaire de Sanat-o-Tajarat et l’aidait également en tant que vice-présidente. Elle travaillait de tout cœur, avec une grande modestie, étant imbue d’une obéissance exemplaire. Chaque fois qu’une tâche lui était confiée elle la réalisait avec enthousiasme.

Son mari, Mirza Khurshid Ahmad Saheb a rapporté : « Elle était pleinement à la hauteur d’une femme d’un Waqif-e-Zindagi. Elle ne m’a jamais rien demandé ; elle s’est occupée de l’éducation des enfants, et par la grâce d’Allah, cette éducation a fait que 4 de ses 6 fils ont dédié leur vie [au service de l’islam].

En plus de ses enfants, elle s’occupait également d’une très belle façon des enfants du personnel de service, qui étaient aussi présents dans la maison. Si un enfant ne savait pas lire le Saint Coran, elle le lui enseignait : en sus d’apprendre la lecture du Saint Coran à ses enfants, elle l’enseignait également aux enfants du personnel. C’est ainsi qu’il y a de nombreux enfants à qui elle a appris la récitation du Saint Coran et sa traduction en fonction de leur âge. »

Le mari de la défunte continue : « Lorsqu’elle était au lycée, elle vit en rêve Mian Abdur Rahman Saheb, son oncle maternel qui était originaire de Maler Kotla. Celui-ci lui avait fait parvenir de très beaux bracelets en or par le biais d’une femme. Celle-ci lui, dit en lui remettant les bracelets  : « 65 et 82 » . Afin de s’assurer qu’elle avait bien compris, elle demanda  : « 65 et 82 ? »

Elle a raconté qu’elle a compris ce message lorsqu’en 1965 le deuxième Calife est décédé et en 82 le troisième Calife. »

Son fils Adil, écrit : « Lors de la Jalsa Salana, on recevait plus de 100 invités, elle s’en occupait avec une grande joie. Lorsque le quatrième Calife avait émigré, c’est elle qui avait préparé du thé, et d’autres choses pour le trajet. De ses propres mains elle avait l’habitude de préparer et d’envoyer sous sa supervision des mets qu’il appréciait. Elle en faisait de même pour moi. Elle les préparait elle-même et m’envoyait sous sa supervision du Halwa, qui était l’une de ses spécialités. Elle avait toujours un grand respect, et une grande considération [pour tous]. Elle a énormément servi sa mère, sa belle-mère et son beau-père. Elle considérait ses belles-sœurs comme ses filles. Elle récitait le Saint Coran et priait de manière très assidue ; elle a fait en sorte que ses enfants le soient également, et elle les envoyait à la mosquée.

Après la prière de Fajr, elle demandait aux enfants de réciter le Saint Coran. Elle s’occupait beaucoup des pauvres, et du personnel de service.

Elle était très franche avec moi du fait qu’on habitait dans une même maison. Son fils écrit : « Après avoir été élu Calife, elle disait à mon propos : « Avant son élection comme Calife, j’exigeais de lui certaines tâches. Qui va faire cela à sa place ? Qui va s’occuper de mes terres ? » Je l’ai rassuré à ce propos et jamais elle n’a fait des demandes à cet égard. Et elle faisait ce que je lui demandais de faire et elle était satisfaite.

L’une de ses belles-sœurs qui est également la femme de mon frère, écrit : « Nous avions une relation avec elle telle qu’a une mère avec ses filles. Après le décès de notre chère mère, elle s’est grandement occupée de nous. Lors de nos mariages, elle s’est occupée elle-même de nos robes, de nos bijoux, et de la dot, comme le fait une mère pour ses filles. Après mon mariage, jusqu’à maintenant elle m’envoyait une somme d’argent lors de la fête de l’Aïd, comme le fait une mère pour ses filles. Elle a élevé plusieurs enfants dans sa maison ; elle avait une attention particulière pour l’éducation mondaine et spirituelle des enfants pauvres. Elle élevait elle-même la fille d’une femme travaillant chez elle, et lors du mariage de cette fille elle a envoyé un message à nous toutes, ses belles-sœurs, nous disant que si nous ne participons pas à ce mariage elle ne viendrait pas aux mariages de nos enfants. C’est ainsi qu’elle exprimait son amour envers les pauvres. »

La plus jeune de ses belles-sœurs écrit : « Une fois je lui ai demandé à partir de quel âge avait-elle commencé à faire la prière du Tahajjud, mais elle ne m’a pas répondu. Elle évitait de répondre. Après avoir lourdement insisté elle me répondit : « Depuis l’âge de 12 ans, je fais régulièrement la prière de Tahajjud. » Elle s’est elle-même occupée financièrement des dots et des frais d’éducation de nombreux enfants. Elle participait également au fond de la Lajna consacré à l’artisanat.

S’il n’y avait pas grand monde pour le mariage d’une fille pauvre, elle envoyait alors le repas de noces de chez elle. Le neveu de Mian Khurshid Ahmed Sahib écrit : « Une fois je lui ai demandé de me donner un pot de miel, elle répondit : « C’est lui qui m’a envoyé ce pot (en parlant de moi) je ne peux pas te le donner. Mais j’ai un autre pot similaire, tu peux le prendre. »

Par la grâce d’Allah, elle avait 6 belles-filles, elle se comportait de la meilleure manière avec elles. Elle les considérait toutes comme ses filles, et la plus jeune de ses belles-filles est la fille de Docteur Hamidullah Saheb qui est ici à Londres. La femme de ce dernier est malade actuellement, pour cette raison cette belle-fille du nom d’Atiyya a dû venir à Londres. Malgré le fait qu’elle était elle-même malade elle dit à cette dernière : « Tu peux y aller sans soucis. Va prendre des nouvelles de ta mère. Laisse les enfants ici, je m’en occuperai. »

Même dans un état de grande agonie, elle faisait tout avec beaucoup de patience.

Ma plus jeune sœur écrit : « Lorsqu’elle demandait des services aux serviteurs de la Jama’at elle le faisait avec beaucoup de calme. Parfois lors des expositions, il y avait des pertes, mais elle n’était jamais sévère. Elle travaillait calmement, et pour cette raison les Lajnas aimaient travailler avec elle. Elle était parfaite en ce qui concerne l’administration. Dès qu’une femme qui servait la Jama’at rencontrait des soucis, elle essayait de l’aider aussitôt. »

Ma sœur Amtul Quddus Sahiba écrit : « Dans les œuvres de l’homme il peut y avoir des manquements, mais elle accordait une grande importance au Saint Coran et aux Hadiths. La piété faisait partie intégrante de sa personne. Lorsqu’elle voyait que quelque chose aller à l’encontre de nos traditions et de nos enseignements, elle s’y opposait ouvertement. »

Comme elle était la plus jeune, elle était la plus chouchoutée, mais elle était très modeste, elle parlait avec les gens en toute modestie. Ma grande sœur, Amatul-Ra’uf Sahiba a écrit : « Après la partition [de l’Inde] lorsqu’on habitait à Model Town avec Hadhrat Mirza Shareef Ahmad Saheb, il nous enseignait régulièrement le Saint Coran et les Hadiths, réunissant tout le monde. Depuis ce temps, notre tante Amatul Wahid, qui vient de décéder, a vu naître en elle un grand enthousiasme. Elle étudia elle-même et enseigna à différents enfants, et également aux siens. Un des enfants avait des problèmes d’élocution, alors elle lui enseigna la récitation du Saint Coran en restant des heures et des heures à répéter avec lui, et maintenant par la grâce d’Allah l’Exalté son problème d’élocution a disparu et il parle maintenant. »

Ma sœur continue : « Après le brevet, elle a fait le Baccalauréat à Rabwah ; elle commençait à étudier après la prière du Tahajjud. Elle accordait toujours une grande importance à la Salat. »

De nombreuses personnes m’ont écrit à son sujet. Son fils a aussi écrit : « Avant le Califat, elle avait une autre relation avec vous, après le Califat la relation de neveu se termina, et il ne resta plus que la relation avec le Califat. »

Lorsqu’elle venait ici, elle venait également me voir. Parfois elle était assise et elle se levait soudainement, je lui demandais de rester assise car elle était malade, ma femme aussi le lui demandait, mais elle se levait immédiatement. Elle avait une grande confiance en Allah l’Exalté.

Une fois, l’un de ses fils se maria avant son aîné, mais elle n’avait préparé une portion de la maison que pour l’aîné. Son mari lui proposa alors d’attribuer cette portion au jeune, pour le moment car ils n’avaient pas les moyens de faire plus. Elle répondit : « Non, ce qui a été préparé pour l’aîné, ne sera donné qu’à l’aîné. Allah l’Exalté nous en donnera les moyens. » Une fois, par hasard, ou par décret d’Allah l’Exalté, en lisant le Saint Coran, son attention fut attirée par un verset. Après quoi elle dit à son mari : « De par ce verset d’Allah l’Exalté, j’ai compris qu’Allah l’Exalté nous en donnera les moyens. » Ainsi, à cette époque la vie n’était pas chère. Elle remporta un prix de 100 000 roupies de l’Etat, avec lequel elle fit construire une maison.

Ce fils continue : « Lorsque la nouvelle du décès du quatrième Calife arriva, nous étions tous partis à la mosquée pour la prière. Notre mère a aussi été très attristée. Ma grande belle-sœur commença à pleurer très fort, sur ce notre mère lui dit : « Arrête de pleurer, c’est une très grande épreuve pour la Jama’at. C’est le moment de faire des supplications. Prie. »

Il ajoute : « J’avais neuf ans lorsque le troisième Calife décéda. J’étais petit et j’avais ri par rapport à quelque chose, et elle me réprimanda avec force, elle me dit : « Tais-toi, tu ne sais dans quel état est la Jama’at aujourd’hui. »

Elle nous a fait rendre compte de l’importance de la Jama’at dès notre plus jeune âge. Elle enseignait différentes sourates aux enfants.

Une fille qui a été élevée chez elle, et dont le mari sert la Jama’at dans le bureau du secrétaire privé, a dit : « J’ai grandi chez elle depuis l’âge de 4-5 ans, elle m’a enseignée, elle a fait toute mon éducation, elle m’a mariée. Après le mariage, dès qu’elle avait besoin d’un service elle m’appelait chez elle. » Elle continue : « Une fois elle vint chez moi et vit un ancien canapé. Elle me demanda d’où il venait. Je lui répondis qu’un voisin nous l’avait donné. Elle me demanda de l’enlever, et fit aussitôt fabriquer un nouveau canapé pour nous. » Elle continue : « Elle s’est particulièrement occupée de l’éducation académique de mon fils, et jusqu’à ses derniers jours de maladie elle a fait faire des bijoux pour le mariage de ma fille et de mon fils, et elle faisait attention à tout. »

Elle tenait aussi à ses relations bâties par l’allaitement. Le petit-fils de sa nourrice qui l’avait allaitée, est en Suisse. Il a dit : « À chaque fois que mon père était inquiet, ou avait des problèmes, elle s’est occupé de lui. » De même l’un des proches de sa sœur de lait m’a écrit : « Elle s’occupait d’elle en toute modestie lorsqu’elle était malade. »

Voilà toutes les qualités qu’elle possédait. Qu’Allah l’Exalté permette également à ses enfants de développer ces mêmes qualités, et qu’ils soient fidèles envers le Califat, et qu’Allah l’Exalté élève son rang. Après les prières, je dirigerai la prière funéraire de ces trois personnes.


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