Sermon du vendredi 20 novembre 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le compagnon que j’évoquerai aujourd’hui se nomme ‘Awf Bin al-Harith Bin Rifa’a al-Ansari. Selon les récits il se nommerait ‘Awf Bin ‘Afra, ‘Awf Bin al-Harith et Aws Bin ‘Afra.

Sa mère se nommait ‘Afra. Il appartenait à la tribu Banou Najjar des Ansar. Mou’adh et Mou’awwidh étaient ses frères. ‘Awf était un des six premiers Ansar s’étant rendus à La Mecque pour embrasser l’islam. Il était aussi présent lors de la Bai’ah d’Aqabah. ‘Awf avait brisé les idoles des Banou Malik Bin Najjar en compagnie d’Asad Bin Dararah et d’Amara Bin Hazm.

Au cours de la bataille de Badr, ‘Awf Bin ‘Afra avait demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ô Envoyé d’Allah ! Quelle est l’action qu’Allah apprécie le plus de la part de Son serviteur ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait répondu : « Il apprécie le fait que sa main soit occupée à combattre et qu’il se batte sans armure et sans peur. »

C’est-à-dire que sur le champ de bataille l’on doit être sans peur. Sur ce, ‘Awf Bin ‘Afra a enlevé sa cotte de maille et s’est battu jusqu’à tomber en martyr. ‘Awf Bin al-Harith et son frère Mou’awwidh avaient tué Abou Jahl lors de la bataille de Badr.

‘Awf Bin ‘Afra est mentionné dans les hadiths parmi les noms de ceux ayant tué Abou Jahl lors de la bataille de Badr. J’en avais fait mention dans le passé.

Selon le Sounan Abi Dawoud, il se nommait ‘Awf Bin al-Harith. Il était connu par ces deux noms. En tout cas, il était certes parmi ceux qui avaient tué Abou Jahl avant de tomber en martyr à Badr.

Le prochain compagnon se nomme Abou Ayyoub al-Ansari. Son nom [d’origine] était Khalid et son père se nommait Zayd Bin Koulayb. Il était connu aussi bien par son appellation d’origine que par son nom d’emprunt. Abou Ayyoub al-Ansari appartenait à la branche Banou Najjar des Ansar. Il avait accompagné 70 Ansar lors de la Bai’ah d’Aqabah à La Mecque. Sa mère se nommait Hind Bint Sa’id. Selon un autre récit elle se nommait Zahra Bint Sa’d.

L’épouse d’Abou Ayyoub al-Ansari se nommait Oumm Hassan Bint Zayd : de leur union est né un fils nommé ‘Abdour Rahman. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité entre Abou Ayyoub al-Ansari et Mous’ab Bin ‘Oumayr. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était arrivé à Médine, il avait logé chez Abou Ayyoub al-Ansari jusqu’à la construction de ses maisons et de sa mosquée.

Dans son ouvrage Sirat-Khatamun-Nabiyyine, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a évoqué l’arrivée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) [à Médine].

« Lorsque le Saint Prophète arriva [dans le quartier des] Banou Najjar, la question se posa de nouveau de savoir chez qui le Saint Prophètes allait résider. Chaque individu de la tribu était désireux d’être celui qui recevrait cet honneur. En effet, dans la ferveur de leur amour, certains prenaient même les rênes du chameau du Saint Prophète. Vu la situation, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait : « Laissez ma chamelle ! Elle marche sous le commandement de Dieu. » 

Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lâcha lui-même les rênes de l’animal. La chamelle s’avança gracieusement et s’assit lorsqu’elle atteignit l’endroit où, plus tard, al-Masjid al-Nabawi (la Mosquée du Prophète) et les quartiers d’habitation du Saint Prophète seraient construits. À l’époque, il s’agissait d’une parcelle de terrain non cultivée appartenant à deux jeunes de Médine. Aussitôt, cependant, elle se leva et commença à avancer ; mais après quelques pas, elle retourna de nouveau à son lieu de repos initial et s’assit. Le Saint Prophète déclara : « Il semble que la Volonté d’Allah désire que ce soit notre lieu de résidence. »

Après cela, le Saint Prophète supplia Allah et descendit de sa monture. Puis il demanda à qui appartenait la maison [de la famille musulmane] la plus proche de cet endroit. Abou Ayyoub al-Ansari se précipita et dit : « Ô Messager d’Allah ! Il s’agit de la mienne ! Voici ma porte ! Daignez entrer chez moi ! »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit : « Très bien ! Va me préparer un logement. »

Abou Ayyoub al-Ansari parti immédiatement préparer sa maison et revint. Le Saint Prophète entra chez lui. C’était une maison de deux étages. Abou Ayyoub souhaitait que le Saint Prophète réside au premier étage. Cependant, pour le confort de ses visiteurs, le Saint Prophète préférait le rez-de-chaussée. À la tombée de la nuit, Abou Ayyoub et sa femme n’ont pas pu fermer l’oeil de la nuit en pensant que le Saint Prophète était en dessous d’eux et qu’ils étaient au-dessus de lui. En sus de cela, durant la nuit, un récipient d’eau se brisa à l’étage supérieur. Abou Ayyoub jeta rapidement sa couette sur l’eau pour l’éponger de peur qu’une seule goutte ne s’infiltrât jusqu’au rez-de-chaussée. Dans la matinée, il se présenta au Saint Prophète et l’implora de loger à l’étage. Au début, le Saint Prophète hésita, mais sur l’insistance d’Abou Ayyoub, il accepta. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) logea pendant sept mois dans cette maison. Selon un récit rapporté par Ibn Ishaq, il y résida jusqu’au mois de Safar de l’an 2 de l’Hégire. Le Saint Prophète (s.a.w.) y demeura tant que la mosquée al-Nabawi et les maisons aux alentours n’eussent pas été construites. Abou Ayyoub lui présentait des plats, et mangeait ce qu’il en restait. En raison de son amour et de sa sincérité envers le Saint Prophète (s.a.w.), [Abou] Ayyoub plaçait ses doigts de sorte à prendre la nourriture aux mêmes endroits où le Saint Prophète (s.a.w.) avait mangé. Les autres compagnons lui envoyaient également de la nourriture. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a également évoqué ce récit. Certaines phrases et certains points sont nouveaux c’est pour cette raison que je vous présente ses propos. En général, il a mentionné les mêmes faits ; mais le Mouslih Maw’oud l’a fait selon son style particulier. Il déclare : « Quand il est arrivé à Médine, chacun souhaitait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) logeât chez lui. Lorsque sa chamelle traversait une ruelle, les familles s’alignaient pour le recevoir. Ces gens disaient : « Nous voici avec nos maisons, nos biens et notre vie pour vous recevoir et vous offrir notre protection ! Venez vivre avec nous ! » D’autres, allant plus loin, s’avançaient et, saisissant les rênes de sa chamelle, insistaient qu’il descendît devant leurs maisons et entrât chez eux. Le Prophète (s.a.w.) refusait en disant : « Laissez ma chamelle. Elle marche sous le commandement de Dieu ; elle ne s’arrêtera que là où Dieu voudra qu’elle s’arrête. » À la fin, la chamelle s’arrêta près d’un terrain qui appartenait à des orphelins de la tribu des Banou Najjar. Le Saint Prophète (s.a.w.) dit : « Il semble que c’est là que Dieu veut que nous nous arrêtions. » Il se renseigna sur le propriétaire du terrain. Un administrateur des biens des orphelins s’avança et l’offrit au Saint Prophète (s.a.w.). Celui-ci répondit qu’il n’accepterait l’offre que s’il lui était permis de l’acheter. Le prix fut donc convenu pour l’achat du terrain et le Saint Prophète (s.a.w.) décida d’y faire construire une mosquée et des maisons.

Ceci fait, il demanda qui vivait le plus près du terrain. Abou Ayyoub Al-Ansari(r.a) s’avança et répondit que sa maison était la plus proche, et que ses services étaient à la disposition du Prophète(s.a.w.). Celui-ci lui demanda de lui préparer une chambre chez lui. La maison d’Abou Ayyoub Al-Ansari(r.a), avait deux étages ; il offrit au Prophète(s.a.w.) l’étage supérieur. Mais ce dernier préféra le rez-de-chaussée pour faciliter les visites. 

La dévotion que les gens de Médine avaient pour le Saint Prophète(s.a.w.) s’illustra une fois de plus. »

Hazrat Mouslih Maw’oud expliquait que l’amour des Ansar pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se manifesta aussi en cette occasion.

« Abou Ayyoub(r.a) accepta de lui laisser le rez-de-chaussée, mais refusa d’aller dormir à l’étage au-dessus de lui, car il pensait, de même que sa femme, que c’eût été discourtois. C’était là une expression d’amour. Une nuit, un pichet d’eau tomba sur le plancher et l’eau s’en répandit. Abou Ayyoub(r.a), craignant que cette eau ne transperçât le plafond et ne tombe dans la chambre occupée par le Saint Prophète(s.a.w.), saisit son édredon [et l’utilisa] pour absorber l’eau avant qu’elle ne s’écoulât. Le lendemain matin, il rendit visite au Saint Prophète(s.a.w.) et lui conta l’incident de la nuit, après quoi le Prophète(s.a.w.) accepta d’occuper l’étage supérieur. Abou Ayyoub(r.a) préparait les repas et les lui envoyait. Le Saint Prophète(s.a.w.) mangeait ce dont il avait envie et Abou Ayyoub(r.a) ce qui restait.

Quelques jours après, d’autres demandèrent à partager l’honneur d’offrir à manger au Saint Prophète(s.a.w.). Et les Ansar de Médine le lui offrirent à tour de rôle jusqu’à ce qu’il s’établît dans sa propre maison. »

Le récit suivant est tiré d’un hadith. Le précédent était tiré de l’ouvrage Introduction [à l’étude du Saint Coran] du Mouslih Maw’oud.

Abou Ayyoub relate lui-même que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a élu résidence chez lui. L’Envoyé d’Allah a occupé le rez-de-chaussée et Abou Ayyoub a occupé l’étage supérieur. Le rapporteur déclare qu’une nuit Abou Ayyoub s’est réveillée et a déclaré : « Nous marchons sur la tête du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » Ils se sont mis dans un coin pour passer la nuit. Ensuite il en a parlé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a déclaré qu’il y a plus de facilité au rez-de-chaussée. Mais Abou Ayyoub a déclaré : « Je ne peux loger sur un toit qui est au-dessus de vous. » Alors, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a élu domicile à l’étage supérieur et Abou Ayyoub a occupé le rez-de-chaussée. Abou Ayyoub préparait les repas pour l’Envoyé d’Allah et quand celui-ci retournait le reste, Abou Ayyoub demandait à celui qui l’avait apporté de lui indiquer l’endroit où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait placé ses doigts. Et Abou Ayyoub mettait ses doigts au même endroit. C’est-à-dire qu’il commençait à manger de l’endroit où le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait mangé. Une fois, il avait préparé un repas contenant de l’ail pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand on lui a ramené le reste, il a demandé où l’Envoyé d’Allah avait mis ses doigts. Quand on l’a informé que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’avait rien consommé ce jour-là, Abou Ayyoub est devenu tout inquiet. Il est monté à l’étage et lui a demandé si l’ail était interdit. L’Envoyé d’Allah (s.a.w.) a répondu : « Non. Mais personnellement, je n’aime pas l’ail. » Sur ce, Abou Ayyoub a déclaré : « Dans, ce cas je n’apprécierai [plus] ce que vous n’aimez pas. » Ou il aurait dit : « Je n’ai pas apprécié [non plus] ce que vous n’avez pas aimé. » Selon le recueil de Mouslim le rapporteur déclare que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) recevait des anges et c’est pour cette raison que l’Envoyé d’Allah n’aimait pas les aliments exhalant une forte odeur. Mais en tout cas, [l’ail] n’est pas interdit en tant que tel.

Selon le recueil de Mouslim, Abou Ayyoub relate : « Lorsqu’on présentait le repas au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il en consommait et il m’envoyait le reste. Un jour, il m’avait envoyé le repas dont il n’avait rien consommé, car il contenait de l’ail. Je lui ai demandé si ce condiment était interdit à la consommation. » Il a répondu : « Non. Mais je n’aime pas son odeur. » Abou Ayyoub a déclaré : « En ce cas je n’apprécierai [plus] ce que vous n’aimez pas. »

Cet incident est relaté dans un autre récit tiré du recueil du Mousnad Ahmad Bin Hanbal. Abou Ayyoub al-Ansari relate : « L’Envoyé d’Allah a logé au rez-de-chaussée de notre maison. J’étais à l’étage supérieur. Une fois, de l’eau s’est répandue à l’étage. Ma femme et moi avons tenté de l’essuyer avec une couverture de peur que l’eau ne s’infiltre dans le parquet pour tomber sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Tout inquiet, je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui ai dit : « Il n’est pas approprié pour nous de loger au-dessus de vous. Veuillez s’il vous plaît vous installer à l’étage supérieur. » Sur les directives de l’Envoyé d’Allah (s.a.w), j’ai apporté ses effets à l’étage supérieur. Il n’avait pas grand-chose comme effets. Ensuite je lui ai dit : « Ô Envoyé d’Allah (s.a.w) ! Quand vous me renvoyez le repas je mets mes doigts là où je vois les traces des vôtres. Mais je n’en ai pas vues dans le repas [d’aujourd’hui] ! » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a répondu : « C’est vrai. En fait, le repas contenait de l’oignon. (Ce récit évoque l’oignon à la place de l’ail.) Je n’ai pas voulu en consommer en raison de l’ange qui me rend visite. Mais vous pouvez en manger quant à vous. »

Abou Ayyoub a participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud ainsi qu’aux autres Ghazwât en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Il relate : « Le jour de Badr, nous nous sommes mis en rang. Certains des nôtres avaient dépassé les rangs. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré en les voyant : « Avec moi ! Avec moi ! » C’est-à-dire restez derrière moi et ne me dépassez pas.

On trouve aussi mention de la nuit de noces de Safiyyah. J’en avais fait mention brièvement dans le passé, mais j’y reviens ici.

Lors de la nuit de noces [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] et de Safiyya, Abou Ayyoub al-Ansari montait la garde l’épée au clair à l’extérieur de la tente de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et en faisait le tour. Le lendemain matin le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vit Abou Ayyoub al-Ansari à l’extérieur de la tente. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui en demanda la raison. Il répondit : « Ô Envoyé d’Allah ! Je m’inquiétais de votre personne à cause de cette femme. Son père, son mari et les membres de sa tribu ont été tués. Elle vient à peine de répudier le Koufr. C’est pour cette raison que j’ai assuré votre sécurité durant toute la nuit. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria en ces termes en faveur d’Abou Ayyoub al-Ansari : « O Allah ! Protège à tout jamais Abou Ayyoub, tout comme il a assuré ma protection pendant la nuit tout entière ! »

L’Imam al-Souhayli relate : « En raison de cette prière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Allah a protégé Abou Ayyoub tant et si bien que les Romains (chrétiens) assuraient la sécurité de sa tombe et ils imploraient [Dieu] de leur envoyer la pluie par son entremise. Et alors, [Dieu] leur envoyait de la pluie.

Mahmoud déclare qu’il avait entendu [le récit suivant] d’Itban Bin Malik, qui était de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Itban Bin Malik a relaté : « J’officiais comme Imam dans ma tribu, les Banou Salim. Il y avait un ruisseau entre ma maison et les [autres] membres de ma tribu. Quand il pleuvait, il m’était difficile de le traverser pour me rendre à leur mosquée. C’est pour cette raison que j’ai dit Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : « Ma vue est en train de faiblir. Le ruisseau qui se trouve entre moi et ma tribu s’inonde lorsqu’il pleut et il m’est difficile de le traverser. Je souhaite que vous veniez chez moi et que vous priiez dans un coin de ma maison afin que je le consacre [uniquement] à la Salat. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je viendrai chez toi certainement. » Le lendemain matin l’Envoyé d’Allah (s.a.w) et Abou Bakr (r.a.) sont venus chez moi. Il a demandé la permission d’entrer. Je lui en ai donné la permission. Il ne s’est pas assis et il m’a demandé : « Où souhaites-tu que j’accomplisse la Salat ? » ‘Itban a indiqué l’endroit qu’il avait choisi à cet effet. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est mis debout et a dit : « Allahou Akbar ! » Et nous avons formé les rangs derrière lui. Il a accompli deux Rak’ât (unités) de prière. Ensuite, il a fait ses salutations et nous en avons fait de même. Je l’ai retenu pour lui offrir de la Khazirah – un plat composé de viande et de blé – préparé tout spécialement pour lui. Les gens du quartier ont entendu que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) était chez moi. Certains sont venus à grands pas chez moi tant et si bien qu’il y avait du monde [dans ma demeure]. L’un d’entre eux a demandé : « Où se trouve Malik ? Je ne le vois pas. » Un autre a répliqué : Une autre répondit : « C’est un hypocrite ! Il n’aime ni Allah ni Son Prophète ! C’est pour cette raison qu’il n’est pas venu. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’exclama : « Ne dites pas cela ! N’êtes-vous pas témoins qu’il a affirmé qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah ? Par cette déclaration il ne recherchait que le plaisir d’Allah. » L’accusateur répondit : « Allah et Son Prophète savent mieux ! Mais nous voyons qu’il ne se soucie que des hypocrites et qu’il ne souhaite que leur bien. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)  de déclarer : « Allah préservera certainement du feu celui qui affirme La ilaha il-lal-lah, à condition qu’il cherche le plaisir d’Allah par cette déclaration. »

Mahmood Bin Rabi’ relate : « J’ai mentionné ce récit à d’autres personnes, parmi lesquelles se trouvait Abou Ayyoub Al-Ansari, le compagnon du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il avait participé dans la bataille contre les Romains et y avait rendu l’âme. Yazid Bin Moua’wiyah était son chef lors de cette bataille. Abou Ayyoub Al-Ansari a rejeté cette déclaration en disant : « Par Allah ! Je ne pense pas que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait fait pareille déclaration ! » À savoir que le feu de l’enfer est interdit à celui qui se contente d’énoncer La ilaha il-lal-lah. » »

En tout cas Mahmood Bin Rabi’ déclare : « Ceci m’a fort troublé et m’a laissé tout inquiet. J’ai fait un serment à Dieu que s’Il me préserve en vie et si je retourne sain et sauf de cette bataille, je questionnerai ‘Itban Bin Malik à ce propos et ce à condition qu’il est toujours vivant et [qu’il se rend] dans la mosquée de son clan. Je suis retourné et j’ai porté l’Ihram du Hajj ou de l’Oumrah. Ensuite je suis parti à Médine et je me suis dirigé vers le quartier des Banou Salim. J’y ai vu ‘Itban Bin Malik qui était tout vieux et qui perdait la vue. Il dirigeait les siens dans la prière. Quand il a terminé la Salat et qu’il a fait ses salutations, je l’ai salué et je l’ai informé de mon identité. Je lui ai demandé à propos du récit : il l’a relaté mot à mot comme je l’avais entendu la toute première fois. Il m’a dit : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) affirmer que le feu est interdit à celui qui récite La ilaha il-lal-lah. » On sait que Abou Ayyoub Al-Ansari n’acceptait pas ce point de vue.

Hazrat Mirza Bashir Saheb a commenté à ce propos en citant le hadith :

من قال لااله الا الله يبتغى بذلك وجه الله

Je présenterai lehadith dans son intégralité, ce qui dissipera tout malentendu. Mahmood Bin Rabi’ déclare : « J’ai entendu ‘Itban Bin Malik déclarer que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) disait : « Dieu a interdit le feu de l’enfer à celui qui, sincèrement, avec de bonnes intentions, récite La ilaha il-lal-lah afin de mériter le plaisir divin. » »

Mahmood Bin Rabi’ ajoute : « Mais quand j’ai cité le récit dans une congrégation dans laquelle se trouvait Abou Ayyoub Al-Ansari, le compagnon [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)], il l’a rejeté en disant : « Par Allah ! Je ne crois pas que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ait pu énoncer pareil propos. »

En se basant sur son propre opinion, Abou Ayyoub Al-Ansari a rejeté un Hadith dont la chaîne de narrateurs était authentique selon les principes de la narration. Hazrat Mirza Bashir Ahmad ajoute : « Il se peut que la déduction d’Abou Ayyoub Al-Ansari soit erronée, mais cela prouve que les compagnons n’acceptaient pas tels quels tous les hadiths : ils méditaient à leur propos et menaient leurs recherches. Ce hadith démontre que les compagnons n’acceptaient pas tels quels tous les propos attribués au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ils les acceptaient après avoir mené leur recherche en respectant les principes de la Dirayah et de la Riwayah.

Sayyid Waliullah Shah Saheb a commenté sur ce hadith d’Al-Boukhari en ces termes. « Abou Ayyoub al-Ansari a rejeté ce récit de Mahmoud Bin Rabi’. Certains pensent que son rejet découlait du fait que se contenter de réciter La ilaha il-lal-lah uniquement ne protège pas du feu [de l’Enfer] tant que [cette déclaration] n’est pas accompagnée de bonnes œuvres. » Ceci est une doctrine avérée de l’islam – il en est ainsi. « Mais, commente Shah Waliullah, la clause « en recherchant le plaisir d’Allah » précise davantage ce type de Tawhid. C’est-à-dire que le feu [de l’enfer] sera interdit à celui qui récitera La ilaha il-lal-lah pour mériter le plaisir de Dieu. Par la suite, Mahmood [Bin Rabi’] a mené de nouveau une enquête craignant qu’il n’avait pas bien saisi certains points. Mais son enquête a révélé que les propos du récit étaient exacts. » Ensuite [Shah Waliullah] déclare : « Il ne sied pas de commenter en public sur la foi ou l’hypocrisie d’untel. Dire qu’untel est un hypocrite ou que sa foi est faible est un acte condamnable, car le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a pas apprécié le fait de critiquer Ibn Douhcham en public ; de pareilles critiques favorisent les troubles au lieu de la réforme.

Selon un récit, ‘Abdoullah Bin ‘Abbas et Miswar Bin Makhrama se trouvaient à Abwa. Il y a eu un différend entre eux au sujet du Ghousl ou le bain rituel. Selon ‘Abdillah Bin ‘Abbas, [le pèlerin portant] l’Ihram peut se laver la tête : Miswar, quant à lui, insistait sur le contraire. Le rapporteur déclare : « ‘Abdoullah Bin ‘Abbas m’a envoyé chez Abou Ayyoub al-Ansari. Il se baignait entre deux bouts de bois recouverts d’un tissu et lui servant d’écran. Je l’ai salué et il m’a demandé qui j’étais. « ‘Abdoullah Bin Hounayn, ai-je répondu. ‘Abdoullah Bin ‘Abbas m’a envoyé chez vous afin que je vous demande sur la manière dont le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se lavait la tête lors qu’il était en état d’Ihram. Abou Ayoub a abaissé le tissu qui lui servait d’écran de ses mains tant et si bien que je pouvais voir sa tête. Ensuite il a dit à celui qui lui fournissait de l’eau d’en placer sur sa tête. Il a ensuite passé ses mains de la partie avant de sa tête jusqu’à la partie arrière et a déclaré : « C’est ainsi que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) se lavait la tête. » En passant sa main de l’avant de sa tête vers l’arrière.

Sa’id Bin Mousayyib relate : « Une fois, Abou Ayyoub a vu une brindille dans la barbe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’a enlevé. Il l’a montrée à l’Envoyé d’Allah (s.a.w) qui a déclaré : « Ô Allah ! Eloigne d’Abou Ayyoub la chose qu’il n’aime pas. » Selon un autre récit il aurait déclaré : « Ô Abou Ayyoub ! [Je prie] que tu ne souffres jamais ! » 

Abou Ayyoub était à l’avant de l’armée d’Ali lors des batailles d’Al-Jamal, de Siffin et de Nahrawan. ‘Ali avait grande confiance en Abou Ayyoub comme le démontre ce qui suit. Quand ‘Ali a choisi Koufa comme sa capitale et qu’il y a élu domicile, il a nommé Abou Ayyoub gouverneur de Médine : il a occupé ce poste jusqu’en l’an quarante de l’Hégire, lorsque l’armée syrienne de l’Emir Mou’awiyah a attaqué Médine sous la direction de Yousr Bin Abi Arta’. Abou Ayyoub a alors quitté Médine pour se rendre à Koufa auprès d’Ali.

Après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les compagnons recevaient une allocation mensuelle de la part de l’administration califal. L’allocation d’Abou Ayyoub était de 4000 dans un premier temps. Au cours de son Califat, ‘Ali l’a augmenté à 20 000. Huit ouvriers étaient assignés à la récolte de ses terres dans un premier temps et ‘Ali l’a augmenté à quarante.

Habib Bin Abi Thabit relate : « Abou Ayyoub s’est rendu chez l’Emir Mou’awiyah et s’est plaint de ses dettes. Il n’a pas vu chez lui (l’Emir Mou’awiyah) les qualités qui lui plaisaient mais celles qui lui déplaisaient. Sur ce, Abou Ayyoub Al-Ansari a déclaré que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait dit : « Par la suite vous verrez certainement [des traitements] préférentiels. C’est-à-dire que les priorités changeront par la suite. » L’Emir Mou’awiyah a demandé : « Qu’est-ce que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) vous a-t-il conseillé lorsqu’il vous a dit cela ? » Abou Ayyoub a déclaré : « En pareils cas, vous devez être patients. » Lorsque les priorités changeront et qu’on n’exauce pas vos souhaits vous allez devoir faire montre de patience. Alors, l’Emir Mou’awiyah a déclaré : « Eh bien vous devez être patients comme l’avait recommandé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » Abou Ayyoub a déclaré : « Par Allah ! Je ne te demanderai jamais rien ! » Sur ce, Abou Ayyoub s’est rendu à Bassora où il a logé chez Ibn ‘Abbas. Celui-ci a vidé sa maison pour lui et lui a dit : « Je vous traiterai certainement de la même manière que vous aviez traité le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » C’est-à-dire qu’il fera montre du même sens de l’hospitalité qu’avait démontré Abou Ayoub à l’égard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ibn ‘Abbas a demandé aux membres de sa famille de vider la maison : ils ont obtempéré. Ensuite il a dit à Abou Ayyoub : « Tout ce qui se trouve dans la maison vous appartient. » Ensuite il a offert 40 000 Dirhams et vingt esclaves à Abou Ayyoub. Il avait fait d’autres arrangements pour sa personne. Non seulement avait-il offert sa maison à Abou Ayyoub mais il lui avait aussi offert 40 000 Dirhams et vingt esclaves.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a commenté sur le verset suivant :

وَأَنْفِقُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَلَا تُلْقُوا بِأَيْدِيكُمْ إِلَى التَّهْلُكَةِ وَأَحْسِنُوا إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ

« Et dépensez pour la cause d’Allah, et ne vous jetez pas de vos propres mains dans la ruine. Et faites le bien ; en vérité, Allah aime ceux qui font le bien. » (2 : 196)

Il déclare : « Les gens entretiennent beaucoup de malentendus à propos de ce verset. Dès qu’ils font face à des difficultés dans la voie d’Allah, ils déclarent : « Cela revient à se ruiner de ses propres mains, étant donné qu’Allah le Tout-Puissant Lui-même a déclaré « et ne vous jetez pas de vos propres mains dans la ruine ». Comment pouvons-nous en ce cas consentir à pareils [sacrifices] ? »

Or ce verset ne signifie pas que chaque fois que la vie d’un musulman est menacée, il doit s’enfuir et faire preuve de lâcheté. En réalité, ce verset affirme qu’on doit dépenser à foison [pour cette cause] lorsque la guerre éclate contre l’ennemi. Ne pas dépenser sa richesse en pareil cas revient à se ruiner de ses propres mains.

Selon un récit, Abou Ayyoub Al-Ansari a dit quand il était parti à la conquête de Constantinople : « Ce verset a été révélé à notre sujet, nous, les Ansar. » Il a ensuite expliqué : « Naguère, nous dépensions nos biens dans la voie d’Allah. Mais ensuite, lorsque Dieu a établi Sa religion et l’a honorée en accordant la victoire aux musulmans, nous nous sommes dits : « Il serait préférable que nous sauvegardions nos richesses et l’amassions. » A ce moment-là, ce verset a été révélé disant qu’il ne faut pas se retenir de dépenser dans la voie d’Allah, car si l’on agissait de la sorte, cela reviendrait à se détruire de ses propres mains. Par conséquent, vous ne devez pas accumuler de richesse, mais plutôt la dépenser dans la voie d’Allah, sinon vos vies iront en vain, l’ennemi vous vaincra et vous serez complètement détruit. »

Après le califat d’Ali, le règne de l’Emir Mou’awiyah a débuté : ‘Ouqbah bin ‘Amir al-Jouhani a été nommé par lui gouverneur d’Egypte. Pendant le règne d’Ouqbah en tant que gouverneur, Abou Ayyoub s’était rendu en Egypte à deux reprises. La première fois, c’était dans le but d’enregistrer un hadith car il avait appris qu’Ouqbah avait l’habitude de raconter un hadith particulier. Abou Ayyoub a enduré les difficultés des voyages durant sa vieillesse pour un seul hadith. La deuxième fois, il s’est rendu en Egypte avec l’intention de prendre part à la bataille contre les Byzantins.

Lorsque Marwan était gouverneur de Médine, il a vu une fois que quelqu’un pressait sa figure contre la tombe du Saint Prophète (s.a.w.).

Marwan lui a dit : « Savez-vous ce que vous faites ? » Se prosterner devant cette tombe équivaut au Chirk ! » Quand Marwan s’est rapproché, il a constaté qu’il s’agissait d’Abou Ayyoub Al-Ansari et qui a répondu : « Je suis venu visiter le Saint Prophète (s.a.w.) et non ces pierres. »

Abou ‘Abdir Rahman Al-Houbouli raconte qu’ils voyageaient par voie maritime : ‘Abdoullah bin Qais Al-Fazari était leur émir et Abou Ayyoub Al-Ansari était également avec eux. Quand Abou Ayyoub Al-Ansari est passé devant l’individu qui était responsable de la distribution du butin de bataille…

[Pour clarifier l’incident susmentionné] il voulait dire par là qu’il s’était prosterné par amour pour le Saint Prophète (s.a.w.) et qu’il ne se prosternait pas devant les pierres. Il ne commettait là aucun Chirk. C’était plutôt une expression de son amour ; et même en accomplissant cette action, il avait foi en l’unicité de Dieu et n’était coupable d’aucun acte polythéiste. [Je disais donc qu’]Abou ‘Abdir Rahman Al-Houbouli raconte qu’ils voyageaient en mer : ‘Abdoullah bin Qais Al-Fazari était leur émir et Abou Ayyoub Al-Ansari était également avec eux. Quand Abou Ayyoub Al-Ansari est passé devant l’individu responsable de la distribution du butin de bataille et qui surveillait les prisonniers, il a remarqué qu’une femme pleurait. Il en a demandé la raison et on l’a informé que la femme et son fils avaient été séparés. Le narrateur déclare qu’Abou Ayyoub Al-Ansari a pris la main de l’enfant et l’a placée dans la main de sa mère. Par la suite, l’individu responsable de la distribution du butin s’est rendu chez ‘Abdoullah bin Qais et l’a informé de ce qui venait de se passer. ‘Abdoullah bin Qais a appelé Abou Ayyoub Al-Ansari et a demandé pourquoi il avait agi de cette manière. Abou Ayyoub Al-Ansari a répondu : « J’ai entendu le Messager (s.a.w.) d’Allah affirmer que celui qui sépare une mère de son enfant sera séparé de ses proches par Allah au jour du jugement. »

Il y a là une leçon importante pour ceux qui séparent les enfants de leurs mères. L’islam fait preuve d’une grande compassion dans de telles questions : mais ceux qui critiquent l’islam doivent regarder leurs propres actions. Récemment, les migrants arrivés aux États-Unis ont été séparés les uns des autres et les enfants séparés de leurs mères. Dans certains cas, les enfants ne pouvaient même plus reconnaître leurs mères après un certain temps. Quoi qu’il en soit, l’enseignement de l’islam affirme qu’un enfant ne doit pas être séparé de sa mère et que l’on ne doit pas les faire souffrir de cette manière.

Moursad bin ‘Abdillah raconte : « ‘Ouqbah bin Amir était gouverneur de l’Egypte quand Abou Ayyoub Al-Ansari est venu nous voir pour participer au jihad. Un jour, ‘Ouqbah a offert la prière du Maghrib un peu plus tard que l’heure prévue. Alors, Abou Ayyoub Al-Ansari lui a demandé : « O ‘Ouqbah, quel genre de prière est-ce là ? » ‘Ouqbah de répondre : « Nous étions occupés. ». Sur ce, Abou Ayyoub a rétorqué : « Je jure par Allah, ma seule intention en disant ceci est que les gens ne pensent pas que tu as vu le Messager (s.a.w.) d’Allah agir de la sorte. N’as-tu pas entendu l’Envoyé d’Allah (s.a.w) dire : « Mon Oummah restera établie sur la vertu – ou peut-être avait-il dit qu’elle restera établie sur la fitrah [nature pieuse] – tant qu’elle n'accomplira pas la prière de Maghrib si tardivement que les étoiles commencent à briller. »

C’est-à-dire que l’on doit accomplir la prière de Maghrib durant la première partie de son temps prescrit.

Abou Wasil raconte : « J’ai rencontré Abou Ayyoub Al-Ansari et lui ai serré la main ; et remarquant que mes ongles étaient très longs, il a dit que le Saint Prophète (s.a.w.) avait déclaré : « Parmi vous il y a ceux qui posent des questions sur les choses célestes et pourtant leurs ongles sont aussi longs que les griffes des oiseaux que la saleté commence à s’y accumuler. » » En d’autres termes, ils posaient des questions d’ordre érudit et pourtant leurs ongles étaient longs et remplis de saleté. C’est pour cette raison qu’il a recommandé de se couper les ongles.

Selon le Mousnad Ahmad bin Hanbal, Abou Ayyoub avait un statut si élevé que les compagnons le consultaient pour ses avis. Ibn ‘Abbas, Ibn ‘Oumar, Bara’a bin ‘Azib, Anas bin Malik, Abou Oumamah, Zayd bin Khalid al-Jouhani, Miqdam bin al-Madi, Karib, Jabir bin Samrah, ‘Abdoullah bin Yazid al-Khatmi, etc., qui avaient tous reçu une formation directe du Saint Prophète (s.a.w.), profitaient du savoir d’Abou Ayyoub.

De même, parmi les illustres Tabi’în [les disciples des compagnons] dont Sa’id bin Mousayyab, ‘Ourwah bin al-Zoubayr, Salim bin ‘Abdillah, ‘Ata bin Yasar, ‘Ata bin Yazid al-Laythi, Abou Salamah, ‘Abdour Rahman bin Abi Layla et bien d’autres, tenaient tous Abou Ayyoub en haute estime.

Abou Ayyoub Al-Ansari avait participé au jihad sous le règne de l’Emir Mou’awiyah. Il déclare : « Je suis tombé gravement malade et j’ai dit à mes compagnons : si je décède, portez-moi jusqu’à ce que vous soyez dans vos rangs pour combattre l’ennemi et ensevelissez-moi dans le sol sous vous. Je partagerai avec vous un hadith que j’ai entendu du Messager (s.a.w.) d’Allah. Si ma disparition n’était pas imminente, je ne l’aurais jamais raconté. J’ai entendu l’Envoyé d’Allah (s.a.w) dire : « Quiconque meurt dans un état où il n’a jamais associé de partenaires avec Allah entrera au paradis. »

Selon un autre récit, quand il était sur le point de mourir Abou Ayyoub Al-Ansari a déclaré : « Je vous ai caché quelque chose que j’avais entendu de l’Envoyé d’Allah (s.a.w). Il avait déclaré : « Si vous n’aviez pas commis de péché, Allah aurait amené un peuple qui en aurait commis afin qu’Il leur pardonne. » En d’autres termes, Allah est toujours enclin à manifester Son attribut de miséricorde et de pardon.

Muhammad, le narrateur, raconte qu’Abou Ayyoub Al-Ansari a pris part à la bataille de Badr et n’a jamais été absent à une des batailles dans lesquelles les musulmans ont participé, sauf s’il était engagé dans une autre bataille qui se déroulait au même moment. En d’autres termes, si deux batailles avaient lieu en même temps, il était certainement présent dans l’une d’entre elles.

Une année il n’avait pas pris part à une bataille parce que le commandant de l’armée était très jeune. Après cette année-là, il exprimait toujours ses regrets en disant : « Pourquoi me soucier quant au choix de celui sous lequel je dois servir ? Pourquoi me soucier quant au choix de celui sous lequel je dois servir ? Pourquoi me soucier quant au choix de celui sous lequel je dois servir ? » Il a répété cela trois fois. On raconte qu’Abdul Malik bin Marwan était le jeune nommé à la tête de l’armée [en question].

Le rapporteur relate que par la suite Abou Ayyoub Al-Ansari est tombé malade. Yazid bin Mou’awiyah commandait la troupe. Il s’était rendu auprès de lui pour prendre de ses nouvelles, et lui a demandé : « Si vous avez besoin de quelque chose faites-m’en part. » Il a répondu : « Lorsque je décéderai, portez ma dépouille et emmenez-moi le plus loin possible en terre ennemie, et si cela n’est pas possible alors enterrez moi là où vous pourrez et ensuite repartez. » Lorsque Abou Ayoub est décédé, on a transporté sa dépouille aussi loin que possible en terre ennemie, on l’a enterré et les soldats sont rentrés. Le rapporteur relate qu’Abou Ayyoub Al-Ansari relatait : « Allah a déclaré :

انْفِرُوا خِفَافًا وَثِقَالًا

C’est-à-dire « Partez, légers ou lourds… » Or, je me considère à la fois léger et lourd. »

Selon un récit un homme de La Mecque a relaté que lorsque Yazid bin Mou’awiyah s’est rendu auprès d’Abou Ayyoub Al-Ansari, celui-ci lui a dit : « Transmets mes salutations de paix aux autres. Commande-leur de m’emmener avec eux le plus loin possible. » Yazid a fait part aux gens du souhait d’Abou Ayyoub Al-Ansari. Les soldats ont accepté et ont transporté sa dépouille aussi loin que possible. Après le décès du Saint Prophète (sa), Abou Ayyoub Al-Ansari est resté attaché au jihad jusqu’à son décès à Constantinople. Selon un récit, Yazid bin Mou’awiyah avait mené la bataille de Constantinople en l’an 52 de l’Hégire sous le califat de son père. Abou Ayyoub Al-Ansari est décédé cette même année. Yazid bin Mou’awiyah avait dirigé sa prière funéraire. Sa tombe se trouve dans la région de Byzance tout près de la forteresse de Constantinople. Le rapporteur a relaté : « J’ai appris que le peuple romain protégeait et entretenait sa tombe, et lors des jours de sécheresse ils faisaient des supplications pour que la pluie tombe par son intermédiaire. »

Selon un autre récit, Abou Ayyoub Al-Ansari avait participé à une bataille contre Byzance à l’époque de l’Emir Mou’awiyah et sous le commandement de Yazid : il est décédé près de Constantinople en l’an 50 ou 51 de l’hégire. Il est enterré là-bas. Selon un autre récit, Yazid avait ordonné aux cavaliers de passer sur la tombe d’Abou Ayyoub Al-Ansari pour effacer toute trace de sa tombe. Selon un autre récit, le lendemain du soir où Abou Ayoub a été enterré, les Romains ont demandé aux musulmans : « Que faisiez-vous hier soir ? » Les musulmans ont répondu : « Abou Ayoub Al-Ansari faisait partie des illustres compagnons de notre Prophète (sa), et il était un des premiers parmi eux à avoir accepté l’islam. Comme vous avez pu le voir, nous l’avons enterré. Et par Allah, si son corps est exhumé, tant que nous aurons le pouvoir vos cloches ne sonneront pas dans la péninsule arabique. Moujahid déclare que lors des jours de sécheresse, lorsqu’ils ôtaient un peu de poussière de sa tombe, il se mettait à pleuvoir. Il existe en effet de tels récits : Allah seul sait à quel point ils sont authentiques.

On dit qu’Abou Ayyoub Al-Ansari est décédé en l’an 50, 51 ou 52 de l’Hégire, lors de la bataille de Constantinople. Le plus grand nombre de récits font état du fait qu’il est décédé en l’an 52. Le tombeau d’Abou Ayyoub Al-Ansari se trouve en Turquie à Istanbul. Il se trouve sur une sorte de terrasse entourée de portes grillagées en laiton. Souvent, les Turcs s’y rendent pour trouver la sérénité. 

Ici ce termine les récits sur les compagnons de Badr. Incha Allah, j’évoquerai plus tard les quatre califes. J’ai déjà brièvement mentionné certains d’entre eux : je le ferai de manière détaillée par la suite. De même, au début j’ai présenté la vie de certains compagnons de façon brève, si je reçois d’autres informations à leur sujet, je les partagerai également. Lorsque tout cela sera retranscrit, ces passages supplémentaires seront incorporés aux chapitres intéressants de la vie de ces compagnons. Ces ajouts ne concerneront que quelques compagnons.

J’aimerai maintenant mentionner certains membres récemment décédés, dont je dirigerai les prières funéraires après les prières. 

Le premier défunt se nomme Abdul Haye Mandal, qui était mou’allim de la communauté en Inde. Il est décédé le 25 septembre 2020 à l’âge de 53 ans des suites d’un arrêt cardiaque. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le défunt avait rejoint la communauté en 1999 après avoir entrepris des recherches. En 2003 il a été diplômé de la Jamiat-ul-Mubashirin et depuis et ce jusqu’à son décès, il a servi la communauté en faisant beaucoup d’efforts, avec sincérité et enthousiasme. Ainsi, le défunt a servi la communauté pendant dix-sept ans. Le défunt était une personne très sincère, pieuse, et obéissante. Il était régulier dans ses prières et aimait la communauté. Il laisse derrière lui sa femme, ses deux fils, et ses deux filles. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard. Qu’Il réconforte également ses enfants et sa femme.

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire se nomme Siraj-ul-Islam, qui était mou’allim de la communauté dans la région de Murshid Abad au Bengale. Il est décédé le 14 octobre 2020 à l’âge de 60 ans selon la volonté divine. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le défunt mou’allim avait suivi une formation de 6 mois à la Jamiat-ul-Mubashirin de Qadian en 2002. Jusqu’en 2020 il a servi en tant que mou’allim à temps partiel. Il a servi la communauté pendant dix-huit ans. Le défunt était une personne très sincère, pieuse, obéissante, régulière dans ses prières et ses jeûnes, il aimait la communauté et travaillait beaucoup. Il laisse derrière lui sa femme et ses trois filles. Ses deux filles ainées sont mariées, la troisième est étudiante. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il accorde également la patience à ses proches. Qu’Il leur permette de perpétuer ses nobles actions. 

Le troisième défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Shahid Ahmad Khan Pasha, qui était le petit-fils du Messie Promis (a.s.) (fils de sa fille) : il était également le petit-fils de Nawab Mohammad Ali Khan (fils de son fils), et le fils de Nawab Amtul Hafiz Begum et Nawab Abdullah Khan. Il est décédé le 26 octobre à l’âge de 85 ans. Il était hospitalisé. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Par la grâce d’Allah il était Moussi. Shahid Ahmad Khan Pasha, le défunt, s’était marié deux fois. Sa première épouse était Amatul Shakoor qui était la fille du troisième Calife (rh) ; il l’avait épousée en 1962, c’est Maulana Jalal-ud-Din Shams qui avait fait l’annonce du mariage en raison du fait que le Mouslih Maw’oud (ra) était souffrant. Il y a eu cinq enfants de ce premier mariage : deux fils et trois filles. Il s’est marié une deuxième fois en 1977 avec Samina Saeed, fille de feu Saeed Saheb. Ils ont eu un fils de ce mariage, qui réside actuellement aux Etats-Unis. Il n’a pas servi la Jama’at, mais il a eu l’opportunité d’accompagner le troisième Calife (rh) lors de voyages à l’étranger, et il a servi dans ce cadre. Sa femme a écrit qu’une autre de ses qualités était qu’il s’occupait beaucoup des pauvres, il prenait leurs frais à ses dépens. Il avait également fait construire une maison pour des démunis. Il les aidait régulièrement. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il permette à ses enfants de rester attachés à la communauté et au Califat. 

Le prochain défunt dont je dirigerai la prière funéraire est Sayyed Massoud Ahmed Shah, originaire de Sheffield en Angleterre. Il est décédé le 8 septembre dernier des suites d’un arrêt cardiaque. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le premier Ahmadi de la famille était son père Sayyid Nazim Hussain (ra), qui avait fait la Bai’ah sur la main du Messie Promis (a.s.) à l’âge de 20 ans en 1902 en se rendant à Qadian. Sayyed Massoud Ahmad Shah est arrivé en 1962 au Royaume-Uni et s’est installé définitivement à Sheffield. Lorsque la communauté a été établie à Sheffield, sa résidence était le premier centre de prières, et jusqu’en 1970 il a servi en tant que président de la communauté locale. De 1997 et jusqu’à son dernier souffle, il a eu l’opportunité de servir en tant que secrétaire à la restauration. Le défunt était une personne joviale, hospitalière, gentille, animée par l’enthousiasme de servir. Il aidait les pauvres, il était pieux, sincère et fidèle. Il avait une relation de grand amour avec le Califat. Sa fille, la Dr Aisha, écrit : « Il essayait de nous garder attachés à la communauté et en particulier au Califat, et nous enjoignait de rencontrer le Calife tous les six mois. » Qu’Allah accorde la patience et le courage à sa fille et à son épouse. Qu’Il fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard. Qu’Allah le Très-Haut permette à ses enfants, à sa fille et à sa femme de perpétuer ses nobles actions. 


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