Sermon du vendredi 16 août 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquerai pour le sermon d’aujourd’hui d’autres compagnons de Badr dans la série qui dure depuis un certain temps.

Le premier compagnon se nomme Qatadah Bin al-Nou’man al-Ansari. Il appartenait à la famille Banou Zafar de la tribu Khazraj des Ansar. Son père se nommait Al-Nou’man Bin Zayd et sa mère se nommait Ounaysa Bint Qays. Qatadah était aussi connu sous les noms d’emprunts Abou ‘Oumar, Abou ‘Amr et Abou ‘Abdillah. Qatadah était le frère d’Abou Sa’id al-Khoudri : ils avaient tous deux la même mère. Qatadah avait accompagné les soixante-dix Ansar lors de la Bai’ah d’Aqabah. Selon un autre récit rapporté par ‘Allama Ibn Ishaq, Qatadah n’était pas présent à ‘Aqabah.

Qatadah faisait partie des archers du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, et du fossé ainsi qu’aux autres campagnes menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le jour de la bataille d’Ouhoud, Qatadah avait été blessé à l’œil par une flèche : son œil est sorti de son orbite.

Il s’est présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et a dit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai reçu une flèche à l’œil et le globe oculaire est sorti de son orbite. J’aime beaucoup ma femme. Si elle voit mon œil dans cet état, j’ai peur qu’elle ne commence à me détester. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a pris le globe oculaire dans sa main et l’a replacé dans l’orbite. L’œil a repris fermement sa place et sa vision a été rétablie. Jusqu’à sa vieillesse, de ses yeux, celui qui était blessé était le plus perçant et le plus sain. Selon un autre récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait placé sa salive sur l’œil et conséquemment celui-là était devenu plus beau que l’autre.

Qatadah raconte en personne ce récit en ces termes : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’avait offert un arc en cadeau le jour de la bataille d’Ouhoud. Je l'utilisais pour défendre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tant et si bien que la corde de l’arc s’est brisée. En dépit de cela, je m’étais placé devant le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). » (Généralement, on trouve aussi mention de Talha dans des récits). « Quand une flèche visait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), je plaçais ma tête devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin de protéger son visage béni. Je ne disposais plus de flèches. C’est là que j’ai reçu une flèche à l’œil et le globe oculaire est sorti de son orbite ; il pendait sur ma joue. La troupe [ennemie] s’était dispersée. J’ai pris l’œil dans la main et après l’assaut et je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui se trouvait tout près. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’a vu dans ma main, il a eu les larmes aux yeux et il a prié : « Ô Allah ! Qatadah a protégé le visage de Ton prophète par son visage. Fais que cet œil [blessé] soit le plus beau et le plus perçant des deux. » Ainsi, cet œil est devenu le plus beau des deux et le plus perçant.

Qatadah, dans son récit, n’a pas relaté le fait qu’il aimait sa femme et que celle-ci ne l’aimerait plus, comme l’ont relaté les chroniqueurs dans le récit précédent. Peut-être l’ont-ils fait pour rendre l’histoire plus intéressante. En tout cas, dans le récit de Qatadah l’on ne trouve pas mention de sa femme. L’œil était certes sorti de son orbite durant la bataille et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait remis à sa place. Sa vision s’est rétablie et elle est devenue très bonne. C’est pour cette raison que Qatadah a été nommé Dhoul-‘Ayn (c'est-à-dire, l’homme ayant un œil) par la suite.

Qatadah avait participé à la bataille du fossé et aux autres batailles en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il portait le drapeau des Banou Zafar lors de la conquête de La Mecque. Il est décédé à l’âge de 65 ans, en l’an 23 de l’hégire. ‘Oumar a dirigé sa prière funéraire à Médine. Son frère Abou Sa’id al-Khoudri, Muhammad bin Maslamah et Harith Bin Khazma étaient descendus dans sa tombe (pour y déposer son corps). Selon un récit, ‘Oumar serait aussi descendu dans sa tombe.

Un des petits-fils de Qatadah se nommait ‘Asim Bin ‘Amr : il était un expert en généalogie des tribus. ‘Allamah Ibn Ishaq a relaté beaucoup de récits par son entremise.

Selon un récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait un arc appelé Qoutoun fait de bois de naba, un arbre qui est utilisé entre autres pour fabriquer des flèches. Cet arc s’est cassé le jour de la bataille d’Ouhoud en raison du grand usage qu’en a fait Qatadah.

Qatadah Bin al-Nou’man relate qu’il y avait une famille nommée Banou Oubayrak parmi les Ansar. Dans celle-ci, il y avait trois frères : Bichr, Bouchayr et Moubachir. Bouchayr était un hypocrite : il composait des vers pour s’attaquer aux compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était apparemment un musulman, mais ses actions prouvaient le contraire. Il attribuait ensuite ces vers à certains Arabes, disant qu’untel ou untel les avait composés. Quand les compagnons les ont entendus, ils ont déclaré que c’était bien cet infâme personnage, c'est-à-dire le fils d’Oubayrak, qui les avaient composés. À l’époque de l’ignorance, et même après l'avènement de l’islam, les membres de cette famille vivaient dans la pauvreté et souffraient de la famine. En somme ils ne s’étaient pas corrigés. Ils ne travaillaient pas ou ne faisaient pas d’efforts, c’est pour cette raison qu’ils étaient très pauvres.

Qatadah relate : « Les gens de Médine consommaient des dattes et de l’orge. Quand un commerçant en grain apportait de la farine blanche raffinée de la Syrie, les riches en achetaient et en consommaient, sans en offrir à ses enfants ou sa femme qui devaient se contenter d’orge et de dattes.

Souvent, quand un négociant en grains venait de la Syrie mon oncle, Rifa’ Bin Zayd, lui achetait un sac de farine blanche et le conservait dans son magasin. Il y gardait aussi ses armes, sa cotte de mailles et son épée. On a un jour commis un vol contre lui. Les voleurs ont défoncé le mur de son magasin pour lui voler ses provisions et ses armes. Le matin mon oncle Rifa’ est venu me voir et m’a dit ceci : « Mon neveu ! On a commis ce soir une grande injustice contre moi. On a cambriolé mon magasin et on m’a volé mes provisions et mes armes. » Nous avons mené une enquête dans le quartier et certains nous ont dit que les Banou Oubayrak avaient allumé un feu et ils festoyaient peut-être en consommant les provisions volées. Lorsque nous avons mené l'enquête dans le quartier, les Banou Oubayrak ont dit : « Selon nous c’est Labid Bin Sahal qui a commis ce vol ! » Or Labid était un homme pieux et un musulman. Quand Labid a entendu l’accusation portée contre lui par les Banou Oubayrak, il a dégainé son épée et a demandé : « Suis-je un voleur ? Par Allah ! Soit mon épée se dressera contre vous soit vous tenterez de trouver le voleur ! » Il était donc très en colère. Les gens lui ont dit : « Rengainez votre épée ! Nous savons que vous n'êtes pas le voleur et que vous êtes un homme pieux. » Lorsque nous avons approfondi l'enquête nous n’avions plus de doute que le vol avait été commis par les Banou Oubayrak. Mon oncle m’a dit : « Cher neveu ! Si tu informes le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de cet incident, il se peut que je retrouve mes biens. »

Qatadah Bin al-Nou’man a déclaré : « En l’entendant, je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et je lui ai dit qu’un des nôtres avait commis un délit contre un autre. Ils se sont approchés de la maison de mon oncle Rifa’ Bin Zayd et ont cambriolé son magasin et ils lui ont volé ses armes et ses provisions. Nous voulons retrouver nos armes. Nous n’avons plus besoin des provisions ou du grain. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je vais tenir conseil à ce propos avant de rendre mon verdict. » Quand les Banou Oubayrak en ont eu connaissance ils sont partis voir un certain Ousayr Bin ‘Ourwa, qui était membre de leur tribu. Ils lui ont parlé de l’affaire et les gens du quartier les ont soutenus. Ils se sont rendus chez le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ont plaidé : « Ô Envoyé d’Allah ! Qatadah Bin al-Nou’man et son oncle ont accusé les membres d’une famille des nôtres, qui sont d’ailleurs musulmans et de bonnes gens, d’avoir commis un vol ; et cela sans fournir de témoin ou de preuve. » Qatadah raconte qu’il est parti voir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci a déclaré : « Tu as accusé les membres d’une famille musulmane de vol, qui sont d’ailleurs de braves gens, et cela sans fournir de témoin ou de preuve. »

Qatadah déclare qu’il est retourné. Il était quelqu’un de très pieux et il commente qu’il aurait souhaité endurer la perte de ses propres biens plutôt que d’avoir parlé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de cette affaire. En entendant la réponse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il s’est dit qu’il l’avait tourmenté pour rien. Il aurait donc souhaité perdre ses biens plutôt que d’avoir parlé de l’affaire au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Il ajoute : « Mon oncle est venu me demander par la suite ce que j’avais entrepris à propos du vol. Je lui ai présenté la réponse offerte par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sur ce il a déclaré : « Seul Allah pourra nous venir en aide. » Peu de temps après cette conversation le verset suivant du Coran a été révélé :

إِنَّا أَنْزَلْنَا إِلَيْكَ الْكِتَابَ بِالْحَقِّ لِتَحْكُمَ بَيْنَ النَّاسِ بِمَا أَرَاكَ اللَّهُ وَلَا تَكُنْ لِلْخَائِنِينَ خَصِيمًا

« Nous avons assurément fait descendre sur toi le Livre qui comprend la vérité, afin que tu puisses juger entre les hommes par ce qu’Allah t’a fait comprendre. Et ne plaide pas la cause de ceux qui trahissent la confiance. »

Ceux qui trahissent la confiance sont les Banou Oubayrak.

Ensuite il y est dit :

وَاسْتَغْفِرِ اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ غَفُورًا رَحِيمًا

Et demande pardon à Allah. Assurément, Allah est Très-Pardonnant, Miséricordieux.

وَلَا تُجَادِلْ عَنِ الَّذِينَ يَخْتَانُونَ أَنْفُسَهُمْ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ مَنْ كَانَ خَوَّانًا أَثِيمًا ۝ يَسْتَخْفُونَ مِنَ النَّاسِ وَلَا يَسْتَخْفُونَ مِنَ اللَّهِ وَهُوَ مَعَهُمْ إِذْ يُبَيِّتُونَ مَا لَا يَرْضَى مِنَ الْقَوْلِ وَكَانَ اللَّهُ بِمَا يَعْمَلُونَ مُحِيطًا ۝ هَا أَنْتُمْ هَؤُلَاءِ جَادَلْتُمْ عَنْهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا فَمَنْ يُجَادِلُ اللَّهَ عَنْهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَمْ مَنْ يَكُونُ عَلَيْهِمْ وَكِيلًا ۝ وَمَنْ يَعْمَلْ سُوءًا أَوْ يَظْلِمْ نَفْسَهُ ثُمَّ يَسْتَغْفِرِ اللَّهَ يَجِدِ اللَّهَ غَفُورًا رَحِيمًا ۝

Et ne plaide pas en faveur de ceux qui sont malhonnêtes envers eux-mêmes. Assurément, Allah n’aime pas celui qui est perfide et grand pécheur.

Ils se cachent des hommes, alors qu’ils ne peuvent se cacher d’Allah ; et Il est auprès d’eux quand ils passent la nuit complotant des affaires dont Il n’approuve pas. Et Allah cerne tout ce qu’ils font.

Voyez ! C’est vous qui avez plaidé pour eux dans la vie ici-bas. Mais qui plaidera pour eux auprès d’Allah au Jour de la Résurrection ou qui sera leur protecteur ?

Et quiconque fait le mal ou nuit à son âme, et qui demande ensuite pardon à Allah, trouvera Allah Très-Pardonnant, Miséricordieux.

Ensuite Allah déclare :

وَمَنْ يَكْسِبْ إِثْمًا فَإِنَّمَا يَكْسِبُهُ عَلَى نَفْسِهِ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا حَكِيمًا ۝ وَمَنْ يَكْسِبْ خَطِيئَةً أَوْ إِثْمًا ثُمَّ يَرْمِ بِهِ بَرِيئًا فَقَدِ احْتَمَلَ بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُبِينًا ۝

Et quiconque commet un péché, le commet seulement contre sa propre âme. Et Allah est Omniscient, Sage.

Et quiconque commet une faute ou un péché, et l’impute ensuite à un innocent, se charge d’une calomnie et d’un péché manifeste.

On dit que cela concerne l’accusation portée par le Banou Oubayrak, [lorsqu’ils ont dit] que c’était peut-être Labid Bin Sahal qui avait commis ce vol.

Ensuite Allah déclare :

وَلَوْلَا فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكَ وَرَحْمَتُهُ لَهَمَّتْ طَائِفَةٌ مِنْهُمْ أَنْ يُضِلُّوكَ وَمَا يُضِلُّونَ إِلَّا أَنْفُسَهُمْ وَمَا يَضُرُّونَكَ مِنْ شَيْءٍ وَأَنْزَلَ اللَّهُ عَلَيْكَ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَعَلَّمَكَ مَا لَمْ تَكُنْ تَعْلَمُ وَكَانَ فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكَ عَظِيمًا ۝ لَا خَيْرَ فِي كَثِيرٍ مِنْ نَجْوَاهُمْ إِلَّا مَنْ أَمَرَ بِصَدَقَةٍ أَوْ مَعْرُوفٍ أَوْ إِصْلَاحٍ بَيْنَ النَّاسِ وَمَنْ يَفْعَلْ ذَلِكَ ابْتِغَاءَ مَرْضَاةِ اللَّهِ فَسَوْفَ نُؤْتِيهِ أَجْرًا عَظِيمًا ۝

Et sans la grâce d’Allah sur toi et Sa miséricorde, certains d’entre eux avaient décidé de t’égarer, mais Il déjoua leurs desseins. En fait ils n’égarent qu’eux-mêmes et ils ne peuvent te faire aucun mal. Et Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse et t’a enseigné ce que tu ne savais pas, et la grâce d’Allah sur toi est immense. Rien de bien ne sort de la plupart de leurs consultations secrètes excepté lorsqu’ils décident de dépenser sur les pauvres, ou d’œuvrer pour le bien-être du peuple ou d’effectuer la réconciliation et la réforme parmi les gens. Et quant à celui qui fait cela en cherchant à plaire à Allah, Nous lui accorderons bientôt une très grande récompense. (Chapitre 4, versets 106 à 115)

Ces versets contiennent d’autres sens profonds. Mais si on le prend dans le contexte de cette affaire, les personnes intéressées ont compris qu’ils les concernaient et que leur révélation signifiait qu’Allah a dévoilé la vérité au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Par la suite, les Banou Oubayrak, qu’on suspectait de vol, ont compris que ces versets les concernaient ; ils ont avoué leur larcin et ils ont remis les armes au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui les a rendus à Rifa’, le propriétaire.

Qatadah relate : « Mon oncle était vieux et avant son acceptation de l’islam il avait la vue faible. Je croyais que sa foi était faible, en dépit du fait qu’il était musulman. Mais lorsque je lui ai remis ses armes qu’avaient retournées les voleurs, il m’a dit : « Ô mon neveu ! J’offre cela en aumône dans la voie de Dieu. » Suite à son offre j’ai compris qu’il était ferme dans sa foi en islam et que mes doutes à ce propos étaient infondés. »

Après la révélation de ces versets, Bouchayr, un des frères que l’on croyait être hypocrite, est parti se joindre aux polythéistes et il a logé chez Salafa Bint Sa’d. Sur ce, le verset suivant a été révélé :

وَمَنْ يُشَاقِقِ الرَّسُولَ مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ الْهُدَى وَيَتَّبِعْ غَيْرَ سَبِيلِ الْمُؤْمِنِينَ نُوَلِّهِ مَا تَوَلَّى وَنُصْلِهِ جَهَنَّمَ وَسَاءَتْ مَصِيرًا ۝ إِنَّ اللَّهَ لَا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ وَمَنْ يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَقَدْ ضَلَّ ضَلَالًا بَعِيدًا ۝

Et quant à celui qui s’opposera au Messager après que la bonne direction lui est devenue claire, et qui suivra une voie autre que celle des croyants, Nous le laisserons poursuivre la voie qu’il poursuit et Nous le jetterons dans l’Enfer — et quelle mauvaise destination !

Allah ne pardonnera pas qu’on Lui donne des associés, mais à part cela, Il pardonnera à qui Il veut. Et quiconque donne des associés à Allah s’est en vérité égaré bien loin.

Le polythéiste en s’écartant de l’islam est parti loger chez Salafa ; Hassan Bin Thabit s’est attaqué à lui en composant quelques vers. Salafa Bint Sa’d a pris les effets de Bouchayr les a placés sur sa tête, et l’a chassé de sa maison, le jetant dans la plaine. Elle a déclaré : « Tu nous as offert en cadeau les vers de Hassan. Et à cause de toi et nous avons été inclus dans cette attaque. Tu ne m’accorderas aucun bénéfice, c’est pour cette raison que je ne laisserai pas tes affaires ici. »

C’est là la fin qu’a connue cet hypocrite polythéiste.

Abou Sa’id al-Khoudri relate qu’une fois Qatadah Bin al-Nou’man avait récité la sourate Al-Ikhlas pendant toute la nuit. Quand on en a fait mention au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) celui-ci a déclaré : « Je jure par celui qui détient ma vie entre ses mains : la Sourate Al-Ikhlas est la moitié ou le tiers du Coran. » C'est-à-dire l’unicité d’Allah est la réalité du Coran et c’est aussi l’enseignement du Coran. 

Abou Salama relate qu’Abou Hourayra relatait les hadiths du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il avait déclaré : « Il existe le jour du vendredi un instant durant lequel toute requête d’un serviteur musulman debout en prière est exaucée, s’il demande le bien à Allah. » Abou Hourayra fit signe avec sa main pour montrer que cet instant est très court.

Abou Salama ajoute : « Quand Abou Hourayra est décédé, je me suis dit que si je vais voir Abou Sa’id al-Khoudri, je lui demanderai à propos de cet instant. Il se peut qu’il en soit au courant. Je suis parti le rencontrer et je l’ai vu en train de redresser des cannes. Je lui ai demandé ce qu’il faisait. Il a répondu : « Allah a mis des bénédictions dans ces cannes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les appréciait et les utilisait pour se déplacer. Nous avions l’habitude de les redresser et les présentions au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Un jour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait vu du crachat dans la direction de la Qibla dans la mosquée. En effet quelqu’un avait craché là-bas et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tenait dans la main un de ces bâtons avec lequel il a nettoyé l’endroit en disant : « Lorsque vous êtes en prière ne crachez pas devant vous, car votre Seigneur se trouve devant. »

C'est-à-dire qu’ils se trouvent en présence d’Allah et qu’il ne faut pas cracher devant soi. D’ailleurs, tous les commandements [concernant] la Salat n’avaient pas encore été complètement révélés, et c’est pour cette raison qu’il est dit dans le récit qu’on peut cracher sur le côté gauche ou sous le pied. Ce récit se trouve dans le Boukhari. À l’époque, le sol [de la mosquée] était en terre battue et on recouvrait le crachat avec de la terre ; c’est pour cela qu’il avait permis de cracher en raison de la terre. Il y a un autre récit présentant d’autres injonctions lorsque [les musulmans] avaient reçu un meilleur entraînement. Il y est dit qu’il faut qu’ils utilisent le pan de leur vêtement pour se nettoyer le nez ou pour cracher si nécessaire. Aujourd’hui nous avons des mouchoirs et d’ailleurs il y a des moquettes dans les mosquées. Cela ne signifie donc pas qu’il y est permis de cracher par terre. À l’époque, en raison de la situation, il y avait cette permission temporaire. Et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué que celui qui doit se moucher ou cracher doit utiliser un coin de ses vêtements et le nettoyer à l'extérieur.

Le rapporteur déclare qu’il y a eu une pluie diluvienne la même nuit et quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu pour la prière d’Icha, il y avait eu des éclairs et il a pu voir Qatadah Bin al-Nou’man dans un coin et il lui a demandé la raison de sa présence. Qatadah a répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! Je savais qu’il y aurait très peu de gens présents pour la prière d’Icha. Il pleut beaucoup et il y a aussi des éclairs. C’est pour cette raison que j’ai décidé de participer à la prière et je suis venu en avance. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit : « Après la Salat, attends que je passe devant toi. » Ainsi après la Salat, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a remis à Qatadah une canne en lui disant : « Prends ceci. Cette canne t’éclairera dix pas devant toi et dix pas derrière toi. Quand tu entres chez toi et que tu vois dans un coin l'ombre de quelqu’un, frappe-le avec cette canne avant qu’il ne parle, car il s’agira de Satan. »

Qatadah a suivi ces conseils. Abou Sa’id déclare que c’est pour cette raison que nous aimons ces cannes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous les donnait et nous les préparions afin qu’il puisse les utiliser. Et il nous les offrait aussi en cadeau. Il s’y trouve aussi d’autres bénédictions. C’est pour cette raison que je suis en train de les réparer. »

Abou Salama a déclaré : « J’ai dit ô Abou Sa’id ! Abou Hourayrah nous a relaté un hadith sur un moment le jour du vendredi où les prières sont exaucées. » Abou Salama avait vu Abou Sa’id en train de travailler sur les cannes et ils avaient parlé à ce propos au passage. Il est ensuite retourné à son sujet principal concernant cet instant de la prière du vendredi comme relaté par Abou Hourayra et lui a demandé s’il connaissait cet instant où les prières étaient exaucées.

Abou Sa’id a répondu : « J’ai demandé au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à propos de cet instant. Il a déclaré qu’on l’avait informé à ce propos, mais qu’il l’avait oublié comme dans le cas de la nuit du Destin. »

Abou Salama déclare : « Je suis parti de là-bas et je me suis ensuite rendu chez Abdoullah Bin Salam. » 

Il existe plusieurs récits du Mousnad Ahmad Bin Hanbal à propos de cet instant du jour du vendredi. On trouve mention de trois instants différents. Il est dit que cet instant se trouve au cours du service de la prière du vendredi. Selon un autre récit, cet instant viendra à la fin de la journée ou après la prière d’Asr, selon un autre.

Je cite ici ces différents récits. Abou Hourayrah relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Il existe le jour du vendredi un instant durant lequel toute requête d’un serviteur musulman debout en prière est exaucée. » Et il a indiqué avec sa main que cet instant est très court.

Selon le recueil de Mouslim, Abou Bourda Bin Abi Moussa al-Ash’ari relate : « ’Abdoullah Bin ‘Amr m’a demandé : « Tu as entendu de ton père le Hadith du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sur cet instant le vendredi. » J’ai répondu à l’affirmative. Il a ajouté : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dire que cet instant dure entre le moment où l’Imam s’assied jusqu’à la fin de la Salat. »

Selon un autre récit, ‘Abdoullah Bin Salam déclare : « J’ai dit au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que dans le livre d’Allah nous trouvons mention d’un instant le vendredi durant lequel Dieu exauce toute requête du croyant lors de sa Salat, s’il arrive à trouver cet instant. »

‘Abdoullah déclare que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a indiqué dans sa direction et a dit que cet instant était court. ‘Abdoullah a demandé : « Quel est cet instant ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Il s'agit de la dernière partie de la journée. » C'est-à-dire tout près du crépuscule.

J’ai demandé : « Ce n’est pas l’heure d’une prière prescrite ? » Le Saint Prophètesa a répondu : « Pourquoi pas ? Après avoir fait la prière lorsqu’un croyant s’assoit et que seule la prière le retient, c’est comme s’il était en train de prier. » Si après la prière il s’adonne au souvenir d’Allah, c’est comme s’il était en train de faire la Salat, et il se trouve dans un état de supplication. 

Il y a une autre tradition rapportée par Abou Hourayrah, il rapporte que le Saint Prophètesa a dit : « Pendant la journée du vendredi, il se trouve un moment durant lequel, si le croyant est en train de demander quelque chose de bien à Allah, Il la lui accorde, et ce moment correspond au moment après l’Asr. » On parle de la journée du vendredi, et c’est le moment après l’Asr qui est rapporté dans cette tradition du Mousnad Ahmad bin Hanbal. 

Dans une autre tradition, il est rapporté que Abou Salama a demandé des précisions au sujet de ce moment de la journée, le Saint Prophètesa a répondu : « Cet instant fait partie des derniers moments de la journée. » 

En apportant davantage d’informations à ce sujet, le Mouslih Maw’oud a déclaré : « Le jour du vendredi et le mois du Ramadan comportent des similitudes. Le vendredi est une journée et le Ramadan un mois où les supplications sont davantage acceptées. 

Au sujet de la journée du vendredi, le Saint Prophète a déclaré : « Si une personne se rend à la mosquée pour prier, et que s’asseyant silencieusement elle s’adonne au souvenir d’Allah en attendant l’arrivée de l’Imam et qu’elle écoute attentivement le sermon, et participe à la prière en congrégation, alors Allah répand spécialement Ses bénédictions sur elle, et ensuite un moment arrive dans la journée du vendredi, pendant lequel toute supplication est acceptée. »

Abou Hourayrah rapporte que le Saint Prophète a déclaré au sujet de la journée du vendredi : « Un moment de cette journée est tel que si un musulman se trouve debout en prière pendant celui-ci, Dieu lui accordera certainement tout ce qu’il Lui demande. » Et de sa main il fit signe qu’il s’agissait d’un moment court. Le hadith que j’ai mentionné est un hadith du Boukhari, qui a également été rapporté par Abou Hourayrah. »

Il écrit : « Il faut certainement interpréter ce hadith en accord avec les lois divines ; en effet seules les supplications qui sont conformes aux pratiques et lois divines seront acceptées – les supplications non-conformes ne seront certainement pas acceptées. » 

Seules les supplications qui sont conformes aux pratiques divines, qui sont légitimes et conformes aux lois divines seront acceptées. Il s’agit d’une très grande récompense, mais qui n’est pas facile à obtenir.

L’heure de la prière du vendredi débute après le deuxième appel à la prière ou peu avant, jusqu’après avoir terminé la prière. Si nous considérons ces deux moments (de début et de la fin), et même si le sermon est court, cela représente environ une demi-heure ; et si le sermon est long, alors cela peut même représenter une heure voire une heure-et-demie. Durant cette heure, cette heure-et-demie vient un moment pendant lequel, si l’homme fait une supplication, elle est acceptée ; mais durant ces 90 minutes l’homme ne sait pas si c’est la première minute, la deuxième minute ou la troisième minute qui est le moment où les supplications sont acceptées, au point où jusqu’à la fin des ces 90 minutes l’homme n’a aucun moyen de savoir à quel instant les supplications seront acceptées. Il faudra donc rechercher cet instant d’acceptation des supplications durant ces 90 minutes. Et la personne qui réussira à trouver ce moment, est la personne qui restera occupée à faire des supplications pendant ces 90 minutes. » 

Tout le monde ne peut pas prier en permanence pendant ces 90 minutes et qui plus est attentivement. Le Mousleh Maw’oud a écrit : « Certaines personnes ne peuvent même pas rester concentrées pendant cinq minutes. A titre d’exemple, je suis venu pour la prière et avant le sermon j’ai observé que certaines personnes faisaient les Sounnahs et leur regard errait çà et là. Les Sounnah ne durent qu’une minute et demie ou deux minutes, mais même durant ce [court] laps de temps ils regardaient parfois à droite et parfois à gauche, parfois au sol et parfois au ciel, et ils n’ont pas pu se concentrer entièrement pendant une minute et demie ou deux minutes. Alors, faire constamment des supplications et s’adonner au souvenir d’Allah et maintenir son attention jusqu’à la fin de quatre-vingt-dix minutes n’est pas chose facile. »

Ce moment a certes été mentionné, mais cela implique qu’il est important d’être constamment attentif, cela nécessite beaucoup d’efforts, et une grande lutte. Cela n’est pas un exercice facile. Cela ne signifie donc pas que dès lors que nous ferons une supplication elle sera aussitôt acceptée. L’homme ne sait pas à quel moment elle peut l’être. Il faut donc que le croyant fasse constamment et attentivement des supplications durant le moment propice, et ce sans détourner son attention. Cette constance est importante. Comme l’a mentionné le Mouslih Maw’oud, il ne s’agit pas d’une tâche facile. Afin de bénéficier des bénédictions de la journée du vendredi beaucoup d’efforts sont nécessaires. 

Le deuxième compagnon dont je vais faire mention se nomme ‘Abdoullah bin Maz’oun : il appartenait à la tribu Banou Jouma des Qouraych. Sa mère s’appelait Soukhayla Bint Ambas. Il était le frère d’Outhman bin Maz’oun, Qoudamah bin Maz’oun, et Sa’ib bin Maz’oun, qui étaient tous les oncles maternels d‘Abdoullah bin ‘Oumar, car ‘Oumar avait épousé leur sœur, Zaynab bint Maz’oun. 

Yazid bin Roumman a rapporté qu’Abdoullah bin Maz’oun et Qoudamah bin Maz’oun avaient accepté l’islam avant que le Saint Prophète ne se rendît à Dar al-Arqam et n’y prêchât l’islam.

‘Abdoullah bin Maz’oun et ses trois frères, Qoudamah bin Maz’oun, ‘Outhman bin Maz’oun et Sa’ib bin Maz’oun, faisaient partie de ceux qui avaient émigré en Abyssinie. Alors qu’ils résidaient en Abyssinie, ils sont retournés lorsqu’ils ont entendu que les gens des Qouraych avaient accepté l’islam. J’avais déjà fait mention de l’émigration en Abyssinie lorsque j’avais précédemment évoqué certains compagnons. Lorsque les souffrances des musulmans avaient atteint leur apogée, le Saint Prophète avait demandé aux musulmans d’émigrer vers l’Abyssinie, leur disant que le Roi d’Abyssinie est un roi juste et que personne n’est persécuté dans son royaume. À cette époque, un gouvernement chrétien puissant était établi en Abyssinie, et son roi était appelé le Négus. A la demande du Saint Prophète, au cours du mois de Rajjab en l’an 5 du prophétat, 11 hommes et 5 femmes ont immigré en l’Abyssinie. Ils avaient pris la route du sud, et étaient arrivés à un endroit appelé Chou’aiba, qui était un port de l’Arabie. Par la grâce d’Allah, là-bas ils purent monter à bord d’un navire marchand qui était sur le point de partir pour l’Abyssinie. Une fois en Abyssinie, les musulmans y vécurent en paix, et ils purent se protéger ainsi des persécutions des Qouraych tout en implorant le nom de Dieu. Mais comme l’ont mentionné certains historiens, et cela a également été évoqué précédemment, ils sont retournés à La Mecque. En effet, peu de temps après leur arrivée en Abyssinie, une rumeur s’était mis à courir que tous les Qouraych avaient accepté l’islam et que la paix régnait désormais à La Mecque. 

Ainsi la plupart des émigrés étaient revenus sans réfléchir. Lorsqu’ils arrivèrent près de La Mecque, ils apprirent qu’il s’agissait en fait d’une rumeur, et que c’était un complot des mécréants afin de faire revenir les musulmans de l’Abyssinie. Ils ont dû ensuite faire face à de grandes difficultés. Il n’y avait pas d’autre issue, certains avaient rebroussé chemin, et d’autres avaient trouvé refuge chez des Mecquois influents mais cela n’avait pu durer longtemps. La persécution des Qouraych s’intensifiait de jour en jour, il n’y avait aucun refuge pour les musulmans à La Mecque ; le Saint Prophète ordonna donc l’émigration, les musulmans s’étaient préparés secrètement pour partir en exil. Ils partaient au fur et à mesure qu’ils en avaient l’occasion. L’émigration prit une telle ampleur que près de 100 personnes avaient émigré en Abyssinie ; ceux-ci comportaient 18 femmes, et le reste étaient des hommes. Ainsi avait eu lieu cette seconde émigration.

‘Abdoullah bin Maz’oun faisait partie de ceux qui étaient revenus après la première vague d’émigration. On ne sait pas s’il était reparti, mais il avait émigré par la suite à Médine. 

Lorsque ‘Abdoullah bin Maz’oun est arrivé à Médine le Saint Prophète a établi un lien de fraternité entre lui et Sahal bin ‘Oubaidillah al-Ansari. Selon un autre récit, le Saint Prophète avait établi un lien de fraternité entre ‘Abdoullah bin Maz’oun et ‘Outbah bin ‘Amir. ‘Abdoullah bin Maz’oun avait participé à la bataille de Badr aux côtés du Saint Prophète accompagné de ses trois frères ‘Outhman bin Maz’oun, Qoudamah bin Maz’oun et Saib bin Maz’oun. En plus d’avoir participé à la bataille de Badr, ‘Abdoullah bin Maz’oun avait également participé à la bataille d’Ouhoud et celle de Khandaq, et aussi aux autres batailles aux côtés du Saint Prophète. ‘Abdoullah bin Maz’oun décéda sous la période de Califat d’Oumar en l’an 30 de l’Hégire à l’âge de 60 ans. Qu’Allah exalte continuellement le rang de ces compagnons.   


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