Sermon du vendredi 27 avril 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Quelques jours de cela, Mokarram Ousman Chou Saheb, un aîné et un érudit de la Jama’at a rendu l’âme. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Allah, de par Son décret spécial, l’a fait sortir d’un coin reculé de la Chine pour l’établir au Pakistan, lui permettant ainsi d’embrasser l’Ahmadiyya. Allah Lui a accordé Ses faveurs [tout au long de sa vie] et Lui a permis d’accepter l’Ahmadiyya, d’acquérir la connaissance religieuse et de dédier sa vie. Il l’a guidé et lui a permis de servir [Sa cause] jusqu’au dernier moment. Dans ses mémoires le défunt a évoqué ce sujet en détail. Je ne pourrais citer tous ces détails : il en avait fait mention à différentes personnes. D’autres ont écrit à son sujet en détail. Il me sera impossible de tout mentionner : d’ailleurs ce sont autant de récits qui ravivent la foi.

Il y a tant de matériel sur sa vie, sa situation, ses services et sa biographie que l’on pourra écrire tout un livre. Je pense que la Khuddam Ul Ahmadiyya du Pakistan est plus à même d’accomplir cette tâche.

Pour le sermon d’aujourd’hui, j’évoquerai ce saint homme, cet aîné de la Jama’at, ce Waqf-e-Zindagi, ce missionnaire, cet érudit pratiquant et cet ami de Dieu. Il est un exemple qu’il sied en particulier aux Waqf-e-Zindagi et aux missionnaires de suivre. Il est aussi un exemple pour tout Ahmadi en général.

Différentes personnes ont écrit à son propos : je mentionnerai ces faits brièvement. Le défunt était connu sous le nom d’Ousman Chini. Son nom complet est : Mohammad Ousman Chung Sai Chou et il est décédé le 13 avril 2018. Le défunt était né le 13 décembre 1925 dans une famille musulmane, dans la province d’Anhui en Chine. Après ses études secondaires, en 1946, il a suivi un cours avancé pour un an à l’université de Nanjing. Ensuite il s’est enrôlé dans le département des études politiques de la même université. Étant donné qu’il n’était pas intéressé par ce sujet, il a décidé d’étudier la loi, la philosophie ou la religion. Il avait l’intention de partir étudier en Turquie. Ensuite en 1949, il est venu au Pakistan. Après avoir mené ses recherches, il a fait la bai’ah. Il a commencé à étudier à la Jamia Ahmadiyya.

En avril 1957, il a passé ses examens de Shahadat-ul Ajanib : un cours accéléré pour les missionnaires. Le 16 août 1959 il a dédié sa vie et en janvier 1960 il a été affecté pour la première fois. Ensuite il s’est enrôlé de nouveau à la Jamia afin de compléter sa formation de missionnaire en avril 1961. En 1964, il a eu son diplôme de Shahed. Il a travaillé au Wakalat-Tasnif de la Tahrik-e-Jadid au Pakistan, à Karachi et à Rabwah en tant que Waqf-e-Zindagi et missionnaire. En 1966 il a été affecté à Singapour et en Malaisie : il a passé trois ans et demi dans le premier pays et environs quatre mois dans le deuxième. En 1970, il est retourné au Pakistan et il a servi en tant que missionnaire dans différentes régions. Il a aussi eu l’occasion d’accomplir l’Umra et le Hajj. Après l’émigration du quatrième Calife, l’on a ouvert plusieurs bureaux à Londres et le travail a pris de l’ampleur. On a aussi commencé à traduire sur une grande échelle la littérature de la Jama’at. C’est dans ce contexte que le bureau Chinois a été établi et le défunt a été affecté au Royaume-Uni où il a eu l’opportunité de travailler sur la traduction de plusieurs ouvrages en langue chinoise. La traduction du Saint Coran mérite à cet égard une mention spéciale. Le défunt a aussi écrit des ouvrages sur la doctrine de la Jama’at et ses enseignements.

Ousman Saheb laisse derrière lui son épouse, un fils et deux filles. En 1986 il a commencé à travailler sur la traduction du Coran en langue chinoise suite aux directives du quatrième Calife. En juin de la même année il a été transféré au Royaume-Uni du Pakistan et a complété la traduction après quatre ans d’efforts. Il relate que l’œuvre demandait beaucoup de temps et le quatrième Calife souhaitait que la traduction soit publiée lors du centenaire de la Communauté. Ousman Saheb relate : « J’étais très soucieux de pouvoir compléter la tâche à temps. » Il avait besoin de personnes maîtrisant la langue chinoise afin d’améliorer la traduction et la révision. Cela aurait été difficile au Royaume-Uni et au Pakistan. Si on trouvait quelqu’un maîtrisant le chinois, il ignorait les enseignements de l’Islam. S’il avait une connaissance de la religion, il ne maîtrisait pas bien la langue, d’où la difficulté de la tâche. Après avoir complété la traduction, suite aux directives du Calife, le défunt est parti en Chine et à Singapour pour demander conseil à des experts et pour améliorer la traduction, qui était par la grâce d’Allah d’une norme excellente. Le défunt relate en toute humilité : « Cette tâche était pour moi impossible. Elle a été accomplie uniquement par la grâce d’Allah. Le Coran avait été traduit en chinois dans le passé et un plus grand nombre de nouvelles traductions a été publié par la suite. Or la traduction de la Jama’at Ahmadiyya demeure quant à elle unique en raison principalement aux arguments présentés par la Communauté. Nombre d’experts, de la Chine et d’ailleurs, ont affirmé que c’est la meilleure traduction et l’on grandement loué. Cette traduction était très appréciée et en grande demande. D’aucuns l’ont critiqué parce que nous y présentons les croyances ou la doctrine de la Jama’at, cependant tout le monde a loué sa qualité. »

Le Professeur Lin Song a écrit un ouvrage sur les traductions du Coran en langue chinoise publiées au cours de ce siècle et y évoque les distinctions de notre traduction du Coran sur environ quinze pages. Il a noté par exemple que certains termes arabes du Coran ne sont pas traduits par les autres experts : ils se contentent d’en présenter les explications dans des notes de bas page, qui d’ailleurs laissaient supposer que le terme en question était pour eux ambigu. Or en pareils endroits Ousman Saheb traduisait ces termes [difficiles] et soutenait sa traduction par des références en notes de bas de page. « J’ai rencontré Ousman Saheb à maintes reprises par la suite après avoir publié mes commentaires, dit le Professeur. Il est selon moi une personne très simple, humble, sincère, intègre et respectueux des préceptes de l’Islam. » Ce sont là des commentaires d’un professeur qui se considère une autorité en matière de l’Islam. Il ajoute : « Je l’avais invité pour un dîner pendant le Ramadan. Il jeûnait ce jour-là et le Coran était à ses yeux l’éminente autorité sur la Shariah. Quoique les Chinois d’obédience sunnite n’approuvaient pas certaines parties de sa traduction et de ses commentaires, l’on ne peut nier le fait que M. Ousman croyait dans l’unicité divine, aimait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et était respectueux des commandements d’Allah. »

Ousman Saheb a écrit sept ouvrages en langue chinoise dont certains ont pour titre : Ma vie et ma généalogie, Une introduction à la moralité. Il a d’ailleurs travaillé sur la traduction de 35 ouvrages dont certains ont pour titre : « Une introduction à la Jama’at Ahmadiyya », « Une introduction à l’Islam », « Questions et réponses essentielles à propos de l’Islam », « Le concept du Jihad et la Jama’at Ahmadiyya », « La contribution de la communauté Ahmadiyya dans le monde » et « La nécessité de l’Islam et de la religion ».

C’était là brièvement les services qu’il a rendus dans le domaine du savoir.

Son épouse qui est chinoise écrit : « Quand j’ai reçu la proposition de mariage d’Ousman Saheb du Pakistan, mon père ne l’a pas approuvée en raison de la différence d’âge. J’avais vingt ans à l’époque et Ousman Saheb avait 50 ans environs. Mon père ne m’a rien dit à ce propos pendant plusieurs mois et un jour il a placé devant moi la lettre et m’a demandé de pendre la décision moi-même. J’ai vu dans un songe que j’étais dans une grande plaine dans un pays étranger. J’avais les mains vides et je me suis inquiété à propos de mon avenir. A quelques pas de là j’ai vu un individu vêtu de blanc et j’ai entendu une voix disant que tous mes besoins seront comblés par son entremise. Après avoir lu la lettre j’ai vu Ousman Saheb dans un rêve : il était vêtu de blanc et se tenait à côté de moi alors que j’étais allongée. Quand on m’a montré sa photo par la suite, c’était la même personne que j’avais vue dans mon rêve et c’est ainsi que j’ai accepté la proposition de mariage.

Les fiançailles ont duré quatre ans, car je n’avais pas de passeport et la situation était très difficile en raison du climat politique et de la révolution culturelle. Ousman Saheb avait vu dans un rêve que son épouse viendra après le décès de Mao Tse Toung. Le président Mao jouissait alors d’une bonne santé et vivait dans le confort. S’étant dit que cela allait prendre beaucoup de temps, Ousman Saheb a décidé d’envoyer une lettre au président Mao, mais il a reçu la nouvelle de sa mort quand il allait la mettre à la poste. Quelques jours après j’ai reçu mon passeport. Quand je me suis rendue chez mon père avec le passeport il a beaucoup toute la nuit, tandis qu’avait sévi une rude sécheresse quelque temps auparavant. Il avait tellement plu que les voies étaient gorgées d’eau et il commençait à avoir des éboulements. Un voisin non ahmadi m’a dit que j’aurais dû venir plus tôt pour mettre fin à la disette.

J’ai quitté la Chine une semaine après : je n’avais rien d’autre que deux rechanges de vêtement que le frère d’Ousman Saheb m’avait offert et quelques cubes de sauce de soja. Je suis arrivé à Karachi le 12 août 1978. Chaudhry Muhammad Mukhtar Saheb a prononcé notre Nikah et il était aussi mon Wali. Le troisième jour nous nous sommes rendus à l’ambassade chinoise par train : il y avait des compartiments séparés pour les hommes et les femmes et nous avons décidé de nous rencontrer à la gare quand tous les passagers descendront. J’étais toute nouvelle et quand tous les passagers de mon wagon sont descendus j’en ai fait de même croyant que nous étions arrivés à la dernière gare. J’ai compris mon erreur quand le train s’est mis en route, mais il m’était difficile de m’y embarquer de nouveau en raison de la foule. J’étais très inquiète. Un policier des chemins de fer qui m’a vu déambuler là-bas m’a envoyé à l’ambassade chinoise. Étant donné que je portais un niqab et un manteau les officiels de l’ambassade ne croyaient pas que j’étais chinoise. Ils ont apporté un journal en chinois et m’ont demandé de le lire. Ensuite ils ont fait venir un taxi. Le chauffeur ne savait pas où la transporter quand il a rencontré un ahmadi en cours de route qui lui a indiqué ma destination. Le taximan était ébahi par toute l’affaire : c’était la première fois qu’il voyait une jeune femme qui s’était perdue pour arriver au final à sa destination. C’était là le début de notre vie.

Ousman Saheb était un bon mari : il était mon maître spirituel. Quand je suis arrivé au Pakistan, il m’a enseigné en premier la prière. Après avoir prié à la mosquée, quand il rentrait il priait en congrégation avec moi à la maison. Pendant des heures il m’a enseigné mot à mot les prières en arabe et me conseillait de répéter le tout et d’avoir à mes côtés le livre de prière si j’oubliais. En six mois, il m’a enseigné la Qaidah, ensuite la lecture du Coran et sa traduction afin de maintenir mon intérêt. Il était très patient et m’enseignait en profondeur en présentant de longs exemples. Il avait fait venir sa mère de la Chine au Pakistan et s’est voué à son service corps et âme.

Des fois nous ne pouvions acheter qu’une seule bouteille de lait, qu’il offrait à sa mère. Il la prenait quand il partait en voyage et lui était entièrement dévoué. Sa vie tout entière était vouée à son travail. Quand il jouissait d’une bonne santé il travaillait jour et nuit, voire jusqu’au lendemain. Sa tâche la plus importante à la maison était l’éducation de ses enfants. Il ne s’intéressait pas aux œuvres de ce monde et il était simple dans sa mode vestimentaire et ses goûts culinaires. »

La docteur Qurat-ul-Ain, sa fille aînée relate : « Il m’est difficile de décrire les qualités de mon père en quelques mots. Il était très bienveillant, un travailleur infatigable, toujours plein d’espoir et humble. Il encourageait ses enfants et ses gendres à offrir leur avis en toute chose. Il s’intéressait à nos études et à connaître les impressions de nos instituteurs. Il nous disait qu’Allah nous a fait venir au monde afin que nous puissions transmettre le message de l’Islam et de l’Ahmadiyya au Chinois. Il nous conseillait régulièrement à progresser dans notre spiritualité, notre moralité et notre savoir. Il nous disait que notre personnalité, nos actions et notre comportement doit faire comprendre aux autres que Dieu existe, car les enfants qui croient en Dieu sont meilleurs que ceux qui ne croient pas en Lui.

Il nous demandait aussi d’être réguliers dans toute œuvre que nous entamions. Il ne nous a jamais réprimandés quand nous étions enfants. Il nous conseillait toujours avec amour : il exprimait uniquement sa sévérité quand nous n’étions pas réguliers dans nos Salat. Il avait insufflé en nous l’habitude à accomplir les cinq prières à la mosquée. Lors des vacances il nous donnait des ouvrages à lire et il nous testait. Il m’a offert une ancienne copie de l’ouvrage l’Arche de Noé à lire en disant que la langue ourdou utilisée n’est pas difficile. Il disait aussi que c’était le premier livre qu’il avait lu à la Jamia de son propre chef. Quand j’allais partir à l’université, il s’inquiétait concernant le respect de règles vestimentaires islamiques. Il me disait d’enlever mon niqab (voile couvrant le bas du visage) uniquement quand c’était nécessaire mais que je ne devais pas me maquiller en ce cas. Ayant demandé conseil au quatrième Calife il m’a permis d’étudier à l’université avec la condition de respecter les règles de la modestie islamique et d’enlever le niqab uniquement si c’était nécessaire dans la classe mais que je ne devais pas porter de maquillage. Je devais de nouveau remettre le niqab par la suite. »

Il conseillait à Munazzah, sa fille cadette : « Tentez d’attraper la lune. Si vous n’y parvenez pas, vous attraperez au moins les étoiles. » C’est-à-dire, d’avoir toujours de hauts objectifs. Il nous encourageait à accomplir les cinq prières quotidiennes en congrégation ainsi que la prière de Tahajjud. Il nous aspergeait le visage d’eau pour nous réveiller pour la prière du matin et nous encourageait à lire les ouvrages du Messie Promis (a.s.) et des Califes. Pendant des heures il répondait patiemment à toutes nos questions et il n’était jamais exaspéré. (C’est là un exemple pour les parents.) Il nous demandait tout le temps d’user à bon escient les aptitudes qu’Allah nous a octroyées et que chacune de nos actions devait être un acte d’adoration. Le progrès spirituel ressemble à un escalier sur lequel on s’arrête de temps en temps, mais qu’il fallait le gravir pour en atteindre le sommet.

Il nous a toujours conseillé la simplicité, l’humilité et de préférer autrui à soi-même. Lors de son mandat de président de la Jama’at d’Islamabad on avait commencé à installer le chauffage central dans toutes les maisons d’Islamabad. Il avait insisté que sa maison soit la dernière à recevoir le nouveau système. »

Son fils, le Dr Daoud relate : « Mon père m’a raconté qu’il avait reçu le télégramme lui annonçant le décès de son père et de son frère lors de ses examens de la Jamia. Il s’était dit que cette triste nouvelle était une épreuve de la part de Dieu à l’instar des examens de la Jamia. Il n’a pas perdu de temps et s’est concentré sur ses examens. Il était passionné de la prédiction du message de l’Islam auprès des Chinois. Lors de chaque rencontre il leur présentait le message de l’Ahmadiyya et leur offrait la littérature de la Jama’at. Il se déplaçait dans un fauteuil roulant quand il n’arrivait plus à marcher et y plaçait de gros ouvrages afin d’en distribuer.  Quand j’étais enfant je partais dans son bureau prendre des stylos ou des crayons. Mais il m’en empêchait et demandait à ma mère d’en acheter pour moi. Si j’avais des photocopies à faire il me demandait d’apporter du papier de la maison avant de pouvoir utiliser la machine [du bureau]. Il m’encourageait à mémoriser les attributs divins et il avait composé un poème en chinois dans lequel il décrivait les cent noms attributifs de Dieu. Il récitait ce poème pendant la nuit et il organisait des compétitions entre mes sœurs et moi, afin que nous puissions mémoriser ces noms et nous offrait des récompenses. »

Le défunt était venu me rencontrer quelques mois auparavant en compagnie de sa famille. Il avait demandé à son gendre de noter trois points qu’il souhaitait me présenter étant donné qu’il ne pourrait pas s’exprimer. Son message était : « Je suis faible et je ne peux pas me tenir debout. C’est pour cette raison que je suis assis dans cette chaise et je vous présente mes excuses à ce propos. » Ousmane Chou en effet avait un grand respect pour le Califat. Le deuxième point était : « Priez pour moi afin que je puisse prêcher le message de l’Islam jusqu’à mon dernier souffle et je vous demande la permission à cet égard. » Le troisième point était : « Je ne peux pas partir au bureau. Donnez-moi la permission de travailler à la maison. » Il était passionné de son travail et ne souhaitait pas rester à la maison à ne rien faire.

Son gendre était avec lui lorsqu’il était parti accomplir le pèlerinage à La Mecque. Il relate : « Le défunt avait composé ses prières sous forme d’un poème en langue chinoise afin de pouvoir s’en souvenir dans le futur. Quelques personnes dans notre groupe lui demandaient ce qu’il avait écrit : il a répondu qu’il s’agissait de prière faite en faveur de son peuple afin qu’Allah le guide vers l’Islam véritable. Ceux qui avaient posé la question étaient étonnés de voir ce vieillard qui peinait à marcher mais qui se souciait de la direction de son peuple.

Ousman Saheb écrit ceci : « En Chine il existe un syncrétisme entre le Bouddhisme, le Confucianisme et le Taoïsme. Nombre de Chinois suivent ces trois enseignements en même temps et les ont réunis pour en faire une religion qui met beaucoup d’accent sur la moralité. Mon interview a été publiée dans trois journaux chinois un représentant de la Deism Dasta, une nouvelle religion, a souhaité que j’écrive un article sur la moralité islamique afin qu’il puisse publier un article sur les préceptes de l’Islam et celle des autres religions. Je l’ai fait et en retour il m’a remercié d’avoir écrit un très bon article impartial sur la réalité de l’Islam. Il m’a dit ceci : « Les points que vous avez mentionnés étaient subtils et prouvaient que vous connaissez la religion en profondeur. Les Chinois ignorent ce qu’est l’Islam car on ne leur a pas présenté son message dans leur langue. Étant donné votre présence à Singapour pour la transmission du message de l’Islam, il n’est aucun doute que l’Islam sera connu des Chinois qui résident dans ces pays et ils en tireront de grandes bénédictions. »

Agha Saifullah était dans la même classe qu’Ousman Saheb à la Jamia et relate ceci : « Tout jeune, il possédait de pures et nobles qualités. Ses prières étaient empreintes d’une grande dévotion, de passion et d’humilité. Il priait avec une grande humilité, il accomplissait des jeûnes et des prières facultatives et se consacrait au souvenir, à la glorification et au louage de Dieu. Il exprimait toujours sa reconnaissance pour avoir connu cette faveur qu’est l’Ahmadiyya et faisait toujours montre d’une grande affection, d’une grande sincérité et d’une grande fidélité.

Tout étudiant il avait parfois des larmes aux yeux en raison de sa grande tristesse. Il évoquait son souhait de rencontrer sa mère et ses frères ainsi que sa tristesse quant à leur condition en raison du système gouvernemental présent en Chine. Il implorait son Seigneur avec une grande humilité et une grande dévotion. J’en suis envieux même durant mes vieux jours. Je suis sûr et certain qu’Allah a exaucé toutes les prières qu’il a faite en toute sincérité durant ces jours d’épreuves et qu’Allah lui a tout accordé par l’entremise de bénédictions de l’Ahmadiyya. Allah a fait pleuvoir sur lui d’innombrables bénédictions, voire les autres aussi ont profité de l’exaucement de ses prières.

Pendant que j’étais étudiant j’ai eu l’honneur de profiter de la compagnie de Maulvi Ghulam Rasoul Rajiki, Maulvi Abdul Latif Bahawalpuri, Sahibzada Sayyed Abul Hassan et d’autres saints personnages de la Jama’at. Je leur ai présenté mes requêtes de prières et j’ai témoigné de leur exaucement. Je témoigne en toute assurance qu’Ousman Chini Saheb était le reflet de ces saints personnages tant dans son émoi, dans son humilité et dans l’exaucement de ses prières. Je fus moi-même témoin en de nombreuses occasions de l’exaucement de ses prières. Il m’encourageait moi et mes compagnons à prier ; il était doué d’une grande intelligence et d’une grande perspicacité de croyant. Il présentait des avis très prudents sur les affaires ayant trait à l’administration de la Jama’at. Il était lui-même très respectueux du système de la Jama’at et encourageait tout le temps ses amis et ses connaissances à en faire de même. Il avait noué une relation spirituelle parfaite avec le Califat et était reconnaissant pour les faveurs qu’il lui avait accordées. N’importe quand on lui faisait une requête de prière, il demandait d’abord si on avait fait une requête au Calife au préalable. »

Dr Rizwan Saheb, président de la Jama’at d’Islamabad relate : « Le défunt était passionné de la Salat. Sa maison était à quelques minutes de marche de la mosquée ; mais durant ses dernières années le défunt devait s’arrêter en cours de route à maintes reprises afin de reprendre son souffle. Or en dépit de cela, il n’a jamais combiné ses prières. Une fois, quand il y avait très peu d’écart entre les prières de Maghrib et d’Isha je lui ai demandé d’accomplir la prière d’Isha à la mosquée au lieu de repartir à la maison ou de combiner ces deux prières. Il m’a répondu que la marche lui sert d’exercice et qu’il espère mériter la récompense d’avoir parcouru la distance entre sa maison et la mosquée. C’est pour cette raison qu’il rentrait pour y retourner. »

Rashid Bashir Oud Dine d’Abu Dhabi relate : « Les non-Ahmadis et les Ahmadis profitaient tous deux des prières du défunt. Quand il était affecté dans le quartier Drig Road à Karachi les non-Ahmadis hommes et femmes venait lui demander conseil d’ordre personnel et autres. Ils témoignaient que nombre de leur difficulté disparaissait après avoir appliqué ses recommandations et après leurs requêtes de prières. Le fameux « Maulvi Chini » de Drig Road à Karachi était source de bonheur pour tout le monde sans distinction de religion et était d’une grande affection. Les non-Ahmadis se souvenaient encore de lui bien longtemps après son départ pour le Royaume-Uni. Le défunt était dévoué au service de sa mère. Parfois cette dernière le réprimandait, mais Ousman Saheb lui faisait assaut d’affection et comblait ses besoins ; il était si absorbé par son devoir et son dévouement envers sa mère qu’il ne se souciait pas de celui qui le regardait. »

Majanof Mohammad du Kirghizstan relate : « J’ai rencontré Ousman Saheb pour la première fois en 1994 lors d’un voyage en avion. J’ignorais qu’il était un musulman ou un érudit de la Jama’at Ahmadiyya. J’ai su qu’il était musulman quand il a récité la Basmalah quand l’avion prenait son envol. Je lui ai salué par la suite, nous nous sommes présentés et nous avons discuté sur plusieurs sujets. Il m’a demandé si j’avais entendu à propos de la Jama’at Ahmadiyya et j’ai répondu au négatif. J’ai répondu à l’affirmative quand il m’a demandé si je lisais la traduction chinoise du Coran. Suite à ses questions je lui ai aussi répondu que j’ai lu les traductions du Coran en langue chinoise et que je connaissais aussi tous les traducteurs.

J’ai aussi répondu à l’affirmative quand il m’a demandé si j’avais entendu parler d’un certain Ousman Chou parmi ces traducteurs, quoique je n’avais pas lu sa traduction et que je ne l’avais pas encore rencontré. Je savais qu’il était un érudit et qu’il avait traduit le Coran en langue chinoise mais que je ne l’avais jamais rencontré. Sur quoi il m’a dit qu’il était Ousman Chou. Je n’en croyais pas mes yeux. Il m’a donné ses coordonnés et je lui ai donné le numéro de ma résidence temporaire. Quelques jours après il m’a téléphoné pour m’informer qu’il voulait venir me rencontrer. Je ne croyais pas que j’allais accueillir chez moi un si grand érudit. Il est venu chez moi accompagné de deux Pakistanais. Nous avons parlé pour environ dix minutes et ensuite Ousman Saheb m’a invité au restaurant.

Je lui ai dit qu’il était mon hôte et que je devais l’inviter. Il m’a répondu que j’étais un étudiant, qu’il était mon aîné, qu’il remplaçait mes parents et qu’il était dans l’obligation de m’aider. Au restaurant nous avons discuté sur plusieurs sujets. J’étais parti dans sa résidence située dans le bâtiment de la banque centrale. Ousman Saheb m’a posé des questions sur la mort de Jésus, la Khatmun-Nabuwwah, Gog et Magog, l’Imam Al-Mahdi, le Coran et les Hadiths. Je lui ai présenté les réponses qu’offrent les musulmans en général. Ousman Saheb a souri et m’a présenté les véritables réponses à toutes ces questions. Je n’avais rien à dire tant ses réponses m’avait touchés. Il m’a offert une copie du Coran et quelques ouvrages, me conseillant de les lire et de lui envoyer mes commentaires. Ces ouvrages m’ont complètement transformé. J’ignorais ce qu’était le serment d’allégeance et par la suite je me suis joint à la communauté. C’est pour moi un honneur d’avoir su à propos de l’Imam Al-Mahdi et à propos de sa vraie Jama’at. »

Shad Saheb évoque un incident concernant l’exaucement des prières du défunt. « Nous retournions de Rabwah à Karachi par train suite à un évènement des Atfal à Rabwah. Quand nous avons prié en congrégation dans le train les non-ahmadis ont su que nous étions Ahmadis et ils ont commencé à échauffer les esprits des autres dans le wagon contre nous. Nous étions tous inquiets. Ousman Chini était avec nous et nous avons réparti les différentes tâches pour assurer la sécurité. Ayant demandé quelle était la sienne, je lui ai demandé de se consacrer aux prières. Le mollah avait l’intention de nous faire tabasser une fois arrivé à Multan. Mais il y avait un silence de sa part une fois passé cette gare, où il devait d’ailleurs descendre. Il s’était endormi et ne s’était réveillé qu’à la prochaine gare où il est descendu. C’est ainsi que nous étions saufs. »

Adnan Zafar relate : « Je n’arrivais pas à obtenir mon passeport du ministère de l’intérieur qui répondait qu’il n’avait aucun dossier sur moi au Royaume-Uni. Pendant trois ou quatre mois je prenais congé du bureau pour m’y rendre, mais mes efforts étaient vains. Je n’avais plus aucun espoir, quand un jour j’ai rencontré Ousman Saheb à Islamabad : il retournait de la prière. Je lui ai présenté mon souci et il a commencé à prier sur place. Ses prières étaient empreintes d’une si grande émotion et de larmes que je regrettais de l’avoir ainsi importuné. D’autres personnes s’étaient jointes à nous dans les prières.

Quand mon avocat a contacté le ministère le lendemain, le téléphone a longuement sonné sans que personne ne décroche l’appel. Le directeur, qui passait par là au hasard, a répondu et quand l’avocat lui a raconté toute l’affaire il a demandé que je vienne le rencontrer le lendemain. Je me suis rendu au bureau pour rencontrer Monsieur Richard et j’ai informé la réception de mon souhait. Le réceptionniste m’a répondu qu’il était grand directeur et qu’il y avait peu de chance de le rencontrer, et m’a demandé l’objet de ma visite. » J’ai répondu : « C’est lui-même qui m’a convoqué.  Personne ne voulait prévenir le directeur de mon arrivée. Finalement une personne est partie l’en informer, et Monsieur Richard s’est déplacé de son bureau, m’a accueilli et m’a emmené dans son bureau. Il a vérifié l’historique sur son ordinateur, a appelé ensuite sa secrétaire et lui a remis une lettre demandant de me délivrer le passeport. Ensuite il m’a accompagné jusqu’à l’extérieur. Tout le personnel était étonné : les gens se demandaient qui était cet homme, cet étranger, que ce grand directeur est venu accompagner en personne jusqu’à la sortie, en lui tenant la porte.  Que pouvais-je leur dire ? J’étais très ému, c’était le résultat des supplications empreintes d’émotion offertes par Ousman Chou qui ont eu pour effet de débloquer en une seule journée un dossier en suspens depuis quatre mois, et de plus des mains d’un grand directeur. »

Il y a de nombreuses anecdotes que je ne pourrai mentionner. Je vais en présenter quelques-unes rapportées par ses proches.

Syed Hussain Ahmad Saheb, missionnaire, écrit : « Nous organisions un programme tous les samedis. Nous les missionnaires n’avions pas de véhicules et voyagions en bus. Le programme durait jusque tard dans la nuit. Ensuite, pour le retour nous essayions toujours de rentrer avec un membre de l’Amla. Mais Ousman Chini Saheb n’attendait jamais, il commençait à rentrer à pied. Parfois il trouvait un bus sur le chemin, ou des personnes le prenaient sur la route. Une fois il nous invita à manger dans la maison du missionnaire. Nous lui demandâmes dans quelle partie il résidait, il répondit dans cette même pièce, c'est-à-dire la salle réservée aux femmes. Il disait que lorsque les femmes viennaient prier, il rangeait toutes ses affaires, et ensuite lorsqu’elles partaient il dormait, il mangeait et il vivait dans cette même salle. Il demeurait dans un petit endroit en toute humilité et simplicité.

Rashid Arshad Saheb a travaillé pendant très longtemps à ses côtés dans le Bureau Chinois. Il relate : « J’ai eu l’opportunité de travailler pendant 33 ans avec lui. Le défunt possédait de nombreuses qualités. Sa constance dans les prières en congrégation et son engouement pour le culte divin étaient exemplaires. Qu’il pleuve, qu’il y ait une tempête, qu’il neige, il partait régulièrement à la mosquée pour prier en congrégation. Dans un état de grande faiblesse lié à son âge avancé, (cette anecdote a déjà été mentionnée), nous l’avons vu à Islamabad aller de la mosquée jusque chez lui à pied. Il mettait 15-20 minutes à faire un trajet qui ne prend que quelques minutes, car il s’arrêtait pour reprendre son souffle, mais il se rendait volontiers à la mosquée. Il faisait également régulièrement la prière de Tahajjud. »

Il continue : « Une fois, après un long voyage nous nous sommes rendus dans un quartier en Chine, nous avons discuté jusque très tard avec les ahmadis locaux. Je pensais qu’il allait être difficile de se réveiller pour la prière de Tahajjud, mais au réveil je vis Ousman Chini Saheb qui l’accomplissait, même si c’était brièvement. » Le défunt l’avait également mentionné une fois – et cette personne l’a également rapporté – que lorsque Chini Saheb est venu de Chine à Rabwah, il fut témoin de l’ardeur avec laquelle les aînés de la communauté priaient, jeûnaient, faisaient l’Itaqaaf et qu’Allah acceptait leurs supplications. Il en fut très impressionné et décida de marcher sur leurs pas. À cette époque il recevait les directives du deuxième Califera, il eut également l’opportunité de profiter de la compagnie de Mirza Bashir Ahmad Saheb, et de Mirza Sharif Ahmad Saheb. Il eut également l’opportunité de profiter de la compagnie de Maulana Ghulam Rassoul Saheb Rajiki, Mukhtaar Ahmad Saheb Shah Jahan Pouri, Mohammad Ibrahim Saheb Bakapouri, Syed Waliullah Shah Saheb. En raison de ces influences Allah l’Exalté a davantage embelli sa personnalité et cela a consolidé sa relation avec Allah l’Exalté.  

Il ajoute : « Il transmettait le message avec grand enthousiasme, il était de nature assez calme, il parlait peu, mais lorsqu’il faisait le Tabligh il était animé d’une ardeur et d’un grand enthousiasme, et il parlait pendant des heures. Lorsqu’il en discutait au téléphone, la notion du temps s’effaçait, et il parlait pendant des heures. Il avait également un grand sens de l’hospitalité. Il avait l’habitude de dire que son père était très hospitalier, et du fait qu’il n’y avait aucun restaurant dans le village, son père disait que sa maison en était un. La femme de Chini Saheb le supportait entièrement dans son hospitalité. »

Il prenait en considération les émotions de toute personne peu importe à quel point il pouvait être fatigué. Rashid Saheb écrit : « Une fois après une longue réunion qui dura une grande partie de la nuit, au moment où de s’asseoir dans la voiture une personne invita Ousmane Saheb chez elle, sa maison étant à proximité. Nous pensions qu’il allait refuser, mais il accepta. Son hôte commença à préparer à manger et il resta longtemps là-bas alors qu’il y était 1h du matin. Cependant il n’avait ni refusé l’invitation, ni n’avait-il demandé à son hôte de se dépêcher car il avait envie de partir. »

Le missionnaire Nasir Ahmad Badr Saheb écrit : « J’ai contacté le défunt quand j’ai appris le chinois. J’ai eu l’opportunité de transmettre le message dans de nombreux quartiers en Chine, et les conseils très profitables d’Ousman Chini Saheb m’ont grandement aidé. Il me prodiguait des conseils à travers les lettres. J’ai eu l’opportunité de transmettre le message du Messie Promis (a.s.) verbalement et sous forme de livrets à des milliers de Chinois, et quasiment à chaque endroit les gens parlaient en bien de Ousman Chini Saheb. Il est reconnu en Chine comme un très grand savant de l’Islam. » Il ajoute : « La littérature mémorable en langue chinoise qu’il a laissée derrière lui, ne le laissera jamais mourir. La vingtaine de livres et de traductions en langue chinoise sur lesquels il a travaillé sont tels un océan qu’il a tiré du recueil Rouhani Khaza’in du Messie Promis (a.s.) et qu’il a partagé avec les gens en les traduisant.

Sa maîtrise très avancée de la langue chinoise était très attrayante. Je m’en suis rendu compte lorsque je me suis rendu dans une madrasa musulmane en Chine. C’était ma première visite, les gens ne m’étaient pas très chaleureux. Mais lorsque j’y suis retourné après un certain temps, tous les Chinois musulmans et l’imam étaient très gentils avec moi, et m’accueillaient avec amour. Je m’enquis auprès d’une personne au sujet de la raison pour laquelle lors de ma première venue l’accueil était froid et qu’à mon retour les choses sont différentes. On me répondit que lors des sermons l’imam leur récitait des extraits du Messie Promis (a.s.) traduits en langue chinoise à partir des livres que je leur avais remis, et cela avait créé en eux un état d’extase. Ils dirent qu’ils n’avaient jamais de toute leur vie entendu de paroles aussi sublimes, ils souhaitaient donc que je leur apporte de nouveaux livres similaires. »

Ensuite il ajoute : « J’ai eu l’occasion d’aller dans le village natal de Chini Saheb. J’y ai rencontré ses proches et les membres de sa famille. Ils mentionnaient tous Ousman Chou Saheb avec beaucoup de respect, chacun venait et faisait mention avec beaucoup de joie de son lien de filiation avec lui. Durant toute la durée de mon séjour, ils se sont très bien occupés de moi, ils ont fait preuve d’une grande hospitalité, et ce uniquement en raison du fait que je connaissais Ousman Chini Saheb, et que j’étais un représentant de la communauté Ahmadiyya. La traduction d’Ousman Chini Saheb du Saint Coran est dans un langage très simple. C’est une traduction que tout le monde peut comprendre, et qui reflète de plus sa grande éloquence dans cette langue. De ce fait, malgré le fait que d’autres traductions du Saint Coran sont disponibles en langue chinoise, la traduction réalisée par Ousman Chou Saheb unique dans toute la Chine : elle est très appréciée et est une référence. Je m’en suis rendu compte lors de rencontres avec de nombreux savants chinois qui, malgré leurs désaccords avec les croyances de notre communauté, appréciaient grandement cette traduction, et qui avaient une grande envie de comprendre le Saint Coran. »

Il ajoute : « Dans le cadre de ma visite dans le quartier, lorsqu’un imam âgé vit en ma possession cette version de la traduction, on pouvait voir une lueur dans ses yeux.  Il me répétait constamment qu’il était à la recherche de cette traduction depuis très longtemps, et il me demanda si je pouvais lui donner cet exemplaire. Je lui répondis que je n’avais qu’une seule copie en ma possession. Je lui demandai son adresse afin de commander une copie pour lui de la part d’Ousman Chini Saheb. Après avoir réfléchi quelques instants il me dit : « Prêtez-moi ce Coran pour quelques instants, je vais en faire des photocopies. » Voyant son enthousiasme quant à l’idée de faire des photocopies du livre qui comportait 1450 pages, je lui offris le Saint Coran, il en fut extrêmement ravi, et il m’en remerciait constamment, comme s’il avait obtenu un énorme trésor et n’arrivait pas à contenir sa joie. »

Il s’agit certes d’un trésor. Ousman Chini Saheb avait et il a jusque dernièrement de nombreux contacts. Les missionnaires qui ont passé du temps là-bas ont également écrit que là où ils partaient en Chine, tout le monde parlait de Chini Saheb. Zafrullah Saheb a également servi là-bas en tant que missionnaire, actuellement il est au Pakistan. Il écrit : « En 2004, lorsque Chini Saheb est parti au Pakistan, lors du trajet d’Islamabad jusqu’à Rabwah, il m’emmena dans le quartier de Kalarkahaar, et me montra l’endroit où il avait coutume de partir en retraite spirituelle lorsqu’il était étudiant à la Jamia de Rabwah. Il a également mentionné une anecdote de son acceptation de supplication. Il raconta qu’il était parti dans une maison où après 10 ans de mariage le couple n’arrivait toujours pas à avoir d’enfants. Au cours de sa retraite ils demandèrent des supplications à Chini Saheb. Il pria pour eux et vit en rêve que Chauhdary Zafrullah Khan Saheb est en train de dormir dans un lit dans leur cour. Il leur raconta ce rêve et leur annonça qu’Allah leur accordera un fils. Il en fut ainsi peu de temps après. »

Je me souviens à l’époque du deuxième Calife lorsqu’il partait en retraite à Kalarkahaar. Nous étions enfants, je suis parti une fois à cet endroit. Dans une petite chambre, il s’asseyait sur le sol, il avait le Saint Coran dans la main, il faisait des supplications, ensuite nous les enfants ainsi que les adultes lui avaient demandé de prier pour nous. Il répondait avec un grand sourire et faisait preuve d’une grande gentillesse.

Dr Nouri Saheb écrit : « Lorsqu’on a examiné Ousmane Saheb  en 2004, il a été diagnostiqué d’une pathologie cardiaque pour laquelle on ne pouvait proposer de traitement. J’étais très inquiet car excepté les supplications et de simples médicaments il n’y avait rien à faire. Il y a très peu de chances que les personnes ayant cette pathologie survivent au-delà de quelques années. Je l’ai rencontré plusieurs fois depuis et j’étais toujours étonné de voir que par la grâce d’Allah, malgré des signes de maladie et les signes de faiblesses qui étaient manifestes, il n’a jamais laissé sa maladie empiéter sur les objectifs qu’il voulait atteindre dans le cadre de ses responsabilités. Il travaillait sans cesse. »

Il ne s’arrêta jamais de travailler ou ses actes d’adoration parce qu’il était malade. Quelqu’un m’a écrit qu’une fois il avait beaucoup neigé. Il pensait que personne ne viendrait à la mosquée pour la prière de Fajr. Il est quand même parti ouvrir la mosquée, pensant aussi qu’il serait difficile pour Chini Saheb de venir. Mais lorsqu’il arriva à la mosquée il a vu des traces de pas dans la neige et lorsqu’il est entré il y a vu Chini Saheb. Il était là depuis longtemps en marchant dans la neige, et était en train d’accomplir la prière de Tahajjud.

Ataul Mujeeb Rashed Saheb a écrit un résumé à son sujet que je trouve fort à propos. Il écrit : « Il a laissé un grand manque. C’était un aîné qui avait un grand statut.  Je me remémorais les qualités de Chini Saheb. C’était une personne qui priait beaucoup. Ses supplications étaient exaucées. Il était très constant dans ses prières, malgré le fait qu’il était malade et faible, il venait prier à la mosquée, il était très pieux, il craignait Dieu, ne nuisait à personne et souhaitait le bien de tout le monde. Il prodiguait des conseils pieux, c’était une personne très simple et franche. Il faisait preuve d’une grande hospitalité, et le faisait empli d’amour. Il faisait preuve d’un grand courage et malgré sa maladie il était occupé à servir la religion et remplissait ses responsabilités avec une grande sincérité, avec beaucoup d’investissement, et avec beaucoup d’amour. Il avait une grande envie manifeste de continuer à servir la religion. C’était un serviteur sincère, sans ostentation et fidèle du Califat. Il rencontrait les gens avec bonne humeur et avec le sourire. » Il avait également d’autres nombreuses qualités et reflétait en tout point cette description.

Qu’Allah exalte continuellement le rang d’Ousman Chini Saheb, et qu’Il accorde la patience à sa femme, et qu’Il la protège et l’aide. Qu’Il fasse également que ses enfants soient les héritiers de ses actes de piétés et de ses supplications, et qu’Il leur permette de marcher sur ses pas. Après la prière je dirigerai sa prière funéraire.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)