Sermon du vendredi 02 mars 2018, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Aucune religion n’a mis autant d’emphase sur la conduite morale et vertueuse en toute situation que l’islam, à la maison comme au sein de la société, à l’égard des siens comme à l’endroit des non-musulmans. L’islam, d’entre toutes les religions, est la seule à souligner les moindres aspects de la moralité et à offrir, à ce propos, des préceptes détaillés. Mais malheureusement, on pense que les musulmans sont en général au niveau le plus inférieur dans ce domaine. Ils sont pointés du doigt par les non-musulmans, et pour cause : leurs actions sont contraires à ce qu’ils prêchent.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), quant à lui, par ses actions, et en maintes occasions, a encouragé les membres de son Oummah à faire montre d’une distinction morale hors-pair. En général, les musulmans clament leur amour pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ; paradoxalement, ils n’appliquent presque jamais ses conseils et sa sounnah. C’est justement pour cela qu’Allah l’Exalté avait suscité le Messie Promis (a.s.) — les musulmans étaient sur le point de sombrer dans cette décadence. Or, ils l’ont rejeté ; et dans certains pays ils ont poussé leur hostilité à l’extrême.

Loin de faire montre de la moindre bienséance, ils ont proféré à l’endroit du Messie Promis (a.s.) et de ses suivants des insultes grossières que n’oserait prononcer le plus infâme des hommes. D’ailleurs, ils sont en train d’en subir les conséquences dans le monde ; tout comme je l’ai dit, ils sont la cible des récriminations des non-musulmans. L’état de ces musulmans doit nous pousser, nous les Ahmadis, à faire montre d’une conduite morale hors-pair et à user de toutes nos aptitudes afin de pratiquer les vertus préconisées par l’islam. D’ailleurs le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous sert de référence à cet égard et il a prodigué des conseils à ce propos. Sans cet effort de notre part, il sera tout à fait inutile de nous proclamer Ahmadis.

Les œuvres du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étaient, quant à elles, hors-pair. À titre d’exemple, il avait exprimé son grand mécontentement à l’égard d’une ses épouses qui se moquait de la petite taille d’une autre épouse, disant que l’on doit éviter de blesser les sentiments d’autrui. Ailleurs, il expliqua à l’une de ses épouses qu’elle ne doit pas se fâcher en raison des actions d’une autre épouse.

Ailleurs, il conseilla des enfants de ne pas abîmer les fruits encore verts en lançant des pierres sur les arbres d’autrui. S’ils n’arrivaient pas à endurer la faim, ils devaient se contenter des fruits mûrs tombés à terre. « Or, la meilleure option est que je prie pour vous afin que vous ne soyez pas contraints à consommer les fruits tombés à terre et qu’Allah soit votre Pourvoyeur », ajouta le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Par cette prière, il a indiqué aux enfants de se tourner vers Allah pour qu’Il comble leurs besoins et d’éviter de consommer les biens d’autrui de manière illicite. Certes, en certaines circonstances, l’on permet aux autres [de prendre] pareil surplus. Mais il leur conseilla de faire montre de hautes qualités morales, car c’est en cela que réside la vertu.

Un autre enfant mangeait rapidement et envoyait sa main partout dans l’assiette. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui conseilla de réciter la basmalah, de manger avec la main droite et de ne consommer que ce qui est devant lui. C’est ainsi que l’on doit faire l’éducation des enfants afin qu’ils puissent faire naître en eux ces nobles qualités quand ils grandiront.

Le mensonge est un péché ; la vérité est une vertu et un acte moral qu’il faudra insuffler dans les enfants dès leur tendre âge. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait insufflé dans le cœur d’un de ses compagnons. Il relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) visita ma maison alors que j’étais tout enfant. Après quelque temps, alors qu’il était encore présent, en enfant que j’étais, je voulus sortir pour aller jouer. Afin que je profite de cette atmosphère bénite, ma mère m’a appelé en disant qu’elle voulait m’offrir quelque chose. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui demanda : « As-tu l’intention de lui donner quelque chose ? » Ma mère répondit : « Oui ! Je lui offrirai une datte. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ajouta : « Si tu n’avais pas cette intention et que tu avais utilisé ce prétexte pour l’attirer vers toi, tu aurais été coupable de mensonge. » Ainsi, cet enfant comprit, tout jeune, l’importance de la vérité et ressentit une haine pour le mensonge. Arrivé à l’âge adulte, il s’en souvint toujours.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) conseilla un individu d’abandonner au moins le mensonge s’il n’arrivait pas à se débarrasser de tous ses vices. Les musulmans d’aujourd’hui ont-ils atteint cette norme ? Arrivent-ils à éviter le moindre mensonge et à se cramponner à la vérité ? Nous devons, nous aussi, nous analyser et nous demander si nous avons atteint cette norme.

Dans un autre récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare que les plus grands péchés sont le polythéisme et la désobéissance aux parents. Selon le rapporteur, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était assis adossé [contre un mur] : il se redressa et déclara : « Écoutez attentivement ! Le mensonge et le faux témoignage ! » Il répéta cette phrase tant de fois que nous souhaitâmes qu’il cessât de le faire. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous enseigne aussi ce que sont la tolérance et la patience. Une fois un bédouin urina dans la mosquée. Les fidèles accoururent pour l’arrêter. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les en empêcha et demanda qu’on nettoie l’endroit avec de l’eau. Il déclara ensuite : « Vous avez été suscités afin de créer de la facilité pour autrui et non pour rendre la vie difficile aux autres. » Ce bédouin évoquait tout le temps cet acte de bienveillance du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à son égard.

Or aujourd’hui on dirait que les états musulmans, les oulémas et les différents groupes islamiques sont les premiers à rendre la vie difficile à autrui. Ils n’offrent aucune facilité ni dans les cas mineurs ni dans les majeurs.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclara : « Si vous souhaitez savoir si vos actions sont louables ou condamnables demandez à votre voisin son opinion. » Aux responsables il a conseillé : « L’on découvrira vos nobles qualités quand vous allez vous considérer comme les serviteurs de la nation et quand vous userez de toutes vos aptitudes afin de la servir. » Nos leaders et nos responsables ont-ils atteint cette norme ? Les responsables de la Jama’at doivent être vigilants à cet égard.

Quelle était la conduite du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lorsqu’il conquit l’Arabie et y régna en maître ? Lors de la conquête de La Mecque il pardonna ses ennemis assoiffés de son sang qui l’avaient constamment persécuté. Par conséquent, sa clémence fit entrer nombre de personnes dans le giron de l’islam. Évoquant les excellences morales du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Messie Promis (a.s.) déclare : « Allah le Très-haut s’adresse au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en ces termes :

إِنَّكَ لَعَلى خُلُقٍ عَظِيمٍ

Assurément, tu possèdes d’excellentes qualités morales. Cela signifie que toutes les grandes qualités morales telles que la générosité, le courage, le sens de la justice, la pitié, la munificence, la sincérité, la tolérance, etc., se confondaient en sa personne. » La tolérance ici signifie la capacité à endurer autrui. « En résumé, toutes les qualités naturelles de l’homme, à savoir, la courtoisie, la modestie, l’intégrité, la bienveillance, le sens de l’honneur, la patience, la chasteté, la piété, l’équité, la sympathie, la bravoure, la générosité, la tolérance, l’endurance, la munificence, la sincérité, la loyauté, etc., lorsqu’elles sont mises en jeu en temps et lieu, sous la gouverne de la raison et de la pondération seront prises pour des qualités morales. À vrai dire, ce sont les pulsions et qualités naturelles de l’homme, qui, consciemment mises en œuvre aux moments opportuns, sont appelées des qualités morales. »

Ces qualités ne sont pas des habitudes. Elles doivent engendrer des résultats positifs. Dans certaines situations la punition est préconisée, car elle favorisera des résultats positifs.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Deux conditions permettent de découvrir les hautes qualités morales d’une personne : lors des épreuves et de la privation ; et lorsqu’elle est victorieuse et vit dans l’aisance. Celui qui fait montre de patience lorsque frappent les malheurs et la privation possède, en effet, de hautes qualités morales. Celui qui fait montre d’humilité et de justice quand il triomphe et domine, possède, lui aussi de hautes qualités morales. Notre bien-aimé Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) passa par ces deux situations. » 

Tout comme je l’ai dit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pardonna des ennemis acharnés après la conquête de La Mecque.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Les qualités morales d’une personne sont mises en exergue face aux épreuves ou au moment de son triomphe. Si une seule de ces deux conditions prévaut, il sera impossible de jauger la conduite morale de l’intéressé. Or, Dieu a divisé la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en deux parties : l’une à La Mecque et l’autre à Médine, étant donné qu’Il devait parfaire ses qualités morales. À La Mecque, il fit preuve d’une grande patience face aux persécutions accablantes de ses ennemis. En dépit de leur brutalité à son égard, il fit preuve de bienveillance et de clémence à leur égard. Il ne négligea pas sa mission qui était de transmettre le message qu’il avait reçu de la part de Dieu. À Médine, quand il était au faîte de la puissance, il pardonna la majorité de ces mêmes ennemis qui lui ont été présentés comme prisonniers. En dépit du fait qu’il pouvait se venger, il ne l’a pas fait. »

Le Messie Promis (a.s.) s’est appesanti à ce propos en ces termes : « Écoutez ces propos très attentivement. J’ai étudié de près et en profondeur la majorité des gens. D’aucuns sont certes généreux, mais ils sont aussi colériques et irascibles. »

S’ils ont offert quelque chose à quelqu’un dans leur générosité ils se mettent dans une colère noire pour un rien. Ils font étalage de leurs faveurs envers autrui s’ils sont mécontents.

Le Messie Promis (a.s.) continue : « D’aucuns sont aimables, mais avares. D’aucuns, au faîte de leur colère sont prêts à tabasser autrui à coups de gourdin : or ils ne font preuve d’aucune humilité. D’aucuns possèdent une grande modestie et humilité, mais sont dénués de courage. » 

Ils font preuve de lâcheté face à la moindre adversité. 

« Certes tout le monde ne peut posséder toutes les vertus. Cependant, on n’est pas privé de toutes non plus. […] L’exemple parfait à cet égard n’est personne d’autre que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Étant donné qu’il réunissait en lui toutes ces qualités, Allah déclare dans le Coran :

وَإِنَّكَ لَعَلى خُلُقٍ عَظِيمٍ

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait montre de ses excellences et de sa patience face à l’adversité, laissant le monde bouche-bée. Lorsqu’il régna en maître sur toute l’Arabie, il pardonna tous ses persécuteurs. Il incombe à tout croyant de suivre son exemple dans le domaine de ces excellences.

Citant les qualités du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le Messie Promis (a.s.) nous conseille ceci : « Ses excellences ont charmé les gens et ont servi de prodige. Si vous suivez cette sounnah et que vous polissez votre conduite et que vous utilisez chaque excellence morale à bon escient, vous pourrez, vous aussi, montrer des miracles ».

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Confrontés à un miracle d’aucuns présentent telle ou telle explication afin de le rejeter. Or,  Les excellences morales sont un miracle que personne ne peut pointer du doigt. Le miracle le plus puissant conféré au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était celui de ses excellences morales, tout comme l’affirme le Coran : « Tu possèdes assurément des excellences hors pair. »

« Les miracles accomplis par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) sont plus convaincants que les miracles accomplis par tous les prophètes. Or, le miracle de ses excellences morales dépasse de loin celui des autres : l’histoire ne présente pas d’exemples similaires. Je pense que la personne qui abandonne ses mauvais penchants et se cramponne à des actes exemplaires est un miracle en soi. Par exemple, si une personne a un caractère trempé, colérique, et qu’elle abandonne cela pour faire preuve de tendresse et d’indulgence, et qu’au lieu d’être avare elle est généreuse, et qu’elle fait preuve de sympathie au lieu d’être jalouse, cela est certainement un miracle en soi. De même, lorsqu’elle abandonne l’ostentation et la vantardise pour vivre dans l’humilité, celle-ci est en soi un miracle. Qui d’entre vous ne souhaite-t-il pas être l’objet d’un miracle ? Je sais que tout le monde le désire. Il s’agit d’un miracle vivant et durable.

L’homme doit rectifier son état moral car c’est une prouesse dont l’effet ne s’estompe jamais ; au contraire ses effets bénéfiques ont une très grande portée. Un croyant doit être l’objet d’un miracle auprès des créatures de Dieu et auprès de Dieu. On a pu voir de nombreuses personnes dévergondées, qui n’avaient pas d’habitudes pures, être profondément affectées en voyant des exemples de vertu, et elles n’ont pu qu’accepter ces habitudes pures. Vous verrez que de nombreuses personnes ont accepté la vraie religion après avoir été témoin de transformations morales miraculeuses. »

En apparence les gens de ce monde font montre de nobles qualités, or généralement cela n’est qu’ostentation et ils veulent tout simplement se faire passer pour d’honnêtes gens. Là où leurs intérêts personnels ne sont pas en jeu ils tentent de se faire passer pour des gens bien tandis qu’ils ont autre chose dans le cœur. Parfois devant un supérieur ou une éminente personnalité ils font preuve de grande courtoisie tandis que c’est de l’hypocrisie, de la lâcheté, de la faiblesse ou de la peur de leur part.

Le Messie Promis (a.s.) explique que cela est contraire aux préceptes de l’islam. Selon l’islam la noblesse de caractère exige que l’on exprime sincèrement les sentiments de son cœur. Si l’on fait montre de sympathie, celle-ci doit venir du cœur et il en est de même des autres comportements.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Il est deux types d’excellences morales. Celle de la nouvelle génération éduquée est adulation et hypocrisie, quand, en réalité, ils nourrissent de la rancœur au cœur. Cela est contraire aux vertus préconisées par le Coran. La deuxième catégorie exige une sympathie sincère et un cœur exempt d’hypocrisie et d’adulation. Tout comme Allah l’affirme dans le Coran :

إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ وَإِيتَاءِ ذِي الْقُرْبَى

Ceci est la voie préconisée : il faut faire preuve d’équité et dire la vérité. En certains cas, il faudra aussi accorder des faveurs. En d’autres cas, il faudra dépasser ce stade et traiter autrui tout comme une mère traitera son enfant ou comme l’on traite un proche parent. Cette voie parfaite et cette direction ont été consignées dans la parole d’Allah ; celui qui s’en détournera ne trouvera pas la direction ailleurs. Pour qu’il ait de l’effet, l’enseignement pur exige un cœur pur. Un examen minutieux révèle que ceux qui en sont éloignés se vautrent dans la souillure. »

Ainsi, cette norme exige la pureté du cœur, la quête du plaisir divin et le respect des commandements d’Allah.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « L’on ignore l’heure de sa mort : d’où l’importance de progresser dans l’accomplissement de la Salat et la purification. »

Rehaussez le niveau de vos actes d’adoration et de votre véridicité. D’aucuns ignorent ce qu’est la vertu. D’autres croient qu’accomplir, en apparence, la Salat ou des actes d’adorations ou faire montre de valeurs éthiques élémentaires sont autant de vertus. Or, ils ne se soucient guère des grandes vertus ou des actes moraux essentiels.

Le Messie Promis (a.s.) explique, de manière sublime, ce sujet en ces termes : « La moralité est la clé des autres œuvres méritoires. Ceux qui ne se réforment pas moralement se vident peu à peu de toute vertu. Selon moi toute chose en ce monde est d’utilité. Le poison, l’impureté ou même la strychnine sont d’utilité et ont de l’effet sur les membres [du corps]. Or, si l’homme n’adopte pas de nobles qualités et n’est d’aucun avantage à autrui ne sert à rien. »

L’on sera d’une utilité quelconque lorsqu’on possédera de hautes qualités morales.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « En certains cas, l’homme infâme devient pire qu’un animal, car la peau et les os de ce dernier sont d’utilité. Or la peau de l’infamant ne sert à rien. Ayant atteint ce stade, l’homme est plus égaré et vil qu’un animal. Sachez qu’il est essentiel de se corriger moralement, car la moralité est mère de la vertu. »

Le Messie Promis (a.s.) nous explique ensuite comment faire montre de ces excellences morales au quotidien. « D’aucuns s’irritent lorsqu’un mendiant frappe à leur porte. S’ils se prennent pour des érudits, ils lui font la leçon au lieu de répondre à ses besoins. »

Ils lui donnent de savantes explications et lui expliquent la différence entre le bien et le mal.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « En tentant de l’impressionner par leur érudition, ils deviennent parfois fort paresseux. Malheureusement, ces gens sont dénués de discernement : ils ont perdu la capacité à réfléchir, autant d’aptitudes octroyées au vertueux et à celui doué d’une nature pure. Ils ne comprennent pas que le mendiant sera pécheur s’il vient quémander à sa porte tandis qu’il est bien portant. Si tu possèdes quelque chose offre-le lui, car cela ne sera point un péché de ta part, même s’il est venu sur une monture, comme le dit le hadith. Le Saint Coran nous recommande de ne point repousser le mendiant. Suivez ce conseil, car en repoussant le mendiant, on sème en soi la graine de l’immoralité. Les excellences morales exigent que l’on ne se fâche point dès que le mendiant fait sa demande. Satan souhaite, par ce moyen, vous priver de bonnes œuvres et vous pousser à commettre des péchés. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Sachez qu’une vertu en engendre une autre, tout comme un mal en engendre un autre. À l’instar d’un objet qui attire un autre, Allah a placé une force d’attraction en toute chose. Quand on sera bienveillant à l’égard du mendiant, lui offrant l’aumône des excellences morales, toute aversion disparaîtra et l’on accomplira d’autres actes de vertus. »

C’est-à-dire toute gêne que l’on ressentait disparaîtra, on aura l’occasion d’accomplir d’autres bonnes œuvres et l’on viendra en aide au mendiant.

Comment respecter ses parents qui ne sont pas ahmadis ou qui vous sont hostiles [en raison de l’Ahmadiyya] ? Le Messie Promis (a.s.) avait demandé à Sheikh Abdur Rahman Qadiani à propos de son père et lui a conseillé ceci : « Priez pour lui ; tentez de plaire à vos parents. Essayez de les convaincre de la véracité de l’islam en faisant montre, plus qu’auparavant, de noblesse de caractère et d’un exemple de pureté. »

Sheikh Abdur Rahman n’était pas musulman, et c’est pourquoi le Messie Promis (a.s.) lui a conseillé d’être un bon exemple afin de convaincre ses parents de la véracité de l’islam. Le miracle des excellences morales n’a pas son pareil. L’islam véritable exige que l’on atteigne les normes les plus élevées de la moralité et que l’on soit une personne distinguée. Peut-être que Dieu les guidera vers l’islam par votre truchement. »

L’islam n’interdit pas que l’on serve ses parents dans le domaine de ce monde tant que cela n’affecte pas sa condition spirituelle. Il faudra faire preuve d’une obéissance parfaite à leur égard et les aider de tout son cœur.

Les excellences morales sont ce qui distingue l’homme des animaux. Le Messie Promis (a.s.) explique à ce propos : « Les bestiaux ne peuvent distinguer la nature et la quantité des choses, à l’instar du chien qui mangera tout ce qui est devant lui pour ensuite tout vomir. Il en est de même dans le cas de certains individus : leur avidité ne connait pas de bornes, ils tentent de tout engloutir, par des moyens licites et illicites, qu’il s’agisse de nourriture ou de biens d’autrui. Les animaux ne font pas la différence entre ce qui est permis et ce qui est illicite. »

Ils ignorent la condition dans laquelle il sied de vivre, ce qu’est la spiritualité et le recours aux moyens licites dans l’acquisition des biens. Ils ignorent qu’il ne faut pas se contenter de remplir ses poches et ses coffres. Ensuite les animaux ne distinguent pas le licite de l’illicite. Le bœuf qui broute librement ignore où se termine le champ de son maître et où débute celui du voisin s’il n’y a pas de bordure entre les deux.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Toute chose mangeable n’est pas permise [en toutes circonstances]. Ceux qui violent les lois de la moralité effrontément ne sont pas des êtres humains. [À l’époque préislamique] les Arabes consommaient de la charogne. D’aucuns n’hésitent pas à spolier les biens de l’orphelin, à l’instar d’une vache qui mangera, sans hésiter, l’herbe de l’orphelin que l’on placera devant elle. Ceux qui spolient les biens d’autrui finiront en enfer, leur demeure ultime. [La moralité] comprend deux branches. Toute action contraire à la grandeur divine est immoralité. Toute action bienveillante à l’égard des créatures divines est moralité : [en d’autres termes] celui qui lèse l’humanité lèse la moralité. »

Celui qui ne s’acquitte pas de ses devoirs envers Allah, qui rejette Sa grandeur, qui néglige Son adoration et ses conseils et qui ne cherche pas son plaisir est coupable d’immoralité. Celui qui viole le droits d’autrui, qui spolie leurs biens, qui tente de leur nuire, ou qui exprime sa méchanceté par d’autres moyens, est coupable, lui aussi, d’immoralité.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Hélas ! Peu nombreux sont-ils qui méditent sur le but réel de l’existence de l’homme ! »

L’arrogance est un autre mal qui prive l’homme d’actes vertueux et qui, de surcroit, attire la colère divine. Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Selon les soufis, il existe en l’homme d’innombrables djinns de bassesses morales. Ils sortent de l’homme les uns après les autres. Or le dernier djinn qui s’accroche à lui est l’arrogance : celui-ci s’en va grâce aux faveurs divines, les efforts sincères du croyant et ses supplications. Beaucoup se considèrent humbles et font montre d’humilité : or, il se trouve, en leur for intérieur, de l’arrogance, sous une forme ou un autre. D’où l’importance de se préserver des aspects les plus subtils de l’arrogance. La richesse est parfois source de cet orgueil. Le nanti orgueilleux considère autrui comme indigent, disant que personne ne peut se mesurer à lui.

D’aucuns sont orgueilleux en raison de leur lignée familiale ou ils se considèrent de lignée plus noble qu’autrui et méprise celui-ci. D’autres sont orgueilleux de leur savoir : si quelqu’un prononce mal un terme, ils lui sautent dessus pour sa faute, criant sur tous les toits qu’il ne sait même pas parler. En somme, l’orgueil connait diverses formes : chacune d’entre elles privent l’homme de l’accomplissement de bonnes œuvres, les empêchant d’accorder à autrui des avantages. Celui qui possède la force de la moralité a l’occasion d’accomplir de nombreuses bonnes œuvres. Abandonner la moralité est en soi un mal et un péché. Celui coupable d’adultère ignore la peine du mari de la femme avec qui il commet cet acte. S’il possédait la moralité, il n’aurait pas commis cet acte immonde. Si cet homme infâme connaissait les conséquences dangereuses que subirait l’humanité suite à cet acte vil de sa part, il s’en serait éloigné.

L’infâme voleur qui pénètre dans la maison d’un pauvre pour commettre son larcin n’a pas conscience du tort qu’il cause. Parfois il vole ce que le pauvre a économisé lors de longues années de dur labeur. Pourquoi aurait-il commis ces vols s’il était conscient de ces faits et s’il n’était pas aveugle moralement ? Tous les jours dans les journaux nous lisons à propos des décès tragiques : tel enfant a été tué pour des bijoux, telle femme a été tuée pour telle raison. Si la moralité perdurait, il n’y aurait pas eu pareils malheurs et l’on n’aurait pas été insensible quant aux souffrances de son prochain. »

Celui qui est dénué de moralité et de crainte divine commettra ces actes. Si l’on nourrit en soi la crainte de Dieu et de l’humanité l’on n’aura pas commis pareils actes.

En conseillant sa Jama’at le Messie Promis (a.s.) déclare : « Montrer à son voisin les grands changements apportés en soi est un miracle grandiose. Pareille transformation produit un effet profond sur autrui. D’aucuns critiquent les membres de notre communauté affirmant que [leur adhésion] n’a auguré en leur personne aucun progrès, qu’ils profèrent jusqu’à présent des mensonges et se mettent dans une colère noire. [Les ahmadis] qui sont la cible de ces accusations devraient ressentir de la honte, car ils ont accepté le fondateur [de cette communauté] en raison de sa piété, afin de respecter ses préceptes.

Celui qui prête allégeance ressemble au fils estimable qui honore son père et qui fait sa renommée. »

C’est pour cette raison que les accusations portées par autrui ne doivent pas concerner les personnes qui prêtent allégeance.

« Le père physique nous amène sur terre. Or, le père spirituel nous mène au ciel, nous pousse [aux sommets de] la spiritualité, nous guide vers notre destination véritable, à savoir, Dieu. Aimeriez-vous que votre fils vous déshonore ? Aucun père ne souhaiterait que son fils fréquente des femmes de petite vertu ou qu’il s’adonne aux jeux du hasard, à l’alcool, à la débauche, et qu’il le déshonore ainsi. » Il ajoute : « Certainement il n’y a aucun homme qui le souhaiterait. Or, l’on ne pourra réduire au silence les pourfendeurs si le fils indigne s’adonne à ces bassesses. On pointera du doigt le père, disant : « C’est le fils d’untel qui commet ces infamies. » Ainsi le fils indigne déshonore son père.

De même l’on tombera sous le coup de la colère divine quand on se joint à une communauté, quand on fait fi de sa grandeur et de son honneur, quand on enfreint ses commandements. Cette personne ne cause pas seulement sa propre destruction : elle devient [aussi] un mauvais exemple pour autrui le privant de la voie de la direction. » 

Si des gens sont témoins de mauvaises conduites, cela aura pour effet de les éloigner de la communauté ; ils ne s’en approcheront pas, et ils seront en conséquence privés des bénédictions liées à l’adhésion à la communauté.

« Implorez Dieu autant que vous le pouvez, et à l’aide de toutes vos forces et votre courage essayez de vous débarrasser de vos faiblesses. Au comble du dénuement, implorez-Le avec sincérité et conviction, car la main qui se fait humble, et qui s’avance vers Dieu avec sincérité et emplie de certitude, ne retourne pas vide.

J’annonce, expérience à l’appui, que des milliers de mes prières ont été exaucées. Il ajoute : « C’est un fait avéré que celui qui ne ressent aucune sympathie à l’égard de son prochain est avare. Si j’ai découvert la voie qui mène au bien, il m’incombe d’y inviter autrui. Ne vous souciez guère si les autres respectent ces préceptes ou pas. »

Ensuite il ajoute : « Tant que l’homme ne fait pas des efforts, tant qu’il ne s’adonne pas aux supplications, son cœur ne pourra être débarrassé de sa turpitude. Allah l’Exalté a déclaré :

إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِمْ

C’est-à-dire que Dieu n’éloigne pas une épreuve qui s’abat sur un peuple tant que ce peuple n’essaie pas lui-même de l’écarter. S’il ne fait pas preuve de courage, de bravoure, il ne pourra y avoir de changements. Il s’agit d’une pratique inchangée d’Allah, comme cela est mentionné :

وَلَنْ تَجِدَ لِسُنَّةِ اللَّهِ تَبْدِيلًا

Qu’il s’agisse de notre communauté ou d’une autre, on ne pourra changer sa conduite morale qu’à condition d’accomplir des efforts et de s’adonner aux supplications, sinon on échouera.

Qu’Allah nous permette d’améliorer notre attitude morale en tout point, à chaque instant, en tout endroit, et en toutes circonstances, en suivant l’exemple établi par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). L’élévation de notre conduite morale doit être entreprise dans le but de gagner la satisfaction d’Allah le Très-Haut et non par ostentation. Nous devons essayer de faire naître en nous une empathie sincère pour notre prochain, et de rehausser notre niveau de Taqwa.

Nous avons accepté l’Imam de cette époque, nous devons donc être vigilants à ce qu’aucun de nos actes ne puisse causer un quelconque déshonneur au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et au Messie Promis (a.s.), et nous devons répandre le très bel enseignement de l’islam, et impressionner le monde avec ; et par-dessus tout, nous devons constamment élever le niveau de notre conduite morale, en nous prosternant devant Allah, en faisant des supplications, et en implorant Son aide pour y parvenir.

Après la prière je vais diriger une prière funéraire en l’absence du corps de Sheikh Abdul Mujib Saheb, fils de Sheikh Abdul Hamid Saheb, qui habitait dans l’arrondissement de Defence au sein de Karachi Society.

Il est décédé le 15 février dernier à l’âge de 88 ans. Inna lillahi wa inna ilaihi raji‘oun. L’Ahmadiyya entra dans leur famille par l’intermédiaire de son grand-père Hazrat Sheikh Nour Ahmad Saheb de Jalandhar, qui a été mentionné dans le livre Anjam-e-Atham du Messie Promisas dans la liste des 313 compagnons, en position 242 sous le nom de Sheikh Nour Ahmad Saheb de Jalandhar, résidant à Mombasa.

Il est né en 1929 à Jalandhar. Après avoir obtenu son Baccalauréat au Talim-ul-Islam College de Qadian, il a obtenu un master en ingénierie chimique au Government College Lahore, et il était major de sa promotion. Ensuite de 1951 à 1953 il vint ici en Angleterre pour étudier l’ingénierie métallurgique à l’université de Surrey. Il eut par la suite l’opportunité de servir la communauté en tant que secrétaire dans différents départements, notamment en tant que secrétaire du patrimoine central, il é également servi en tant que président du comité Imdaad Comittee, président de son arrondissement, Naib Amir de Karachi ; et il était également membre du comité central de Tahrik-e-Jadid.

Il a une fille prénommée Salma Tariq qui est la femme de Tariq Sajjaad Saheb, et il a deux petits-fils et une petite-fille.

Son petit-fils écrit : « Depuis son enfance, il restait en compagnie des aînés de Qadian, de ce fait il eut l’occasion de développer une relation étroite avec Allah l’Exalté. Une fois il sortait de son examen d’anglais du brevet qu’il n’avait pas très bien réussi ; il était sur le chemin du retour en direction de la mosquée, lorsque Maulana Sher Ali Saheb en sortait, et ils se rencontrèrent. Maulana Saheb lui demanda comment s’était déroulée son évaluation. Il répondit qu’elle ne s’était pas très bien passée. Aussitôt Maulana Saheb rejoigna ses mains pour prier, et lui annonça ensuite la bonne nouvelle qu’il serait reçu à l’examen. Il dit : « Par la suite cette prière fut si pleinement exaucée que j’étais reçu dans chacun de mes examens. »

Il a dû affronter au cours de sa vie des situations éprouvantes, mais il a également eu beaucoup de joie. Après avoir quitté l’Angleterre il a occupé de nombreux postes. Mais il fut régulièrement licencié de ses fonctions en raison de l’opposition qui régnait à l’encontre de la Jama’at et en raison des mauvais comportements de ses supérieurs. Finalement il lança ses propres affaires, en promettant de ne garder qu’une petite partie des bénéfices en plus de ce dont il aurait besoin pour ses dépenses personnelles, et que tout le reste il le donnerait à la Jama’at. Par la grâce d’Allah toute sa vie durant il a pleinement rempli cette promesse qu’il avait faite à Allah. Il avait ouvert plusieurs usines, et il dépensait sur la Jama’at l’intégralité des énormes profits qu’il en tirait ; de plus il était très régulier dans ses cotisations.  

Lorsque le quatrième Calife inaugura la chaîne MTA, il offrit aussitôt un million de roupies. De même, lorsque l’idée de la construction d’une mosquée en Russie était dans l’air, un groupe d’ahmadis russes était venu ici rencontrer le quatrième Calife afin de discuter de ce projet. Au cours de celle-ci le secrétaire privé informa le Calife que Sheikh Saheb avait offert une somme colossale pour la construction de la mosquée alors qu’aucun appel aux dons n’avait été réalisé. Sur ce, le quatrième Calife exprima son grand contentement.

 Le missionnaire local écrit : « Lors des tragiques événements du 28 mai 2010 qui s’étaient déroulés au Dar-uz-Zikr et à Model Town, un soir je me suis rendu au bureau, et j’ai vu le secrétaire finance établir un reçu de cotisation, et je le voyais ajouter plusieurs zéros au montant qu’il était en train d’indiquer sur le reçu. Je lui demandais s’il ne se trompait pas dans le montant, ce à quoi il me répondit que non, Sheikh Saheb venait de faire un don d’un million de roupies pour le fond Bilal. »

De même pour la publication du Saint Coran il a donné des sommes très importantes. Il a également fait des cotisations pour de nombreux projets qui étaient en cours à Karachi.

Il mena une vie marquée par la modestie. Il n’apparaissait aucunement de par son mode de vie et de par sa manière d’être que cet homme était le propriétaire de deux usines et qu’il était extrêmement riche, car de tout ce qu’il gagnait il ne gardait qu’une partie pour ses dépenses personnelles et pour les dépenses de son foyer, et tout le reste il le donnait à la Jama’at. Il quitta ce monde en faisant le testament de donner tous ses biens et ses propriétés à la Jama’at. Qu’Allah répande Ses immenses grâces sur lui, qu’Il exalte son rang et qu’Il accorde la patience à ses petits-fils et à sa petite-fille, aux enfants, à sa fille, et qu’Il leur permette de suivre l’exemplarité pieuse qu’il a établie. Après la prière, je dirigerai sa prière funéraire en l’absence du corps.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)