Les obstacles à la réforme de soi - 2e partie - sermon du 20-12-2013

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Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 20 décembre 2013, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni. Après le Taouz, tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, il a déclaré :

La semaine dernière en citant dans un sermon prononcé par le deuxième Calife j’ai évoqué deux causes qui entravent notre réforme et je compte aujourd’hui mentionner les autres raisons.

Le troisième frein à notre réforme est la tendance à faire primer les intérêts à court termes et [de négliger tout] ce qui à trait à la doctrine et à l’Au-delà, qui concernent, quant à eux, le long terme. L’homme considère que les faits immédiats n’ont aucun lien avec la foi, se disant parfois que s’il commet un péché cela n’aura aucune incidence sur sa croyance en l’unicité de Dieu.

A titre d’exemple, le bijoutier [malhonnête] croit qu’en alliant [frauduleusement] d’autres métaux à de l’or il fera de grands profits et qu’il s’enrichira rapidement sans que cela ne porte atteinte à sa croyance en Dieu. En considérant ces avantages immédiats il est coupable non seulement d’un acte immoral mais aussi de vol et d’escroquerie.

Il y a aussi ces grands Hajjis qui, tout en arnaquant les autres, sont fiers d’avoir accompli le pèlerinage. En commentant leurs forfaits ils oublient l’Au-delà ou n’y accordent que peu d’importance, oubliant aussi que leurs actions [ici-bas] affecteront leur vie future. L’avantage que procure l’enseignement apporté par le Prophète ou la question du salut sont des enjeux distants pour la plupart d’eux. Les avantages et [l’assouvissement] immédiat de leur désirs accaparent leurs cœurs et leurs esprits. C’est pour cette raison que les bijoutiers [malhonnêtes] mêlent d’autres métaux avec l’or ou qu’ils ne donnent pas le bon poids. Les commerçants [véreux] mettent en vente des denrées de premier choix mélangées à celles de qualité inférieure. L’industriel [malhonnête] quant à lui prend des commandes pour un modèle dont le produit fini sera de qualité inférieur. Ces escroqueries sont courantes dans les pays du tiers-monde.

Les avantages matériels sont autant d’obstacles à la réforme et les gains immédiats que procurent la fraude, le mensonge et l’arnaque effacent du cœur les conséquences néfastes qui se manifesteront sur le long terme.

Le deuxième Calife cite aussi l’exemple de la médisance, un autre grand péché. Prenons le cas d’un employé persécuté par son supérieur hiérarchique. Il pourra tout endurer jusqu’au jour où, par hasard, il rencontre le chef de son supérieur qui commence à se plaindre au sujet de ce dernier. Le subordonné sera ravi d’avoir trouvé l’occasion qu’il cherchait : et il en rajoutera et critiquera son supérieur en présentant ses défauts à son chef pour rendre celui-ci encore plus furieux. Il n’hésitera à mêler la vérité au mensonge pour mieux se venger, se disant que s’il laisse échapper une occasion pareille il sera toujours en danger. Et c’est ainsi qu’il commence à médire sur l’autre afin d’avoir quelque avantage ici-bas.

Le quatrième obstacle dans la voie de la réforme comprend les [mauvaises] habitudes que l’on a prises : ces dernières peuvent être néfastes à la conduite, en particulier là où les préceptes de la religion ne sont pas soutenues par le pouvoir en place. En d’autres termes, grâce aux lois édictées par l’Etat l’on arrive jusqu’à un certain point à se réformer. L’Islam a condamné l’immoralité et a prescrit des mesures de réforme, mais malheureusement dans les pays dit « musulmans », où règne l’injustice et la duplicité, en dépit de l’existence d’une autorité « islamique » la situation est fort inquiétante. Et dans les pays non-musulmans l’immoralité ou le péché ne sont pas considérés comme tels et l’on ne fait rien pour remédier à cette situation.

Le régime au pouvoir à un rôle important à jouer dans la réforme. Là où la définition de la réforme est la même pour l’autorité souveraine et la religion l’on pourra changer les habitudes si l’on prend des mesures appropriées. Sinon les [mauvaises] habitudes seront des fléaux pour la société. Au nom de la liberté l’on commet des transgressions dans les pays développés et les médias en font le relais dans les quatre coins du monde. Ceux qui grandissent dans ces sociétés sont exposés en permanence à ces maux et sont victimes de faiblesses morales. Inconsciemment et intentionnellement les jeunes et les adolescents, garçons et filles, en sont victimes et une fois que les mauvaises habitudes aient pris racine il est difficile de s’en débarrasser.

Prenons à titre d’exemple la consommation de la drogue. Une fois qu’il y a accoutumance il est impossible de s’en défaire. L’on peut [aisément] sacrifier sa croyance en trois dieux pour accepter [l’existence] d’un seul Dieu. Mais le drogué quant à lui [ne pourra se débarrasser de son addiction et] sera à tout instant préoccupé par sa prochaine dose.

L’on peut abandonner ses croyances de toute une vie, mais si l’on s’est accoutumé à des stupéfiants pendant quelques années voire quelques mois, dès que l’on s’en privera l’on ressentira les symptômes du manque et bien d’autres effets déplaisants.

Voyons l’exemple de ceux qui fumaient la cigarette avant d’embrasser l’Ahmadiyya. Certains ont abandonné leurs parents, leurs femmes et leurs enfants et ont consenti à de grands sacrifices afin de se joindre à la djama’at. Mais dès qu’on leur demande d’abandonner la cigarette ils cherchent milles excuses disant tantôt qu’ils auront des troubles digestifs ou de sommeil ou qu’ils seront incapables de réfléchir. Cela ne concerne pas uniquement ceux qui ont embrassé l’Ahmadiyya. Ils sont nombreux à accomplir des œuvres forts louables et qui font de grands sacrifices mais qui n’arrivent pas à abandonner leurs petites habitudes.

Le deuxième Calife a cité l’exemple d’un de ses oncles paternels qui tout en étant athée était aussi un [grand] amateur du narguilé et d’autres drogues. Certains ahmadis qui venaient visiter le Messie Promis (a.s.) fumaient le narguilé chez l’oncle en question où ils étaient contraints d’écouter ses propos outrageants à l’encontre de l’Islam et de la djama’at. Un jour le premier Calife a demandé à ce grossier personnage s’il n’avait jamais accompli la prière. L’autre a répondu que depuis qu’il est tout enfant cela lui fait rire de voir les autres en prosternation. Un beau jour un ahmadi qui était parti fumer le narguilé chez cet oncle s’en est retourné furieux et se traitant de tous les noms. Quelqu’un lui en a demandé la raison et sur quoi il a répondu : « A cause de ce narguilé, de cette malédiction, j’ai été contraint d’écouter des infamies que je n’aurais pas endurées à tout autre moment ! »

Ainsi les [mauvaises] habitudes peuvent causer l’humiliation.

Certains ont la fâcheuse habitude de mentir : on à beau les réprimander des milliers de fois et de les surveiller de très près mais ils ne cessent de mentir et il est difficile de les réformer. Cela ne veut pas dire que c’est une tâche impossible. S’il ne peut y avoir de réforme pourquoi conseiller les autres ? Et Dieu nous ordonne de ne jamais cesser de conseiller car le conseil est avantageux pour le croyant. S’il existe une once de foi [dans le cœur d’autrui] un bon conseil aura toujours de l’effet sur lui.

Le deuxième Calife a cité l’exemple d’une personne qui ponctuait toutes ses phrases de grossièretés à tel point qu’il en était lui-même inconscient. On s’en est plait au Calife a dit au concerné : « J’ai entendu dire que vous proférez des injures à chaque fois que vous parlez... » Et l’autre, en lâchant un juron, a répliqué : « Qui dit que je profère des injures ? » Quand on agit par habitude l’on est inconscient de ses actes et d’aucuns perdent toute leur conscience. Mais s’ils le désirent ils peuvent la faire renaître et pourront se réformer.

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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Communauté Ahmadiyya

Il n’y a pas de doute que les habitudes sont un obstacle majeur sur la voie de la réforme. Il y a ceux qui sont friands de films obscènes qu’ils regardent sur Internet. D’aucuns en ont développé une accoutumance : ils ne mangent pas et restent assis devant leur écran sans bouger, même quand ils ont sommeil, et négligent femme et enfants.

Et le cinquième obstacle dans la réforme [d’un croyant] sont sa femme et ses enfants. Les souffrances qu’endurent ces derniers sont dans certains cas des épreuves pour lui.

L’Islam nous interdit de détourner les biens d’autrui. Untel peut confier à un autre une somme d’argent pour lui être restituée ultérieurement. S’il n’y pas de témoin ni de preuves de cet arrangement le dépositaire peut, s’il est malintentionné, détourner l’argent pour subvenir aux besoins de sa femme ou pour faire traiter son enfant malade, se disant qu’il verra plus tard s’il remboursera cette somme ou pas. Ce genre de détournement est une infraction aux préceptes de l’Islam qui déclare que le dépositaire doit restituer à son propriétaire ses biens même s’il n’y a pas de témoin ou de preuve. D’aucuns détournent les biens des orphelins encore immatures afin de bâtir la fortune de leurs enfants.

Cela ne concerne pas uniquement des questions d’argent. En [Occident] – où règnent la liberté et le progrès – et ailleurs dans le monde moins développé, il y a des parents qui sont trop indulgents envers leurs enfants et qui ne les enjoignent pas à respecter les préceptes de l’Islam. Je dois avouer, à mon grand regret, que les cas [susmentionnés] existent dans la société ahmadie. Certains détournent des sommes qui leur sont confiées ou les biens des orphelins : ces cas sont présentés à la Qadah.

Il y a le cas [d’un ahmadi], vivant [en Occident], qui marie sa fille au Pakistan et qui dit à son gendre dès le premier jour : « Ma sa fille a été très choyée : elle est libre de faire ce qu’elle veut. Ne mets aucune restriction sur elle. » C’est ainsi que le père incite sa fille à ne pas respecter son mari quand l’Islam préconise que la femme doit s’acquitter de ses devoirs envers son époux et au sein de son foyer.

Il y a aussi les cas de ces jeunes hommes [vivant en Occident] et qui se marient au Pakistan. Une fois rentré au pays avec leurs épouses ils tourmentent ces dernières. Et les parents du jeune homme disent que sa femme endurera tout sans broncher et que les hommes sont ainsi faits.

Le laxisme des parents à l’égard de leurs enfants réduit à néant leurs actions et ils détruisent du même coup la paix au sein d’un couple.

L’on peut citer de nombreux exemples où la femme et les enfants deviennent un obstacle à la réforme, des situations mettent à nu les faiblesses du concerné. L’affection pour ses proches l’empêche d’accomplir de bonnes œuvres et il n’hésite pas à mentir pour couvrir ses enfants.

La corruption et la culture des pots-de-vin sont monnaie courante dans le tiers monde et les pays pauvres. Les fonctionnaires et [autres] cadres empochent des bakchichs pour bâtir les fortunes de leurs enfants ou pour payer leurs études.

Ainsi ces relations qui reposent sur l’émotion entravent la réforme. Ce n’est qu’en préférant l’amour pour Dieu à celui pour sa femme et ses enfants que l’on pourra remédier à cette situation.

Le sixième frein à la réforme survient quand on ne surveille pas ses actes de manière constante. La solution est d’être à tout instant conscient de ses actions, de se demander s’ils sont permis ou pas et si leurs conséquences seront positives. On doit aussi se demander si l’on n’est pas en train d’enfreindre un seul des 700 commandements du Saint Coran.

L’intégrité sur son lieu de travail est une autre vertu. Le commerçant comme l’employé ont tout deux reçu la même consigne. Un commerçant peut prouver son honnêteté en de nombreuses occasions ou il peut faire le contraire. Il peut vendre un produit de qualité inférieure, ou imposer un prix exorbitant ou ne pas donner bonne mesure à un client non avisé. Ces fléaux sont moins courant ici [en Occident] que dans des pays moins développés.

Il y a aussi ces commerçants qui tentent d’accroître leur marge de profit en réduisant de quelques [grammes] les denrées qu’ils vendent à chaque client.

Des fois ils exploitent de la détresse de leur client pour faire des profits outranciers. Ces pratiques sont contraires à l’éthique commerciale et ont été condamnées par l’Islam.

Quand la communauté Ahmadiyya a établi la ville de Rabwah [au Pakistan en 1947-48] le deuxième Calife avait dit aux commerçants ahmadis que s’ils maintiennent une faible marge de profit ils auront plus de clients. Mais ces derniers temps j’ai appris que les commerçants [ahmadis] font des profits si exorbitants que les ahmadis [de Rabwah] vont à Chiniot pour leurs emplettes. Et l’argent des ahmadis tombe dans les poches des autres au lieu de finir dans celles d’autres ahmadis. Et ce sont les commerçants ahmadis de Rabwah qui en sont coupables : qu’ils réfléchissent sur cette situation et qu’ils se reforment.

Tout commerçant ahmadi doit faire preuve d’intégrité là où il se trouve. Il doit donner pleine mesure, doit informer ses clients des défauts éventuels de ses produits. Ses profits doivent être raisonnables : ceci étant Dieu bénira son commerce et il ne subira aucune perte.

Il sied aux ahmadis, quelque soit leur profession, de faire briller la beauté de leur intégrité et de se souvenir à tout instant des préceptes que je viens d’évoquer : ceci sera propice à leur réforme. Ils doivent aussi à tout instant surveiller leurs propos afin de bannir tout mensonge.

Prenons aussi le cas de deux commerçants : à l’heure de la prière l’un ferme son magasin pour partir à la mosquée mais l’autre ne le fait pas afin d’avoir les clients du premier. Ainsi au lieu d’accorder préférence à la piété avant d’agir, les gains matériels sont les seuls soucis du deuxième commerçant.

Auparavant les commerçants de Rabwah ne fermaient pas leurs magasins à l’heure de la prière : mais selon le dernier rapport que j’ai reçu ils ont promis de le faire à l’avenir. Que Dieu fasse qu’ils puissent respecter leurs promesses.

Cela concerne aussi ceux de Qadian où se tiendra bientôt la Jalsa Salana : ils ne doivent pas se soucier des clients étrangers et oublier leurs obligations ; à l’heure de la prière ils doivent certainement fermer leurs magasins. Et partout dans le monde les ahmadis doivent agir en ce sens et être très vigilants concernant leurs devoirs.

L’exemple de ces rappels constants sont à l’image d’un cavalier chevauchant un coursier rapide : s’il ne s’accroche pas fermement sa monture pourra le mettre à terre. Il incombe aux croyants de surveiller à tout instant leurs œuvres : s’il y a la moindre négligence ils perdront leur statut.

Dès que l’on s’engage sur la pente glissante du péché l’on ne cessera de chuter. Quand on surveille ses actions afin d’éviter le péché l’on se protège sous un voile ; une fois à découvert l’on est assaillit de péché de part et d’autre.

Prenons [justement] le cas du port du voile et de vêtements modestes chez la femme musulmane : si elle néglige ces préceptes elle chutera très bas. Il y a l’exemple de ces dames d’un certain âge du Pakistan parties vivre en Australie chez leurs enfants. Certaines en constatant que leurs filles ne respectaient pas les règles [élémentaires] de la modestie islamique les ont réprimandées, leur conseillant de porter tout au moins une écharpe ou un voile. Leurs filles les ont apeurées en répliquant que [selon la loi australienne] c’est une infraction de se vêtir ainsi et que leurs mères ne doivent pas non plus en porter. Et ces dames qui, leur vie durant, avaient l’habitude de se vêtir selon les règles de l’Islam ont été contraintes de faire autrement. En réalité il n’existe pas de telle loi en Australie ; il n’y a pas de telles restrictions et personne n’y fait attention de toute manière. Au fait certaines jeunes femmes et jeunes filles [ahmadies] désirent tout simplement suivre la mode.

Une jeune femme du Pakistan qui s’est récemment mariée en Australie affirme qu’on lui a contraint d’enfreindre les règles vestimentaires de l’Islam ou peut-être qu’elle a été influencée par le milieu. Lors de ma tournée elle m’a promis de porter de nouveau la burqa et elle prie pour qu’elle soit constante dans cette pratique.

Il y a négligence quant à la pratique de la pardah (modestie islamique) parce qu’on ne fait pas des rappels constant à cet effet à la maison. Il convient de souligner constamment la différence entre le bien et mal afin qu’il y ait la réforme.
Le septième obstacle à l’amélioration de soi est la tendance à accorder plus d’importance aux relations humaines qu’à la crainte et l’amour que l’on doit éprouver pour Dieu. Parfois la cupidité, l’amitié, les relations, les conflits, la rancune et la méchanceté ternissent les bonnes œuvres.

Des fois au lieu de respecter [ses engagements] en toute honnêteté, comme le préconise Dieu, d’aucuns avant d’agir, évaluent si leurs actes profiteront à leurs proches ou pourront nuire à leurs adversaires.

Il en est de même de la vérité : certains, avant de dire la vérité se demandent si elle nuira à leurs intérêts ou à ceux de leurs amis au lieu d’y avoir recours en toute situation comme le préconise Dieu. Dans d’autres cas certains témoignent [en toute vérité] contre leurs adversaires avec la seule intention de se venger. Ces faiblesses dans la pratique perdurent parce que la peur et l’amour de Dieu sont absents de cœurs.

Le huitième obstacle à l’amélioration de soi est qu’il extrêmement difficile de se réformer individuellement sans que toute la famille n’y participe. A titre d’exemple l’honnêteté [d’une personne ne sera pas parfaite] si certains de ses proches ne possèdent pas cette vertu. Si le père gagne honnêtement son pain, mais que sa femme vole ses voisins ou que son fils accepte des pots-de-vin, les revenues de toute la maison seront illicites, surtout dans les cas des familles élargies où l’on partage les dépenses.

Il en est de même des autres actions : tant qu’il n’y pas une amélioration collective dans la famille les uns corrompront les autres. Si le père accomplit la Salat mais qu’il n’encourage pas ses enfants en ce sens, ou si sa femme est négligente à ce propos, ou vice-versa, cela affecterait les enfants. J’en ai fait mention lors de mon dernier sermon.

Dieu dit : « Préservez vos propres personnes ainsi que vos familles d’un Feu » (Le Saint Coran, chapitre 66, verset 7). Tout le monde dans la famille doit faire des efforts mais c’est au chef de la famille que revient le rôle le plus important. Dans la plupart des cas quand on néglige [l’état moral et spirituel] de sa femme et de ses enfants, ou quand on est trop indulgent à leur égard on entrave la voie vers la réforme.
Il peut y avoir d’autres obstacles à la réforme mais ces huit raisons les englobent tous. En bref, il y a des obstacles qui empêchent l’homme à marcher sur la voie de Dieu et il est important d’être vigilant à cet égard. Il faut adopter les méthodes grâce auxquels l’on pourra effectuer cette réforme.
Le deuxième Calife a cité l’exemple d’un conférencier de grand renom qui avait la malencontreuse habitude de hausser et de baisser ses épaules quand il prononçait ses discours, ce qui lui attirait les fous rires du public. Afin de se débarrasser de cette manie il s’entraina à répéter ses discours en ayant deux épées suspendues au dessus de ses épaules ; chaque fois qu’il les bougeait elles touchaient les pointes acérées. Après quelques jours d’entrainement il se débarrassa de sa manie.

Ainsi il faut suivre les bonnes méthodes qui favoriseront la réforme. Et tous les membres de la famille doivent agir en ce sens. Sachez tout de même que cela sera impossible sans sacrifices.
Tous les membres de la djama’at doivent réfléchir faire des sacrifices et prendre des engagements fermes. J’avais dit auparavant que nous avons certes triomphé en ce qui concerne nos doctrines à l’instar du concept de la mort de Hadrat Issa (Jésus-Christ) ou sur le Jihad. Nombre de savants musulmans partagent aujourd’hui nos points de vue à cet effet. Peu importe leurs arguments, ils ont été certainement influencés par l’enseignement de l’Ahmadiyya. Cependant jusqu’à présent de nombreuses lacunes minent nos œuvres et elles ne sont pas aptes à présenter cet idéal dont la supériorité sera acceptée de tous.

Nous n’appliquons pas entièrement les préceptes préconisées par l’Islam. Souvent nous imitons les autres au lieu de servir d’exemple. Et des fois, la conduite [de certains des nôtres] nous cause de l’embarras.

Il nous incombe de contenir cette eau spirituelle que nous avons reçue et de la faire couler en rivières afin d’arroser la Terre. Nous devons aussi définir nos limites et nous imposé certaines restrictions afin de pouvoir effectuer notre réforme et c’est là que nous parviendrons à notre objectif. Nous avons certes consenti à des sacrifices pour renforcer l’édifice de notre foi – et nous continuerons à le faire – cependant nous n’avons pas encore consacré toute l’attention nécessaire en ce qui concerne nos œuvres.

Le deuxième Calife a brillamment résumé cette situation grâce à cette analogie : « Nous avons jusqu’à présent bâti les deux murs de notre doctrine : il nous reste encore à bâtir les deux murs qui concernent nos actes et c’est pourquoi les cambrioleurs peuvent à loisir voler nos biens. Si nous complétons nos quatre murs après avoir consenti à des sacrifices toutes les issues seront fermées. »

Promettons dès aujourd’hui de sacrifier nos désirs personnels et ceux de nos familles et de tout endurer afin d’accentuer la réforme de nos œuvres. Afin que nous ne soyons pas vaincu par les autres ni que nous perdions la face et afin qu’aucun voleur ne dérobe nos biens. Que Dieu nous permette d’agir en ce sens !


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce sermon)