La taqwa, vertu essentielle du croyant - sermon du 04 octobre 2013

Imprimer

Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 04 octobre 2013, à la mosquée Baitul Huda, Sydney, Australie.

« J’atteste que nul n’est digne d’être adoré hormis Allah, l’Unique, sans associé ; et j’atteste aussi que Muhammad(s.a.w.) est Son serviteur et messager. Je cherche refuge en Allah contre Satan, le rejeté. Au Nom d’Allah, le Gracieux, le Miséricordieux. » Sa Sainteté a récité ensuite la sourate Al-Fatihah, premier chapitre du Coran, puis a déclaré :

Par la grâce de Dieu aujourd’hui débute la Jalsa Salana de la djama’at de l’Australie et j’ai l’occasion d’y participer une fois encore après un intervalle de sept ans. Cent-vingt trois ans de cela le Messie Promis (a.s) avait organisé pour la première fois cette rencontre à Qadian, un tout petit village de la province du Pendjab, et pas plus de 75 personnes y avaient participé. Aujourd’hui la Jalsa Salana est organisée partout dans le monde, dans de grands et de petits pays, dans des pays riches et pauvres, en bref, sur tous les continents. Il devrait certainement en être ainsi, car comme le Messie Promis (a.s) l’avait affirmé, il ne faut point considérer cette rencontre comme un évènement ordinaire. Elle a pour unique but de soutenir la vérité ainsi que la diffusion du message de l’Islam. De surcroit, ajoute le Messie Promis (a.s), la première brique de cette communauté a été posée par la main de Dieu.

La Jalsa Salana n’a pas pour seule vocation de réunir les gens : elle est une preuve de la véracité du Messie Promis (a.s) et celle de la djama’at Ahmadiyya. Elle est l’accomplissement grandiose des prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et des paroles de Dieu « et Il le suscitera parmi d’autres des leurs qui ne se sont pas encore joints à eux…», accomplissement accompagné de signes éclatants.

Le Messie Promis (a.s) affirme que la première pierre de cette communauté a été posée par la main de Dieu : ce ne sont pas là de simples paroles, car chaque jour qui se lève montre des signes du soutien divin en sa faveur. On nous réclame des preuves de sa véracité : si les yeux ne sont pas bandés et si des voiles n’embrument pas les esprits ces Jalsa tenues dans les quatre coins du monde suffiront amplement pour prouver l’authenticité du Messie Promis (a.s). Cette Jalsa Salana, qui débuta dans un tout petit village indien cent vingt-trois ans de cela, est maintenant organisée sur tous les continents : elle se tient aujourd’hui dans cette grande ville de ce pays, ville située à des milliers de kilomètres de Qadian et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants y participent.

Il y a de cela un mois environ cette Jalsa fut organisée dans la capitale de ce pays qui avait régné longtemps en Inde, ce même pays dont les officiers et les prêtres avaient intenté des procès contre le Messie Promis (a.s). Mais aujourd’hui les représentants de cet Etat, leurs leaders, voire leurs prêtres, admettent que le message de la Communauté Ahmadiyya assemble les peuples et les nations. C’est un message d’amour, de compassion, de fraternité, un message que l’on doit répandre dans le monde.

Les États-Unis d’Amérique est la grande puissance au monde et quand ses représentants participent dans nos rencontres ils admettent que c’est la djama’at Ahmadiyya qui leur a présenté le véritable visage de l’Islam.

D’une part les Jalsa Salana ont pour vocation d’accentuer le progrès intellectuel et spirituel des ahmadis – et il doit en être ainsi – mais d’autre part elles sont un moyen pour faire admettre aux autres les beautés de l’Islam, accomplissant ainsi les paroles du Messie Promis (a.s), notamment que cette rencontre a pour objectif de soutenir la vérité et diffuser le message de l’Islam. Son but premier repose sur l’effort de faire avancer le message de l’Islam, et de prouver qu’il est la plus éminente des religions.

Etant donné que les non-musulmans reconnaissent les beautés de l’Islam grâce aux efforts de la djama’at Ahmadiyya, un Islam qui n’est rien d’autre que celui que présente le Saint Coran, n’incombe-t-il pas à un ahmadi de saisir davantage ses responsabilités ? En participant dans cette Jalsa il doit affiner davantage ses aptitudes ayant trait à sa connaissance, à sa pratique, à ses croyances et à sa spiritualité.

Selon le Messie Promis (a.s) ceux qui sont présents à la Jalsa Salana doivent servir d’exemple de Taqwa, de crainte divine, de compassion, de fraternité d’humilité et de modestie. Il faut qu’ils fassent naitre en eux l’ardeur nécessaire pour servir la foi et établir un lien vivant avec Dieu. Ils doivent, durant ces jours, analyser le serment d’allégeance [qu’ils ont prêté au Messie Promis (a.s)], serment qui souligne leurs devoirs envers Dieu et envers les hommes.

Le Messie Promis (a.s) affirme : « Je n’ai que faire de ceux qui n’appliquent pas sincèrement les préceptes de la foi. » Ceci est un devoir important qui incombe à tout ahmadi. La mission du Messie Promis (a.s) est d’une haute importance : si nous désirons respecter l’engagement que nous avons pris et faire avancer son œuvre il nous incombe de réfléchir sur les préceptes qu’il nous a présentés et être à la hauteur de ses attentes.

Il ne suffit point de se dire ahmadi : une simple profession verbale ne sert à rien. Il faut chercher à connaître les préceptes énoncés par le Messie Promis (a.s), les œuvres qu’il a préconisés ainsi que les espoirs qu’il avait en nous. Durant les trois jours de la Jalsa nous baignons dans une atmosphère spirituelle : profitons-en pour être à l’image de l’ahmadi idéal. Ceci requiert néanmoins une introspection.

Aujourd’hui j’évoquerai quelques uns des espoirs que le Messie Promis (a.s) avait en nous, ainsi que les rangs qu’il désirait que nous atteignions. Il affirme que ceux qui participent à la Jalsa doivent faire naitre en leur cœur la Taqwa, qu’il défini ainsi : « La Taqwa n’est point une vertu ordinaire ; elle est l’arme grâce auquel l’on vaincra tous ces satans qui ont conquis les aptitudes et les facultés internes de l’homme. Quand ces dernières se trouvent à l’état de Nafsi-Ammara (l’âme qui incite au mal)elles sont autant de Satans. »

La Nafsi-Ammara est l’état où l’âme incite l’homme à commettre des péchés, où elle l’empêche de suivre les préceptes de Dieu pour le pousser vers l’indécence et la turpitude que Satan répand dans le monde ; cette âme embellit les péchés aux yeux de l’homme.

Le Messie Promis (a.s) affirme : « …voilà le Satan de l’homme, qui ne cesse de l’égarer. Si l’homme ne réforme pas ses facultés qui l’incitent [à pêcher], tôt ou tard il en sera l’esclave. Utiliser à mauvais escient, le savoir et l’intelligence se transforment en Satan. D’aucuns sont fiers de leurs aptitudes intellectuelles, de leurs connaissances et cet orgueil les transforme en Satan ou [l’on peut dire] que leur connaissance ou leurs facultés se transforment en Satan. La tâche du Muttaqui est de les reformer toutes, c’est-à-dire de les utiliser à bon escient, au moment approprié et en toute équité. »

Ainsi c’est en respectant ces exigences que l’on méritera le titre de Muttaqui.

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « La Taqwa est d’une grande importance pour notre djama’at. D’autant plus que ses membres ont établi une relation et ont prêté allégeance à une personne qui se dit être l’envoyé de Dieu. [La taqwa est essentielle] afin que ceux qui se vautraient dans l’inimitié, la rancœur, ou le polythéisme, ou qui s’étaient amourachés de ce bas monde, puissent se libérer de ces malheurs. »

Si en ayant prêté allégeance [au Messie Promis (a.s)] l’on n’apporte pas en sa personne des changements pures, l’on n’atteindra point les objectifs de ce serment.

Le Messie Promis (a.s) nous conseille en ces termes : « Suivez la voie de la Taqwa, car elle est la synthèse et le cœur de la shariah. Les degrés et les rangs de la Tawqa sont nombreux : néanmoins dans sa quête le chercheur sincère doit parcourir les premières étapes avec constance et dévouement. Et c’est là que suite à sa droiture et à sa sincérité, qu’il pourra atteindre les sommités [de la tawqa].

Allah déclare :

إِنَّمَا يَتَقَبَّلُ اللَّهُ مِنَ الْمُتَّقِينَ

à savoir qu’Allah exauce les prières des muttaqui. C’est là une promesse de Dieu et Il ne la brisera pas, comme Il l’affirme :

إِنَّ اللَّهَ لَا يُخْلِفُ الْمِيعَادَ

« Allah ne brise pas Ses promesses. » (Le Saint Coran, chapitre 3, verset 10)

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « La taqwa est la condition sine qua none pour l’exaucement des prières. Ne serait-ce point là la plus grande des sottises si tout en se vautrant dans la négligence et la dissipation l’on s’attend à ce que ses prières soient exaucées ? Il incombe aux membres de notre djama’at de marcher sur la voie de la Taqwa dans la mesure du possible, afin de gouter au plaisir de l’acceptation des prières et afin que l’on progresse dans sa foi. »

« L’homme doit, à tout instant, agir selon les préceptes de la Taqwa. »

« Si l’homme profite de la Taqwa qui lui a été confiée, il sera sans nul doute un wali (ami de Dieu) »

« Je l’affirme en toute certitude, que cette Oummah a vu naitre des gens doués de grandes facultés, emplis de lumière, de sincérité et de pureté. Que personne ne s’imagine priver de ces facultés. Allah a-t-Il dressé une liste [des récipiendaires de Ses faveurs] qui démontrera qu’untel en sera privé ? » Certainement il n’existe pas pareille liste.

Le Messie Promis (a.s) souligne : « La munificence de Dieu est grande ; elle est un océan profond et ne tarira jamais. Et celui qui se consacre à sa quête n’en sera jamais privé. Levez-vous pendant la nuit pour Le supplier et implorer Ses grâces. Au cours de chaque Salat il y a tant d’occasions pour prier : les génuflexions, quand on se tient debout, quand on s’assied et au cours des prosternations. Et doit accomplir la prière à cinq reprises pendant la journée : il y a celle d’Al-Fajr, de Zuhr, d’Asr, de Maghrib et d’Isha. Et afin de progresser davantage il y a les prières d’Ishraq et de Tahajjud. Ce sont là autant de moment pour prier. »

Expliquant le but de la Salat le Messie Promis (a.s) dit : « L’objectif principal de la Salat est de supplier Dieu. L’implorer est un acte conforme à la loi naturelle édictée par Dieu Lui-même. Ainsi quand l’enfant pleure et exprime sa détresse, sa mère, terrassée d’angoisse, lui offre son lait. Il en est de même dans la relation entre Dieu et son serviteur ; mais tout le monde n’est pas à même de saisir cette analogie. Quand l’homme s’effondre devant le seuil de Dieu, Lui présente son cas en toute humilité et contrition et Le supplie [de lui accorder ce dont il a besoin], la munificence divine s’active et Dieu ressent de la pitié à l’égard du requérant. Le lait des faveurs divines exige pleurs et lamentations. Ainsi l’on doit lui présenter des yeux en larmes. »

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « D’aucuns pensent, à tort, que l’on ne recevra rien de ses pleurs, de ses lamentations et de ses prières… » (Aujourd’hui l’athéisme a engendré, avec force et ténacité, pareilles pensées dans l’esprit des jeunes et des autres.)

Le Messie Promis dit donc : « D’aucuns pensent, à tort, que l’on ne recevra rien de ses pleurs, de ses lamentations et de ses prières. Pareilles idées sont trompeuses. Ceux qui les entretiennent n’ont foi ni en Dieu ni en la puissance de Ses attributs ; s’ils étaient animés d’une foi sincère ils n’auraient pas eu l’audace de nourrir de telles pensées. Toutes les fois qu’une personne s’est tournée vers Dieu avec le repentir sincère, Celui-ci lui a toujours accordé Sa grâce… » Ainsi la condition essentielle est la Tawbah sincère et le respect des préceptes divins.

Il est dit dans un couplet en persan : « A quoi bon cet amoureux dont la bien-aimée ne se soucie guère de sa personne ? Mon ami ! Pourquoi ne pas ressentir douleur et peine quand vous êtes en présence de Celui qui vous en soulagera ? » Le Messie Promis (a.s) ajoute : « Dieu désire que vous vous tourniez vers Lui le cœur purifié : la seule exigence est de créer en vous la condition appropriée. Apportez en vous ces changements sincères afin que vous soyez acceptés par Dieu. Et je vous informe en toute vérité que Dieu possède des pouvoirs magnifiques, des sources de faveurs et de bénédictions intarissables ; mais pour les voir et en profiter il sied de posséder ces yeux emplis d’amour. Si l’affection est sincère, sachez que Dieu exauce dans une grande mesure les prières et accorde Son soutien. »

En évoquant l’importance de l’humilité le Messie Promis (a.s) déclare :

« Il est très important pour les ahl-e-taqwa (les personnes pieuses) de passer leur vie dans la pauvreté et la soumission. Ceci est une branche de taqwa par laquelle nous pouvons nous débarrasser de la colère injustifiée. Le dernier stade, qui s’avère être le plus crucial pour les gens pieux et honnêtes, est d’éviter la colère. L’arrogance et la vanité proviennent de la colère ; et, inversement, la colère est quelques fois une conséquence de l’arrogance et de la vanité. La colère est engendrée lorsque l’homme donne préséance à son nafs (moi) sur celui de l’autre […] Je ne désire point que les membres de ma djama’at se considèrent les uns les autres inférieurs ou supérieurs, qu’ils soient hautains ou méprisants envers autrui. Dieu sait qui est grand ou petit. Pareilles pensées sentent le dédain et j’ai peur que ce mépris, à l’instar d’une graine, ne pousse et n’engendre la destruction de son auteur. »

Si l’on nourrit ce mépris en son cœur, il sera à l’instar de la semence mise en terre, qui poussera et se transformera en arbre.

« Certains traitent avec grande courtoisie les grands de ce monde. Mais grand est celui qui écoute en toute humilité les paroles de l’humble et qui accorde de l’importance à ses propos et qui ne blesse pas ses sentiments. Dieu affirme à ce sujet :

وَلَا تَلْمِزُوا أَنْفُسَكُمْ وَلَا تَنَابَزُوا بِالْأَلْقَابِ بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمَانِ وَمَنْ لَمْ يَتُبْ فَأُولَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ

« Et ne vous diffamez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas entre vous des sobriquets par sarcasme. C’est en effet très vilain de se faire une mauvaise réputation après avoir professé la croyance ; et ceux qui ne se repentent pas sont du nombre des injustes. » (Le Saint Coran, chapitre 49, verset 12)

« Celui qui méprise l’autre ne mourra pas avant d’avoir été frappé lui-même du mal dont il l’accuse. Ne méprisez pas vos frères. Etant donné que vous vous désaltérez tous à la même source, comment savoir qui en boira davantage ? »

Nous sommes tous les serviteurs de Dieu et puisque tout le monde profitera des faveurs divines, qui sait qui en profitera le plus ?

« Le plus honorable n’est pas défini selon les principes de ce monde : le plus grand aux yeux d’Allah est celui qui est le plus Muttaqui. Ceci est énoncé dans le verset suivant : « En vérité, le plus honorable d’entre vous aux yeux d’Allāh est le plus pieux parmi vous. Assurément, Allāh est Omniscient, Très-Conscient. » (Le Saint Coran, chapitre 49, verset 14)

Le Messie Promis (a.s) dit encore : « Allah ne se soucie que de Ses serviteurs pieux. Faites naitre fraternité et affection dans vos relations, laissez de côté brutalité et disputes. Honorez vous les uns les autres, préférez le confort de votre frère au vôtre (c’est là un conseil très important) et réconciliez vous sincèrement avec Dieu (non pas que l’on soit en conflit avec Dieu : se réconcilier signifie ici suivre Ses commandements, L’adorer comme il se doit, et s’acquitter de ses devoirs envers les hommes) – et retournez dans le giron de Son obéissance. La colère de Dieu frappe le monde et s’en protégeront ceux qui se repentiront sincèrement de tous leurs péchés et qui se présenteront à lui. […] Souvenez vous que si vous suivez les préceptes de Dieu et que vous vous efforcez à soutenir Sa religion, Dieu enlèvera tous les obstacles et vous aurez du succès. Ne voyez vous pas que le paysan débarrasse son champ de mauvaises herbes pour faire de la place à des plantes utiles, qu’il embellit son champ de beaux arbres fruitiers et qu’il les protège de toute chose nuisible ? Quant à l’arbre flétri et sec, qui ne porte pas de fruits, le maître du champ ne se soucie guère s’il est dévoré par le bétail ou qu’un bucheron ne le coupe pour le jeter au fourneau.

Souvenez-vous que si vous êtes véridiques aux yeux de Dieu aucune inimitié ne pourra vous nuire. Mais si vous ne vous reformez pas et si vous ne prenez pas l’engagement de vouer une obéissance sincère à Dieu, sachez alors que Celui-ci ne se soucie de personne. Tous les jours ont égorge des milliers des chèvres et de moutons, mais personne ne se lamente sur leur sort. Cependant si un homme est tué il y aura enquête et interrogations. Vous aussi vous connaitrez le même sort si, à l’instar de ces bestiaux, vous vous vautrez dans l’oisiveté et la négligence. Soyez parmi les choisis de Dieu afin qu’aucune calamité n’ose vous frapper, car rien ne s’abat sur terre sans l’aval de Dieu. Mettez de côté disputes, colère et inimitié, car il est grand temps que vous oubliez ces querelles inutiles pour vous consacrer à des tâches plus importantes et glorieuses. Ceci est mon conseil, souvenez-vous en comme de mes derniers vœux : ne soyez point intransigeants et rudes, mais conseillez les autres avec douceur, calme et courtoisie. »

En attirant l’attention de sa djama’at sur le progrès moral qu’elle doit effectuer, le Messie Promis (a.s) dit : « Notre djama’at doit progresser moralement. Car il est dit que la persévérance est meilleure que l’honneur. Sachez que si on vous traite brutalement vous devez, dans la mesure du possible, répondre avec délicatesse et tendresse. N’usez point de violence ni de force pour vous venger… »

Nous disons aux autres que c’est par ce moyen que l’on établira la paix dans le monde. Les gens apprécient ce conseil mais nous devons aussi joindre le geste à la parole et servir d’exemple.

Le Messie Promis (a.s) dit : « L’âme de l’homme passe par trois étapes : Ammara, Lawwama, et Mutmainna. A l’état d’ Ammara, l’homme est esclave de ses pulsions et de ses penchants. Il est dépourvu de tout jugement et se vautre dans la bassesse morale. Mais à l’état de lawwama il maitrise son moi… », C’est-à-dire son cœur lui reproche d’avoir commis des péchés.

« Ceci me rappelle, dit le Messie Promis (a.s), une histoire de Saadi évoqué dans son recueil Boustan : il raconte qu’un chien mordit un sage. Une fois chez lui toute la maisonnée fut au courant de sa mésaventure. Une petite fille candide lui demanda : « Et pourquoi n’avez-vous pas mordu le chien vous aussi ? » Il répondit : « Mon ange ! L’homme ne mord point comme le chien ! » Il en est de même des relations humaines, si un méchant insulte le croyant celui-ci doit se détourner de lui. Sinon l’exemple du chien qui mord s’appliquera à lui. Les choisis de Dieu ont été accablés d’insultes, harcelés à outrance, mais leur dignité leur requiert d’éviter les ignorants. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w), l’homme parfait, a été âprement tourmenté, insulté et traité avec mépris, mais comment s’est comporté la bienveillance personnifiée ? Il a prié en faveur de ses pourfendeurs. De surcroit Dieu lui avait promis que s’il se détournerait des ignares, Il protégera son honneur et sa vie, et ces brutes ne pourront point s’attaquer à lui. Il en fut ainsi : les pourfendeurs du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) n’ont pu porter atteinte à son honneur ; ils sont tombés humiliés à ses pieds ou ont été détruits. C’est l’attribut de lawwama qui reforme l’homme lorsqu’il est pris dans la tourmente. C’est là un fait quotidien : si un rustre ou un ignare vous insulte, ou commet quelque méchanceté à votre encontre, autant vous l’éviterez autant vous préserverez votre honneur. Autant vous vous disputerez avec lui, autant vous vous inviterez la ruine et le déshonneur. Dans l’état de la Nafs Mutmainnah (l’âme apaisée) l’homme se transforme en bien personnifié : il se détache entièrement du monde et de ce qu’il contient d’autre qu’Allah. Certes il foule cette terre, converse avec ses habitants, mais à vrai dire il n’appartient pas à ce monde ; il est d’un autre univers dont le ciel et la terre sont différents. »

Et le Messie Promis (a.s) est venu augurer cette nouvelle terre et ce nouveau ciel. Ainsi si nous tous nous maitrisons notre nafs, l’amour et l’affection régneront davantage dans nos relations et nous ouvrirons de nouvelles voies pour le tabligh. Malheureusement je dois dire que des gens se querellent pour des broutilles ; il y a même eu de tels incidents au cours de la Jalsa [de l’Australie], de fâcheux incidents qui portent atteinte à la sainteté de cette rencontre. J’ai reçu des doléances à ce sujet d’ici : il y a eu, dans le passé, des altercations à l’extérieur sur le parking en raison de différends familiaux ou financiers. Quand ces gens ont quitté la Jalsa, ils ont oublié ce ils y étaient venus faire.

Sachez que vous n’avez pas reçu la consigne d’être patient et tolérant, uniquement lorsqu’il est question des étrangers. Le Messie Promis (a.s) dit qu’il faut certes agir en ce sens quand il est question des autres, mais sachez aussi que le Coran affirme que les croyants sont tendres entre eux. Répandez autour de vous la compassion et l’affection. Faites le plus qu’auparavant et faites le plus que les autres. Le Messie Promis (a.s) a souligné son importance d’où la raison d’accomplir régulièrement notre analyse de conscience.

hadrat-khalifatul-massih-al-khamis
Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

Le Messie Promis (a.s) donne de bonnes nouvelles à ceux qui s’étant joints à sa djama’at, essayent de mettre en pratique ses consignes.

Il dit : « Allah déclare dans le Saint Coran : « et Je mettrai ceux qui te suivent au-dessus des mécréants jusqu’au Jour de la Résurrection ; » cette promesse emplie de réconfort a été donnée à Jésus fils de Marie. Mais je vous annonce la bonne nouvelle que Dieu a utilisé les mêmes paroles en faveur de celui qui allait porter le nom du Messie, Jésus fils de Marie. Ceux qui se sont liés avec moi et qui désirent profiter de cette grande promesse et de cette bonne nouvelle, peuvent-ils se complaire dans l’état de la Nafs Ammara et suivre la voie de la dépravation et de la débauche ? Non, certainement non. Ceux qui estiment à sa juste valeur la promesse divine et qui ne dédaignent pas mes propos comme étant fables et légendes, qu’ils se souviennent que cette relation n’en n’est pas une d’ordinaire ; elle est d’une grande importance et ne se confine pas à ma personne, mais mène jusqu’à Celui qui a noué ce lien entre moi et l’Homme Parfait, celui qui avait apporté au monde l’esprit de la vérité et de la droiture.

J’affirme que s’il n’était question que de ma personne, je ne m’en soucierai guère et je n’aurai aucune crainte à ce sujet. Mais cela ne se limite point à ma personne ; l’effet de ces actions atteindra le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et Dieu. De ce fait écoutez avec attention ceci : si vous désirez profiter de cette bonne nouvelle, souhaitant qu’elle s’applique à vous, si vous désirez remporter cette grande victoire sur les mécréants au jour de la résurrection, sachez alors que cela sera impossible tant que vous ne sortez pas de l’état de Lawwama pour atteindre celui de Mutmainnah. Je n’ajoute pas davantage que vous vous êtes liés à celui qui se dit l’envoyé de Dieu ; écoutez ses propos avec les oreilles de votre cœur et soyez toujours prêts à traduire ces conseils dans la pratique. Agissez-ainsi afin que vous ne soyez pas de ceux qui, ayant accepté [le prophète], vous ne tombiez dans la turpitude de l’incroyance, s’invitant ainsi le châtiment éternel. »

« Souhaiter la reforme de Dieu et utilisez à bon escient ses forces, voila le chemin de la foi. Dans les hadiths il est dit que Dieu ne rejette pas les prières de celui qui Le supplie avec conviction. Ainsi suppliez Dieu en étant animés de certitude et de sincérité. Mon conseil est ceci : faites preuve de noblesse de caractère et vous allez démontrer votre honneur. Celui qui affirme qu’il ne désire point quelque honneur, qu’il sache que Satan le trompe. Honneur ne signifie point orgueil et arrogance. Grace à cet honneur les gens connaitront la vérité de l’Islam et seront ainsi guidés. L’orgueil et l’arrogance ne font pas partie de ces excellences. C’est là une insinuation de Satan.

De millions de musulmans habitent cette terre, est-ce qu’ils ont accepté l’Islam par la force de l’épée et par la contrainte ? Certainement non ! Ce sont les excellences de l’Islam qui les ont attirés. Excellences et honneurs sont de types différents. Ceux qui ont embrassé l’Islam ont vu les excellences des pieux et cela a eu de l’effet sur eux. Ils ont regardé la grandeur de l’Islam et non pas l’épée. De grands chercheurs anglais admettent que l’essence des véritables enseignements islamiques est si forte qu’elle pousse les non musulmans à embrasser l’Islam. »

Quand nos paroles et nos actions seront en accord aux préceptes du Coran, –– comme le souhaitait le Messie Promis (a.s) – notre tabligh sera plus efficace. L’Ahmadiyyah ne se propagera pas [en Australie] en augmentant le nombre de quelques Pakistanais ou de quelques Fidjiens. Afin de présenter son message ici il importe que nos actions puissent attirer l’intérêt des gens d’ici, et c’est là un des objectifs importants de la Jalsa.

Tout ahmadi doit progressez dans la Taqwa, aspirer à de hautes valeurs morales, établir un lien vivant avec Allah, se consacrer à la prière et à la Salat : voilà les œuvres qui seront avantageuses pour les ahmadis à titre individuel et collectif. Toute personne qui essaiera d’atteindre cette norme participera dans le progrès de la djama’at .

Pendant ces jours de la Jalsa faites votre analyse de conscience. Tout ahmadi doit jauger jusqu’à quel point il répond aux attentes du Messie Promis (as) et jusqu’à quel point il applique ses conseils. Il nous incombe d’agir en ce sens afin que nous soyons les héritiers des prières que le Messie Promis (a.s) avait faites pour sa djama’at.

Consacrez beaucoup de temps à la prière et rendez grâce à Allah, qui en nous accordant l’occasion de participer à cette Jalsa nous permet encore une fois de nous réformer.

Prions pour que nous ne soyons pas ceux qui ne profitent pas des faveurs divines. Qu’Allah nous offre à tous la possibilité de profiter pleinement de ces jours bénis et afin que nous méritions les prières du Messie Promis (as).

Après les prières je dirigerai la prière funéraire en absence de Sahibzadi Amtul Rashid Begum Sahiba qui était la fille de Hazrat Mousleh Ma’oud (ra) et de Hazrat Sayeda Amtul Hayy Begum Sahiba et l’épouse d’Abdur Rahim Sahib. Elle est décédée le 30 septembre 2013, à Maryland, aux Etats-Unis à l’âge de 95 ans : Inna lillahi wa inna ilaihayhi rajioune, assurément, c’est à Allah nous appartenons et c’est vers Lui que nous retournons.

Elle était la petite-fille du Messie Promis (as), la fille de Hazrat Mousleh Ma’oud (ra) et la sœur du troisième et du quatrième Califes et ma tante maternelle. Elle avait un lien avec tous les Khulafa depuis l’époque du premier Calife.

Elle avait une relation très affectueuse avec moi et quand feu le quatrième Calife me nomma Amir et Nazir-e-A’la, du respect s’est joint à cette affection, une affection qui a pris un tout autre éclat quand j’ai été élu Calife. La défunte était très compatissante envers les démunis et possédait de grandes qualités. Puisse Allah lui accorder un rang élevé au paradis.

Les jeunes filles de la djama’at qui appartiennent à la Nasiratul Ahmadiyya ont une dette envers la défunte. Cette organisation, fondée en 1939, avait comme première responsable la respectée Ustani Maimoonah Sahiba et sa première secrétaire était la défunte. C’est elle qui avait suggéré le besoin de fonder une organisation pour les jeunes filles à l’instar de la Lajna Immaillah. C’est ainsi que la Nasiratul Ahmadiyya a vu le jour après l’autorisation du deuxième Calife.

Tout le monde témoigne que la défunte était d’une grande simplicité et d’une grande compassion à l’égard des démunis. Son sens de l’hospitalité était exemplaire, surtout pendant les jours de la Jalsa [à Rabwah], où elle offrait toute sa maison aux invités pour loger dans un magasin ou à l’extérieur sous des tentes. Elle a pris grand soin des pauvres. De nombreux enfants qui étaient sous sa tutelle ont déclaré qu’ils ont été traités comme ses fils ou ses filles, que la défunte les a envoyés dans de bonnes écoles, qu’elle les vêtait de bons vêtements et prenait soin de leur nourriture. Elle s’est aussi occupée du mariage de nombreuses orphelines.

En tout cas, selon moi très peu de gens peuvent l’égaler dans sa compassion à l’égard des pauvres. Quand elle prenait sous sa responsabilité un orphelin ou un enfant d’une famille démunie, elle s’occupait de lui comme de son propre enfant.

Qu’Allah exalte son rang au Paradis et lui accorde son pardon et sa miséricorde. La défunte laisse derrière elle trois filles et un fils, le Dr Mansoor Zaheerud Din : ils sont tous aux Etats-Unis. Qu’Allah fasse que ses enfants puissent marcher sur les traces de leurs parents et leur accorde la possibilité d’accomplir de bonnes œuvres.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce sermon)