Les bénédictions du Ramadan - sermon du 12-07-2013

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Au début de son sermon du 12 juillet 2013, Sa Sainteté le Calife a cité le verset suivant : « Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit tout comme il a été prescrit à vos devanciers, afin que vous adoptiez la Taqwa. » (Saint Coran, chapitre 2 verset 184)

Depuis hier a débuté le Ramadan [ici au Royaume-Uni] et tous les remerciements sont dus à Allah qui nous a permis d’en profiter encore une fois. Dans le verset cité au début Dieu attire l’attention du croyant sur l’importance de ce mois ainsi que l’aspect obligatoire du jeûne. Le Coran affirme que le jeûne avait été prescrit aux adeptes des religions antérieures à l’Islam, car c’est un moyen efficace pour progresser spirituellement.

Quoique le jeûne existe dans toutes les religions sa forme a changé au fil du temps. On trouve mention du jeûne des prophètes Moïse et David. Les hindous, à titre d’exemple, s’abstiennent de tout repas préparé sur le feu pendant leur jeûne et certains chrétiens quant à eux évitent de consommer la chair [pendant leur carême].

Baitul-Futuh-Dome-Interieur

Lors d’une réception il y a quelque temps de cela j’étais assis à côté d’un ami chrétien devant qui il n’y avait pas d’assiette. Lui ayant demandé la raison, il m’a répondu qu’il jeûnait. J’étais surpris qu’un homme de ce monde puisse être aussi pratiquant. Au bout d’un moment il y avait une assiette composée de quelques légumes et du riz devant lui : ayant demandé la raison il m’a dit qu’il peut en consommer au cours de son jeûne. Mais par la suite on nous a apporté du poulet et il en a pris. Je lui ai demandé s’il avait aussi le droit d’en manger. Tout souriant il m’a répondu : « Le [deuxième] serveur m’a présenté du poulet et a insisté. Et ma foi me dicte que l’on ne doit rien refuser à son hôte. » Voilà l’état de ceux qui pratiquent ces anciennes religions. Sa courtoisie a eu prééminence sur sa foi. Il en est ainsi parce que ces préceptes n’ont pas été énoncés clairement dans leur livre sacré.

Le Coran a été préservé dans son état originel. Il fait savoir aux croyants que le jeûne du Ramadan est obligatoire et qu’ils doivent s’abstenir de toute nourriture de l’aube jusqu’au crépuscule. La Taqwa et le plaisir de Dieu en sont les objectifs.

La Bible évoque les apôtres de Jésus qui avaient jeûné pour le plaisir de Dieu. Elle dit aussi que cette pratique affine la spiritualité et qu’elle guérit les maux. Mais le concept de la rédemption a complètement anéanti l’esprit du jeûne chez les chrétiens. Le Saint Coran a prescrit le jeûne tout en présentant son but ainsi que sa récompense.

Le Messie Promis (a.s) dit à ce propos : « Le jeûne du Ramadan est le troisième pilier de l’Islam. Nombre de personnes en ignore l’importance et sa réalité. Le jeûne ne signifie pas uniquement s’affamer et s’assoiffer : sa réalité et son impact peuvent être ressentis par l’expérience. Moins l’homme consommera plus il pourra se purifier l’âme et son aptitude à voir des visions s’affinera davantage. Dieu désire diminuer un type de nourriture et en augmenter un autre. Celui qui jeûne doit comprendre que son objectif n’est pas de s’affamer et de s’assoiffer. Il doit s’engager dans le souvenir de Dieu afin qu’il puisse couper ses liens avec ce bas monde et se tourner vers Dieu. L’objectif est qu’il doit abandonner un type de subsistance qui suffit à nourrir son corps charnel et à acquérir une autre nourriture qui est source de confort et de satisfaction pour son âme. Ceux qui jeûnent uniquement pour l’amour de Dieu et non pas par tradition doivent louer Dieu, Le glorifier et proclamer Son unicité. » (Malfuzat, Vol. 9, pages 122 à 123)

D’aucuns peuvent croire qu’il suffit de s’affamer pour se purifier l’âme. Ceci va à l’encontre des préceptes du Saint Coran car l’objectif c’est d’acquérir la Taqwa en se consacrant au souvenir de Dieu durant le jeûne. Certains ermites sont aussi récipiendaires de visions rien qu’en s’affamant. L’objectif du croyant quant à lui c’est de se tourner davantage vers Dieu et de se couper de ce bas monde. C’est en vouant culte à Dieu que l’on pourra le faire.

Le véritable jeûne est celui au cours duquel on délaisse, pour la cause de Dieu, sa subsistance et tout ce qui était naguère licite. Si auparavant l’on combinait ses Salat ou que l’on était en retard dans la prière durant le Ramadan il faut faire preuve d’une plus grande vigilance. Le dhikr et l’ ibadah doivent prédominer sur tout autre chose.

Le Messie Promis (a.s) nous encourage aussi de louer Dieu. Mais il ne faut point se contenter d’un simple exercice verbal : ces louanges sont dues uniquement à Allah. Si au cours de l’année nous ne nous sommes pas tournés vers Dieu, pendant ce mois nous Lui demandons de nous guider afin que nous puissions éviter l’égarement à l’avenir.

Il faut aussi comprendre que tout honneur se trouve entre les mains de Dieu. Au cours de ce Ramadan nous devons aussi demander à Dieu de nous accorder la possibilité d’accomplir des bonnes œuvres qui nous rapprocheront de lui. Les honneurs et les orgueils de ce bas monde ne doivent point être nos objectifs. Notre confiance doit résider uniquement en Dieu. Tout en le glorifiant nous devons aussi lui demander de nous protéger de toute forme d’impuretés et que ce Ramadan puisse faire naître la Taqwa en nous.

Le Messie Promis (a.s) nous demande aussi de proclamer l’unicité de Dieu et d’avoir la certitude que seul Dieu mérite toute adoration et que Lui seul pourra nous protéger de tout malheur. Il est notre seul soutien, d’où la raison de se prosterner devant Lui. Le croyant doit aussi demander à Dieu de pérenniser en sa personne ces changements qu’il a apportés au cours du Ramadan afin qu’ils fassent partie intégrante de sa vie. Le Messie Promis (a.s) affirme que tout cela doit engendrer le tabattul : un état où l’on se consacre entièrement à Dieu et où l’on met de côté tout désir matériel afin de mériter Son plaisir. Et il faut aussi éviter toute chose futile ayant trait à ce bas monde.

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Ce sont là de grands objectifs qui requièrent de grands efforts. Il faut respecter toutes les exigences du Ramadan tout en accomplissant d’autres ibadah. C’est à ce prix que l’on pourra acquérir la Taqwa.

Les adeptes des autres religions ont abandonné leurs préceptes [originaux] et n’ont pas respecté les limites fixées par Dieu et accordent plus d’importance à la courtoisie. Ils ont oublié que le jeûne est un acte d’adoration. C’est du polythéisme que le plaire à son hôte par politesse en mettant de côté les préceptes de Dieu. Le jeûne a été prescrit à nos devanciers, mais leurs religions ont été corrompues et ils ont oublié d’esprit derrière ces commandements divins.

Il y a ces musulmans qui au lieu de saisir l’esprit du jeûne et de se tourner vers Dieu sont fiers de leurs actes. Il y a par exemple des soi-disant dévots qui évoquent leurs jeûnes obligatoires ou facultatifs aux autres afin de les impressionner. Ceci contredit ce principe qui est de ne pas dévoiler ses œuvres nawafil ou facultatives.

Certaines personnes font étalage de la longueur de la journée et de l’âpreté du jeûne. Ensuite afin de se faire valoir ils donnent des détails concernant le peu qu’ils mangent le matin ou pour rompre leurs jeûnes. Certes des fois on en fait mention inconsciemment mais beaucoup le font dans le seul but d’impressionner les autres.

Il y a ensuite ces soi-disant oulémas qui clament manger très peu en raison de l’affliction qu’ils ressentent pour l’Islam. Un jour l’un d’entre eux a pris son petit-déjeuner chez un de ses disciples. Son hôte lui a présenté du poulet rôti et le grand érudit en a consommé trois. Le même jour dans son discours afin d’impressionner la foule, il a dit : « Moi qui suis descendant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) en raison de ma détresse pour notre religion je n’ai pas consommé depuis ce matin un seul grain [de riz]. » Son hôte, qui était devant lui et qui a relaté toute l’histoire, était stupéfait lui qui l’avait servi du poulet le matin même. En tout cas le mollah n’avait pas menti : il n’avait pas mangé un seul grain de riz mais trois poulets entiers.

Si vos ibadah ne sont que de pure forme, sachez que ceux qui vous ont précédé n’ont pas été récompensés pour des actes ostentatoires. Si votre objectif est uniquement d’impressionner les gens de ce monde, vous pourrez le faire, mais vous ne mériterez aucune récompense de la part de Dieu, car vous ne possédez pas la taqwa. Seul Dieu pourra décréter qui marche sur les voies de la Taqwa et qui ne le fait pas. Quand le croyant agira ainsi ses jeûnes attireront le plaisir de Dieu, purifieront son âme et l’aideront à accomplir de bonnes œuvres.

A cet effet le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a déclaré : « Celui qui jeûne au cours du Ramadan étant sincère dans sa foi, tout en faisant son analyse de conscience aura ses péchés antérieurs pardonnés. »

Allah a aussi dit qu’Il sera la récompense du croyant qui jeûne ; c’est-à-dire Lui seul connaît la récompense qu’Il accordera. Ainsi nos jeûnes doivent être motivés par ces préceptes : nous ne devons point jeûner tout simplement parce que tout le monde le fait. Il ne suffit pas de s’affamer de l’aube jusqu’au crépuscule : c’est le plaisir de Dieu qui doit primer.

Ce jeûne doit être le bouclier qui nous protègera de tout péché et qui nous ouvrira la voie vers la vertu. Nous devons aussi nous consacrer au souvenir de Dieu et embellir nos nuits de prières facultatives. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a souligné l’importance de ces dévotions optionnelles : c’est un moyen de se faire pardonner ses péchés.

Le jeûne du Ramadan comporte aussi des avantages physiques. Des médecins ont admis que jeûner pendant un mois est bénéfique pour la santé. Ainsi si le but de celui qui jeûne est de chercher le plaisir de Dieu, il en tirera aussi des avantages physiques.

Le Ramadan est aussi un moyen pour embellir la société, en favorisant l’esprit de sacrifice et le partage. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) nous sert d’exemple encore une fois : au cours du Ramadan ses aumônes prenaient une telle ampleur qu’elles ressemblaient à des rafales de vent. Il incombe au croyant de l’émuler, car c’est là un moyen pour mettre fin à tout remous dans la société. Le croyant doit ressentir la souffrance de son frère et lui être compatissant. Ces sentiments engendreront dans leur sillage la reconnaissance et l’affection.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) nous conseille aussi de répondre « je jeûne » à celui qui nous cherche querelle. C’est là un autre moyen pour acquérir la Taqwa : et pour se faire il faut se maîtriser et éviter les disputes. Toute médisance et tout mensonge sont aussi à proscrire.

Celui qui jeûne ne doit pas utiliser sa langue à mauvais escient. S’il a pu la maîtriser pendant un mois il pourra éviter de grands péchés à l’avenir si cette habitude fait partie intégrante de sa nature.

L’objectif du Ramadan n’est pas d’accomplir ces bonnes œuvres pendant un mois pour ensuite commettre des péchés durant le reste de l’année. Il nous incombe de faire notre analyse de conscience et de parcourir ces voies qui mènent vers la Taqwa.

Dieu ouvre les portes du paradis et ferme celles de l’enfer durant le Ramadan : à nous de faire de notre mieux pour nous purifier et profiter de Ses faveurs. Faisons de sorte que les portes du paradis soient toujours ouvertes afin que notre repentir soit agréé par Dieu. Celui-ci est plus joyeux quand son serviteur se repent qu’une mère qui retrouve son enfant perdu. Mais nous pourrons profiter de la joie de notre Seigneur en adoptant la Taqwa et en atteignant les sphères les plus élevées dans nos ibadah obligatoires et facultatives, en respectant les exigences du Ramadan et en accomplissant nos devoirs envers autrui. Que Dieu, nous fasse en profiter au cours de ce mois.

Après la prière du vendredi Sa Sainteté le Calife a dirigé la prière funéraire de

· Madame Irfana Shakoor Sahiba qui est décédée le 9 Juillet à l’âge de 62 ans. C’était une femme pieuse aimée par son entourage. Elle conseillait toujours sa famille et ses amis de se cramponner à la djama’at. Elle laisse derrière elle son mari, trois filles et deux fils.

· Maleeha Anjum, décédée le 9 juillet, après une longue maladie. Elle avait cinq ans et était Waqfe-Nau.

Sa Sainteté le Calife a aussi accompli la prière funéraire in absentia de Maulwi Abdul Karim Sharma. Il est décédé il y a quelques semaines et son enterrement a eu lieu. Il est né en 1918 et a étudié à Jamia Ahmadiyya de Qadian. Son père, qui était hindou, avait embrassé l’Islam sur les mains du Messie Promis (a.s) en 1904. Maulwi Abdul Karim Sharma avait dédié sa vie au service de l’Ahmadiyya à l’âge de 26 ans. Il a servi en Afrique de l’est pendant 29 ans et s’était établi au Royaume-Uni depuis 1978. Il a été membre du collège électoral pour le Califat.
Il venait à la prière du vendredi à la mosquée Fazl en fauteuil roulant : il y saluait le Calife quand celui-ci partait pour la mosquée Baitul-Futuh. De l’amour et de l’affection dégageait de son visage. Son petit-fils a raconté qu’il avait beaucoup d’estime pour le Califat. Son petit-fils est un Waqfe Zindagi et se trouve en Suède : que Dieu lui permette de marcher sur les traces de son grand-père.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)