Le respect des engagements et des obligations - sermon du 12-04-2013

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Sa Sainteté le Calife a cité au tout début de son sermon du 12 avril 2013 le verset cinquante-neuf du chapitre quatre du Saint Coran :

إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُكُمْ أَنْ تُؤَدُّوا الْأَمَانَاتِ إِلَى أَهْلِهَا وَإِذَا حَكَمْتُمْ بَيْنَ النَّاسِ أَنْ تَحْكُمُوا بِالْعَدْلِ إِنَّ اللَّهَ نِعِمَّا يَعِظُكُمْ بِهِ إِنَّ اللَّهَ كَانَ سَمِيعًا بَصِيرًا

« En vérité, Allah vous commande de céder les charges à qui de droit, et quand vous jugez entre les hommes, de juger avec justice. Et assurément ce à quoi Allah vous exhorte est excellent ; en vérité, Allah entend tout et voit tout. » (4 : 59)

Cette année, comme tous les trois ans, il y aura au sein de la communauté les élections des Omara[1], des présidents et des responsables des différents postes. Ce processus a déjà débuté dans certains pays et les grandes djama’at vont aussi élire les membres de la Majlis-i-Intikhab.

Ces scrutins sont cruciaux pour la gestion administrative de la communauté ; d’où l’importance d’élire ceux qui s’acquitteront au mieux de leurs devoirs. Voila ce que recommande aux croyants le verset cité plus haut. Il explique aussi aux responsables que s’ils ne respectent pas leurs engagements ils s’attireront la colère de Dieu.

La première responsabilité repose sur les épaules des électeurs : ils ont le devoir de confier ces dépôts à ceux qui en sont dignes. Avant de voter ils doivent se demander si la personne de leur choix sera capable d’assumer cette fonction. Plus lourde sera la responsabilité plus grande doit être la vigilance des électeurs, car ils se sont réunis afin de conseiller le Calife pour qu’il confie un poste à leur élu. En tant qu’électeur vous ne devez pas voter pour untel tout simplement parce que vous l’aimez, parce qu’il est votre parent ou appartient à votre clan. Aucune appartenance ethnique ou autre ne doit ternir cette élection. Dieu demandera des comptes à la fois aux élus et aux électeurs. Il regarde de près vos actions et vous ne pourrez pas Le tromper car Il est Omniscient.

Dieu accordera certainement son soutien aux croyants quand ils L’imploreront avant qu’ils n’élisent leurs responsables. Et selon la tradition de la djama’at avant d’entamer toute œuvre nous commençons par la prière.

hadrat-khalifatul-massih-al-khamis
Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

Si en toute sincérité nous demanderons à Dieu de nous guider Il le fera certainement. Tout électeur doit mettre de côté sa sympathie à l’égard d’untel ou toute relation personnelle. Les jeunes et les nouveaux venus doivent aussi comprendre que les électeurs proposent au Calife les responsables de leur choix et c’est à lui que revient la décision finale. Pour diverses raisons, dans certains cas il choisit un autre à la place du candidat qui a reçu la majorité des votes.

La constitution donne le droit à l’Amir national d’entériner les élections des responsables au niveau local. Il a aussi le pouvoir de rejeter le vote de la majorité, mais en règle générale il doit respecter le choix des électeurs. Pour cette année-ci les Omara du Royaume Uni, des djama’at européennes, des Etat-Unis, du Canada, et de l’Australie devront demander la permission au Calife s’ils désirent modifier le choix des électeurs. Quant aux Omara des autres pays ils pourront avaliser les élections locales comme le leur permet la constitution. Par contre l’aval du Calife est requis pour ce qui est du choix des membres du bureau national.

Il n’y pas d’élections pour certaines fonctions comme celui du secrétaire Rishta-Nata (affaires matrimoniales). L’Amir de la djama’at, le président, ou un secrétaire peuvent confier une responsabilité à la personne de leur choix, mais cela ne doit pas reposer sur leurs relations personnelles. Ils doivent considérer tous les membres de la djama’at et choisir celui qui sera le plus apte à assumer cette responsabilité. Sinon ce sera du népotisme, une chose qui est déplaisante en Islam.

Mais si l’on confie un poste à la personne la plus capable et que celle-ci se trouve être son ami ou son proche, ceux qui ont l’habitude de faire des critiques à tort et à travers ne doivent pas soulever d’objections. Le fait que l’Amir ou le titulaire d’un poste soit apparenté ou ami de la personne de son choix n’est pas un péché tel que l’on doit priver le concerné de ce service.

Allah recommande la justice dans le verset cité plus haut. S’il y aura du népotisme, si l’on sera sévère à outrance à l’égard d’untel pour être exagérément indulgent envers un autre il n’y aura plus de justice ni de bénédiction.

Toute décision prise par un responsable concernant les membres doit reposer sur l’équité. Si l’on accorde un traitement préférentiel à untel parce que c’est un ami ou parce qu’il appartient à telle famille, cela créera du mécontentement au sein de la djama’at. De même si après une demande du Calife on lui présente des rapports inexacts, son jugement sera faussé. En le poussant à prendre une mauvaise décision le responsable rendra le Calife tout aussi coupable que lui. Ainsi avant d’accomplir toute tâche ou de rendre quelque service l’on doit user de son raisonnement et accomplir ses devoirs honnêtement. Ces postes ne sont pas synonymes de grandeur. Certainement Dieu, qui regarde tout, vous demandera des comptes si vous n’assumez pas vos responsabilités.

Les gens désirent des postes, mais s’ils savaient à quel point ces responsabilités sont grandes et que Dieu peut châtier celui qui ne respecte pas ses engagements, tout responsable passera chaque instant de sa vie dans l’istighfar (le repentir). Après son élection et l’approbation du Calife tout titulaire de poste est lié par un engagement. Il s’attirera la colère divine s’il n’use pas de toutes ses aptitudes dans l’exercice de ses fonctions. Il doit aussi comprendre que ses lacunes peuvent affecter ou ternir l’image de la djama’at, d’où la raison d’être un exemple et d’accomplir ses devoirs religieux.

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Un responsable ne peut dire qu’il est libre d’agir comme bon il lui semble dans ses affaires personnelles. Il ne peut clamer que cela n’a aucune relation avec la djama’at. Tout ce qui a trait à sa personne doit, en toute circonstance, être en accord aux préceptes de la communauté.

Les électeurs, quant à eux, doivent élire ceux dont le niveau de taqwa est très élevé. Nous clamons avoir accepté l’Imam de l’époque afin de grandir dans notre taqwa : dans ce cas nous devons assumer nos responsabilités avec une plus grande attention. Parmi les qualités des croyants Dieu affirme qu’ils «…veillent sur les dépôts qui leur sont confiés et sur leurs engagements… » (Le Saint Coran, chapitre 23, verset 9). Ainsi chacun d’entre nous dans son cercle respectif doit assumer à fond ses rôles.

Nous avons tous fait la promesse de préférer la foi à ce bas monde : les responsables en premiers doivent mettre cela en pratique. Désirer un poste est contraire aux préceptes de l’Islam. Mais si vous souhaitez servir la communauté et que l’on vous confie une fonction vous devriez l’assumer entièrement. Commentant sur le verset cité plus haut le Messie Promis (a.s) dit :

« Dans ce verset (23 : 9), Dieu n’évoque pas uniquement ceux qui ont maitrisé l’âme qui attisent leurs penchants charnels et ceux qui ont triomphé sur leur passions : ce verset décrit ceux qui respectent de leur mieux chaque aspect de leurs engagements envers Dieu et envers les hommes. Et qui s’efforcent de marcher sur les voies subtiles de la taqwa. Le terme « ra’oune » signifie « respecter » et selon l’usage arabe il s’applique à une personne qui fait de son mieux pour marcher sur ces voies subtiles tout en essayant de respecter toutes ces conditions et n’en négligeant pas un seul aspect. […] Il ne se satisfait pas du fait qu’il respecte vaguement ses engagements et qu’il soit plus ou moins honnête [dans ses affaires] mais il vit dans une crainte constante, attention que dans l’invisible il ne soit coupable d’un acte malhonnête. Ainsi il use de toutes ses aptitudes et médite sur toutes ses actions de peur qu’il n’y a en lui quelque défaut caché : c’est cette considération que l’on qualifie de Taqwa. » (Ecrit du Messie Promis)

Le Messie Promis (a.s) ajoute : « [il s’agit du] croyant qui n’est point négligent dans ses relations avec Dieu ou les hommes de peur qu’il ne tombe sous la condamnation divine. C’est pour cette raison qu’il respecte au plus haut point ses engagements. […] Il scrute son for intérieur avec la lunette de la Taqwa pour y déceler les lacunes cachées ayant trait au respect de ses engagements. Dieu lui a confié des dépôts à l’instar de ses dispositions, des membres de son corps, de ses biens, de son honneur. En respectant les règles de la Taqwa il utilise à bon escient ces aptitudes. Il a pris un engagement quand il a accepté Dieu ; et il fait de son mieux pour le respecter. S’il y a un différend il le juge en respectant les préceptes de la Taqwa ; même s’il doit subir des pertes suite à cette décision. » (Ecrit du Messie Promis)

Le Messie Promis (a.s) déclare que la beauté spirituelle de l’homme se trouve dans les voies subtiles de la Taqwa. Ainsi il doit respecter l’engagement qu’il a pris avec Dieu et utiliser à bon escient les aptitudes qu’il possède. Et il doit être vigilant concernant les attaques sournoises lancées par Satan. Il doit utiliser chaque particule de son corps pour accomplir ce que Dieu préconise et éviter les péchés qu’Il a proscrits.

Expliquant davantage le sens de la Taqwa il affirme :

« Libas-ut-Taqwa (Le vêtement de la Taqwa) est un terme du Saint Coran ; cela indique que la beauté spirituelle est tributaire de la Taqwa. La Taqwa signifie que l’homme doit s’évertuer à respecter toutes ses charges et tous ses engagements spirituels qui le lient à Dieu ; et il doit en faire de même concernant les charges et engagements qui le lient avec la création de Dieu. Il doit s’appliquer à honorer les exigences les plus subtiles de ces engagements. » (Barāhine-Ahmadiyyah 5e partie, Ruhani Khaza’in, vol. 21, note de bas de page, p. 210)

Les membres de la djama’at pourront voter pour ceux qui respecteront leurs devoirs quand le niveau de la Taqwa au sein de la djama’at sera élevé. Ainsi tout ahmadi doit examiner sa personne et accroitre sa Taqwa.

Je vais évoquer quelques qualités que tout ahmadi en général et les responsables en particulier doivent posséder afin que tous puissent respecter leurs engagements. Le contraire engendra le non respect des droits des autres.

Il y a ceux dont les affaires sont louches mais qui sont prompts à critiquer les autres. Cela engendre du mécontentement dans la société. L’Islam est une religion de paix. Autant elle en a souligné l’importance autant les musulmans sont trahissent leurs paroles et fomentent des troubles. Cette situation a aussi une influence négative sur les ahmadis.

Le croyant doit assumer ses responsabilités internes et externes : cela concerne aussi bien sa vie familiale que conjugale. Le mariage est aussi un engagement, mais nous constatons que certains époux se trompent. Je l’ai dit maintes fois auparavant : il y a d’aucuns qui travaillent très bien pour la djama’at, mais qui n’accomplissent pas leurs devoirs à la maison. Allah déclare que l’on aura des comptes à rendre pour tout engagement. A propos des croyants Il déclare qu’ils « …tiennent leur promesse quand ils en ont fait une… » (Le Saint Coran, chapitre 2, verset 178).

Afin d’instaurer une atmosphère où règne l’entente il est primordial de respecter les sentiments des uns et des autres. A ce propos le Saint Coran affirme :

وَلَا تَلْمِزُوا أَنْفُسَكُمْ وَلَا تَنَابَزُوا بِالْأَلْقَابِ

« Et ne vous diffamez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas entre vous des sobriquets par sarcasme. » (Le Saint Coran, chapitre 49, verset 12)

Il en est de ces responsables qui ne maitrisent pas leurs propos et qui blessent les sentiments de leurs assistants ou des visiteurs. Quand ceux qui sont faibles de foi en sont témoins ils deviennent hostiles envers les responsables et la djama’at. Le verbe تَلْمِزُوا (talmizou) à pour sens « repousser, contraindre ou frapper quelqu’un ». Il signifie aussi émettre des critiques malveillantes, chercher les faiblesses des autres ou proférer des paroles déplacées. Si les responsables ne respectent pas ces injonctions, ils n’auront pas d’autre effet que d’offenser les autres.

Une autre mauvaise habitude serait de donner des sobriquets déplaisants aux autres. Tout croyant doit éviter pareille action et faire naitre l’amour et l’affection autour de lui.

Les responsables doivent dépenser avec maintes précautions l’argent de la communauté. Le gaspillage est proscrit. Les préposés aux départements à gros budget comme l’hospitalité, la cuisine et la Jalsa Salana doivent faire le maximum avec moins de dépense. Le Messie Promis (a.s) ne se souciait pas d’où viendrait l’argent mais s’il y aurait des gestionnaires aptes à dépenser à bon escient les biens de la djama’at.

Un autre signe des croyants et des responsables en particulier est qu’ils doivent éviter toute conversation futile et la compagnie de ceux qui se moquent des autres et qui ne respectent pas les traditions religieuses. Le Saint Coran dit à ce propos :

وَالَّذِينَ هُمْ عَنِ اللَّغْوِ مُعْرِضُونَ

« Et qui se détournent de tout ce qui est vain… » (Le Saint Coran, chapitre 23, verset 4)

A ce sujet le Messie Promis (a.s) dit : « Le sens [de ce verset] est que le croyant est celui qui évite les relations futiles car c’est un moyen pour établir un lien avec Allah. Affranchir son cœur des propos futiles signifie l’assujettir à Dieu. » (Ecrit du Messie Promis)

L’avarice non plus ne sied pas aux croyants. Les responsables doivent certes empêcher tout gaspillage mais cela ne veut point dire qu’ils doivent éviter de dépenser là où c’est nécessaire. Non plus qu’ils doivent faire des largesses en faveur d’untel et d’être avare dans le cas d’un autre.

Une qualité spéciale des titulaires de charge est qu’ils doivent maitriser leur colère. Le Saint Coran déclare: «...ceux qui répriment leur colère...» (3:135). Dans certains cas la colère est nécessaire afin qu’il y ait de la réforme, mais il est inacceptable que les responsables se mettent en colère pour la moindre broutille.

Le Coran énonce: « …vous devez parler avec bienveillance aux hommes…» (2 : 84). Si les responsables suivent ce conseil les gens cesseront de porter plainte contre eux dans certaines régions. Ils doivent aussi traiter leurs collègues avec gentillesse. Leur relation n’est pas celui d’un supérieur face à un subordonné comme c’est le cas dans les relations mondaines. Toute personne qui sert la djama’at, même s’il est votre assistant, il le fait de tout cœur. S’il commet une erreur, vous devez le lui rappeler avec douceur, sans aucune vexation.

Mais s’il s’entête et qu’il porte atteinte à la djama’at vous devez l’avertir de manière raisonnable : s’il ne se corrige pas on doit le congédier en informant son supérieur. Mais il ne doit pas y avoir une atmosphère de division et former différents groupes.

L’hospitalité et l’accueil sont deux qualités que doivent posséder les titulaires de charge. Toute personne qui entre dans leur bureau doit être traitée avec respect et on doit leur offrir un siège. Il faut aussi se lever pour les saluer. Cette courtoisie doit être une qualité des élus ainsi que les travailleurs réguliers de la djama’at. Ceci accroit le respect et ne le diminue pas.

L’humilité est importante pour tout ahmadi, en particulier pour les responsables. Le Saint Coran dit : « Et ne marche pas hautainement sur la terre, » (17:38). Dieu déteste l’arrogance, même de la part d’une personne ordinaire. Certainement Il ne tolérera pas un seul instant de l’arrogance de la part de ceux qui sont là pour servir Sa cause.

L’équité est une qualité essentielle que doivent posséder ceux qui règlent les différends et qui servent de médiateur, à l’instar des membres des IslahiCommitee ou de la Qada. «…Soyez toujours juste, l’équité est proche de la taqwa...», dit le Saint Coran. Certaines décisions présentées au Calife laissent à désirer et démontre que les responsables n’ont pas examiné en profondeur le cas présenté à eux : ce qui provoque le mécontentement des intéressés. Si leurs décisions sont fondées sur des préceptes de la Sharia, ceci doit être clairement indiqué. Les Qadis doivent être particulièrement attentifs à cela.

La où il y existe des démunis, la djama’at doit leur venir en aide. C’est la tâche des Omara et des titulaires de poste de s’occuper d’eux moyennant les ressources à leur disposition. Ils doivent régulièrement évaluer la situation et ne doivent pas attendre que des demandes soient faites.

Une grande responsabilité qui repose sur tous les Omara, chaque président et chaque responsable est d’enjoindre le bien et d’interdire le mal ...» (3:111) Bien sûr, l’on pourra s’y conformer quand fera son examen de conscience et que ses actes et ses paroles seront en harmonie. Il faudra faire naitre l’amour de Dieu en soi et chercher les voies qui mènent à la Taqwa. Le Messie Promis (a.s) affirme à cet égard que la Taqwa ne signifie pas éviter quelques péchés et adopter quelques vertus. Il faut au contraire accomplir toute bonne œuvre et éviter tout péché même le plus insignifiant.

Voila la norme à atteindre afin que nous puissions enjoindre le bien et interdire le mal et remplir nos engagements. Qu’Allah accorde à tous les ahmadis, aux responsables et à moi-même la possibilité de nous acquitter de nos engagements.


[1] Omara : pluriel d’Amir, note du traducteur

(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)