Imprimer

Muharram et le statut de l'Imam Hussein

Résumé du sermon du 23 novembre 2012 - par Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Nous passons actuellement par le mois de Muharram, le premier du calendrier islamique. La tradition veut que l’on s’échange des vœux en début de la nouvelle année et vendredi dernier quelqu’un avait présenté les siens au Calife. Mais ce même jour un attentat en Irak a coûté la vie à des dizaines de chiites. Sans nul doute pour la grande majorité des musulmans éclairés la nouvelle année lunaire est source d’inquiétude et de peur, car on n’y voit que des attentats et le chaos.

En dépit des appels au calme lancés par le gouvernement et les déclarations communes des différents chefs religieux, les hostilités perdurent parmi les sunnites et les chiites. Ceux qui y trouvent leurs intérêts et ont des penchants extrémistes ne sont que des marionnettes entre les mains d’autres forces. Certes ils s’en prennent aux chiites, mais il ne s’agit plus de désaccord religieux, les objectifs sont purement politiques. Le dixième jour de Muharram est le plus dangereux et ce jour-là la barbarie atteint son comble.

Au Pakistan, à Rawalpindi, à Quetta, à Karachi et [dans la région du] Swat ces attentats ont coûté la vie à de nombreux chiites et dès qu’ils auront leur chance, ces derniers prendront leur revanche : la situation des musulmans est fort étrange et des plus pitoyable.

Ces discordes creusent davantage le fossé entre les états musulmans. Là où règne une minorité religieuse la majorité a recours à la violence. Et quand l’occasion se présente la minorité use de force au nom de la lutte contre le terrorisme et pour mater la rébellion. Et comme en Syrie ce sont les civils innocents qui payent le prix. Les pouvoirs anti-Islam ont ainsi le champ libre pour imposer leur dictat. Ainsi l’attaque lancée récemment par Israël contre la Palestine résulte de la désunion des musulmans. D’autre part là où existent des dissensions politico-religieuses dans le monde musulman les valeurs humaines sont commodément piétinées. Si seulement les musulmans pouvaient tirer leçon des récits de leurs illustres prédécesseurs !

[Au cours de premier siècle de l’Islam], croyant les musulmans affaiblis, l’Empire byzantin essaya de tirer parti des différences entre Hadrat Ali (r.a) et Hadrat Mu’awiya (r.a), pour lancer une attaque contre l’état islamique. Quand Hadrat Mu’awiya eu vent de leurs intentions il envoya un message à l’empereur byzantin lui demandant de se raviser, car en cas d’attaque, lui Mu’awiya, serait le premier général à les combattre au nom de Hadrat Ali (r.a). Il n’en n’est plus ainsi aujourd’hui : des musulmans soutiennent les ennemis de l’Islam afin d’affaiblir d’autres états musulmans.

Téléchargez la version mp3 du sermon
sermo...2012.mp3 17393 kb .mp3

Néanmoins les soi-disant oulémas et autres fauteurs de troubles sont unanimes sur un seul point : comploter contre la djama’at du Messie Promis (a.s) et d’expulser les ahmadis du giron de l’Islam. De surcroît ils se disent prêts à sacrifier leur honneur et leur vie pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w), lui qui avait dit que personne n’est à même de jauger la sincérité de la foi d’autrui. Au lieu de se targuer de leur connaissance ces « érudits » doivent enjoindre la justice aux populations, leur montrer la vérité, et mettre fin à ces atrocités et ces guerres de religion.

Les ahmadis, jeunes et nouveaux venus en particulier, doivent comprendre que le Messie Promis (a.s) a honoré à juste titre tous les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et a reconnu leur statut véritable. Il a mis fin à toute distinction entre chiites et sunnites et a réuni tous les musulmans pour en faire une seule Oummah.

Jusqu’à quand [les oulémas] vont-ils se lamenter sur le sort des musulmans ? Jusqu’à quand vont-ils descendre dans les rues pour commettre des atrocités, croyant ainsi servir l’Islam ? Jusqu’à quand vont-ils commettre des actes sans lendemain et offrir ainsi l’occasion l’ennemi de s’attaquer à l’Islam ? Pour que les musulmans retrouvent leur gloire d’antan il n’y a qu’une seule solution : se tourner vers le serviteur parfait du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), le Messie Promis (a.s).

Celui-ci a évoqué dans ses écrits le statut éminent des compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Il dit à propos du premier Calife : « …Hadrat Abu Bakr Siddiq (r.a) était le plus honoré de tous les compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w)]. Sans nul doute il fut le premier Calife et les versets concernant le Califat ont été révélés à son sujet. »

« Par Dieu, Abu Bakr (r.a) était le deuxième Adam de l’Islam et la première manifestation du meilleur des hommes (le Saint Prophète Muhammad (s.a.w)). Même s’il n’était pas un prophète, il en avait les atouts. »

« Allah l’Exalté savait qu’Abu Bakr (r.a) était le plus vaillant et le plus juste et le plus aimé du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Il était un général victorieux, et épris d’amour pour le Prophète (s.a.w). Dès le début, il était son confident et son soutien. Au comble de l’adversité Dieu a rassuré Son Prophète (s.a.w.) par l’entremise d’Abu Bakr et a conféré à celui-ci le titre de Siddique [le véridique]. Il était l’ami intime du Prophète et Dieu lui a accordé un grand honneur. »

L’incident conduisant à la conversion de Hadrat Abu Bakr (r.a) lève un coin de voile sur ses qualités. Le Saint Prophète (s.a.w) s’était proclamé prophète alors que Hadrat Abu Bakr (r.a) était en voyage. En route vers la Mecque il rencontra quelqu’un qui l’informa que son ami Muhammad (s.a.w) se disait prophète. Sur ce Hadrat Abu Bakr (r.a) répliqua que c’est surement vrai.

Évoquant le statut de Hadrat ‘Umar (r.a), le deuxième calife de l’Islam, le Messie Promis (a.s) affirme que selon un Hadith même Satan avait peur de son ombre. Nombre de prophéties faites par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) se sont réalisées en sa personne. En dépit de son éminence et du fait qu’il recevait des révélations de Dieu Hadrat ‘Umar (r.a) n’accordait aucune importance à sa propre personne. Et c’est pour cette raison que Dieu lui conféra le statut de suppléant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

Evoquant les qualités du quatrième calife de l’Islam, Hadrat ‘Ali (r.a), le Messie Promis (a.s) affirme qu’il était un muttaqui, pur de cœur et brave. Il n’abandonna jamais le champ de bataille même quand il se trouvait face à une armée entière. Il était généreux, toujours prêt à alléger les souffrances des orphelins et des indigents. Il était à la fois un guerrier hors pair et un orateur éloquent : ses paroles pénétraient jusqu’aux tréfonds du cœur.

Baitul-Futuh-Dome-Interieur

Le Messie Promis (a.s) dit à propos de Hadrat Hassan, fils de Hadrat Ali : « A mon avis, Hadrat Hassan (r.a) a très bien fait de ne pas désirer le Califat. Le sang des musulmans avait beaucoup coulé et il n’en voulait pas davantage, c’est pour cette raison qu’il s’est contenté de Muawiya. Cette action de Hadrat Hassan (r.a) contrarie les chiites. Quant à nous, nous louons tous les deux [Hassan et Hussein], car chaque individu possède des atouts qui lui sont propres. L’Imam Hassan n’a point voulu que la mésentente conduise à plus d’atrocités ; il y a préféré la paix. L’Imam Hussein n’a pas voulu prêter allégeance aux mains d’un homme méchant, car ceci est préjudiciable à la foi. Ils avaient tout deux de bonnes intentions : les actes sont jugés par leurs motifs. Il est un fait que l’Islam a progressé par l’entremise de Yazid. C’est la grâce de Dieu l’Exalté, s’Il le veut, même un méchant peut apporter le progrès. Le fils de Yazid, quant à lui, était bon. »

Evoquant le statut de l’Imam Hussain (r.a), le Messie Promis et l’Imam Al-Mahdi (a.s) déclare : « Quelqu’un a insinué que certains sots, qui se disent être mes suivants, auraient affirmé – que Dieu nous en préserve – que Hadrat Imam Hussain (r.a) était un rebelle parce qu’il n’avait pas prêté allégeance à Yazid, et que ce dernier était en droit [de prendre le pourvoir]. Que la malédiction de Dieu frappe le menteur ! Je ne crois pas qu’une vilenie pareille puisse sortir de la bouche d’un membre illustre de ma communauté […] J’annonce ici à mes suivants que selon notre foi Yazid était un impur, une vermine de ce bas monde, un despote qui ne mérite pas le titre de croyant, dans tous les sens applicables de ce terme. Ce n’est pas chose facile d’être croyant. Dieu déclare à propos de cette catégorie de personnes : « Les Arabes du désert disent : « Nous croyons. » Dis : « Vous n’avez pas encore cru ; mais dites plutôt, « Nous avons embrassé l’Islam… » (Le Saint Coran, chapitre 49, verset 15).

Les croyants sont ceux dont les actions témoignent en faveur de leur foi ; la foi est gravée sur leurs cœurs et ils accordent préférence à Dieu et à Son plaisir sur tout autre chose ; ils marchent sur les voies étroites de la Taqwa pour la cause de Dieu. Ils s’annihilent complètement en Dieu et évitent toute chose qui, telle une idole, entrave leur voie vers Dieu, que ce soit leur état moral, les mauvaises actions, la négligence, ou la paresse. Yazid l’infâme possédait-il ces qualités ? Il fut aveuglé par l’amour de ce bas monde. Mais Hussain (r.a) était pur d’entre les purs ; sans aucun doute il était un de ces illustres personnages purifiés par la main de Dieu, choisi par Celui-ci ; certainement il était un des chefs du paradis. Celui qui aura la moindre rancœur à son encontre mettra sa foi en péril. La Taqwa, l’amour pour Dieu, la patience et la persévérance, la piété et les Ibadah de cet Imam sont pour nous autant d’exemples. Et nous sommes de ceux qui suivent la direction qui lui a été accordée. Détruit soit le cœur qui est son ennemi. Le cœur qui exprime ouvertement son amour pour lui mérite le succès ; un cœur qui est le reflet parfait de la vertu, de la bravoure, de la Taqwa, de la persévérance, et de l’amour divin que possédait l’Imam Hussain (r.a). Le monde ne reconnaît pas ceux qui appartiennent à cette catégorie-là. Seul celui qui est des leurs pourra les reconnaître à leur juste valeur. Le monde ne les reconnaît pas parce qu’ils en sont très éloignés.

Voilà la raison du martyre de Hussain (r.a) ; il n’a pas été reconnu à sa juste valeur. Le monde avait-il auparavant éprouvé de l’amour pour les vertueux pour qu’il exprime son amour à l’égard de Hussain (r.a) ? Ce sera une infamie, une œuvre d’impie, que de mépriser Hussain (r.a) ; celui qui honnit Hussain (r.a) ou un des Imam Purs ou qui utilise des paroles méprisantes à leur égard est en train de nuire à sa foi car Dieu est l’ennemi de ceux qui sont les ennemis de Ses choisis. » (Majmu’a Ishtiharat, volume 2, page 653 à 654)

Le Messie Promis (a.s) nous explique aussi le sens réel du lien de parenté entre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) et ses petits-fils : « Les éclairés croient que même si Hadrat Hussein et Hadrat Hassan n’étaient pas les descendants physiques du Saint Prophète Muhammad (s.a.w), ils seraient tout de même considérés comme sa progéniture au Ciel en raison de leur lien spirituel avec lui, et sans aucun doute, ils seraient les héritiers de son trésor spirituel. […] Personne ne doit en conclure que nous osons porter atteinte à la dignité de la sainte famille du Prophète (s.a.w). La distinction de Hussein et de Hassan ne se limite pas au simple fait qu’ils sont les descendants du Saint Prophète (s.a.w), car cette relation n’a aucun sens sans une alliance spirituelle. »

Tout musulman qui suit à la lettre les préceptes du Saint Prophète Muhammad (s.a.w) sera inclus dans sa descendance. De surcroit chacun de ces illustres compagnons doit être reconnu et honoré à sa juste valeur. Pour ce qui est du chaos qui règne dans le monde musulman, il est fort probable que des forces anti-islam en son les auteurs. Que Dieu ait pitié de la Oummah.

Face à la persécution qu’ils subissent les ahmadis, quant à eux, ne doivent jamais avoir recours à la vengeance. Au contraire, suite à tout acte cruel qu’ils subissent ils doivent renforcer davantage leur lien avec Dieu et progresser dans la Taqwa. L’Imam Hussein est pour eux un exemple. Le 2e Calife conseille les membres de sa djama’at en ces termes : « Ils vous font devenir Hussain, alors qu’eux-mêmes sont Yazid. Quel commerce facile ! Laissez donc les ennemis lancer leurs flèches ! »

Il incombe aussi aux ahmadis de faire leur introspection, de se soumettre à l’autorité du Saint Coran et de prier pour la protection des membres de la djama’at, car l’hostilité des ennemis de l’Ahmadiyya ne cesse de croître ; que Dieu retourne contre eux leurs complots et qu’Il nous protège.

Les innocents de la Palestine méritent aussi d’incessantes prières. Israël affirme qu’il ne peut pas vivre dans une peur constante, d’où la raison de ses attaques. Cependant, ils ont été les premiers à ouvrir les hostilités, contraignant les Palestiniens à répliquer.

Cette situation des plus étranges et toute cette intimidation existent en raison de la désunion des musulmans. Que Dieu ait pitié des Palestiniens innocents !


Prières préconisées par Sa Sainteté le Calife :

ٱللّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ

كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ

إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ

ٱللّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ

كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ

إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ

Al-lahum-ma sal-li ‘ala Muham-madin-wa ‘ala ‘ali Muham-madin kama sal-layta ‘ala ‘Ibrahima wa ‘ala ‘ali ‘Ibrahima ‘in-naka Hamidum Majid.

Al-lahum-ma barik ‘ala Muham-madin-wa ‘ala ‘ali Muham-madin kama barakta ‘ala ‘Ibrahima wa ‘ala ‘ali ‘Ibrahima ‘in-naka Hamidum Majid.

Traduction:

O Allah! Répand Ta grâce sur Muhammad et sur le peuple de Muhammad, comme Tu répandis Ta grâce sur Abraham et sur le peuple d’Abraham. Tu es certainement Digne de Louanges et Glorieux.

O Allah! Accorde Tes bénédictions à Muhammad et au peuple de Muhammad, comme Tu accordas Tes bénédictions à Abraham et au peuple d’Abraham. Tu es certainement Digne de Louanges et Glorieux.]

ٱللّهُمَّ اِنَّا نَجْعَلُکَ فیِ نُحُورِھِمْ وَ نَعُوذُبِکَ مِنْ شُرُورِھِمْ

Al-lahum-ma in-na naj’aluka fi nuhurihim wa na’udhubika min shururihim

« Ô Allah ! Nous Te prenons comme bouclier contre leurs attaques frontales et nous cherchons refuge auprès de Toi contre leur malveillance. »

رَبِّ کُلُّ شَیْءٍ خَا دِمُکَ رَبِّ فَا حْفَظْنِی وَانْصُرْنیِ وَارْحَمْنِی

Rabbi Kulli Shai-in Khadimoka Rabi Fahfaz-ni Wan Surni War Hamni

« Ô mon Seigneur, toute chose est à Ton service. O mon Seigneur, protège-moi et aide-moi et aie de la miséricorde pour moi. »


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)