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Allah est avec ceux qui sont justes et ceux qui font le bien

Sermon du 03 février 2012

par Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Au début de son sermon du 3 février 2012 Sa Sainteté le Calife a présenté le verset suivant : « En vérité, Allah est avec ceux qui sont justes et ceux qui font le bien. » (Le Saint Coran, chapitre 16, verset 129). Le Messie Promis (a.s) déclare que le Saint Coran met davantage l’accent sur la Taqwa [la droiture] que sur tout autre commandement. (Ayyam-us-Sulh, Ruhani Khaza’in, vol. 14, p. 342)

La Taqwa est la condition essentielle pour se rapprocher de Dieu, comme l’affirme la première moitié du verset ci-dessus. Il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui marchent les voies de la Taqwa tout en accomplissant de bonnes œuvres afin de se rapprocher de Dieu et ceux qui certes font le bien, mais qui ne sont pas conscients du fait que Dieu les voit. Parmi ces derniers il y a ceux qui croient en l’existence de Dieu, mais qui négligent la quête de Son plaisir. Ce groupe comprend aussi ceux qui nient tout bonnement l’existence de Dieu.

Dieu déclare qu’Il est avec les muttaqui ; mais pourtant Sa Rububiyyah ­­– providence universelle – subvient aux besoins de tout le monde, y compris ceux qui ne respectent pas les exigences de la Taqwa. Et les athées et les justes profitent dans la même mesure de Ses dons à l’instar du soleil, de l’air.

Après avoir fourni les mêmes efforts intellectuels, l’athée et le juste profitent tout deux des fruits du progrès, des inventions, de l’avancement de la science. Les agriculteurs, croyants ou pas, récoltent tous les fruits de leur labeur. Néanmoins, si les attributs divins de la Rububiyyah et de la Rahmaniyyah (miséricorde universelle) cessaient d’agir, la vie serait impossible pour l’athée. Certes Dieu a défini les voies de la vertu et du mal, mais dans de nombreux domaines, Il donne dans une mesure égale à ceux qui choisiront n’importe laquelle de ces deux voies.



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Mais parfois, en des circonstances similaires, afin de manifester Sa puissance, Dieu accorde au juste plus qu’aux autres. Le deuxième Calife (a.s.) de la djama’at Ahmadiyya avait confié la gestion des terres agricoles du Sind [le Pakistan] à Maulwi Qudrat Ullah Sanori, un compagnon du Messie Promis (a.s). Lors d’une visite du Calife, Maulwi Qudrat Ullah l’informa de ce qu’il prévoyait comme récolte. Certains dans l’entourage du Calife jugeaient son estimation surélevée. Maulwi Qudrat Ullah de répondre qu’il était sûr quant au rendement car il avait offert des prières nawafil dans les quatre coins du terrain et il était certain de l’exaucement de ses prières. En effet, le rendement était à la mesure de ses attentes. Parfois, dans un même climat et en dépit d’intrants agricoles similaires, Dieu prouve Son existence au muttaqui en exauçant ses prières et en lui accordant une ample récolte. En sus de ce monde matériel, il existe un univers spirituel pour celui qui croit en Dieu et dont la foi en Lui est parfaite ; les avantages et les délices de ce monde spirituel sont inconnus des gens de ce monde.

Ceux qui parcourent le chemin de la Taqwa ont des pensées sublimes, ils croient en l’invisible, en la vie après la mort et en la réalisation des promesses de Dieu. Quand ils supplient Dieu leurs prières sont exaucées. De nombreux ahmadis ont une expérience personnelle avec le divin : Dieu les informe des faits les concernant par des rêves ou des visions.

Le Messie Promis (a.s.) a décrit un muttaqui comme quelqu’un qui évite tous les péchés, petits et grands, qui progresse dans la vertu et les excellences morales et qui a une relation sincère avec Dieu. Etre sincère envers Dieu signifie s’acquitter de ses devoirs quant à l’Ibadah et faire de son mieux pour respecter Ses injonctions. La prochaine étape évoquée dans le verset est d’être de ceux qui font le bien. Un muhsin est celui qui confère un bienfait à autrui sans aucun effort de la part de ce dernier. Celui qui excelle dans son travail et dont chaque action est conforme à la situation donnée est aussi considéré comme un muhsin.

Il en est de ces muhsinine [pluriel de muhsin] qui sont toujours prêts à aider les autres, sans faire de distinction entre race ou religion. Par la grâce de Dieu, de nombreux ahmadis se trouvent dans cette catégorie et ils ne se vantent pas de leurs accomplissements.

Nos jeunes ingénieurs, médecins et autres professionnels vont en Afrique pour offrir leurs services. Ils fournissent de l’eau potable et l’électricité aux défavorisés, construisent des écoles et des hôpitaux. Ces médecins et enseignants travaillent en Afrique là où il n’y a ni eau potable ni électricité pour plusieurs années et ce en toute abnégation, sans aucune convoitise. De même, lorsque des catastrophes naturelles frappent, nos médecins et autres bénévoles sont là pour aider les sinistrés. Ils le font simplement pour plaire à Dieu. D’autres aussi sont prêts à aider, mais Dieu n’est pas leur objectif.

Nos jeunes ingénieurs ont mis sur pied un village modèle au Burkina Faso où ils ont fourni de l’électricité, des pompes à eau et des voies éclairées. Les habitants ont un centre communautaire qui répond à leurs besoins. Les bénévoles ont aussi installé un système d’irrigation pour leurs projets agricoles. Les photos qu’ils ramènent témoignent de la joie des populations locales. Pour un enfant qui doit transporter de l’eau sur plusieurs kilomètres avoir de l’eau potable devant chez soi est une bénédiction. Ces bénévoles n’attendent aucune récompense ; quand ils rencontrent le Calife ils lui remercient pour leur avoir accordé l’occasion de servir.

Ces villages modèles seront mis sur pied dans différents pays et la Majlis Ansarullah des Etats-Unis et du Royaume-Uni vont les financer. Humanity First a également contribué à cet égard et la [Jama’at] de l’Allemagne y participera également. Les jeunes bénévoles rapportent que souvent Dieu manifeste Sa puissance en enlevant leurs difficultés de manière imperceptible. De tels incidents ravivent leur foi en Dieu.

Un muhsin est celui qui bénéficie de sa connaissance spirituel et de son savoir-faire et en qui en fait profiter les autres. Son progrès spirituel et moral lui ouvre de nouvelles perspectives et le rapproche de Dieu ; il acquiert une plus grande compréhension des attributs divins et progresse dans la Taqwa. C’est un cercle qui tourne autour des vertus, et qui mène vers les sommités de la Taqwa et de la proximité avec Dieu.

Souvent des non musulmans, parmi lesquels d’importantes personnalités, soulèvent des objections au sujet de l’Islam, et cela par pure ignorance. Le Calife leur explique que les gens de ce monde réclament à cor et à cri des droits qu’ils définissent de leur propre chef. Dans cette lutte, ces derniers ainsi que ceux qui sont au pouvoir foulent des pieds la justice et la Taqwa, attisant ainsi la violence. L’Islam nous enseigne par contre d’accorder aux autres les droits qui leur reviennent avant qu’ils ne les réclament. Au contraire il faut être parmi les muhsinine et offrir à autrui plus que ce qu’il mérite. La paix régnera dans les pays musulmans si on appliquait ce principe.

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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

Les ahadith rapportent que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a enjoint au musulman de fournir la même nourriture qu’il consomme à son serviteur et de le vêtir des mêmes vêtements qu’il porte. Si on suit ce conseil il n’y aurait plus de famine dans le monde : l’on ne verrait plus ces images d’enfants affamés ou de mères incapables d’allaiter leurs nourrissons. Au lieu de spolier les biens d’autrui l’on doit au contraire lui accorder ses dus, affiner ses qualités et faire en sorte qu’il puisse se tenir sur ses pieds.

Si les dirigeants musulmans se souciaient plus de leurs peuples que de leurs comptes en banque il n’aurait pas autant de pauvreté ni de détresse. Malheureusement ceci est la norme dans les pays dits musulmans et les autres en profitent.

Nombre de ceux à qui le Calife explique cela en sont d’accord mais lorsqu’ils retournent dans leurs réunions les intérêts nationaux reviennent sur la table. Il est tout à fait légitime d’œuvrer en faveur de son pays mais pour cela il n’est point essentiel de spolier les ressources d’autres nations. C’est tout simplement de l’égoïsme et cela n’aura d’autre effet que d’engendrer la violence.

Il incombe à tout ahmadi de faire preuve de Taqwa, d’être un muhsin et de se rapprocher de Dieu. C’est là qu’ils pourront dans leur cercle respectif protéger la société des troubles. Ils doivent adopter les attributs divins conformément à leurs aptitudes et respecter les droits de Dieu. Et ainsi les faveurs matérielles leur seront asservies et ces dernières auront pour eux une importance secondaire. En accomplissant toute action ils doivent avoir en ligne de mire le plaisir de Dieu. Ceci a été évoqué dans le verset suivant :

بَلَى مَنْ أَسْلَمَ وَجْهَهُ لِلَّهِ وَهُوَ مُحْسِنٌ فَلَهُ أَجْرُهُ عِنْدَ رَبِّهِ وَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ

« En vérité, quiconque se soumet complètement à Allāh et dont la conduite est excellente aura sa récompense auprès de son Seigneur. Ils ne seront ni dans la crainte, ni ne seront-ils affligés. » (Le Saint Coran, chapitre 2, verset 113)

Lorsque l’être de Dieu devient l’objectif principal du croyant ses soucis disparaissent complètement et il consacre toute son attention à servir l’humanité. Ce sont là les signes d’un vrai muttaqui.

Selon le Messie Promis (a.s), pour être considéré comme un muttaqui après avoir évité les grands péchés comme l’adultère, le vol, l’escroquerie, l’ostentation et l’orgueil l’on doit exceller en matière de moralité, traiter les autres avec gentillesse et aménité et faire preuve de fidélité envers Dieu. Ceux qui ne possèdent qu’une de ces qualités ne sont pas considérés comme des muttaqui à part entière. Par contre, Dieu devient les yeux, les oreilles, les pieds et les mains du muttaqui. Et Il combat ceux qui osent s’attaquer à Son protégé. Ceux qui ont Allah pour Wali [Ami/Protecteur] n’ont aucun souci à se faire.

Un avenir incertain génère beaucoup d’angoisse. Les demandeurs d’asiles [en Europe] vivent dans une tourmente permanente ; les hommes d’affaires sont inquiets à propos de leur business, et les étudiants à propos de leurs examens. Plus grande sera la perte plus grande sera la tristesse. D’aucuns perdent leur équilibre mental, d’autres font des infarctus pour se retrouver alités à vie, certains en décèdent.

Les justes ne se soucient pas de ce monde ; leur seule appréhension c’est la colère de Dieu. Matin et soir ils ne pensent qu’à plaire à leur Bien-aimé. Le souvenir de Dieu est leur réconfort ; Il enlève leurs chagrins du passé et dissipe leurs craintes à venir. Le souci du muttaqui c’est de s’acquitter de ses devoirs envers Dieu et envers Ses créatures. Voilà la différence entre le chagrin d’un homme de foi et celui d’un homme de ce monde.

Le Messie Promis (paix soit sur lui) a écrit : « …la vrai Taqwa et l’ignorance ne vont pas de pair. La Taqwa est accompagnée d’une lumière, comme Dieu le Glorieux, l’affirme :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا إِنْ تَتَّقُوا اللَّهَ يَجْعَلْ لَكُمْ فُرْقَانًا وَيُكَفِّرْ عَنْكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ (الأنفال)

وَيَجْعَلْ لَكُمْ نُورًا تَمْشُونَ بِهِ (الحديد)

C’est-à-dire, ô vous qui croyez si vous persévérez dans la Taqwa et que vous adoptiez la crainte de Dieu, Il vous distinguera des autres en vous octroyant une lumière qui éclairera vos œuvres, vos paroles, vos aptitudes, vos sens ainsi que les voies que vous allez suivre. (Adapté de A’ina-e-Kamalat-e-Islam, Ruhani Khaza’in, vol. 5, p. 177-178)

Qu’Allah fasse que nous puissions atteindre ce niveau afin de mériter les faveurs divines. Que nous soyons à l’abri de ceux qui nous souhaitent du mal et que leurs complots retournent contre eux.

A la fin de son sermon Sa Sainteté le Calife a évoqué le martyre de M. Muhammad Amer Sahib du Baloutchistan, [Pakistan]. Il a été assassiné le 1e décembre dernier ; la djama’at n’existe pas dans la région et la nouvelle est parvenu avec du retard. Il était le seul ahmadi de sa famille et appartenait auparavant à une organisation extrémiste pakistanaise. Il est probable que les membres de ladite organisation n’aient pas digéré le fait qu’il soit ahmadi. Il avait embrassé l’Ahmadiyya en 1994 et laisse derrière lui une veuve et deux enfants en bas âge. Le Calife a prié pour que Dieu lui accorde une place dans Son Paradis et pour qu’Il accorde patience et persévérance aux membres de la famille endeuillée.