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Hommage à Sayyed Abdul Haye Shah

par Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Toute personne qui vient sur terre doit un jour la quitter. Le Saint Coran affirme que toute âme goûtera à la mort : ce rappel constant aide l’homme à se tourner davantage vers Dieu. Celui-ci déclare que seule Sa personne subsistera et que toute chose créée est éphémère. Ainsi le croyant doit se consacrer entièrement à l’Au-delà ; car c’est là-bas qu’il jouira de la vraie vie. Et s’il respecte les préceptes de Dieu il méritera Ses faveurs, au cas échéant le châtiment l’attend.



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Chanceux sont ceux qui préfèrent la vie de l’Au-delà à celle d’ici bas et qui s’évertuent à acquérir le plaisir de Dieu ; chanceux sont ceux qui préfèrent la foi à ce bas monde et qui sont prêts à tout sacrifice pour leur avancement spirituel. D’aucuns servent la foi en toute abnégation et sont désintéressés par tout autre chose. Ils s’acquittent de leurs devoirs envers autrui, car c’est une partie intégrante de la foi ; et ils respectent leurs engagements pour plaire à Dieu et ne se soucient guère des obstacles qui entravent leur voie. Dans le malheur comme dans le bonheur, dans l’adversité comme dans la prospérité, malades ou jouissant d’une bonne santé, leur seul but est de respecter leur engagement avec Dieu et de s’acquitter de leurs charges. Ils ont le visage radieux et sont à l’image de la Nafs-i-Mutmainnah (l’âme qui est en paix).

Le Saint Coran les décrit en ces termes :

وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَشْرِي نَفْسَهُ ابْتِغَاءَ مَرْضَاةِ اللَّهِ

« Et parmi les hommes, il y a aussi celui qui vendrait son âme pour obtenir le plaisir d’Allāh… » (Le Saint Coran, chapitre 2, verset 207)

Quelques jours auparavant la communauté Ahmadiyya a perdu un de ses illustres serviteurs en la personne de Sayyed Abdul Haye Shah, un exemple des qualités évoquées plus haut. Qu’Allah lui accorde une place parmi Ses élus et qu’Il comble cette perte en accordant à la communauté d’autres personnes qui possèdent les mêmes qualités.

Sayyed Abdul Haye Shah naquit le 12 janvier 1932 au Cachemire. En 1941 il vint à Qadian et partit ensuite au Pakistan après la partition. Il ne rencontra sa mère qu’après 40 ans de séparation ; une séparation qu’il endura pour la cause de Dieu.

En 1945 il dédia sa vie pour la cause de l’Islam et en 1955 il obtint son diplôme de Shahed de la Jamia-tul-Mubashirine ainsi que sa maîtrise en langue arabe. Il travailla pour une longue période au sein de la Majlis Khuddam Ul Ahmadiyya. Et il fut le rédacteur du mensuel Ansarullah et du magazine de la Jamia. Pendant 13 ans il fut l’imprimeur du journal Tashizul Azhan et le directeur de l’imprimerie Diya Ul Islam. Il fut aussi président de plusieurs comités, le premier directeur de la MTA au Pakistan ainsi que le suppléant du Nazir-i-‘Ala et l’Amir de Rabwah.



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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

Il travailla sur la correction de la traduction du Saint Coran en langue cachemiri, sur les index de plusieurs ouvrages ainsi que la traduction du Saint Coran en langue ourdou du quatrième Calife ainsi que sur l’ouvrage de celui-ci sur l’homéopathie. En tant que Nazir-i-Isha’at il fut responsable de la composition de la nouvelle édition de la série Ruhani Khazain, qui comprend tous les ouvrages du Messie Promis (a.s).

Le défunt était un très bon conseiller, était une grande simplicité, et d’une gentillesse exemplaire. Ses propos étaient toujours mesurés, et puisqu’il avait un très bon bagage intellectuel il abordait tout sujet avec une grande minutie.

En préparant la nouvelle édition de la série Ruhani Khazain il fit en sorte que les pages correspondent aux éditions précédentes. A plusieurs reprises feu le quatrième Calife lui rendit hommage pour ses œuvres, mais ses éloges non fait qu’accroître son humilité.

Le quatrième Calife lui demanda de réduire les dix volumes des Malfuzat du Messie Promis (a.s) en cinq volumes. Sur ce Sayyed Abdul Haye Shah prépara un index complet des versets du Saint Coran, des toponymes et des patronymes qui s’y trouvent. Mais par la suite le cinquième Calife lui demanda de revenir au format originel des dix volumes. Sayyed Abdul Haye Shah obtempéra sans broncher n’évoquant pas l’effort considérable mis en œuvre pour préparer l’index des cinq volumes.

En tant qu’éditeur de plusieurs journaux de la communauté on lui avait intenté plusieurs procès et il avait même été emprisonné pour la cause de Dieu. Un mandat d’arrêt fut émis contre lui à l’époque du troisième Calife. Pendant qu’il priait pour Sayyed Abdul Haye, les vers suivants virent à la bouche du Calife : « Dieu ne détruit jamais Ses pieux serviteurs. » Et il fit dire à Sayyed Abdul Haye de ne pas se soucier de l’affaire et que tout irait pour le mieux. Et après quelques jours en dépit des accusations graves portées contre lui l’affaire fut annulée. Ainsi par l’entremise du Calife Dieu lui conféra le titre de « pieux serviteur ».

Sayyed Abdul Haye Shah rapporta qu’au début il lui était difficile de joindre les deux bouts en tant que Waqf-i-Zindagi (quelqu’un ayant dédié sa vie pour la cause de Dieu). Sur ce son beau-père lui conseilla de se faire une carrière en ce monde puisqu’il avait fait de grandes études. Sayyed Abdul Haye Shah répliqua qu’il avait fait deux promesses : la première était celle de se marier avec sa fille et la deuxième était de consacrer sa vie au service de Dieu ; il lui demanda laquelle des deux devrait-il briser. C’était tout à fait humain de la part du beau-père que de se soucier pour son gendre. Mais lorsqu’il entendit la réponse de celui-ci il fut bouche bée car il savait qu’un ahmadi respecte toujours ses engagements. Sayyed Abdul Haye Shah affirme que par la suite il ne fut jamais en difficulté financièrement.

Tous ses subordonnés évoquent sa gentillesse, son aménité et sa grande simplicité. Quand il aidait l’un d’entre eux les autres ne le savaient pas. Ceux qui lui demandèrent conseil évoquent sa perspicacité, sa grande modestie, son dévouement, la pertinence de ses arguments et sa promptitude à répondre à leurs questions.

Lors d’une cérémonie de remise de prix, le principal de la Jamia Ahmadiyya de Rabwah présenta en ces termes Sayyed Abdul Haye Shah : « Il en est certains qui travaillent d’une main et qui frappent de l’autre – ils se vantent de leurs accomplissements. Il en est d’autres qui ne font rien mais qui frappent des deux mains – ils ne font que de la propagande sans rien accomplir. Il en est d’autres par contre qui travaillent des deux mains sans fanfare ni trompette et ce en toute abnégation – ils ne désirent pas que les autres les voient ou qu’on fasse leurs éloges ; Sayyed Abdul Haye Shah est de cette dernière catégorie. »

Il n’y avait en lui aucune trace d’ostentation ; il était toujours réservé, circonspect, un travailleur infatigable et faisant toujours preuve d’une grande minutie. Dès qu’il entrait au bureau il commençait à travailler et il ignorait l’heure de la fermeture. Il dépensait toujours à bon escient les biens de la communauté et évitait tout gaspillage.

Quand il était tout jeune le deuxième Calife l’envoya au Cachemire indien pour transmettre un message. Arrivé à Rawalpindi, Sayyed Abdul Haye Shah constata qu’il n’avait pas de moyen de transport mais décida de partir à pied afin d’exécuter immédiatement l’ordre du Calife. Il fit le voyage retour à pied.

Qu’Allah exalte le statut de ce pieux serviteur de la communauté.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)