L'obéissance envers le Califat - sermon 06 juin 2014

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Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 6 juin 2014, à Francfort, en Allemagne

Au début de son sermon Sa Sainteté le Calife a prononcé les versets 18 à 21 du chapitre 88, il a déclaré par la suite:

Dieu, de par Sa grâce nous a permis d’accepter l’Imam de l’époque, le Messie et le Mahdi Promis. Nous avons à notre disposition ses ouvrages et ses dires et nous y avons recours quand nous avons besoin de direction et quand nous désirons découvrir les perles de sagesses du Coran. Nous récitons [généralement] lors de la deuxième raka’at de [la prière] de Jummah les versets de la sourate Al-Ghashiyyah que je viens de citer. Il y est dit dans le premier :

أَفَلَا يَنْظُرُونَ إِلَى الْإِبِلِ كَيْفَ خُلِقَتْ

« Ne voient-ils pas comment sont créées les chameaux ? » Les commentaires du Messie Promis (a.s.) à ce propos sont d’une profondeur et d’une splendeur sublime ; ils s’appliquent d’une manière exquise et unique à la vie pratique. Il a répondu, grâce à ce verset, la question de l’obéissance qui est due à la Nubuwwah et à l’Imamah. En commentant sur le terme « Ibil » (chameaux) le Messie Promis (a.s.) nous explique la nature de l’obéissance parfaite, cette qualité fondamentale de ceux qui se cramponnent à la Nubuwwah et à l’Imamah.

D’emblée une relation entre des chameaux et l’obéissance envers la Nubuwwah et l’Imamah peut paraître fort étrange : cependant ses commentaires jettent une lumière étonnants sur le lien qui existe entre les deux.

Le Messie Promis (a.s.) affirme à cet effet : « Il est le verset du Coran qui se lit ainsi : « Ne voient-ils pas comment sont créés les chameaux ? » C’est un verset qui nous aide, dans une grande mesure, à comprendre la question de la Nubuwwah et de l’Imamah. La langue arabe regorge de près d’un millier de termes pour nommer un chameau. Mais quel est le secret derrière l’usage du terme « Ibil » parmi tous ces noms ? Pourquoi est-ce qu’il n’a pas été dit « Ilal Jamal », Jamal signifiant aussi chameau. « Jamal » est le singulier de chameau et « Ibil » en est le pluriel. Dieu désire décrire ici une collectivité et un rassemblement, et le terme « Jamal » dans ce contexte n’offrait pas les mêmes sens que « Ibil ». Les chameaux possèdent l’aptitude de [pouvoir] se suivre [les uns les autres], ainsi que cette vertu qu’est l’obéissance. Ils [marchent] en formant une longue file, et suivent, d’une manière et à une vitesse particulière, le chameau qui se trouve en tête de la file ; celui-ci est leur imam et guide en vertu de sa grande expérience et de sa connaissance de la route. Et tous les chameaux se suivent à la même vitesse et n’ont point l’ambition de marcher à une allure plus vive qu’un autre, chose que nous voyons chez les autres animaux, à l’instar des chevaux. On eu aurait dit que le chameau possède l’aptitude innée de pouvoir suivre l’Imam. Ainsi en disant : « Ne voient-ils pas comment sont créés les chameaux ? » Dieu nous décrit cette collectivité qui ressort de l’image de ces chameaux qui [se suivent] en file.

De même la présence d’un imam est essentielle afin de maintenir l’entente et l’unité. Voilà le premier point qu’il nous sied de comprendre. Souvenez-vous aussi que cette file se forme lors d’un voyage. L’homme errera ça et là avant de connaître l'anéantissement s'il n’a pas d’Imam pour entreprendre le voyage de la vie… » La vie en ce monde est aussi un voyage : pour l’accomplir la direction éclairée d’un Imam est essentielle.

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « De surcroît le chameau est mieux protéger et peu parcourir de plus grandes distances : il nous offre une leçon de patience et d’endurance. Un autre trait du chameau est qu’il peut, lors de longs voyages, emmagasiner de l’eau pour plusieurs jours. Il n’est point négligeant. De même, le croyant doit toujours se tenir prêt pour entreprendre son voyage ; il doit être sur ses gardes, et [sa] meilleure provision est la taqwa.

Le verbe Unzur sous-entend qu’il ne suffit pas de regarder ces chameaux comme des enfants ; il s’y trouve une leçon d’obéissance : les chameaux nous présentent un exemple d’entente [communautaire] et d’unité ; ils ont la vertu de pouvoir suivre un Imam. De même il incombe à l’homme de faire preuve d’obéissance à l’égard de l’Imam, car le chameau, son serviteur possède lui aussi cette vertu. L’expression « comment ils ont été créés » indique ces bénéfices complets qui ont trait à l’unité qui existe entre les chameaux. »

Dieu a envoyé en notre temps le Messie Promis (a.s.) suite à Ses promesses et les prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il nous a conféré l’honneur de pouvoir l’accepter et de surcroît nous a offert l’institution permanente du Califat. Il nous sied de faire honneur à cette faveur et de comprendre l’esprit derrière l’institution du Califat.

Le Messie Promis (a.s.) souligne qu’après lui d’autres individus accepteront en son nom l’allégeance des membres de la djama’at. C'est-à-dire que le Califat, en tant que son suppléant, acceptera l’allégeance [de ses disciples] en son nom. Ainsi l’acte d’allégeance au Califat et l’obéissance qui lui est due sont autant de maillons pour atteindre le Messie Promis (a.s.). De cet extrait ci-dessus l’on en déduit que le salut et le progrès spirituel de ceux qui ont prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) sont liés à l’institution du Califat établi après lui. C’est le Califat qui en est le garant. La djama’at progressera tant que nous seront attachés à cette direction spirituelle ; elle offrira la protection contre les assauts de Satan. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que l’Imam est le bouclier et c’est derrière lui qu’on sera à l’abri. Se trouver sous sa protection signifie faire preuve d’une obéissance parfaite [envers l’Imam], c’est suivre la file qui a été définie pour vous. Si vous vous en écarterez un tant soit peu, le danger et l’égarement vous guetteront.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a aussi dit à propos de l’obéissance : « Celui qui obéit à mon Amir, m’obéit, et celui qui lui désobéit me désobéit. ». Il a aussi donné d’innombrables autres directives quant à l’obéissance requise à l’Amir. De même le Saint Coran, en de nombreux endroits, exige l’obéissance et la soumission. Voilà le secret du progrès de la djama’at, un secret que tous ses membres doivent connaître.

C’est un point très important qu’ils doivent saisir ; cela est d’autant plus important aujourd’hui car d’aucuns expriment des opinions erronées au nom de la liberté, demandant : « Pourquoi devons nous respecter des consignes ? Pourquoi nous imposent-on des règlements ? Pourquoi ne sommes-nous pas libres dans certaines affaires ? » Que tout musulman ahmadi se souvienne que l’Islam a octroyé toutes les libertés légitimes à ses adeptes. Peut-être qu’aucune autre religion n’en a accordées autant que la nôtre ; au contraire il ne peut y avoir de comparaison entre elles [dans ce domaine]. Cependant des limites ont été prescrites afin de favoriser la réforme morale de l’homme, son progrès spirituel, l’unité au sein de la djama’at ainsi que son avancement. Ceci implique qu’il est important de respecter ces limites.

Je conseille ici les responsables de la communauté : s’ils désirent contribuer au progrès de la djama’at et s’ils n’ont pas accepté leurs postes pour se donner de l’importance et pour satisfaire leur ego, qu’ils sachent qu’ils doivent en premier comprendre le sujet de l’obéissance. Ceci concerne tous les titulaires de postes, quelque soit leur niveau. Si les responsables, en premier, comprennent ce sujet les membres de la djama’at seront, de leur propre chef, vigilants à ce propos. Et l’obéissance sera pratiquée à tous les niveaux ; nous verrons partout l’exemple de ces chameaux qui marchent en file ; tout le monde ira dans la même direction et calquera ses pas sur celui de l’Imam. L’Amir, le président et les autres responsables doivent en premier accomplir cette analyse : sont-ils obéissants au point d’accepter, sans rechigner, tout ordre du Calife ? Ou tentent-ils de les interpréter ? S’ils commencent à y chercher des interprétations ce ne serait pas là de l’obéissance.

[Nous avons à cet effet] le récit d’Abdullah bin Mas’oud qui nous vient de l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ce compagnon s’est assis sur le champ, dans la rue, quand il a entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui sommait les fidèles de s’asseoir dans la mosquée. Il ne s’était pas dit que l’injonction s’appliquait uniquement à ceux qui se trouvaient dans la mosquée ; il s’est assis sur le champ, et s’y est traîné à même le sol. Quelqu’un lui a demandé : « Pourquoi ramper ainsi ? » Il a répliqué : « J’ai entendu l’ordre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de l’intérieur de la mosquée et il disait aux gens de s’asseoir et je me suis assis. » Son interlocuteur lui a dit : « L’ordre était pour ceux qui se trouvaient dans la mosquée. » Il a répliqué : « Cela m’importe peu. La voix du Prophète d’Allah est arrivée jusqu’à moi et je lui ai obéi. C’est là mon but à moi. »

Voilà la norme à atteindre dans notre obéissance. Il y a des responsables qui suivent certes toutes les directives du Calife, mais ils le font avec beaucoup de mauvaise volonté et à contrecœur. Obéir à contrecoeur n’est point obéissance. L’obéissance s’est d’agir sur le champ. Certes il n’est point interdit d’avoir son opinion. Mais quand le Calife a pris une décision sur une affaire, il vous incombe d’oublier votre avis sur la chose. Hadrat Mirza Bashir Ahmad Saheb disait qu’il avait ses avis sur certaines choses et qu’il les présentait, arguments à l’appui, au Calife, mais dit-il, « si mon opinion a été rejetée, je ne me suis jamais demandé la raison ou je ne me suis jamais soucié de ce qu’elle était. Mon avis devenait celui du Calife. Et faisant preuve d’une obéissance indéfectible j'exécutais ses ordres. »

Le Messie Promis (a.s.) dit à ce propos : « Offrez vous entre les mains de votre Imam, à l’instar d’un cadavre entre les mains de celui qui le lave. Un cadavre ne peut point mouvoir ; c’est celui qui le lave qui le bouge ; de même il incombe à celui qui fait preuve d’une obéissance parfaite de se confier entre les mains de son Imam. C’est quand on atteindra ce stade que l’on respectera les conditions de la bai’ah. C’est là que l’on pratiquera l’obéissance préconisée par Dieu et son Prophète. »

Ayant prêté allégeance chacun d’entre nous doit faire naître ces sentiments en lui ; de surcroît il doit en donner la preuve par ses actions. Qu’il serve d’exemple pour les nouveaux venus et pour ses enfants. Les grands doivent être des modèles pour les jeunes et les enfants. Mais qui plus est, il est encore plus important pour tous les responsables, de haut jusqu’en bas, de servir d’exemples.

Si les rapports que j’ai reçues sont exacts, on dit que d’aucuns ici [en Allemagne], estiment que faire preuve d’une obéissance indéfectible peut être nuisible, car [selon eux] l’Allemagne a perdu la deuxième guerre mondiale et a été humiliée en raison de la dictature d’Hitler.

Je désire, à ce point, expliquer clairement à tout ahmadi, à tout nouveau venu, et à tout jeune qu’il y a une grande différence entre l’Imamah, le Califat et la dictature. Le Califat a été établi après l’avènement de l’Imam de l’époque ; le Califat a été établi suite aux promesses de Dieu. Tous ceux qui l’acceptent promettent de pérenniser son institution.

Il n’y point de contrainte en matière de religion. Ayant accepté la religion de gaieté de cœur, il incombe à tout ahmadi de respecter son engagement de soutenir le Califat afin d’établir [les préceptes] de la foi. C’est un engagement important à respecter afin de maintenir l’unité au sein de la communauté. Cela est d’autant plus important car nous désirons agir de concert, sous l’égide d’un Imam, pour établir l’autorité de Dieu dans les cœurs des gens. Les autres musulmans n’ont aucun guide ; la djama’at Ahmadiyya quant à elle travaille sous la direction du Califat. Certes les autres musulmans aussi disposent des véritables enseignements de l’Islam. Mais c’est la djama’at Ahmadiyya qui, en les pratiquant, remporte des succès en vertu de l’unité qu’engendre le Califat.

Cette institution met aussi en exergue l’importance de s’acquitter de ses devoirs envers autrui : le Califat a pour objectif d’établir et de faire accepter ces droits, et d’engendrer un effort concerté afin que l’on s’en acquitte. Il est là pour insuffler, en tout musulman ahmadi, la volonté de préférer la foi à ce monde. Il leur rappelle que la foi a prééminence sur le monde ; c’est en cela que réside leur salut et celui de leurs descendants.

Elle est aussi là afin d’établir la tawhid. Les leaders de ce monde, quant à eux, ont des objectifs mondains. Leur tâche s’est d’élargir le cercle de leur autorité et d’asservir le monde entier. Qu’ils soient dictateurs ou élus politiques vous le verrez franchir leurs frontières pour aller assujettir les autres nations. C’est ainsi qu’agissent les gens de ce monde. Ils sont là pour broyer la justice afin [de satisfaire] leur égocentrisme trompeur et leur réputation. C’est ce que nous voyons dans les pays musulmans et ailleurs. Montrez-moi un dictateur qui entretien une relation personnelle avec ses sujets ? Le Calife de l’époque, quant à lui, cultive un lien personnel avec tous les ahmadis du monde entier, quelque soit leur nationalité ou leur origine. Le Calife reçoit leurs lettres personnelles dans lesquelles ils évoquent leurs affaires privées.

Ces lettres quotidiennes qu’il reçoit suffisent pour ébahir les gens de ce monde. Seul le Calife est attentif aux souffrances de tous les ahmadis du monde et prie pour eux. Montrez-moi un leader d’ici-bas qui prie pour les malades. Montrez-moi un leader de ce monde qui se soucie du mariage des jeunes filles de sa nation et qui prient pour elles. Montrez-moi un dirigeant qui se soucie de l’éducation des jeunes. Certes les Etats ouvrent des établissements d’enseignement et des centres de santé. Mais seul le Calife de la djama’at Ahmadiyya se soucie de l’éducation de tous les élèves [ahmadis] et ils en ont la chance. Le Calife se soucie de leur santé, de leur mariage. Il n’y a pas un seul problème, d’ordre personnel ou communautaire, auquel fait face tous les ahmadis du monde, et qui ne reçoit l’attention du Calife, qu’il n’essaye de résoudre dans la pratique tout en suppliant Dieu. Moi-même ainsi que les Califes qui m’ont précédé, nous l’avons toujours fait.

J’ai brossé là un tableau des innombrables tâches que Dieu a confié au Calife de l’époque et qu’il doit accomplir. Il n’y a pas un seul pays qui ne me vient à l’esprit et pour lequel je ne prie pas avant de m’endormir et quand je me réveille. Je n’en fais pas mention ici pour [étaler] mes faveurs. C’est là mon devoir. Qu’Allah fasse que je puisse en faire davantage. Je vous présente ces faits afin que vous compreniez que l’on ne peut comparer le Califat aux leaders de ce monde. Cela est de toute manière une pratique condamnable. Quand je mentionne aux leaders de ce monde le nombre de lettres personnelles et administratives que je lis quotidiennement cela suffit pour les rendre bouche bées. Ainsi il ne peut y avoir de comparaison entre les deux.

Je dois aussi dissiper un autre malentendu qu’entretiennent certains ; d’ailleurs c’est un sujet que j’ai traité en détail lors de mes sermons sur les conditions de la bai’ah. Il s’agit de la promesse de tout ahmadi d’obéir à toute décision ma’rouf qui sera prise par le Calife. D’aucuns pensent que c’est à eux de définir ce qui est ma’rouf. Qu’ils sachent que Dieu et son Prophète (s.a.w.) l’ont déjà défini : une décision ma’rouf est celle qui est en accord au Saint Coran et à la Sunnah. Ce Califat est basé sur les préceptes du prophétat selon les prophéties du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), et selon le Messie Promis (a.s.), il sera permanent et fera avancer sa mission. [A la lumière de tout cela] ce Califat ne peut agir contre les préceptes du Coran et de la sunnah. Voilà le sens de ma’rouf. Ainsi il n’y a pas d’autre voie à suivre que celle de l’obéissance. Ceux qui pensent autrement, à eux de prouver que telle décision ou action prise par le Calife est contraire au Coran et à la Sunnah.

Sachez aussi que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que vous devez obéir à toute décision prise par les Califes bien guidés, et suivre leurs actions et leur sunnah. Il faudra bien réfléchir avant de prouver qu’une décision quelconque du Calife était inappropriée. Si vous désirez rester dans la djama’at et présenter votre opinion, vous devez en ce cas, dans le respect, écrire au Calife. Vous avez le droit de lui en informer, mais par contre vous n’avez pas la permission d’aller crier sur les toits [à propos de cette affaire]. Vous n’avez pas le droit de répandre de fausses rumeurs d’un endroit à un autre. Si la personne concernée a eu un malentendu, le Calife pourra le dissiper. Et s’il croit nécessaire d’informer la djama’at de ce malentendu, il le fera. Quand la djama’at progresse, les hypocrites et les jaloux aussi se mettent à pied d’œuvre. La fidélité à l’égard du Califat exige que l’on fasse échouer leurs complots à tout niveau. Et de ne pas se laisser effleurer par les suspicions que d’aucuns tentent de répandre à l’égard du Califat.

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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Jama'at Ahmadiyya

Maulvi Sher Ali s’arrêta à Bombay lors de son voyage pour Londres dans le cadre de la traduction du Saint Coran en anglais. Il était un illustre compagnon du Messie Promis (a.s.) et les ahmadis de Bombay, voulant profiter de ses bénédictions, lui demandèrent de diriger la prière du vendredi. Dans son sermon il leur dit ceci : « Vous m’avez choisi pour Imam quoique certains d’entre vous ne m’avez jamais rencontré. Selon les préceptes de l’Islam, si l’Imam commet une erreur au cours de la prière, vous devez le rectifier en disant « Subhanalla ». Si l’Imam se corrige suite à ce rappel, c’est bien.

Au cas contraire vous allez devoir le suivre ; votre tâche à vous est de faire preuve d’une obéissance parfaite et de suivre ses mouvements. Vous n’avez pas le droit de commencer à prier séparément. Vous allez devoir vous asseoir, vous lever et vous prosterner en suivant ses mouvements. S’il faut faire preuve d’une telle obéissance à l’égard d’un Imam temporaire, imaginez un peu à quel point il faut obéir au Calife a qui vous avez prêté allégeance en toute connaissance de cause. »

Sachez que l’obéissance est primordiale si l’on veut respecter le serment d’allégeance. Le Messie Promis (a.s.) dit à cet effet : « Si l’obéissance est sincère, elle engendra une lumière dans le cœur ; et l’âme en tirera un grand délice et sera éclairée. Les efforts ne sont pas aussi nécessaires que l’obéissance. Mais la condition est une obéissance sincère et c’est là une tâche difficile. L’obéissance exige que l’on immole les désirs de son âme. Sinon l’obéissance sera une tâche impossible. Ce sont ces mêmes envies de l’âme qui se transforment en idoles dans les cœurs de grands Muwahid. Aucun peuple ne sera considéré comme tel et l’esprit de communauté et de l’unité ne sera point insufflé en ses membres tant qu’ils n’adoptent pas les principes de l’obéissance. Mettez de côté vos divergences d’opinion et obéissez à celui qu’Allah vous ordonne d’obéir. Et faites ce que vous avez à faire. La main d’Allah se trouve sur la djama’at (la communauté unie des croyants). En cela réside le secret. Allah aime la Tawhid et cette unité n’existera point s’il n’y pas d’obéissance. L’histoire de l’Islam nous apprend qu’en raison de leur obéissance, les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étaient prêts à se faire égorgés. C’est ainsi que l’Islam s’est répandu en quelques années. Leur esprit d’obéissance en était la cause. »

Cela ne signifie guère que l’Islam s’est répandu par les armes ; ces compagnons ont prêché le message de l’Islam et si jamais ils ont dû se battre, la supériorité numérique de l’ennemi et leurs attaques ne les ont pas empêchés de travailler. Ils étaient animés par l’esprit de l’obéissance ; c’est pour cela qu’ils étaient prêts à combattre l’ennemi, même s’il était en grand nombre. Les suivants de Moïse, quant à eux, se sont privés des faveurs [divines] pendant 40 ans en raison de leur désobéissance. Ainsi si l’on veut progresser, il faudra accomplir le jihad de notre époque : à savoir celui de sa réforme morale et spirituelle, celui de la prédication [du message de l’Islam]. Il faudra se placer derrière le Calife et participer dans ce djihad. Il faudra suivre l’exemple des chameaux comme nous l’a expliqué le Messie Promis (a.s.). L’obéissance doit être notre deuxième nature. Au contraire l’obéissance à l’Imam doit avoir prééminence sur toute chose.

Afin de se prémunir de la destruction et de l’égarement, il faudra faire preuve d’une obéissance indéfectible envers le Califat : c’est en s’y cramponnant que l’on pourra surmonter toute difficulté avec patience. Les ennemis de l’Ahmadiyya peuvent, à leur souhait, mettre de la pression sur nous, ils peuvent créer autant de difficultés, ils peuvent, dans leur prétention, remuer ciel et terre pour essayer de nous anéantir, Allah quant à Lui ne cessera de nous mener vers nos destinations. Mais la condition est une obéissance indéfectible.

Certes les autres musulmans affirment croire dans le Coran et la Sunnah et pratiquer leurs préceptes : mais la patience et la persévérance ne sont point présents chez eux. Que font-ils d’autres, ces gens-là, hormis diffamer l’Islam ? Seule la djama’at du Messie Promis (a.s.) détient cette distinction qu’est la patience et qui présente au monde autant d’exemples d’endurance à envier. Nous voyons chez les musulmans de la première période ces exemples de patience face à l’adversité. Et cela nous aide à comprendre l’application du verset Wa akharina Min Hum Lamma Yalhaquna Bihim à notre époque.

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi que le chameau retient de l’eau [dans sa bosse] pour s’en servir quand il en aura besoin. Il nous explique que le croyant doit lui aussi être toujours prêt pour son voyage et prendre ses précautions. Comment se préparer et se prémunir [pour ce voyage] ? Il faut prendre avec soi la meilleure des provisions, à savoir la Taqwa. Ainsi il nous incombe de parer nos actions et nos ibadah de cette couleur, afin qu’ils soient pour nous les meilleures provisions. Nous avons reçu l’eau spirituelle en acceptant l’Imam de l’époque. Il nous incombe maintenant de la récolter et d’en profiter. C’est une vérité que tout ahmadi doit comprendre. Chanceux est celui qui écoute les paroles de l’Imam de l’époque, en étant imbue d’une obéissance parfaite et qui les met en pratique. Ce sont ces actions qui lui font profiter des faveurs du Califat. Dans le Saint Coran, Allah affirme que la bénédiction du Califat sera accordée à ceux qui accomplissent des bonnes œuvres, qui rendent culte à Dieu et qui établissent la tawhid.

Face à ce constat comment insinuer que le Califat à des objectifs mondains ? Ou que le Califat est à l’image des leaders de ce monde ? Ceux qui sont la proie du matérialisme ne connaissent rien de la spiritualité. Des fois, ils échouent en dépit de tout leur soutien matériel et la victoire finale leur échappe. Mais ceux qui cherchent le plaisir de Dieu et qui marchent sur les voies de la Taqwa n’ont pas pour objectif les victoires et les défaites de ce monde. Leur but est de se rapprocher de Dieu en faisant preuve d’une obéissance parfaite et de grandir dans leur Taqwa. Notre but est d’établir l’autorité de Dieu sur terre ; nous ne cherchons point des avantages personnels. Notre but est de faire flotter le drapeau de l’unicité. Nous devons conquérir le cœur du monde et le placer sous la bannière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Voilà le but de nos programmes de tabligh ainsi que nos autres activités. Nous prions et devons prier pour atteindre cet objectif. Ainsi le Califat est en train d’œuvrer pour ces objectifs. Mais comme je l’ai dit pour cela il faudra comprendre le sens du Califat, sens qui découlera d’une certitude parfaite en l’obéissance. L’on peut se considérer grand érudit, éminent penseur ou orateur accompli, mais si l’on est dénué d’obéissance, l’on n’aura pas sa place au sein de la djama’at Ahmadiyya. Cette connaissance et cette intelligence n’accorderont aucun avantage spirituel au monde. Nous devons tout le temps nous souvenir de cette phrase du Messie Promis (a.s.) : « L’obéissance à l’Imam doit être l’habit de l’homme. »

Quand on fera preuve d’une obéissance parfaite à l’égard du Calife, quand on exécutera ses ordres et ses directives et que l’on cessera d’en chercher les interprétations, la connaissance et l’intelligence, tout deux rapporteront leurs fruits et fleuriront tout en attirant le plaisir de Dieu. Quand nous étudions les autres versets que j’ai cité à la lumière des commentaires du Messie Promis (a.s.) nous les comprenons davantage : l’homme touchera les sommités de la spiritualité quand il obéira à Dieu, à son Prophète et à ceux qui sont en autorité. Et les responsables [au sein de la communauté] ne pourront se considérer investis d’autorité et dignes d’être obéis, tant qu’ils ne font pas preuve d’une obéissance parfaite envers le Califat. Ils doivent exécuter tous les ordres du Calife, sans tenter de les interpréter.

Quand je diligente une enquête sur une affaire quelconque [certains responsables] essaient en premier de découvrir l’auteur de la plainte, au lieu de tenter d’en connaître le bien-fondé. Si l’enquête prouve la justesse de la doléance, l’on doit essayer d’y remédier et de combler les lacunes constatées. Si la doléance n’est pas fondée l’on doit envoyer son rapport à cet effet. [Cependant] cela n’est point la pratique ici. Cela ne concerne aucun responsable que savoir qui est l’auteur d’une plainte. Votre tâche est de mener l’enquête suite au rapport qu’on vous a demandé et d’en informer [le centre]. Si vous n’avez pas compris clairement un ordre du Calife, au lieu d’en chercher les interprétations, écrivez moi et demandez moi des éclaircissements.

Il incombe aussi à tout membre de la djama’at de faire preuve d’une obéissance parfaite : et c’est là que nous allons gravir les sommités de la spiritualité insha Allah. Voilà le sens de ces versets. C’est ainsi que la foi sera aussi ferme que des montagnes solidement ancrées au sol. C’est grâce à cette ascension spirituelle et une foi pareille que vous pourrez transmettre le message de l’Islam aux autres. Vous progressez à l’est comme à l’ouest ; en Europe comme en Asie, aux Amériques comme en Afrique ; et vous ferez flotter le drapeau de l’Islam véritable en Australie et dans les Iles.

Je voudrais ici ajouter un autre point concernant l’expansion de l’Islam. Il y a quelqu’un qui a émis une critique à cet effet et j’ai su que nombre d’entre vous s’en sont inquiétés. [L’objection concerne] une phrase de Hadrat Mousley Maw’ud qui avait déclaré que : « Si l’on conquiert l’Allemagne, on aura conquis l’Europe. » [Et celui qui a soulevé l’objection a ajouté] : « En apparence, vous prônez la tolérance et l’amour. Mais vous avez en fait des intentions très dangereuses. » C’est là un manque de compréhension, d’intelligence ou un signe de méchanceté de sa part. Si c'est de la malveillance dans ce cas il y a danger, car il tente d'attiser la haine à l’encontre des musulmans ou de la djama'at.

Et il y a aussi (un) manque de connaissance de la part de celui qui répondait à cette objection ; et il s’est inquiété pour rien, se demandant quelles en seront les conséquences. Les Allemands de souches sont des personnes intelligentes dans leur ensemble. Ils comprennent que la djama’at est en train de prêcher son message, de servir l’humanité et diffuser l’Islam, afin que les autres s’en approchent et qu’ils l’embrassent. Le terme « conquête » ne signifie guère que nous aurons recours aux armes et que nous ferons main basse sur le pouvoir, que Dieu nous en préserve ! Nous annonçons depuis le début qu’il n’y a pas de contrainte en matière de religion. C’est une affaire de cœur. Et il n'y a point de raison de s’en inquiéter. Comme je l’ai dit, nous sommes en train de prêcher le message de l’Islam dans le monde. Il n’est point question de l’Allemagne ou de l’Europe uniquement. Insha Allah nous allons conquérir le monde entier : cependant pas par la force des armes, mais en conquérant les cœurs, en y ancrant les enseignements sublimes de l’Islam.

Dans cette phrase Hadrat Mousley Maw’ud a évoqué la grandeur du peuple allemand. Il l’avait prononcée lors d’une réception en compagnie d’un jeune ahmadi d’origine allemande], ajoutant que les leaders de l’Europe sont les Allemands. Il tenait à souligner ici leurs excellences et leur sens de leadership. S’ils ont compris l’Islam, disait-il, ils pourront l’expliquer à tous les Européens et ces derniers les suivront.

Ce qu’a dit Hadrat Mousley Ma’oud est tout à fait vrai et nous en faisons le constat aujourd’hui. Après la création de l’Union Européenne, c’est le leadership allemand que nous voyons à l’œuvre et c’est vers eux que se tourne le monde.

Il n’est point question ici de prendre les armes ou d’avoir recours à l’extrémisme ; il est question ici des enseignements d’amour et d’affection que prône l’Islam. Il est question ici de ces préceptes qui favorisent la relation avec Dieu. On parle ici d’établir ces enseignements dans les cœurs de gens. Il y a eu avant-hier la pose de la première pierre de la mosquée de Wiesbaden [en Allemagne]. Quatre cents invités Allemands étaient présents. J’y ai évoqué brièvement les préceptes de l’Islam. [Par la suite] tous les invités ont dit que c’était là le cri de leur cœur. Ils ont dit : « C’est aujourd’hui que nous avons eu l’occasion de comprendre l’Islam. » Ainsi si nous travaillons en toute sincérité tout en implorant l’aide de Dieu, de leurs rangs ou parmi leurs descendants, sortiront ceux qui comprendront l’Islam et qui l’embrasseront. Allah permettra à la personne de Son choix d’accepter l’Islam.

Ainsi il n’est point besoin d’avoir peur, de s’inquiéter, d’hésiter, d’être sur la défensive ou d’offrir des réponses ternies par la peur. Nous n’avons pas pour objectif le pouvoir de ce monde ni en avons nous besoin. Notre but c’est d’ancrer l’amour de Dieu dans les cœurs des gens. Et nous allons continuer à le faire insha Allah. Il incombe à tout ahmadi de faire preuve d’une obéissance parfaite envers le Califat afin d’accomplir ces œuvres et afin d’atteindre cet objectif. Qu’Allah nous en accorde à tous la possibilité.


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