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Profanation de plus d’une centaine de tombes d’ahmadis au Pakistan

Plus de 100 tombes ahmadies profanées par des inconnus dans un cimetière à Model Town, Lahore lundi le 3 décembre 2012

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Selon des témoins 12 à 15 hommes masqués, portant armes et outils d'excavation sont entrés dans le cimetière ahmadi de Model Town entre 01h30 et 01h45 le 3 décembre dernier. Au moins cinq hommes étaient lourdement armés. Les assaillants ont enlevé et brisé les pierres tombales, disant aux gardiens que les ahmadis n'étaient pas censés écrire la Kalima (profession de foi) ou la Basmallah sur les épitaphes, car « les ahmadis sont des mécréants. »

« J'étais sur le point de m’endormir quand j'ai entendu du bruit à l'intérieur du complexe. Plusieurs hommes se sont jetés sur moi, m’ont tabassé, avant de me ligoter », a déclaré Mohammed Younis, un gardien du cimetière.

Les assaillants avaient aussi ligoté et enfermé d’autres gardiens ainsi que leurs familles. De leur geôle ces derniers pouvaient entendre les assaillants informer quelqu’un au téléphone qu'ils avaient entamé « leur mission ».
L’opération a duré environ 35 minutes. Les auteurs ont pris la fuite quand un policier et un garde sont arrivés et ont tiré en l'air.

En juillet 2012, Tufail Raza représentant l’organisation anti-ahmadi Khatme Nabuwat avait fait une déposition au poste de police de Liaquatabad à Lahore pour qu’on enlève les inscriptions islamiques sur les pierres tombales. La police n'a pas donné suite à sa demande, mais a pressurisé la Communauté Ahmadiyya en ce sens.

Ahmed Mounir porte-parole de la Communauté Ahmadiyya, qui était en liaison avec la police, a déclaré : « Nous ne pouvons pas enlever la Kalima de notre propre chef, car c'est contre notre foi. Nous avons demandé à la police d'examiner la loi et de ne pas l’interpréter selon le désir des organisations anti-ahmadis. »

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La persécution systématique des ahmadis au Pakistan bat son plein. Plusieurs ahmadis ont été victimes d’assassinats ciblés au cours de l’année. Dans son sermon du 7 décembre 2012 Hadrat Mirza Masroor Ahmad, Chef Suprême de la Communauté Islamique Ahmadiyya a fermement condamné cette profanation, ajoutant que les ahmadis, même morts, ne sont pas à l’abri de leurs persécuteurs.