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Sacrifices financiers et le plan « Waqf-I-Jadid »

Commentant sur le sujet des sacrifices financiers dans le contexte de la nouvelle année du plan « Waqf-I-Jadid », Sa Sainteté Hadrat Mirza Masroor Ahmad, récita au début de son sermon le verset 246 de la sourate Al Baqarah dans lequel Allah déclare :

مَنْ ذَا الَّذِي يُقْرِضُ اللَّهَ قَرْضًا حَسَنًا فَيُضَاعِفَهُ لَهُ أَضْعَافًا كَثِيرَةً وَاللَّهُ يَقْبِضُ وَيَبْسُطُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ

« Qui est celui qui fera à Allāh un prêt bienveillant afin qu’Il le multiplie pour lui maintes fois? Et Allāh parfois restreint Sa provision et parfois Il l’étend et c’est vers Lui qu’on vous fera retourner. »

Sa Sainteté déclara d’emblée que toute organisation au monde, religieuse ou pas, à besoin d’argent pour son fonctionnement. Le Messie Promis (a.s) a déclaré à ce propos que les contributions financières ne sont pas le propre de sa communauté. À l’époque des autres prophètes, on avait aussi besoin de fonds. Le Prophète Muhammad (s.a.w) lançait de temps en temps des appels de fonds et il demandait à ses suivants de contribuer selon leur capacité.

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Le Messie Promis (a.s) de commenter que les biens collectifs sont porteurs de bénédictions. Les états ont besoin de finances pour fonctionner. La différence entre les états et cette djama’at est que les états impose par contrainte des impôts, alors qu’il n’en est pas ainsi dans la communauté Ahmadiyya. De plus, les sacrifices financiers promeuvent la progression spirituelle.

Le système financier de la communauté Ahmadiyya se compose de deux types de contributions : celles qui sont obligatoires – à l’instar de la Zakat, de la « Chanda Wasiyya » ou de la « Chanda Aam » ou de la « Chanda Jalsa Salana » – et celles qui sont volontaires. La Zakat est un des piliers de l’Islam. Et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) était très particulier à ce propos et cette pratique fut perpétuée par ses Califes après son décès. À titre d’exemple, le Calife Abu Bakr (r.a) avait pris des mesures disciplinaires contre un groupe de rebelles qui avait refusé de payer la Zakat après le décès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w). En dépit de l’obligation de la Zakat, le Saint Prophète faisait des appels de fonds lorsque le besoin se faisait sentir.

Une des contributions obligatoires lancée par le Messie Promis (a.s.) est celle d’Al-Wasiyyat ; celui qui, de son gré, accepte de se joindre à ce plan béni, consent à contribuer 1/10e à 1/3e de ses biens/revenus pour la cause de Dieu jusqu’à la fin de ses jours. Tout « Musi » (participant au plan d’Al-Wasiyyat) doit être un modèle de piété et d’honnêteté. Ils doivent d’une part sacrifier leur avoirs de gaité de cœur et doivent aussi examiner de près leurs actions et embellir leur vie par des actes de vertu.

Il y a aussi la « Chanda Aam » ou contribution générale dont le taux a été fixé à 1/16e du revenu mensuel par le deuxième Calife de la commanuté Islamique Ahmadiyya. Cette contribution a été lancée par le Messie Promis (a.s) lui-même lorsqu’il avait déclaré que les Ahmadis doivent contribuer une somme fixe mensuellement. Au fil du temps, les besoins de la djama’at n’ont cessé de croître ; et le 2e Calife a fixé ce taux à 1/16e. Mais il faut aussi faire ressortir que Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s) (le Messie Promis et Imam Al-Mahdi) avait aussi fait ressortir que si l’on consomme quatre pains par jour, on doit en sacrifier un pour la cause de Dieu ; dans ce cas le sacrifice sera de 25%.

Au fil des années les besoins de la djama’at ont augmenté ; lorsque les extrémistes du groupe Ahrar ont juré de raser Qadian, Hadrat Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad, le 2e Calife d’alors, a lancé le plan « Tahrik-I-Jadid » dans le but d’établir des missions de la communauté hors du sous-continent indien.

En 1957, après la partition de l’Inde, il lança le plan « Waqf-I-Jadid » dont l’objectif était de préparer des « Moalimīn » (enseignants) qui auraient pour tâche de répandre le message de l’Islam et de l’Ahmadiyya dans les régions reculées du Pakistan. Ces « Moalimīn » ont travaillé d’arrache pied dans la région du Sindh (Pakistan) qui compte une forte population d’origine hindoue. Ce plan a pris de l’ampleur et ces moalimīn suivent maintenant une formation de trois ans dans la « Madrasa-tul-Hifz » au Pakistan.

Au cours du 4e califat, les recettes de la djama’at ne suffisaient plus à satisfaire les besoins des djama’at de l’Inde et de l’Afrique dans le domaine du Tabligh (prédication). De ce fait le 4e Calife, Hadrat Mirza Tahir Ahmad généralisa le plan « Waqf-I-Jadid » au monde entier. Et chaque année il y a eu un nombre grandissant de participants ; et année après année la contribution n’a cessé de croître. Grâce à cela, l’ardeur pour le sacrifice financier a prit de l’ampleur parmi les ahmadis du monde entier.

Le 2e calife a commenté sur le verset précité, en disant que la phrase « Qui est celui qui fera à Allāh un prêt bienveillant… » signifie qui est celui qui prouvera son obéissance à l’égard de Dieu dans l’espoir d’avoir en retour Son plaisir. Dans le monde, les états imposent des taxes et des impôts afin de subvenir aux dépenses publiques. Par ce faire, ils ne visent pas à rehausser l’état moral et spirituel du peuple. Mais il n’en est guère ainsi dans le monde spirituel. Le croyant est encouragé à dépenser pour la cause de Dieu afin de favoriser son progrès spirituel, afin d’être le récipiendaire du plaisir de Dieu. Lorsque le croyant présentera et ses œuvres et ses biens pour la cause de Dieu, sa récompense sera décuplée.

Dieu, étant le Créateur des Cieux et de la Terre, n’a point besoin de nos richesses. Le terme « prêt » utilisé dans ce verset, signifie que ce qui sera dépensé pour Sa cause sera amplement récompensé. Le croyant ne doit donc ressentir aucune réticence lorsqu’il dépense pour cette noble cause ; il ne doit pas non plus croire qu’il accorde par ce faire une faveur à la communauté. Cette transaction qu’il a faite avec Dieu lui garantira l’accroissement de ses biens et le servira dans l’Au-delà, s’il a été sincère dans ses intentions.

À ce sujet le Saint Prophète Muhammad (s.a.w) a déclaré que l’homme ne recouvra pas tout l’argent qu’il a dépensé sur sa nourriture ou sur ses vêtements. Son épargne véritable dépendra de ce qu’il va dépenser dans le chemin de Dieu.

Dieu ne fait pas de distinction dans son traitement général à l’égard de l’humanité : Il accorde Ses faveurs à tout le monde, croyants ou incroyants ; Il accorde provisions à tout le monde sans demande ou prière de notre part, sans même l’avoir mérité. Si telle est sa « Rubibiyya » il sera complètement faux de dire qu’Il laissera périr les vertus de ceux qui oeuvrent pour Sa cause. À ce propos Dieu lui-même déclare dans le Saint Coran :

فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ

Alors quiconque fait un bien même du poids d’un atome le verra, (99 : 8)

C’est-à-dire que Dieu est prêt à récompenser les moindres actes de vertus.

En disant : « Et Allāh parfois restreint Sa provision et parfois Il l’étend » Il fait comprendre au croyant qu’il doit tout le temps se tourner vers Dieu ; car c’est Lui qui donne l’occasion de dépenser pour Sa cause et d’accomplir de bonnes œuvres.

Le fond Waqf-I-Jadid est en train de jouer un rôle prépondérant en Afrique comme en Inde. Cela ne veut point dire que les Ahmadis de ces pays dépendent entièrement de l’aide financière des grands pays contributeurs. En Afrique comme partout ailleurs, cet esprit de sacrifice gagne du terrain et les contributions des ahmadis africains sont en train d’augmenter.

Le Ghana, la Sierra Leone, le Burkina Faso, l’Uganda, le Bénin, et les deux Congos ont cités en exemple concernant l’usage de ces fonds venant du Waqf-I-Jadid et les avancées dans le domaine de la prédication. Grâce à la construction de nouvelles mosquées, l’Ahmadiyya est en train de gagner du terrain dans nombre de ces pays. Les médias sont utilisés par les djama’at de ces pays pour transmettre le message de l’Ahmadiyya. La Radio Ahmadiyya du Burkina Faso en est un exemple ; de nombreuses personnes ont embrassé l’Ahmadiyya grâce aux messages diffusés sur ses ondes.

Pour cette 52e année de la Waqf-I-Jadid la communauté Ahmadiyya du monde entier a contribué la somme de 3 521 000 livres sterling ; il y a eu une augmentation de 345 000 livres sterling par rapport à l’année dernière. Les dix premiers pays en terme de contribution sont : le Pakistan, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, l’Inde, l’Indonésie, l’Australie, la Belgique, et la France et la Suisse, toutes deux en dixième position. Les 5 premiers pays africains sont : le Ghana, le Nigeria, l’Ile Maurice, le Burkina Faso et le Bénin. Le Burkina Faso est cité en exemple, avec 43.40% de nouveaux contributeurs.

À la fin de son sermon, Sa Sainteté annonça le décès d’un ahmadi du Pakistan, M. Mohammad Yusuf, âgé de 70 ans, qui est tombé sous les balles de deux assaillants. La victime se trouvait devant le magasin de son fils à Rachna Town, Lahore, le 5 janvier dernier lorsque deux personnes à moto lui ont tiré dessus. M. Yusuf décéda sur le chemin de l’hopital. M. Muhammad Yusuf avait occupé plusieurs postes de responsabilité au sein de la djama’at ; il fut aussi emprisonné à deux reprises en raison de son appartenance à la communauté Ahmadiyya. Depuis un certain temps les mollahs ont lancé une campagne de haine contre les Ahmadis de la région.

(Le site islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication de ce résumé)